Ortie

[La cruauté de ton esprit]

Evidement, Tsunade, d'abord heureuse en voyant les sms de son presque fils, sachant que Naruto était sur une bonne voie, changea d'humeur du tout au tout en apprenant la nouvelle.

- QUOI ? avait-elle hurlé dans le combiné de son téléphone.

L'infirmière répéta ce qu'elle venait d'expliquer. En autre, que son cher brun si bien élevé et si intelligent avait eu la brillante idée de sortir un patient tout juste apte à se mettre debout de sa chambre. Et comme si le couloir ne suffisait pas, il lui avait fait monter trois étages avant de l'emmener sur le toit. De nuit. Sans personne aux alentours. Sous la neige. Et ils y étaient restés environ une heure. Sans rien pour protéger Naruto du froid. Ni Sasuke, d'ailleurs, qui avait légué son manteau au blond.

Tsunade se demanda d'abord si elle allait briser son devoir et trucider le brun à coups de batte de baseball dans son propre appartement et le laisser dépérir à petit feu sans prévenir personne. Puis, elle se demanda ce qui avait bien pu se passer dans la tête de Sasuke, et se rappela qu'il y avait aussi Naruto qui avait l'air d'avoir été consentant. Il avait même dit qu'il avait lui-même demandé au brun de l'emmener voir la neige. Là, Tsunade se dit que quelque chose ne tournait pas rond chez ces deux adolescents, et qu'elle devrait peut-être commencer à investir dans les magasines à l'attention des parents démunis face à leurs adolescents juvéniles rebelles, compliqués et insolents.

- Merci de m'avoir prévenu, lâcha-t-elle d'une voix suave à faire faner des fleurs…et l'infirmière au bout du fil.

Une voix doucement cruelle, soyons plus précis. Sasuke allait regretter de ne pas s'être servi de ses neurones mais de son cœur. Oui, il fallait qu'il ait abandonné sa raison, pour une fois, chose qu'avait souhaité Tsunade autrefois voyant un Sasuke trop sérieux pour son âge, et cela dans le seul but de commettre une bêtise incommensurable.

Elle déboula dans le salon, calmement, sous l'air interrogateur de Jiraiya qui avait bien entendu sa femme pousser un cri. Elle s'assit sur le fauteuil de lui et lui débita ce qu'elle venait d'apprendre avec un naturel déconcertant, comme si elle avait été en train de commenter le temps qu'il faisait dehors – et il faisait moche, pour tout dire – pendant quelques minutes. Jiraiya, qui connaissait sa femme par cœur, devint blanc comme un linge, sachant que Sasuke allait passer un mauvais quart d'heure. Et c'était un euphémisme, car le brun aurait peut-être à passer plus d'une mauvaise journée, ou semaine, ou mois. Selon le self-control de la blonde en somme.

Ce fut donc ensembles qu'ils partirent en direction de l'appartement leur fils. Quand Sasuke, pas encore bien réveillé, ouvrit la porte, il tomba par terre en voyant l'air démoniaque sur la figure de sa marraine. Ses couettes blondes semblaient voler de colère autour de sa tête, et Jiraiya semblait être l'assistant martyr d'un démon venue d'un monde parallèle. La sentence tomba rapidement, et Tsunade fut catégorique.

- Jiraiya t'emmène ailleurs. Interdiction de voir Naruto aujourd'hui, et toute la semaine, et peut-être plus si je change d'avis.

Sasuke sut qu'il n'avait même pas à riposter, car il craignait d'avoir encore pire s'il le faisait. Il allait devoir faire particulièrement attention à ce qu'elle soit toujours de bonne humeur et pria pour que ses affaires se déroulent correctement cette semaine. Il ne devait en aucun cas contrarier ses projets, en aucun contrarier Tsunade en ne respectant pas leur « accords ». Oui, Sasuke s'excusa mentalement auprès de Naruto, mais la blonde avait été déjà gentille de ne pas tout de suite décréter un mois, ce qui aurait été le cas si Naruto n'avait pas fait aussi partie d'un dossier en cours.

- D'accord, accepta-t-il quand la blonde eu terminé de parler.

- Eeeet ? insista-t-elle, l'œil sévère.

- Et je suis profondément désolé, ça ne se reproduira plus.

