Myrtille

[Laissez-moi seul, dans l'oubli]

Maintenant, c'était à son tour d'agir. L'homme remit en place sa veste rouge et attacha ses longs cheveux blancs en une queue de cheval fluide qui lui tombait jusque dans le creux des reins. Il mit ensuite ses mitaines, meilleures amies avec qui il passait les hivers depuis un certain temps maintenant, pour la simple et bonne raison qu'elles lui avaient été offertes par sa femme elle-même. Jiraiya partait aujourd'hui. Il en avait discuté avec sa belle blonde, et ne regretterai pas de ne pas passer noël en couple si c'était pour aider celui qu'ils considéraient comme leur fils.

- Ne t'inquiète pas. On ne le fêtera pas le bon jour, mais on fera quelque chose tout de même. Maintenant, file, il ne faut pas tarder. J'ai l'impression que quelque chose de mauvais est en train de se préparer, avait confessé Tsunade, inquiète.

- Bien. Mais je peux te jurer qu'on la videra, cette bouteille de sake au coco ! Allez, ne t'en fais pas. Je serai rapide comme l'éclair pour pouvoir retourner dans tes bras ! avait plaisanté son mari.

- Idiot… Je me doute bien que tu reviendras. Tu es sous le joug de ma cuisine de toute façon !

- Haha ! Informateurs et autres sources, tenez-vous prêt, Jiraiya arrive avec toute sa curiosité ! beugla-t-il alors, le poing levé comme résolu.

Et il était parti dans la minute suivante, véritablement déterminé. Tout cela devenait dangereux depuis que des gens intervenaient et assassinaient les personnes ayant ne serait-ce qu'aperçu Itachi ces dernières années. Il fallait régler le problème au plus vite avant que la situation ne dégénère et que d'autres autorités ne se rendent compte de ce qui était en train de se passer.

Maintenant en voiture pour faire le tour de la région et reprendre contact avec d'anciens collègues bien informés ou fouineur à l'occasion, Jiraiya se demandait s'il ne finirait pas par apprendre si oui ou non le frère de Sasuke était bel et bien coupable du meurtre de ses parents. Personnellement, il était comme le brun désarmé qu'ils avaient recueillit avec Tsunade il ne croyait pas à ce qui avait été dit. Itachi Uchiha, sur toutes les photos qu'ils avaient pu voir, était un garçon droit, sincère, et aimant. Tous les portraits familiaux qui avaient été faits montraient une famille unie et non pas un simple portrait froid comme ceux des familles qui se persuadaient que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes en ne tenant pas compte de la vie de leurs enfants. Mais, autant qu'il le sache, jamais les parents de Sasuke n'avaient poussé l'un ou l'autre à se diriger vers une voie en particulier.

La route défilait alors que les nuages s'amassaient au-dessus de la tête de l'homme à la crinière blanche. L'hiver était vraiment une sale saison pour espérer avoir de bonnes nouvelles.

- Sasuke… murmura l'homme, anxieux.

Tout cela lui semblait bien sombre. Comment les Uchiha avaient pu se retrouver dans une situation pareille, assassinés par quelqu'un n'ayant jamais été retrouvé, et sans que le reste de leur immense famille ne sache ce qui avait bien pu se passer ? D'ailleurs, le reste des Uchiha habitants dans le pays ne semblaient pas beaucoup s'inquiéter de l'affaire, faisant comme tous les gens riches et occupés, à savoir de se contenter de la version de la police comme si elle était dogmatique sans s'interroger sur des faits qui ne concorderaient absolument pas.

D'une certaine façon, Sasuke aurait pu faire de même, ça n'aurait pas été étonnant. A l'époque, il était encore jeune. Il aurait pu croire tout ce qu'on lui avait dit sur ce drame. Mais il avait trouvé la bague, et l'avait même cachée, certain que, sinon, rien n'aurait changé. Son frère aurait été jugé coupable car absent de la maison, et le précieux bijou aurait été complètement oublié, le laissant seul, sans piste.

