Zephyrantes
[Dans l'attente]
Cela faisait un moment déjà que Kakashi avait dû bouleverser ses habitudes. Depuis sa mission pour retrouver Deidara, et sa blessure au visage, ne voir que d'un œil lui compliquait la tâche, lui qui d'habitude ne se contentait que de ses yeux à demi ouvert comme s'il était en permanence prêt à se coucher. Il devait garder encore pendant un moment ce bandeau qui empêcherait sa cicatrice de malencontreusement se rouvrir.
# Mais en attendant, c'est comme si j'étais borgne ! #
Il venait pourtant de recevoir un message de sa patronne qui voulait qu'il reprenne du service. Un sourire faux étira ses lèvres. Il se rappelait bien du message qu'elle avait laissé pour lui souhaiter de bien se rétablir. A l'évidence, « bien se rétablir » chez la blonde à forte poitrine et sur-exigeante envers tous le monde signifiait se rétablir au plus vite pour ne pas devenir un poids gênant.
- Aïe !
Par mégarde, l'argenté renversa l'eau bouillante destinée à sa tasse sur sa main droite. La journée commençait plutôt mal. Et comme si ça ne suffisait pas, c'était aujourd'hui même qu'il devait s'absenter pour l'Hamidori. En pleine semaine. Un jeudi pour être plus précis. Et toute la journée, ça allait de soi. Le plus long étant bien évidemment de se rendre dans une ville à l'autre bout de la région pour y consulter avec une autorisation spéciale les archives de la morgue. Un programme tout à fait joyeux en cette fin d'automne.
# Comme si elle n'avait pas assez d'agents pour la paperasse ! #
Soudain, aider Sasuke dans sa tâche en étant l'un des seuls à pouvoir travailler à tout ce qui concernait de prêt ou de loin sa quête personnelle lui semblait moins sympathique. Mais ça, c'était parce que Kakashi n'était vraiment, vraiment pas du matin, et que, paperasse ou pas, les morgues l'effrayait, faute d'avoir vu des films pas vraiment rose dans son enfance. Mais non, il allait devoir se charger de vérifier les causes de morts et les dossiers en détail de tout un tas de personne.
- Et je suis pratiquement sûr qu'il y aura pleins de photos dans ces foutus dossiers ! La joie ! lança l'argenté pour lui-même en fermant la porte de son appartement tranquille qu'il n'avait vraiment pas hâte de quitter.
Il grimpa dans sa voiture de sport grise. Comme tout homme qui se respecte, il était évidemment aux petits soins pour sa voiture, et celle-ci brillait tellement suite à son entretien impeccable qu'on pouvait voir son reflet sur la carrosserie à dix mètres de distance. D'ailleurs, ça, Tsunade l'avait bien compris, et semblait faire tout son possible pour trouver des arguments afin qu'il se serve d'une voiture de fonction pour les missions périlleuse.
- Il ne faudrait pas que votre magnifique machine soit égratignée dans la manœuvre, lançait-elle avec un petit sourire moqueur.
Et même si se séparer de sa « machine » lui brisait le cœur, tout comme un gamin, il ne pouvait s'empêcher de penser que la blonde avait raison. Ce fut sur cette dernière pensée qu'il s'élança sur la route, avec pour ultime souhait que ses recherches prennent le moins de temps possible. Comme si fouiller dans les dossiers des morts ne suffisaient pas, Kusa était une ville particulièrement désagréable, remplis de pourris à la tête d'entreprise qui vous jaugeait avec un regard méprisant et rabaissant.
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Iruka était plus ou moins content. La situation entre lui et Kakashi était plutôt tendue. Ils ne se parlaient plus beaucoup et ne s'étaient pas revus pour passer la soirée ensemble. Tout cela c'était annoncé plutôt mal, d'autant que les deux hommes ne semblaient pas savoir que faire pour arranger la situation. Mais ce qui réconfortait le châtain, c'était cet après-midi qu'ils avaient passé ensemble pour mettre à plat les détails du voyage de classe. Il était venu chez l'argenté pour ça, à la base. Cela avait donc comme ôté un poids de son cœur. Kakashi aurait très bien pu le laisser se débrouiller seul, ne plus jamais vouloir le revoir en dehors des moments où ils se croisaient dans le lycée où ils enseignaient. Mais il l'avait tout de même recontacté pour ça.