- Humf, grogna la blonde pour jouer jusqu'au bout le rôle de la maman en colère.

- Bon, Sasuke, prépare tes affaires. Je t'emmène pas trop loin. Je reviendrai te chercher ce soir.

- J'arrive, marmonna le brun.

Il attrapa son porte-monnaie, un sac, et suivit Jiraiya dehors, Tsunade étant déjà repartie à pied jusqu'à son lieu de travail. L'homme aux cheveux blancs brisa le silence à la moitié du trajet, gêné par la situation. Sasuke n'avait…pas beaucoup été puni de toute son enfance. Ce devait être la troisième fois, pas plus. Les autres ayant été des punitions légères suite à des bagarres que Sasuke avait déclenché avec quiconque tentait de parler de ses parents, de lui rappeler qu'il était orphelin ou que son frère était coupable.

- Honnêtement, pourquoi as-tu fait ça ? Il n'avait pas les vêtements pour. Et puis il peut à peine marcher, non ? lança-t-il machinalement.

- Il me l'a demandé.

- Et c'est tout ? Ca suffit pour que tu l'écoutes et le mette dans la neige ?

- Hn.

- Je vois, tu es d'humeur bavarde, pour changer.

- …

- Allez, c'est pas grave. Il ne lui est rien arrivé. Mais il aurait quand même pu tomber malade. Bah… au moins, tu as essayé de lui faire un beau nouvel an.

- Hn.

Une vingtaine de minutes plus tard, Jiraiya déposa le brun dans le centre-ville plutôt petit et tranquille de la ville qu'avait choisis Tsunade – principalement pour l'absence de bus afin que Sasuke ne tente pas de rentrer, ce qui en disait long sur l'inactivité de la ville en question – avant de lui souhaiter une bonne journée d'un air tellement peu convaincu que Sasuke en esquissa un sourire gêné.

.

.

Quelques heures plus tard, Sasuke avait déjeuné dans un petit restaurant plutôt sympathique, visité les trois seules boutiques susceptibles de l'intéresser : des librairies. Malheureusement, une fois tout cela fait, il ne restait pas grand-chose. Il ne restait rien du tout même. Et comme si Dame Nature avait décidé de s'allier à la démoniaque blonde-aux-gros-seins, de lourds nuages gris s'amoncelaient au dessus de sa tête.

# Evidement, il fallait que j'oublie quelque chose. Et c'est le parapluie…# gronda la brun intérieurement.

Heureusement pour lui, sa punition serait plus facile à digérer dans deux jours, quand les cours auraient repris. Mais si, en attendant, il devait passer son temps dans des trous perdus sous le blizzard, il allait vraiment finir par imploser.

Sasuke regarda à sa droite, vers les magasins, pour décider de l'endroit où il se réfugierait au cas où le ciel tenterait de se déchirer en deux – au point où il en était, même une tornade lui semblait normale par un temps pareil – et repéra déjà un bar où des hommes d'âges murs s'étaient entassés pour regarder un match ou autre sur le petit écran à l'intérieur. Puis, il tourna sa tête à gauche, vers le reste de la ville qui s'offrait à lui, entre maisons en pierre grise qui avait tout de déprimant et nouvelles maisons colorées qui, pour le coup, semblaient hors-contexte. Les gens retournaient calmement chez eux, comme si le début de leur apocalypse quotidienne venait de commencer, tout ce qu'il y a de plus normal. Là, il dut s'avouer qu'il se sentait vraiment, affreusement, maladivement seul. Puis, en plissant les yeux, il vit l'un des silhouettes rester immobile. Droite, plutôt grande, elle était à quelques pâtés de maison de l'emplacement de Sasuke, et semblait s'être arrêtée sur le trottoir. Mais la personne en question ne semblait pas chercher son chemin ou autre. C'est à ce moment-là que Sasuke comprit que cette personne avait son regard rivé sur lui. Du moins, il en déduisait cela à sa position.