# Je me demande comment il aurait vécu sans cette bague… Dire qu'aujourd'hui, on sait enfin ce qu'elle signifie alors qu'elle est restée sans valeur pendant tout ce temps…Presque…dix ans ? Onze ? #

Et depuis onze ans, Sasuke n'avait pas souri franchement, n'avait pas cessé de penser à son frère, n'avait pas su arrêter ses souvenirs de refaire surface de temps en temps, de lui rappeler la réalité, de se rendre compte qu'il était seul malgré leur présence à tous les deux, Tsunade s'étant comportée comme une véritable mère à son égard, et lui qui avait tout fait pour qu'il grandisse sereinement, sans être hanté en permanence par ses démons.

# On retrouvera Orochimaru, et ensuite Itachi. Je t'en fais la promesse, Sasuke. #

Une éclaircie perça les nuages pendant quelques secondes, laissant passer les doux rayons du soleil hivernal.

.

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Dans deux jours, ce serait Noël. Ino avait annoncé son projet pour les vacances d'hivers à tous ses amis qui avaient tous pu venir pour son plus grand plaisir. Le premier wagon du train qui partait pour la montagne était maintenant habité pour la journée tant le voyage était long, surtout lorsqu'il neigeait, d'une bande d'adolescents bruyants et particulièrement enthousiastes. Ils s'étaient tous réveillés à une heure déraisonnable pour les vacances afin d'attraper le premier train.

- Pas question de passer la nuit dedans sur des banquettes inconfortables ! s'était écriée Sakura à la nouvelle.

Plusieurs avaient acquiescé, et préféré partir sur toute une journée, plutôt que de se lever plus tard et de dormir dans un train. Ils étaient donc tous arrivés avec des têtes de mort-vivants à la gare, trainant leurs valises comme des enclumes en plomb derrière eux dans un bruit crissant et légèrement inquiétant dans la brume matinale.

- A ce rythme-là, on va fêter Halloween, avait glissé Kiba à Sai avant qu'ils ne partent dans un fou-rire incontrôlables.

- Haha…Très drôle. J'avais oublié qu'il y a des fous qui se réveillent tôt tous les jours pour rien…marmonna Temari en les entendant.

- Viens Tem', ils savent pas que le sommeil empêche de sortir des bêtises, avait ensuite grogné Shikamaru, le loir par excellence.

D'ailleurs, à en juger par la longueur de ses cernes, il devait avoir été celui qui avait le plus regretté son lit au moment où son cruel réveil avait sonné la fin de son occupation favorite. Ses paupières s'ouvraient à peine, donnant directement sur deux iris foncés, et particulièrement meurtrières lorsqu'elles se tournaient vers Sai et Kiba dont les rires lui auraient donné envie de hurler si cela ne s'était pas révélé immensément fatiguant pour lui.

Une heure plus tard, alors que le train partait tout juste de la gare, laissant sur le quai les parents qui laissaient leurs enfants s'en aller en vacances de neige profiter des pistes de ski. De leur côté, les adolescents turbulents d'ordinaire étaient venus accompagnés, certes, mais leurs parents étaient rentrés presque toute de suite après, prêts à se recoucher, aussi vaillant soient-ils. Leur progéniture dormait à poings fermés sur les sièges, et ils se poussaient les uns les autres où trouvaient des épaules en remplacement d'oreiller au hasard des secousses du train qui faisait balloter leurs têtes.

Ce fut en début d'après-midi qu'ils commencèrent à s'agiter, tous impatient, alors que le chauffeur avait annoncé dans son micro qu'ils étaient arrivés à la moitié du voyage. Temari avait alors crié de joie, sautillant sur place avec Hinata qui était plus un pantin que totalement consentante, ses bras tenus fermement par ceux de la blonde. Shikamaru avait regardé en soupirant sa petite amie, et Tenten avait réveillé Neji et Sai pour leur annoncer la bonne nouvelle. Ino fut prévenu par Sakura qui, elle, avait eu la bonne idée de retirer les écouteurs de ses oreilles en entendant un bruit de fond.