La première chose qui traversa son esprit quand il vit l'argenté à la porte de sa maison, plutôt petite mais située dans un quartier calme, fut la gêne qu'il éprouvait lorsqu'il regardait le visage de son collègue. Celui-ci portait maintenant un bandeau sur son œil, noir, ce qui le rendait encore plus distant des autres si c'était possible. Kakashi l'avait remarqué et avait dit de sa voix morne.
- C'est le temps que ça guérisse. Je ne compte pas le garder.
Iruka avait eu un petit rire gêné et l'avait invité à rentrer. Mais, au fond de lui, ces paroles l'avaient rassuré. Après tout, il n'avait rien su de l'état de son collègue avant ça. Il ne lui avait tout simplement rien dit, alors que lui était resté chaque jour prêt à l'écouter si besoin. Il s'était fait un sang d'encre monumental, comme à son habitude. Sauf que, cette fois-ci, pas moyen de pouvoir jouer les mères poules avec le sujet de son inquiétude. Comment faire lorsque vous veniez de rendre furieuse cette même personne ?
Ils s'étaient ensuite installés, et malgré le peu de paroles qu'ils avaient échangé au cours de cet après-midi, Iruka avait retrouvé un peu de l'ambiance sereine et amicale qui régnait habituellement entre eux. Cette amitié avec Kakashi, il y tenait comme un trésor, sans savoir trop expliquer pourquoi. Il se sentait juste bien en sa présence. Il ne s'était jamais trouvé très intéressant, et il avait évidement conscience d'être « bonne poire » comme le lui avait fait remarqué l'argenté. Mais à la différence des autres qui en abusaient sans aucun scrupule, lui avait réagit dans le sens contraire. Il ne s'était pas intéressé à ce que le châtain pouvait lui offrir, les services qu'ils pourraient lui rendre dans le futur. Non, en fait, Kakashi l'avait fait exister depuis le début.
- Si tu n'as aucun caractère, j'en aurais pour deux, avait-il lancé de la façon la plus naturelle qui soit.
Kakashi ne s'en était pas rendu compte, mais, ce jour-là, il avait comme ouvert les yeux d'Iruka qui à ce moment-même l'avait regardé, ébahi, vider un autre verre de vodka comme s'il venait de parler de la pluie et du beau temps. Il avait regardé sa tête se soulever pour faire glisser le liquide dans sa gorge, et il s'était rendu compte que personne n'avait jamais fait attention à ce qu'il pouvait bien penser. Pas même ses parents, ni ses professeurs, ou encore ceux qu'il avait considéré à tord comme des amis. C'était ce collègue rencontré tout récemment qui avait commencé à lui faire prendre conscience de ce que la vie devait être. Il avait commencé à prendre du temps pour lui au lieu de toujours courir un peu partout afin de rendre un bon millier de services à quiconque croisait sa route.
Kakashi était son héro. Voilà ce qu'il ressentait. Il était l'homme qui l'avait sauvé d'une vie où il n'avait même pas eu conscience de lui-même tant il ne vivait que pour les autres. Aujourd'hui, il vivait pour lui, et ses rapports avec Kakashi continuaient peu à peu de le transformer intérieurement. En effet, suite à ces paroles de l'argenté, il avait fini par le corriger quelques mois plus tard.
- Un jour, tu n'auras plus besoin d'avoir du caractère pour deux. Sinon, tu ne ferais que vivre pour moi.
Le professeur d'histoire l'avait regardé, affichant pour la première fois de la surprise. Puis il avait rit et ébouriffé les cheveux d'Iruka qui avait rougit, honteux de ce qu'il venait dire. Pourtant, il n'en pensait pas moins. C'est pour ça qu'à présent, il voulait dire ce qu'il pense, même si c'était à l'encontre de son ami.
# Il faut que je lui dise. Je ne peux pas être désolée de m'être inquiété, et il ne peut pas rester seul à se morfondre en gardant tout pour lui… Après tout, c'est lui qui m'a appris que l'amitié était faite pour que les hommes ne vivent pas seuls. #
Pour le moment, il était fier de pouvoir ramener le dossier complété sur le voyage scolaire au lycée. Ce serait une bonne nouvelle pour les adolescents, surtout que la classe qu'ils emmenaient était tout simplement sa préférée. Oui, c'était mal d'avoir des chouchous. Mais des enfants comme ceux à qui il enseignait, c'était un paquet de bons souvenirs qui s'accumulaient.