# Qui est-ce ? Pourquoi est-ce-qu'il bloque sur moi ? #

Toujours absorbé dans la contemplation de cet inconnu pour le moins intriguant, Sasuke sursauta imperceptiblement quand il vit la silhouette au loin lever le bras avant de lui faire signe de le suivre. Sasuke eu une impression bizarre, et frissonna. Quelque chose clochait. L'inconnu fit demi-tour, lentement, avant de retourner sa tête encapuchonnée vers lui pour l'inciter une nouvelle fois à le suivre. Lentement, Sasuke plaça un pied devant l'autre, et se mit à suivre cet inconnu. Ses bras étaient légèrement écartés de son corps, comme un enfant qui suivait un être imaginaire dans son propre jardin. Sauf qu'il n'était pas un enfant, pas dans un jardin, et que l'inconnu n'avait rien d'irréel. Alors pourquoi cette vieille sensation ? Cette gêne inexpliquée quand il fixait le dos qui s'offrait à lui. Une boule vint nouer la gorge de Sasuke. Cette façon de suivre un dos si imposant, sans détourner les yeux, comme il l'avait toujours fait. Comme il l'avait toujours fait…

# Grand frère… #

Comme si l'inconnu avait capté ses pensées, il se mit à accélérer le pas, et Sasuke dut bientôt trottiner, puis courir pour que la distance les séparant reste la même. Puis le rythme s'accéléra encore, et il courut à en perdre haleine après ce long manteau noir, désespéré, comme s'il fallait qu'il voit à tout prix qui se cachait derrière ce vêtement. Sans qu'il ne s'en aperçoive, il avait délaissé depuis bien longtemps la limite du centre-ville et tournait à des carrefours, encore et encore, sans même plus faire attention aux chemins qu'il empruntait, comme si retenir l'itinéraire du retour n'avait plus aucune importance, désormais.

La pluie se joignit rapidement à la course, trempant les cheveux de Sasuke qui repoussait des mèches en bloque pour ne pas perdre de vue l'ombre qu'il chassait depuis plusieurs minutes. Il vit la dites ombre tourner dans une rue et en fit de même. Mais loin d'être une rue, il s'agissait d'une impasse. Là, dos à lui tandis que d'un pas prudent il entrait dans cette ruelle aux allures macabres, se tenait l'inconnu. D'aussi près, Sasuke le détailla et en conclut que c'était bel et bien un homme, de grande taille, moyennement musclé, pas trop vieux.

# Alors c'est peut-être bien… # I-Itachi ? s'avança Sasuke, mal à l'aise.

L'inconnu, toujours de dos, eut un réflexe nerveux au bras, mais ne se retourna pas pour autant. La pluie ruisselait sur son manteau, et Sasuke aperçut, en rouge foncé, presque tellement foncé qu'il avait été normal qu'il n'ait pas remarqué avant, des sortes de nuages rouges sur le manteau. Puis, l'inconnu décala son pied gauche sur le côté, et d'un geste lent et contrôlé, il se mit face à Sasuke.

- Alors… Tu te rappelles quand même de moi ?

La voix de l'inconnu glaça le sang de Sasuke dans ses veines. Il n'était pas en pleine hallucination. La voix de son frère, reconnaissable entre toute. Une pointe de fierté dû au sang de leur famille, posée et toujours bien contrôlé. Comme pour prouver réellement son identité à son petit frère, Itachi baissa sa capuche. Il dévoila un visage cerné, fatigué, mais en tout point identique à celui de Sasuke, avec quelques années de plus. Les mêmes mèches brunes corbeau, le même visage fin, et les mêmes yeux inexpressifs, insondables, et durs.

- Ce n'est…pas…possible, gémit presque Sasuke, déboussolé.

Un éclair retentit, suivi d'un bruit de tonnerre, éclairant brièvement la scène. Une fois la luminosité revenue à la normale, Sasuke vit son frère étirer ses lèvres en esquissant un sourire terrible. Il dévoilait toutes ses dents, comme s'il était heureux pour une raison malsaine. Il fit un pas en avant, faisant reculer son petit frère que l'eau tombée du ciel commençait à geler.

- Je suis content de te revoir, petit frère. Ca fait si longtemps ! Je ne compte même plus les années où j'ai désiré, chaque jour, te revoir, déclara Itachi en écartant ses bras, comme pour accueillir Sasuke.

Ce dernier, terrorisé, avait les yeux écarquillés. De la sueur coulait sur son front, et il ne put plus esquisser un seul autre pas en arrière, paralysé sur place. Ses yeux ne regardaient même plus vraiment Itachi. Il revoyait tout. Il revoyait le sang, dégoulinant sur le parquet de qualité de son salon, et le regard vide, meurtrit et terrorisé de ses parents.