Sasuke et Gaara, qui étaient entrés dans une discussion très profonde, avaient juste souri avant de continuer leur dialogue monosyllabique – pour changer – sur les conditions météorologiques idéales pour aller faire du ski, bien qu'aucun des d'eux n'aiment ce sport.

Le soleil était à son zénith et frappait les wagons de leur train de toute sa splendeur, répandant la lumière sur les sièges pourpres et ocre ainsi que sur les portes en bois. Il fallait admettre que les trains dans cette direction étaient particulièrement beaux, sûrement à cause du nombre de touristes aisés qui passaient leurs vacances dans la région, tandis que les trains aux alentours des villes étaient tous d'un banal presque mortifiant en comparaison.

Vers trois heures de l'après-midi, tandis que certains jouaient aux cartes, idée proposée avec enthousiasme par Neji, grand chanceux dans les jeux de cartes dû à la facilité qu'il avait avec les nombres et pour retenir les cartes déjà jouées. Sasuke, lui, s'enferma dans son monde, ou plutôt, il alluma son mp3 de sorte à s'isoler un peu. Il était aussi content que les autres d'aller passer les fêtes de Noël dans le chalet de la blonde, bien que sa mine inexpressive ne le montre pas pour autant, comme depuis longtemps. Seulement, il ne pouvait s'empêcher, encore et toujours, de penser à Naruto. Il y pensait presque plus qu'à son frère, qui pourtant l'avait obsédé en secret durant tant d'années à ses yeux.

# Je me demande s'il se rend compte qu'on est en hiver… que les fêtes approches… qu'en dehors de sa chambre les températures on baissé… Je donnerai cher pour savoir s'il pense et ce qu'il pense. S'il murmure, c'est forcément que quelque chose lui traverse l'esprit de temps en temps… Peut-être que, d'ici mon retour, le thérapeute aura fait un miracle… Quoi qu'il ait l'air plus intéressé par les nouilles chinoises en boîte que lui apporte la brune de la maternité… Et c'est sensé être une clinique attentionnée et plus que performante ? #

- Hey, tu viens de sauter mon tour, Kiba ! bougonna Hinata, sortant Sasuke de ses pensées.

- Oh, euh, ben… Désolé, s'excusa l'Inuzuka.

- Qui a osé sauter le tour de ma petite Hinata chérie ? beugla Ino.

- Ouais, ou ta chose qui ne refuse jamais d'enfiler une de tes créations à froufrous… lança en baillant Neji. Tu vas transformer ma cousine en poupée de porcelaine si ça continue !

- Haha, pas faux !

- Tais-toi, Sai ! s'écria la blonde, vexée. C'est parce qu'elle a un corps de rêve. Il ne faut pas passer à côté de ça !

- Si seulement tes robes étaient paradisiaques, elles aussi ! souffla en riant Sakura.

- Toujours mieux que les trucs informes que tu portes, grand front !

- C'est vrai que t'es vachement mieux en jupe, fit remarquer Shikamaru à la rose.

- Ben vas-y, gêne-toi pas ! Adresse tes louanges à d'autres, lança Temari en manque d'attention.

- Mais non, mais non, tu es la plus belle pour moi, Tem', fit le brun avant de l'embrasser.

- Et la plus pénible au quotidien pour moi, lâcha Gaara dans sa barbe.

- T'as dit quelque chose Gaa' ? demanda la blonde, suspicieuse.

- Non, non, fit le rouquin d'un air las.

- On continue la partie, là ? demanda Sai.

- Pas tant que tu ne m'auras pas défendu comme un homme ! renchérit la blonde platine.

- Euh… pourquoi ?

- Mes rooooobes ! fit la blonde exaspérée, deux doigts sur la tempe gauche.

- Oh…Bah elles sont jolies.

- C'est tout ce que tu trouves à dire ?

Un fou-rire général partit, et Sasuke ne put s'empêcher de sourire, oubliant ce qui le tracassait quelques instants auparavant.