Arrivé devant le lycée, il poussa la grille un sourire sur le visage. De plus, maintenant qu'il avait revu Kakashi, il se sentait plus à l'aise. Il pourrait lui parler normalement. Ils en avaient fini avec cette sortie dans la ville de Taki. Mais par contre, il savait pertinemment après avoir regardé la mine enjouée de Kakashi lorsqu'ils avaient parlé des spécialités du musée qu'ils comptaient faire visiter à leurs élèves, il était lui aussi fasciné par le sujet. Le musée traitait de la génétique et du fonctionnement du cerveau, et, sur place, quelques scientifiques seraient présents, prêt à expliquer leur charabia au moindre visiteur.
Presque en trottinant, le jeune professeur se rendit en salle des professeurs pour déposer le précieux dossier dans son casier de professeur attitré. Puis, son regard se tourna vers la salle spacieuse. A première vue, Kakashi n'était pas là. Pourtant, il arrivait toujours dans les premiers. Se disant que celui-ci avait dû aller autre part, peut-être chez le directeur, il alla s'assoir avec une des professeurs de mathématiques.
- Bonjour, Kurenai !
- Oh, Iruka, bonjour ! Tu as l'air d'être en forme !
- Haha, merci.
Kurenai était un professeur calme et attentionné, tout comme lui. Ses longs cheveux châtain foncé et ses yeux ocre la rendaient vraiment belle. Iruka n'en était pas amoureux, mais ne pouvait pour autant s'empêcher d'admirer sa beauté. Et pour rendre cette jeune femme tout à fait adorable, elle n'était pas du tout du genre à utiliser qui que ce soit, y compris lui. Il était même sûr que si elle n'était pas arrivée que deux ans auparavant, elle l'aurait défendu tout comme Kakashi. A cette pensée, Iruka se souvint pourquoi il discutait avec la charmante enseignante.
- Dis-moi Kurenai, tu n'aurais pas vu Kakashi ?
- Kakashi ? Hummmm… Non. Mais il me semble qu'il ne viendra pas aujourd'hui. Le professeur de sport m'a dit ça tout à l'heure après être passé dans le bureau du directeur.
- Oh…
- Haha, ne fait pas cette mine déçue ! Ce n'est pas la première fois !
- Hm.
- Trop mignon ! On dirait une jeune fille déçue de ne pas voir son copain à l'école !
- M-Mais, n'importe quoi ! Ne te moque pas de moi comme ça !
- Je suis une vilaine fille, hahaha !
Iruka était couleur pivoine, et se tortillait sur sa chaise sous les rires de plus en plus forts de sa collègue. Certains professeurs commençaient à se tourner dans leur direction, cherchant la cause d'un vacarme pareil.
Un peu plus tard, alors que la pause du matin sonnait, Iruka avait perdu de sa bonne humeur. L'argenté s'était encore absenté. Sauf que la dernière fois, il avait faillit y perdre son œil. Qui sait ce qu'il pouvait perdre en revenant cette fois-ci ?
# Me diras-tu un jour le secret de tes absences ? Kakashi… #
Sa main alla directement dans sa poche gauche saisir son téléphone portable. Il mourrait d'envie de savoir ce que son ami pouvait bien faire lorsqu'il partait, surtout si c'était pour maintenant revenir blessé. Mais il redoutait bien plus de le rendre furieux que de ne pas savoir où il allait. Et puis, cela relevait de sa vie privée. Il serrait tellement ses doigts autours de son portable que ses jointures en devinrent blanches. Il hésitait. Il ne pouvait pas laisser Kakashi seul si celui-ci avait des problèmes. Se résignant finalement, il rangea l'appareil tandis que la sonnerie de l'établissement retentissait bruyamment, marquant la fin de la pause.
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Le jeudi après-midi, pour le plus grand bonheur de notre groupe d'adolescents turbulents, était libre. Pas de cours, et donc pleins d'occasion pour sortir ou faire les fous quelques part. Sasuke, Tenten et Sai allaient à une conférence sur la géologie moderne, les Hyuuga invitaient de la famille chez eux, Sakura et Ino avaient décidé de compatir avec Kiba qui s'était pris un job dans cette tranche horaire et le weekend dans un café en allant avec lui sur place. Quant aux Sabaku, ils rentrèrent simplement chez, eux, avec Shikamaru qui était presque de la famille. Les parents de Temari et Gaara l'aimait beaucoup pour son intelligence, et lui n'aimait pas beaucoup rester à la maison où son père le prenait à partie pour toutes sortes d'expériences bizarres sur le cerveau.