- Il faut que tu saches, Sasuke. Il faut que tu saches, pour cette fois-là.

- Je…J'ai pas envie ! Je t'interdis de me parler ! lança rageusement Sasuke, les poings serrés férocement.

- Petit frère…Je suis l'aîné. Il faut que tu m'écoutes, et que tu saches tout. Je te raconterai tout en détail !

- Non…Non, NON, NON ! hurla le plus jeune, perdu.

Puis, il sentit ses forces le quitter, et il tomba lourdement au sol, dans le début d'une formation de flaque. Ses paupières se fermèrent contre sa volonté, et il eut à peine le temps de lire sur les lèvres de son frère qui le contournait une simple phrase : « On se reverra, petit frère ». Tout devint noir.

.

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Un œil. Puis le deuxième. La pluie n'avait pas cessé. Sasuke ne savait pas combien de temps il avait passé là, allongé, dans une ruelle pavée où traînaient des ordures. Quelque chose l'avait réveillé.

- Bzzzzzzz…Bzzzzzz…

# Mon portable… # pensa faiblement le brun.

Il tenta de bouger son bras, et avec un effort surhumain, le dirigea vers la poche de son pantalon. Puis, en tremblant, il appuya sur la touche verte. Une voix paniquée retentit. Soufflant comme après avoir parcouru des kilomètres en courant, Sasuke replia son bras pour amener son portable au niveau de son oreille.

- Sasuke ! Sasuke, répond-moi ! Sasuke ! criait la voix de Jiraiya.

Apparemment, il avait tenté de l'appeler plusieurs fois et avait essuyé pas mal d'échecs pour le contacter. Sa voix tremblait légèrement. Il se faisait un sang d'encre. Sasuke tenta de remuer ses lèvres pour parler. Sans succès. Il lâcha alors avec peine un grognement, pour signaler à Jiraiya qu'il était bien à l'autre bout du fil.

- Sasuke ? Tu m'entends ?

- Hn…

- Mais où es-tu ? Il est dix-huit heure trente, et tu n'es pas dans le centre ville. Ne me dis pas que tu es à l'hôpital.

- Hn-hn… parvint à marmonner Sasuke pour faire comprendre à l'homme que ce n'était pas le cas.

- Tu…Tu vas bien ?

- Hn-hn…

- Où es-tu ? Je passe te chercher tout de suite ! beugla Jiraiya, perçant les tympans de Sasuke qui recula le téléphone quelques secondes.

- …

- Tu sais où tu es, Sasuke ? demanda la voix inquiète à l'autre bout du fil.

- Hn-hn…

- Tu es toujours dans la ville où on t'a amené ?

- Hn…

- Très bien, je vais tracer le signal de ton portable. Laisse-le allumé, j'arrive tout de suite.

Le brun pensa amèrement que cela avait finalement du bon d'avoir un parrain et une marraine trempant dans des affaires pas très nettes. Il se demanda combien d'adolescents comme lui se faisaient tracer pour qu'on les retrouve où qu'ils soient. Un bref sourire naquit sur son visage, alors qu'il déposait le portable à côté de lui, ne pouvant plus le tenir dans sa main. Son corps s'agita de soubresauts, et il fut pris d'une toux violente. Evidemment, s'il était resté toute l'après-midi sous une pluie diluvienne, il imaginait bien l'état de ses bronches. Il avait du tomber malade. Mais lorsque la toux agita son thorax de façon violente, Sasuke comprit qu'il avait plus qu'une simple toux, et même plus que la crève du siècle. Cette fois-ci, il devait être tombé en plein dans une grippe sévère.

Ses yeux se refermèrent un moment. Après ce qui lui sembla être dix secondes plus tard, alors qu'un quart d'heure venait de passer, des bras puissants le soulevèrent du sol. Sasuke ouvrit légèrement les yeux, et aperçu la crinière blanche de Jiraiya, ainsi que son visage inquiet.

- Sasuke ?

- Jir…aya …'tachi…

- Pardon ? demanda l'homme interloqué, peu sûr d'avoir bien entendu ce qu'il pensait vraiment avoir entendu.