- Tu ne joues pas non plus, Sasuke ? le questionna Tenten.

- Euh, non. Ils parlent trop fort.

- Et moi, je suis nulle à ce jeu. Surtout avec Neji…

- Imbattable, hein ?

- Exactement.

- Pourtant, là, c'est Kiba qui va gagner.

- De quoi ? fit l'intéressé. Hey, regardez pas mes cartes, protesta-t-il en les orientant dans une autre direction.

Son geste cacha la vue à Sasuke et Tenten, mais Sakura et Hinata purent voir à loisir le jeu de Kiba qui remarqua quelques secondes après son erreur.

- Mais-euuuh ! L'effet de surprise est gâché maintenant, s'apitoya-t-il.

- C'est pas grave mon chou, tu viens quand même de battre Neji, fit Sakura avec un clin d'œil malicieux.

- C'est extraordinaire, ajouta Hinata, véritablement impressionnée.

- Ben…Merci, fit Kiba qui s'empourpra légèrement.

- Partie terminée, alors, déclara Neji. On en fait une autre ?

- Ah non ! Pas avec toi, rétorqua Temari qui perdait systématiquement.

- Pourquoi ça ? Kiba vient bien de me battre ! s'exclama le brun, interloqué.

- Chance du débutant, voilà tout, fit la blonde, catégorique.

- Pardon ? lâcha Kiba.

- Oh, t'as entendu ? railla Temari en riant.

S'ensuivit un autre débat mouvementé ne manquant pas d'arguments très persuasifs et constructifs tels que « t'es nul », « lâche l'affaire » ou « tu comprends rien » et « mais c'est toujours de ma faute » et ainsi de suite. La fin d'après-midi passa alors relativement vite.

Vers les coups de dix-neuf heures, tout le petit groupe arriva enfin à destination, descendant fébrilement du train pour s'engouffrer dans le froid de la montagne et ses vents prêts à décoiffer un quelconque chignon de luxe ou brushing appliqué. Sai commença à s'étirer les jambes en faisant quelques flexions, engourdi d'être resté autant de temps assit sur son siège. Il fut suivit par les autres, et presque tous ceux qui croisèrent leur route, leurs jambes dans le même état que celles des adolescents fraîchement débarqués au paradis de la neige et des chutes contres sapins massifs. Ils n'avaient pas vraiment eu l'occasion de marcher durant le voyage dans les allées toujours trop étroites des wagons, et leurs muscles tiraient douloureusement de ne pas voir été sollicités plus que ça.

Un taxi arriva environ un quart d'heure après, par les bons soins d'Ino. Dans les parages, les taxis étaient tous les même, de vraies limousines ! L'abondance de gens aisés venant passer leurs vacances ici avaient apporté avec eux tout un luxe qui devint rapidement quelque chose de banal pour les gens qui y vivaient tout au long de l'année. Mais ce ne fut pas le cas des garçons qui se déboitèrent la mâchoire en voyant leur humble petit taxi douze places, tandis que les filles – mis à part Ino qui se délectait dans son coin de l'effet produit – gloussaient de contentement en agitant les mains, comme des enfants gâtées, ce qu'elles étaient un peu dans le cas présent.

Le trajet ne fut pas trop long, à leur plus grand soulagement, et ils arrivèrent bientôt devant le haut portail en bois de la résidence secondaire des parents d'Ino. Une allée en dalles de pierres menait à un grand chalet qui s'étendait sur deux étages, une terrasse entourant tout le premier afin de profiter de la vue, tout comme au rez-de-chaussée. Le troisième étage, sous les combles, n'était pas habitables, mais constituaient un atelier que le père d'Ino utilisait parfois. A leur plus grande joie, de la neige s'était déjà déposée sur le toit, dégoulinant légèrement sur les bords comme une vraie carte postale, et le jardin était gelé, recouvrant d'un manteau blanc quoi que peu épais pour l'instant la pelouse. On pouvait distinguer à travers les formes des arbustes taillés en boules et de hauts sapins un peu partout.