- Avoir un père scientifique est une chose flippante. Vous vous imaginez même pas à quel point, avait-il lâché un jour à ses amis alors que leurs sujets se portaient sur leurs plaintes envers leurs parents.
Et en effet, on ne s'imaginait pas l'effet que cela pouvait faire de se réveiller un jour avec des électrodes sur le corps et un appareil peu perfectionné émettant des « bip » sonores à côté de soi.
Le trio se rendit donc dans la demeure des Sabaku. Les parents n'étaient pas là avant la fin de l'après-midi, et Temari avait bien l'intention d'en profiter. Gaara, lui, qui avait rattrapé son retard dans les cours et pensait juste se décontracter devant la télé. Ils prirent alors le bus pour rentrer chez eux, n'ayant pas le courage de profiter des derniers rayons de soleil perçant avant un hiver gris en faisant le trajet à pieds. Le roux s'était enfermé dans sa bulle dès le moment où il avait positionné son casque sur ses oreilles, tandis que sa sœur réveillait le désir de son copain de toutes les façons dont elle le pouvait. Et à voir Shikamaru, si endormis d'habitude, se mordre le poing pour ne lâcher aucun bruit suspect dans un lieu clos – le bus – elle était devenue experte dans la matière.
Une fois rentré chez eux, ils se firent un déjeuner rapide, autrement dit, de la pizza dans le four accompagné de soda et de trois feuilles de salade pour la demoiselle blonde persuadé que cela suffisait à rééquilibrer le repas tout entier.
- Chi, chi, cha marche, chvous assure ! baragouina-t-elle la bouche remplie lorsqu'elle sentit les regards plus que perplexe des deux autres garçons.
- Ben tiens, lâcha une fois encore Gaara, habitué à cette formule à chaque fois qu'il s'agissait de sa sœur.
- Ne soit pas si dur… fit Shikamaru tandis que ses lèvres s'ouvraient en un sourire moqueur. L'espoir fait vivre parait-il !
- Shika' ! Beugla Temari, indignée.
- Ouais, ben ses cris quand elle monte sur la balance, moi, ça me tue, se plaignit Gaara.
S'ensuivit une course-poursuite dans toute la cuisine qui finit rapidement en bataille d'oreiller où les camps n'étaient plus distinguables lorsqu'ils atteignirent le salon. Temari, contente de son coup, ne put s'empêcher d'avoir le cœur emplit de fierté et d'amour en voyant Gaara rire comme un gamin. Ce n'était pas souvent qu'elle avait droit à ce spectacle.
# Mais je serai sans pitié quand même ! # pensa-t-elle avant de lui assener un coup monumental pour ensuite en recevoir un plus terrible encore de Shikamaru.
Les restes de pizza refroidirent, et le salon ressemblait à un véritable champ de bataille. Mais les trois adolescents écroulés et affalés au sol n'en tinrent pas compte, et reprirent leur souffle pendant une bonne quinzaine de minute, lâchant parfois des rires fatigués et moqueurs.
Puis, Temari qui n'avait pas oublié son intention première, laissa son petit frère avant de tirer par la main un Shikamaru dont les yeux brillaient étrangement. Gaara resta alors seul dans le salon. Il ne prit pas la peine de ranger quoi que ce soit, et s'assit sur l'un des canapés de la pièce avant d'allumer la télé.
De son côté, Temari assistait à un tout autre spectacle que l'écran s'allumant, prêt à dévoiler une série stupide, un documentaire, ou encore une page d'informations. Shikamaru, moins flemmard que d'habitude à ses heures, se déshabillaient lentement sous les yeux avides de sa partenaire. Puis, lorsque son pantalon tomba dans un mouvement fluide au sol, la blonde s'assit sur le lit, jambes légèrement repliées vers elle, son regard flamboyant appelant silencieusement l'homme de sa vie. Shikamaru approcha alors, un sourire pervers sur les lèvres, et vint se placer au dessus de sa belle, la dominant de toute sa stature, avant de se coller un peu plus à elle. Il jouait, se relevant puis redescendant, faisant à peine frôler leurs deux corps qui frémissaient à ces contacts.