Mais Sasuke referma les yeux, et toussa méchamment, les sourcils froncés. Jiraiya installa alors délicatement celui qu'il considérait comme son fils sur le siège à côté du sien, boucla sa ceinture, et s'installa à son tour avant de partir en vitesse de cette ville. Il grilla à peu près trois feux rouges et manqua de renverser pas mal de personnes, fonçant tout droit vers la clinique.

# Finalement, tu vas revoir Naruto plus tôt que prévu, Sasuke. # pensa-t-il ironiquement en riant jaune.

.

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Le blond, lui, était recroquevillé dans son lit, les genoux repliés contre son corps, et ses bras entourant ses jambes. Les infirmières étaient désespérées. Il venait de revenir à lui, finalement, mais semblait trop soucieux de ce qu'il s'était passé la veille pour penser à avaler quoi que ce soit lui-même plutôt que de laisser les perfusions faire. S'il refusait de manger ce soir, elles seraient obligé de le re-nourrir artificiellement.

Au-dehors, le temps ne semblait plus aussi magique que la nuit dernière. La neige gracieuse et paresseuse avait été remplacée par des grosses gouttes de pluies tombant lourdement sur la vitre de sa chambre. Ce bruit angoissait Naruto qui tremblait légèrement. Il se sentait terriblement coupable. Pourtant, il avait expliqué à chaque fois que quelqu'un était venu le voir que c'était de sa faute, qu'il allait bien, et qu'il ne voulait pas qu'on punisse Sasuke à la place. Mais personne ne semblait s'en soucier, et vérifiait encore ses résultats, sa température, ses couvertures, et ses comprimés.

# Je ne vais…jamais le revoir…jamais…je ne le reverrais plus…C'est de ma faute…Pourquoi est-ce-qu'ils ne me croient pas… ? #

Des larmes salées roulèrent sur les joues du blond. Il avait tellement voulu savoir qui était cette ombre qui lui parlait sans arrêt d'une voix posée, presque désintéressée, mais toujours présente. Puis, il avait rencontré Sasuke. Il avait ouvert les yeux, chose qu'il n'avait pas faite depuis longtemps. Et dès cet instant, il avait perdu le brun. Il avait perdu la seule voix qui s'adressait à lui. Et il n'avait plus rien, à nouveau.

# J'ai été stupide ! Trop curieux ! Je suis désolé…je suis désolé…Reviens, Sasuke…Je ne veux plus être seul… # supplia-t-il dans sa tête.

Un bruit dans le couloir attira alors son attention. Un lit était amené à toute vitesse dans le couloir. Il entendit la porte en face de celle de sa propre chambre s'ouvrir à la volée. Puis il perçut la voix d'un homme, plutôt grave. Et celle d'une infirmière.

- Sa grippe est assez sévère. Il se reposera ici jusqu'à ce qu'il aille vraiment mieux.

- Bien. Tsunade arrivera dans pas longtemps, informa la voix de l'homme.

Des suffocations lui répondirent. Une personne semblait être atteinte d'une méchante toux. Naruto s'inquiéta. Les infirmières lui avaient dit qu'en allant dehors, il avait risqué d'attraper une toux, voir même pire. Il ne savait pas ce qui était pire, mais il savait qu'être malade était une chose horrible. Dans ses souvenirs, il l'avait été peu de fois. Mais à chaque fois, on lui avait interdit de sortir de son lit. Déjà qu'il y était cloitré, et pouvait à peine faire le tour de sa chambre pour le moment, être coincé au lit encore aurait été une chose terrible.

La voix de l'homme retentit encore, comme pour rassurer le malade.

- Je vais bien, uhf… répondit une voix que connaissait Naruto.

Le blond écarquilla ses yeux bleus océans. Sans se préparer, il sauta de son lit. Il atterrit directement par terre. Le son de sa chute n'échappa pas aux personnes qui se trouvaient dans le couloir. Une autre infirmière se précipita dans sa chambre. Mais une fois qu'elle eut ouvert la porte, affolée, une tornade blonde lui fila entre les doigts pour atterrir, tremblante, dans le couloir. Sasuke, assit sur son lit qu'on rentrait dans la chambre, ouvrit en grand les yeux, étonné de voir le blond poussé par l'énergie du désespoir. Ce dernier tenta un autre pas en avant, mais finit par tomber à genoux. En tombant, il s'était tordu les chevilles, et ne tenait plus debout. Misérablement, il tourna son visage embué de larmes vers celui de Sasuke, fiévreux et surpris.