- Venez vite ! les pressa Ino qui finissait de payer le chauffeur de taxi alors que les autres prenaient leurs valises auprès d'eux. Il faut que je vous fasse tout visiter !

- Ahh, ça ne peut pas attendre ? demanda Shikamaru en baillant allègrement. Ce dont j'ai besoin, maintenant, c'est de trouver le lit le plus proche. Sommeiiiil…

- Comme si tu n'avais pas eu assez de temps dans le train ! beugla Temari.

- Ben nan… Vous faisiez trop de bruit…

- Tu-tu-tu ! On visite tous ! Je n'ai pas envie de répéter, lança la blonde platine.

- Chouette ! J'ai hâte de voir l'intérieur ! Tes parents ont trop bon goût ! s'enthousiasma Sakura, laissant sa valise s'écraser sur le pied d'un Sai qui pâlit à vue d'œil sous la douleur.

- Urghhh..Bmm… lâcha-t-il avant que Sakura ne vienne aider le garçon, tétanisé de tout le corps comme si cela allait chasser la douleur.

- Essayons de ne pas trop faire de casse, lança Hinata à la rose avant de rire doucement.

- On va essayer, soupira Neji en se grattant le menton.

- Essaye plus fort que d'habitude, le réprimanda Ino. Quand tu bois, tu atterris sur tout et n'importe quoi. Je crois que je vais ranger les vases et autres dans les armoires, pour plus de sécurité…

Neji lui adressa le regard angélique du parfait coupable avant de la suivre à l'intérieur de la propriété. Après un rapide tour de jardin qui n'avait que peu d'intérêt en cette saison, la maîtresse de maison – du moins pour la durée des vacances – fit découvrir à ses amis une cuisine américaine dont le long comptoir donnait l'impression d'appartenir à un bar de montagne. Les chambres furent attribuées au fur et à mesure que les uns ou les autres jetaient leur dévolus sur telle ou telle pièce, et le salon fut agréablement salué par sa grandeur : l'idéal pour une bonne soirée. De plus, toute la maison était bien chauffée, et le frigo rempli de victuailles prêts à être consommés par une bande d'adolescents affamés.

- Wahouh, je veux ces biscuits ! s'écria Kiba en découvrant ses gâteaux préférés dans un placard.

- Non mais quel fouineur ! se moqua Sai qui rit avec Neji et Sasuke.

- Mais… Mais… Je les veux quand même !

- Tu peux les prendre, Kiba, céda Ino. J'ai pensé à vous tous. Normalement, vous trouverez votre bonheur.

- Ah ! Je propose qu'on appelle Ino notre Reine pour la durée de ce séjour, fit Hinata, touchée par toutes les préparations de la blonde.

- Euh, non merci. Je préfère juste que vous passiez du bon temps comme si vous veniez de gagner un concours, répliqua modestement la blonde.

- Ok, alors je fonce tester le jacuzzi, décida Temari avant de disparaître fissa de la vue de ses amis.

On entendit les pas bruyant de la blonde monter les escaliers avant de les redescendre immédiatement.

- Oh et Shika' dors déjà. Gaara aussi. Mes frères sont des loirs, mille pardons, s'excusa la blonde cendrée avant de remonter aussi délicatement que la première fois.

Le petit comité restant ce concerta du regard un moment.

- Je pense que ces vacances vont vraiment… être cool, lâcha Sakura en offrant un sourire éclatant à la petit assemblée.

Tous hochèrent de la tête pour montrer leur approbation aux propos de la rose. Puis ils retournèrent tous à leur activité avant d'aller se coucher.

Ce fut Hinata qui se leva la première, suivie de près par Neji. Tous les deux avaient l'habitude de se lever tôt, même en période de vacances. C'était dans leur éducation. Ils préparèrent un petit déjeuner pour tout le monde, ce qui équivalait à un banquet personnalisé digne des grands restaurants. Puis, Neji partit se doucher dans l'une des cinq salles de bains que comptait la maison.