Dans le salon, Gaara lui, ne savait pas vraiment quoi regarder, il tenait juste à se vider la tête. N'importe quoi ferait l'affaire. Il entra alors dans la phase que quiconque s'ennuyant devant un écran télé adopte, passer de chaîne en chaîne à la recherche de quelque chose de plus ou moins potable. Sa main appuyait à intervalles réguliers sur les touches de sa télécommande. Avec le nombre de chaînes dont il disposait, il était préparé mentalement à y passer un moment. Puis, soudain, une image l'arrêta, et son pouce prêt à appuyer sur la touche suivante se stoppa en suspension. Il s'agissait d'une émission de médecine, et, vu qu'il voulait devenir médecin lui-même, cela ne pouvait être que bénéfique. Il alla dans la cuisine se chercher quelque chose à grignoter puis revint. Mais lorsqu'il refit face à l'écran, un complément des recherches qui passait à la télé passa, se déroulant dans un laboratoire pour des tests.
Shikamaru était déjà en Temari, qui brûlait de désir sous lui, enflammant le sien. Ils étaient tellement fusionnels que la plupart du temps, ils zappaient en connaissance de cause les préliminaires qui n'étaient pas forcément bien utiles pour eux deux. Se déhanchant sur la blonde, il écoutait avec délice ses gémissements et ses demandes suppliantes qui se faisaient de plus en plus fréquentes. Mais il ne la laisserait pas tout avoir aussi facilement.
- Hummm Shika', alleeez…
- Cause toujours… Belle blonde…Ahhh…
Voyant que son partenaire était d'humeur joueuse, Temari prit un petit regard vicieux avant de se coller à lui pour rapprocher leurs corps au maximum. Et quand finalement il se laissa prendre à son étreinte, elle mena la danse de ses va et viens en se servant de son corps dans lequel elle plantait maintenant ses ongles.
- Sauvage, souffla Shikamaru, amusé.
- Radin… répliqua-t-elle sur le même ton.
Temari ne pouvait s'empêcher de chercher la confrontation à laquelle son petit-ami répondait si bien, même dans les moments de complicités les plus intenses.
Gaara lui, était debout, devant la télé, immobile. Le paquet de chips qu'il avait rapatrié de la cuisine s'était étalé au sol lorsqu'il l'avait lâché. Ses yeux ne quittaient plus l'écran télé, et sa respiration devenait courte. Il avait l'impression, même habillé d'un tee-shirt, d'avoir la gorge serrée par une cravate. Et même de n'être habillé que de chose collantes, étouffantes.
- Huh…Huh…Huh…Huh
Sa respiration devenait de plus en plus rapide, et il haletait maintenant comme un jeune chiot fatigué. Ses bras, devenus raides, se repliaient sur son corps, jusqu'à ce qu'il n'enserre ses épaules, saisissant violement son tee-shirt qui ne manquerait pas de se déchirer si le roux le tendait encore plus sous ses doigts. Ses jambes tremblaient de façon croissante, et il avait dû légèrement les plier pour atténuer l'effet.
Maintenant, Shikamaru allait de plus en plus vite, sans prendre le temps de s'arrêter pour faire languir sa partenaire. Tous les deux partageaient un baiser brûlant alors que leurs yeux s'étaient fermés, presque plissés, afin de mieux ressentir les choses avec leurs sens du toucher. Et les sensations n'en étaient que plus intenses. Soudain Temari sentit en lui que son partenaire se contractait de plus en plus. Et finalement, ensemble, ils jouirent dans un cri d'extase pure.
- Aaaaaaah !
- Besoin de crier deux fois mon amour, lâcha Temari en regardant, épuisée, son copain.
- C'é…C'était pas moi, fit Shikamaru en sueur, ses yeux s'écarquillant.
- Comment… Gaara !