- Uh…Uhhaaaaaaaa

Naruto commença à pleurer comme un enfant de toutes les larmes de son corps. Frustré de ne même pas pouvoir marcher correctement alors qu'il y était arrivé dans la neige, et certain qu'à cause de lui, le brun était maintenant gravement malade. Ses nerfs lâchèrent, et Jiraiya, surpris, regarda mal à l'aise le blond pleurer des larmes de crocodiles, peu en accord avec son physique d'adolescent.

Sasuke, sous le choc, manqua une respiration, ce qui lui déclencha une toux encore plus violente que les précédentes. L'infirmière qui tenait son lit le rentra rapidement dans la chambre avant d'appeler Jiraiya. Tsunade arriva à ce moment-là, en courant presque, vers son mari qui lui faisait signe à l'autre bout du couloir. Elle arriva à sa hauteur et remarqua Naruto, au sol. Celui-ci regarda la chambre en face qu'il n'arrivait pas à atteindre, et essuya ses larmes avant de dévisager Tsunade. Il était presque sûr qu'il connaissait cette présence, mais il ne savait absolument pas d'où.

- C'est de ma faute…gémit-il à son adresse en regardant la porte de la chambre de Sasuke.

- Naruto ?

La blonde, étonnée de voir Naruto parler normalement, s'approcha de lui. Elle était contente d'entendre enfin sa voix, claire, douce mais brisée par les larmes du blond. Mais le moment n'était pas de se réjouir. Elle ne comprenait pas le sens des mots de Naruto. Ca ne pouvait pas être sa faute si Sasuke avait fait un malaise sous la pluie. Puis soudain, elle comprit.

- Tu penses que c'est de ta faute parce que les infirmières vous ont séparé ? Naruto… Sasuke est tombé malade cet après-midi, pas hier soir. Tu n'y es pour rien du tout.

- M-Mais, il n'est pas revenu de la journée et…et quand il est revenu…Il est malade ? C'est grave ? J'ai fait quelque chose de mal ?...Encore…

Tsunade, évidemment touchée, prit Naruto dans ses bras avant de faire signe à Jiraiya de rejoindre Sasuke. Elle lança aux infirmières qu'ils pourraient se débrouiller seul, et réconforta le petit blond tremblant comme une feuille dans ses bras en lui répétant inlassablement qu'il n'y était pour rien et qu'il n'avait rien fait de mal. Puis, elle se décolla un peu de lui, sécha ses larmes et le regarda en souriant.

- Il est tombé malade tout seul parce qu'il a oublié son parapluie. Tu veux venir et rester à son chevet ?

- Ch-Chevet ?

- A coté de lui.

- Oui ! sexclama vivement le blond, les yeux écarquillé devant la proposition qu'il avait attendue.

Tsunade ne put s'empêcher de rire face à Naruto, qui la regarda, légèrement inquiet. Mais elle s'arrêta, et le prit dans ses bras, avant d'entrer dans la chambre de Sasuke. Celui-ci s'était endormi, et respirait rapidement. Jiraiya, à côté de lui, avait laissé un linge humide sur son front. Le brun si pâle habituellement, avait des rougeurs sur les joues. Sa bouche restait légèrement entrouverte, lâchant parfois des éternuements.

Jiraiya adressa un sourire à Naruto quand Tsunade l'installa sur une chaise à côté du lit.

- Les rôles s'inversent, dit-il au blond.

- Uh ?

- Il a veillé sur toi. Maintenant, c'est toi qui va devoir veiller sur cet idiot.

- I…diot ?

- Laisse, fit Tsunade, en riant. Au fait, je suis très contente d'entendre ta jolie voix ! On se demandait lorsqu'on aurait le privilège de t'écouter.

- …

Naruto rougit, pas très à l'aise face à ces deux adultes qu'il ne connaissait pas. Il les dévisagea, tour à tour, jusqu'à ce que Tsunade ne retrouve la parole.

- On peut peut-être se présenter. Je suis Tsunade, la marraine de Sasuke. Jiraiya est son parrain, et mon mari. On a aidé Sasuke à te sortir de là où on t'a trouvé, tu sais.