- Vraiment, c'est immense ici, souffla Hinata pour elle-même.

- A qui le dis-tu ? J'ai mis dix minutes à retrouver le salon, lança une voix derrière elle.

- Oh Tenten ! Bonjour, bien dormi ?

- Ca oui, je n'ai jamais dormi dans un lit aussi douillet, moelleux, chaud, rassurant… mfaaaaaah, soupira la brune en fermant les yeux avant de s'étirer.

- C'est un petit paradis, cette maison, acquisça Hinata avec un clin d'œil.

- WHOAH ! C'est toi qui as préparé tout ça ?

La jeune fille aux macarons fixait, la mâchoire béante, les plats disposés sur le comptoir du bar de la cuisine qui donnait sur le salon. Des toasts, des œufs prêts à être cuits, de même pour le bacon, des tartines déjà recouverte de beurre ou de confiture et des bols de céréales ou seul le lait manquait étaient disposés de façon élégante et semblaient avoir été préparé avec soin pour chacun des habitants de la maison.

- Non, Neji m'a aidé. Je pensais qu'on pourrait tous prendre le petit-déjeuner ensemble. Et vu qu'on s'est levés les premiers… On a déjà commencé !

- Ahhh, laissse-moi te prendre dans mes bras ! Je t'adore !

La brune aux yeux nacrés accepta en riant doucement l'étreinte de son ami avant de la conduire sur son tabouret haut, pile devant un petit-déjeuner préparé tout spécialement pour elle. Puis, esquissant un petit sourire, elle alluma la télé géante du salon et mit des dessins animés un peu stupides mais clairement adorés de toutes les filles de cette maison. Les deux amies rirent ensemble devant l'histoire d'un petit ours rose bonbon et de son copain, un canard bleu, durant quelques minutes, avant d'être rejoint par Sai, Ino, Kiba et Gaara qui s'extasièrent devant la télé aussi bien regardable depuis les canapés que depuis le bar où les attendait leur premier repas de la journée.

Toute la journée se déroula ainsi des surprises, de la bonne humeur, et surtout de la bonne volonté à préparer un réveillon parfait. Le temps passa vite, peut-être un peu trop, et le soleil céda la place à une nuit enneigée aux alentours de dix-neuf heures.

Ce fut à l'instant où la chaîne stéréo joua la première note de la première chanson que le groupe d'adolescents se permit de sourire d'un accord commun. La pièce où ils se trouvaient était encore le salon, et toutes les décorations semblaient s'illuminer pour rendre la soirée particulièrement magnifique. Derrière la baie vitrée, les flocons tombaient sans que rien de les arrêtent, et à l'intérieur, des lumières se dégageaient de spots spéciaux et diffusaient leurs couleurs en rythme avec la musique qui se jouait. Les filles avaient aussi tenu à installer des lumières fluorescentes au plafond, et le son avait été mis au maximum, prêt à accueillir les futurs danseurs au centre du salon d'où avaient été sorti tous les canapés et autres meubles encombrants. Ino avait aussi particulièrement veillé à enlever tout objet de valeur du mur.

Temari, dans une robe mauve ornée d'un énorme nœud de la même couleur sur le bassin, se déhanchait, entraînant avec elle un Shikamaru sur son trente et un dans un costume noir et blanc digne d'un pianiste de renommé. Sakura, elle, alla chercher en compagnie d'Ino leur premier verre de la soirée sur le comptoir immense où avaient été déposés les plats et toutes les boissons qu'ils avaient préparé durant l'après-midi. Sai accueillit d'un baisé la blonde platine, prenant dans le même temps le verre qu'elle lui tendait, tandis que Kiba lançait un regard plus que sensuel à la rose. Gaara et Tenten discutèrent jusqu'à ce qu'on les appelle à danser, rejoints presqu'aussitôt par Neji et Sasuke qui, d'ordinaire impassible, se réveillaient en cœur comme des démons de la fête, dansant dans un rythme endiablé.