La blonde se leva d'un coup, projetant le pauvre Shikamaru au sol, avant de s'habiller sommairement d'un tee-shirt et d'une culotte. Shikamaru, une fois que sa tête ne fut plus trop sonnée, la suivit en trombe dans les escaliers. C'est là qu'ils découvrirent dans le salon le petit frère de la blonde, au sol, haletant. Il avait des yeux de dément, et de la sueur sur le front. Shikamaru jeta un rapide coup d'œil à la télé qui était allumée et vit ce qui avait provoqué une telle crise chez le roux. Il visionnait une sorte d'émission sur la médecine et les recherches scientifiques, et, sur l'écran, on voyait des chercheurs tester divers substances expérimentales en les injectant sans ménagement dans des souris de laboratoire. Les seringues en gros plans servaient à montrer le détail des doses, et de la façon dont ont piquait les souris au niveau de leur chair.
- Shika' ! s'exclama la blonde, paniquée. Il fait de l'hyperventilation !
Un bruit de clé dans la porte d'entrée se fit entendre. Les parents de Temari venaient de rentrer. Shikamaru se précipita pour demander de l'aide à ceux-ci, sachant que la blonde était trop choquée pour pouvoir faire quoi que ce soit. Lui-même n'y connaissait rien non plus.
- Oh mon dieu ! s'écria la mère du roux en apprenant de la bouche de Shikamaru ce qu'il venait de se produire.
Le père qui était, lui, médecin, se dirigea vers son fils et le calma en lui chuchotant à l'oreille tout en caressant son front et ses cheveux. Temari, elle, se faisait réconforter par sa mère qui affichait pourtant le même air désolé et paniqué sur son visage. Shikamaru aida le père des Sabaku pour porter Gaara jusqu'à sa chambre, tandis que monsieur Sabaku allait lui chercher de l'eau pour son réveil.
- Laissons-le se reposer, il nous racontera plus tard.
- Je sais déjà ce qu'il s'est passé, informa Shikamaru. Il a vu des tests sur souris…Dans le même genre que ceux qu'on lui a infligé.
- …Merci Shikamaru, dit l'homme aussi blond que sa fille, la mine soucieuse.
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Hinata s'était enfin décidée à se libérer de sa timidité. Il le fallait. Depuis qu'elle avait rencontré le frère de Temari, elle savait qu'elle pourrait désormais changer. Gaara était un garçon fascinant, qui avait vécu des choses dures mais semblait ne pas y prêter attention. Il était fort, tout le contraire d'elle. Elle, si elle ne parlait jamais, ce n'était pas parce qu'elle jugeait qu'il ne fallait ouvrir la bouche que lorsque c'était vraiment nécessaire mais parce que sa timidité maladive l'empêchait de s'exprimer. Elle en était venue à croire qu'elle n'avait même rien d'intéressant du tout à dire, et que c'était alors peut-être mieux qu'elle ne dise jamais rien.
# Mais mes sentiments…Il faut que je le les lui dise. #
La brune marchait dans la rue, un air déterminé peint sur le visage, ce qui constituait une première, Hinata n'ayant pour ainsi dire jamais froncé les sourcils de réflexion, de mécontentement, de colère ou de résignation. Dans ses bras trônait un magnifique bouquet de roses rouges, blanches et roses qu'elle avait acheté exprès pour le roux qui faisait battre depuis quelque temps son cœur.
En regardant son bouquet, enserré par ses deux bras fins, elle esquissa un doux sourire au souvenir d'une discussion avec le roux, lors d'une pause au lycée. Ils discutaient de plus en plus souvent, et Hinata ne pouvait en être que ravie. Elle ne savait pas ce qu'il pensait d'elle, mais elle était touchée que le roux lui accorde de l'intention. Tous ses amis lui en accordait, mais elle n'avait pas toujours connue cette situation et à chaque fois se sentait pleine de gratitude lorsque cela se produisait. Lors de cette conversation avec ce garçon si cher à ses yeux, elle avait tout fait pour savoir ce qui lui plaisait le plus, prévoyant déjà pour son anniversaire.
- Oui, j'aime bien les fleurs aussi, avait-t-il dit.
- Lesquelles ? demanda la brune, son cœur tambourinant dans sa poitrine.
- Hummm… Les roses, je pense. Leur délicatesse.
- C'est vraie qu'elles sont magnifiques, acquiesça la brune, rêveuse.
- Je dirais les rouges, ou les roses…et même les blanches.
- Les blanches ? C'est pour les mariages, non ?
- Pas forcément. Je trouve qu'elles iraient bien avec tes yeux d'ailleurs.
Maintenant qu'elle s'était remémoré la discussion, la pauvre Hinata était rouge écrevisse et marchait la tête basse, exécutant de petits pas gênés. Oui, ce n'était pas peu dire qu'Hinata souffrait d'une timidité maladive à souhait.