- Me sortir…Hum… murmura le blond en frissonnant, les yeux dans le vague.

- N'y pense pas. Pour l'instant, concentre-toi sur cette tête de mule, qu'il reprenne ses esprits rapidement.

- Je peux…rester à côté de lui ? demanda Naruto.

- Tu dois ! lui affirma Jiraiya, en souriant. Un garçon comme toi qui n'attrape pas froid en te baladant dans la neige lui portera chance pour se rétablir.

- Je ne porte pas chance, rétorqua Naruto d'un ton catégorique, contrarié.

- …

- Moi, je suis sûre du contraire, dit Tsunade d'une voix douce.

Les deux adultes laissèrent Sasuke seul avec Naruto. Ils avaient rapproché la chaise, comprenant qu'il s'était tordu les chevilles même s'il avait omis de le dire tant il avait été inquiet pour Sasuke. Tsunade et Jiraiya regardèrent alors la petite silhouette aux cheveux blonds, fixant Sasuke sans cligner des yeux, avant de refermer la porte.

- Ce gamin est incroyable. Il reparle tout à fait normalement, remarqua Jiraiya, réellement heureux pour le blondinet.

- Hum… Sasuke a fait un miracle, aussi. Dommage qu'il ait trouvé le moyen de s'évanouir sous la pluie.

- A ce propos…Je…Je n'en suis pas certain mais…

- Qu'est-ce-qu'il y a, Jiraiya ? insista la grande blonde, inquiète.

- Il a dit…avoir vu Itachi.

- C'était probablement une hallucination ! Ce n'est pas possible !

- Je ne pense pas. Sinon, pourquoi aurait-il fait un malaise, au milieu de nulle part ? Qu'est-ce-qui l'aurait poussé à s'enfoncer aussi loin dans la ville ? Et ce n'est pas tout. Je n'ai pas encore eu le temps de t'en parler, mais ça a été confirmé par plusieurs de mes sources…

- Orochimaru est dans les parages, devina la blonde.

- Exactement. Et s'il est dans le coin, pourquoi pas également Itachi ?

- Jiraiya…

- Ne t'inquiète pas, nous le protègerons.

- Nous les protégerons. Orochimaru va vouloir retrouver Naruto également.

L'homme aux cheveux blancs soupira. Il avait oublié ce détail. Après tout, aux yeux de ce psychopathe, Naruto était un jouet tout à fait fascinant qu'il avait conservé pendant cinq ans. Une double-menace s'abattait sur eux. Maintenant, il allait falloir être extrêmement prudent. Les deux adultes se concertèrent du regard. Cette fois-ci, il n'y aurait plus de victimes parmi leurs proches.

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Bonjour ! Voici le chapitre 11 d'Odd Doll !

Beaucoup de choses se sont passées, alors je n'ai pas pu poster pendant un moment. Mille pardons. (Mais j'avais quand même prévenu que ça risquait d'arriver, na !)

Alors ? Ou se place votre théorie en ce qui concerne Itachi ? Choisissez votre côté:

1. Itachi est innocent ?

2. Itachi il est méchant ?

Bon, sinon, j'ai une nouvelle chanson du moment: Papercut par Zedd, chanté par Troye Sivan. C'est une des raisons pour laquelle je veux poster ma fiction de novembre dès que possible (dès qu'elle sera terminée, peut-être en même temps qu'Ange Déchu). J'ai eu tellement de bonnes chansons (dont les styles varient... énormément) pour m'inspirer que le résultat devrait être intéressant :) La musique, c'est la vie !

Merci d'avoir lu, et merci à lisa pour ton commentaire ! J'ai aussi absolument horreur des poupées de porcelaine, des clowns et autre trucs flippants dans le genre - je n'aurais jamais pu centrer mon histoire sur ça sans me foutre les jetons. L'arc Circus de Kuroshitsuji est assez sympa oui, un peu déprimant aussi. J'ai beaucoup aimé l'arc de l'Emerauld Witch (désolée, je lis en anglais, j'ignore comment ils l'ont traduit en français) et ce qui se passe sur le bateau également :P Ah... Sebastian Michaelis... hehehe... En tout cas, merci de ton soutien !

A la prochaine ! :D