Hinata rejoignit en dernier le petit groupe, s'approchant de Gaara de façon discrète, avant que celui-ci ne l'invite clairement à se rapprocher, tendant sa main avec un sourire rayonnant sur le visage. La brune baragouina un « merci » qui ne s'entendit évidemment pas à cause de la chanson qui était en train de passer, et vint danser près du roux qui remit en place sa veste aussi rouge que sa chevelure.

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Loin de là, dans la ville natale des adolescents qui se promettaient une soirée bien arrosée, Kakashi fêtait lui aussi Noël, en compagnie d'un Iruka comblé. Ce dernier avait déjà les pommettes roses à cause des verres de champagnes qu'il avait déjà bus. Tous les deux riaient nerveusement, emporté par une ivresse naissante, et commentaient les musiques qu'ils avaient mis, se remémorant l'époque où elles avaient été entendues par tous et diffusées sur toutes les radios. Le repas était déjà presque terminé, les deux hommes s'étant contenté d'une sorte d'apéritif prolongé et d'une traditionnelle dinde de Noël.

Bientôt, l'ambiance se transforma progressivement, et devint beaucoup plus intime. Sans qu'il ne sache comment, Iruka s'était retrouvé proche du corps du gris, ondulant légèrement au rythme de la musique, une énième coupe de champagne à la main. Kakashi le fixait de ses yeux gris chinés, comme en pleine admiration d'une œuvre d'art. Leurs visages se rapprochèrent, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, ils entamèrent un baiser passionné, cherchant à tâtons la commode pour poser leurs verres. Une fois fait, Iruka sauta sur son collègue, agrippant ses jambes autour des hanches de son homme, afin d'approfondir leur échange buccale brûlant. Kakashi, d'humeur joueuse, commença à frotter son entrejambe contre celle de l'homme qu'il tenait fermement, se délectant des soupirs de bien être que celui-ci ne tarda pas à émettre, en prise à un désir croissant.

Kakashi esquissa alors un pas sur la gauche, avant d'entamer une démarche lente et contrôlé vers la chambre.

- Je crois…Qu'il est temps qu'on se donne nos cadeaux, fit-il avec malice, la voix chargée de désir.

- Je le crois aussi, acuiesça le châtain dans ses bras en lui rendant son sourire.

La porte de la chambre du gris se referma, et ce dernier se bénit mentalement d'avoir laissé la musique allumée, histoire d'épargner aux voisins un tout autre tapage nocturne qui allait arriver très, très rapidement.

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Le lendemain, Sasuke se réveilla avec une désagréable migraine. Comme à leur habitude, ils avaient forcé la dose, et il s'imaginait déjà les rictus de souffrances que tous afficheraient lorsqu'il sortirait de sa chambre. A moins que ceux-ci ne restent longtemps dans leur lit, à l'image de Temari et Shikamaru qu'ils savaient utiliser n'importe quelle occasion pour se faire plaisir entre eux. Il devait en être pareil pour Sai et Ino, et il était à peu près sûr que Tenten et Neji avaient fini par devenir bien plus proches que de simples amis.

Epuisé, il décida lui aussi de rester quelque temps sous sa couette qui, étrangement, n'était plus du tout au carré mais débordait plutôt de chaque côté du lit et avait décidé de délaisser ses jambes. Un sourire vint se planter sur son visage mal réveillé. Cette soirée avait été absolument fantastique, et il était certain que tous proposeraient de réitérer l'expérience pour le prochain réveillon. Cela lui avait vraiment fait du bien de partir. Ces vacances l'avaient libéré de ses inquiétudes à propos de

- Naruto, murmura le brun en passant son bras devant son visage.

Que faisait-il, lui ? Evidemment, il se savait. Le blond était allongé dans son lit, dans sa petite chambre d'hôpital, sans même avoir la notion du temps. Peut-être même que Noël n'existait même plus dans son esprit. Il ne devait pas admirer des spots de lumières mais le plafond désespérément blanc, typique de tous les hôpitaux, et il n'avait sûrement pas mangé plein de cochonneries mais un plateau sans saveur.