Mais son air déterminé réapparut quelques instants plus tard. Elle était dans le quartier où vivaient les Sabaku. Elle avait fait plutôt vite, ne tenant pas à arriver trop tard, mais ne pouvant partir trop tôt à cause des amis que ses parents avaient invités l'après-midi même. Elle aperçut bientôt la maison spacieuse de son amie, et poussa la grille d'entrée avant de se poster devant la porte abritée par une sorte de hall cerné de colonnes qui semblaient être en marbre. Elle approcha sa main de la sonnerie, et, déglutissant pour se donner du courage, appuya une bonne fois pour toute. Un moment passa, puis se fut finalement la mère de Temari qui ouvrit.
# Aaaah ! Ils sont rentrés ! # pensa Hinata, ne sachant pas s'il valait mieux que ce soit un parent qui ouvre ou une grande sœur suspicieuse.
Puis elle remarqua que madame Sabaku avait l'air particulièrement afférée, pressée, et se dit qu'elle n'était peut-être pas venue au bon moment, qu'elle gênait une fois encore, et qu'elle ne pensait décidemment qu'à elle et ses petits soucis de sociabilité. Mais ne pouvant abandonner maintenant, il fallait qu'elle tente le coup avant d'avoir vraiment l'air ridicule.
- Oh, Hinata ! Bonjour, salua la femme rousse.
- Bonjour madame Sabaku, répondit la brune sans une pointe d'hésitation.
- Dis-moi, tu en as un joli bouquet ! Temari a-t-elle réussit à avoir plus de la moyenne au dernier contrôle en sciences ?
Toutes les deux rires légèrement à la remarque. Cela sembla détendre quelque peu madame Sabaku qui s'accouda au seuil de la porte, les yeux plissés et un sourire poli sur le visage.
- Je n'en sais rien, ils ne l'ont pas encore rendu. Je voulais…Je voulais # non n'hésite pas, tu peux le faire ! # donner ces fleurs à Gaara. Il m'a dit qu'il les aimait, et je voulais lui offrir quelque chose pour fêter notre rencontre.
- Oh, c'est vrai que tu ne le connaissais pas avant. Ton frère et toi êtes arrivés après sa disparition…
- Euh, oui, confirma Hinata, soulagée de ne pas sentir ses joues s'enflammer comme à son habitude.
- C'est très gentil à toi, Hinata. Tu es vraiment une fille adorable… Mais là, Gaara ne se sent pas très bien. Il est en train de se reposer.
- Oh ?
- Ne t'en fait pas, ce n'est pas grand-chose, fit-elle pourtant pas tant convaincue de ce qu'elle avançait. Mais je lui donnerai ton bouquet, il sera sûrement ravi.
- D'a-d'accord !
La brune tendit violement son bouquet en direction de la mère du rouquin, et lui fit un petit sourire afin qu'elle le prenne. La femme rit en voyant les gestes maladroits de l'adolescente et prit délicatement le bouquet. Elle adressa encore quelques mots à Hinata et rentra. Sans perdre un instant, elle se dirigea vers une vitrine du salon pour y prendre un vase assez grand pour contenir l'imposant bouquet, et elle le remplit d'eau dans la cuisine que Temari débarrassait, faute de l'avoir fait plus tôt. La blonde ne remarqua même pas la présence de sa mère, plongée dans ses pensées. La femme rousse monta alors à l'étage, et toqua à la porte de chambre de Gaara, puis entra. Celui-ci ouvrit les yeux et regarda sa mère avant de remarquer ce qu'elle amenait.
- M'man, je t'assure, ça va ! fit-il, surpris.
- J'espère bien, mon chéri. Tu nous as tous fait peur.
- Je sais…
- Mais ce bouquet n'est pas de moi. C'est Hinata qui l'a apporté, et il y a une carte avec il me semble. Tiens.
- Euh… Merci, fit le roux tandis que sa mère déposait le vase sur sa table de nuit.
- C'est vraiment une fille adorable.
Gaara acquiesça silencieusement, puis sa mère lui déposa un baiser sur le front avant de s'en aller. Il se précipita alors sur le petit carton et lu l'écriture fine et ronde de la brune 'Pour la personne la plus formidable que j'ai rencontré. Hinata.' A côté figurait un petit cœur, et Gaara comprit immédiatement le message discret de la brune aux yeux nacrés. Celle-ci n'était pas du genre à signer avec des symboles fantaisistes, mais plutôt à faire passer des messages implicites.
# Oui, tu es vraiment adorable, Hinata. Et, moi aussi, je suis tombé amoureux de toi. #
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L'après-midi touchait à sa fin, et Sakura et Ino eurent droit au ciel nouvellement coloré en rose et orange au travers de la vitre du café à l'américaine Puts où travaillait Kiba. Celui-ci s'affairait encore en cuisine où il avait été nouvellement promu après avoir travaillé comme serveur. Il allait bientôt pouvoir prendre sa deuxième pause, et les deux filles s'en réjouissaient.
- Tu penses que c'est un bon plan ? demanda Sakura. Il n'y aura pas de soucis ?
- Non, non, la rassura la blonde. Mais parents sont d'accord. Ca va être mortel !
- A moins qu'on ne foute le bazar. Mais t'inquiète, on fera un minimum attention ! Ca va vraiment être des vacances d'hivers de fous ! Une semaine de pur bonheur ! Aaaah, j'ai déjà envie d'y être, soupira la rose.
- D'être où ça ? lança Kiba qui arrivait tout en ôtant son tablier vert bordé de jaune. Pas loin de moi, j'espère.
Sakura rit doucement avant de laisser de la place à l'Inuzuka sur la banquette. Ino était assise en face d'eux, sirotant doucement son verre de Monaco tout en touillant son fond de glace qui avait fondu.
- Oh, ça, non. Ne t'inquiète pas, susurra la belle rose. On a trouvé de quoi s'amuser par temps froid avec Ino !
- Vraiment ? On organise une soirée ? fit son copain, enthousiaste.
- Mieux que ça, dit Ino d'un air malicieux. J'ai l'honneur de t'annoncer en avant-première que je vais tous vous inviter pour la semaine de vacance de Noël ! Mes parents ont un chalet dans les montagnes. On profitera de la neige tandis qu'eux iront se faire dorer la pilule dans les îles.
- Wahouh ! La neige partout où on marchera ! J'ai hâte, s'excita Kiba en criant presque, attirant les regards des banquettes voisines.
- Chhhut, le gronda Sakura. On va annoncer ça aux autres plus tard, quand on sera tous ensemble ! Pas de fuite, hein !
- C'est à toi qu'il faudrait dire ça, rit Ino en désignant la rose du doigt.
- Pas faux, ajouta Kiba.
- Dites ce que vous voulez. Le principal, c'est qu'on va s'éclater ! rétorqua Sakura, intouchable.
Les trois adolescents s'adressèrent un regard complice accompagné d'un sourire XXL. Oui, une semaine rien qu'entre eux dans un chalet paradisiaque connaissant les goûts des parents d'Ino, cela ne pouvait que s'annoncer comme l'évènement de l'année.
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Et voilà pour le chapitre 6 d'Odd Doll ! Merci d'avoir lu !
Je ne partage jamais mes inspirations et d'où me sortent toutes ces idées, alors je me suis dit que ce serait peut-être intéressant (de voir à quel point ces trucs sortent de nul part) !
Le saviez-vous ? Odd Doll est une histoire qui m'est venue simplement en écoutant du Kanon Wakeshima (notamment sa chanson "Still Doll") et du Ali Project, une artiste à la voix un peu haut perché et un univers vraiment spécial. Mais, en réalité, lorsque j'écrivais les chapitres, j'écoutais une majorité de Justin Nozuka. Pas très joyeux, mais le monde de cette histoire ne l'est pas trop, surtout lorsqu'on partage le point de vue de Sasuke.
Aussi, j'aime bien créer de faux mots japonais. Hamidori, la société de Tsunade, veut dire quelque chose comme "feuille verte" (team Konoha !) mais... Je ne parlais pas assez le japonais à ce moment-là pour savoir le retranscrire exactement. :P
Oh, et en parlant de musique, je suis obsédée par la chanson d'Eva Simmons, Bludfire ! Aucun rapport avec ce chapitre hahaha ! C'est juste que tout ce qui touche au feu, j'adore ! (Promis, je ne deviendrai jamais pyromane pour autant !) Allez écouter la chanson si ça vous dit ! :)
A la prochaine ! :D