A cet instant précis, le brun décida que, même si le blond frêle et désorienté n'en avait sûrement strictement rien à faire, il passerait le nouvel an avec lui. Car ce matin-là, Sasuke s'en fit la promesse le nouvel an, ce nouvel an, marquerait un nouveau départ pour l'adolescent. Oui, il pouvait le faire. Il pouvait faire en sorte de rendre sa vie à Naruto. Il en était persuadé. Le blond lui reparlerait. Il guérirait, il remarcherait, et il rirait avec tous ses amis si doués pour faire les pitres à longueurs de temps. Et tout ça commencerait le 31 décembre.

Il annonça son départ prématuré deux jours plus tard à ses amis qui firent tout pour le retenir, ne comprenant pas ses raisons. Il finit par mettre Neji au courant, qui comprit peu à peu ses raisons, tout en se questionnant. Le brun aux yeux de nacres voyait peu à peu son ami changer, et il était presque sur que, si le blond venait à se « réveiller », tous deux entretiendraient des liens puissants. Il prévint ensuite Shikamaru et Tenten, qui gardèrent le secret, mais ne tentèrent plus de retenir le brun. Le matin du 29 Décembre, Sasuke souhaita une bonne fin de séjour à tous et partit sans se retourner.

# Je serai bientôt là…Naruto… Euh, pourquoi ai-je autant envie de le voir au fait ? #

Pour la première fois de sa vie, Sasuke esquissa une tête à faire mourir de rire n'importe qui, sourcils froncés, yeux écarquillés, tête baissé comme s'il regardait quelque chose d'étrange au sol, comme par exemple une chenille avec une bouche de canard et des écailles. Oui, il était…dubitatif, tout ça en continuant de marcher le plus naturellement du monde vers son taxi.

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Merci à Yullena et Une inconnue pour m'avoir laissé un message. Votre soutien est apprécié, vraiment !

C'est toujours un peu bizarre de ne pas avoir de retour parce que, honnêtement, c'est la raison même pour laquelle je poste sur un site comme celui-ci. J'aimerai, plus tard, publier une histoire, ou plusieurs, enfin, avoir un roman à moi en tout cas. Ici, c'est donc la plateforme pour tester les eaux, et voir si ce que j'écris a une chance d'intéresser, et si mon style est assez correct. Bien évidemment, euh, mes premières histoires, quand je les aies posté quelques années plus tôt, étaient un massacre de l'orthographe et de la conjugaison mais euh... J'espère que maintenant que j'ai corrigé les fautes et le style, elles sont plus agréables à lire et vous laissent vous concentrer sur l'histoire :P

Tout ça pour dire que je n'attends pas de vous, chers lecteurs, d'être des critiques littéraires. Néanmoins, si vous avez des remarques, je les prendrai avec plaisirs afin de m'améliorer dans le futur :D Et comme pour ma première histoire, si vous avez envie de parler d'autre chose, de poser des questions à la place, ça me va aussi, du moment qu'on partage ;)

Voilà pour le chapitre 8 d'Odd Doll. Honnêtement, je déteste les sports d'hiver, d'où les références aux collisions avec sapins hahaha J'aime aller à la montagne, mais plutôt pour aller marcher en forêt quand il y a beaucoup de neige (fatigant, mais le paysage est à couper le souffle). Et si vraiment je devais choisir une activité, ce serait le patin à glace, parce que ça a beau être potentiellement létal (à haut niveau), c'est quand même super fun ! :D

Aussi, en écrivant ce chapitre, et Odd Doll en général puisque j'essaye de partager quand même la vie du groupe d'amis, j'ai vraiment eu envie d'écrire une school-fic. J'ai pondu un projet, en deux saisons, rien que ça. J'espère qu'un jour j'aurai le temps de le rédiger et de le partager également :3 Les school-fic, c'est un peu l'occasion de pondre la scolarité dont on rêve hahaha !

A la prochaine, dès que possible ! Merci d'avoir lu !