Présence de yaoi semi-explicite dans ce chapitre (un semi-lemon, si vous préférez).
Si pas intéressé, lisez les passages avant et après les lignes séparatrices :)
Lys Blanc
[La beauté pure]
Les motos étaient garées à quelques rues de là. Discrètement, Neji et Shikamaru s'étaient approchés de ce qui semblait être une épicerie donnant sur une arrière-cours, puis un immeuble résidentiel. Evidemment, ce n'étaient pas les commerçants qui y habitaient. Mais ça, personne ne pouvait le savoir. Une couverture idéale, en somme. Des lierres grimpaient aux murs, et les portes de métal étaient ciselées de petits motifs floraux. Le tout était charmant…Et tellement ironique. Devant la porte en bois ancien, l'archétype du veilleur plutôt ventru, habillé de noir, fumait un cigare beaucoup trop odorant.
D'un bond, Neji arriva à ses côtés et lui assena un coup à la nuque. D'un geste de la main, il appela son acolyte pour que celui-ci le rejoigne. La cible était neutralisée. Grimpant directement à l'étage par l'extérieur, ils entrèrent par la fenêtre entrouverte dans une vieille salle de bain mal entretenue. Pas de sécurité : beaucoup de personnes sur place. Mais les deux adolescents ne s'inquiétaient pas vraiment. Dans le milieu du crime, le monde au noir, il fallait des boulets, des faux gangs chargés du sale boulot. Ils étaient exactement en présence de ce type de personnes. Même Orochimaru ne pouvait pas engager uniquement de bons éléments pour tout exécuter.
- Bon, on devrait le trouver dans la pièce derrière la troisième porte à gauche. Ils sont en train de jouer dans une autre salle, chuchota Neji en regardant son appareil qui détectait la chaleur thermique.
- Personne dans le couloir ?
- Non. Un homme est sorti et s'est dirigé vers les toilettes, mais je te parie qu'il en aura pour un bon moment.
- Toi, tu t'y connais, railla Shikamaru avec un sourire narquois.
- Tais-toi. On y va.
Neji fit un petit clin d'œil à la tête d'ananas d'humeur moqueuse à côté de lui et sortit sur la pointe des pieds de la salle de bain. Ils entrèrent dans la salle prévue et refermèrent aussitôt derrière eux. Bien. Personne n'avait remarqué leur présence jusqu'à maintenant. Maintenant, la salle. A priori, beaucoup trop sombre pour être une chambre, et à en juger le mur moelleux, ils étaient dans une cellule capitonnée. Sûrement pour ne pas entendre la musique que diffusait un poste de radio invisible dans l'obscurité régnante. En tendant l'oreille, on entendait clairement des gémissements rauques et irréguliers. Shikamaru plissa les yeux pour tenter de voir quelque chose, mais la fenêtre de la pièce était minuscule, et grillagée. Il marcha un peu avant de rencontrer un objet en verre qui cassa sous son pied. En se baissant, il enfila ses gants en latex et ramassa l'objet.
- Une seringue, chuchota-t-il à l'adresse de Neji.
- Je viens de trouver une boîte de pilules nutritives…
- Moi aussi… Cette musique fout les jetons…
- Uh-ahh…
Se relevant d'un bloc, Shikamaru et Neji se concertèrent silencieusement du regard. Le gémissement qu'ils entendaient depuis tout à l'heure ne faisait pas partie de la musique qui passait apparemment en boucle. Neji se dirigea vers le fond de la chambre, et, une fois sous la fenêtre, son pied vint heurter une masse tapie dans la seule raie de lumière qu'offraient la lune et les étoiles au-dehors.
- Je l'ai trouvé.
Agité de spasmes, Naruto se convulsait au sol comme un animal blessé. La source de lumière que procurait la lune réfléchissait dans ses yeux grands ouverts, et sa bouche était figée, entrouverte, laissant s'échapper des gargouillements et autres gémissements. Son souffle était haletant, et Neji se baissa pour prendre sa tension. Même si le blond avait visiblement été nourri par médicaments. Son état était mauvais. Ils avaient grand intérêt à partir au plus tôt.
Shikamaru, lui, arrachait les étiquettes des boîtes de pilules, ne sachant s'il y avait parmi les vitamines et nutriments des substances beaucoup plus dangereuses pour lui. La chanson qui emplissait la chambre d'une atmosphère morbide lui trottait déjà dans la tête.
# C'est à rendre fou… #
Une voix de petite fille semblait-il répétait des paroles angoissantes comme si le but de ses paroles avait été de faire crier et pleurer tous les bébés de la planète. Mais le pire, c'est que tous ces mots angoissants rentraient dans la tête pour ne plus en sortir, hypnotisant.
Une étrange poupée aux cheveux longs
Se tient debout devant ma maison
Elle sème malheur et désolation
L'approcher c'est perdre la raison
Shikamaru regarda à sa gauche et vit que Neji ne semblait pas être touché, bien trop occupé à hisser le blond dont les spasmes montaient en intensité dès qu'il était soulevé du sol.
Elle possède une incroyable beauté
Elle est maudite et enfermée
L'étrange poupée est autorisée
A seulement ne pas exister
Rapidement, le Nara se chargea de placer les étiquettes récoltées et quelques échantillons dans son sac, qu'il mit sur son dos avant de siffler légèrement pour demander à Neji d'accélérer la cadence. Un bruit venait de se faire entendre dans le couloir. L'homme qui était parti précipitamment aux toilettes devait de toute évidence avoir fini de vomir ses tripes.
Au fond du trou noir et sanglant
Des chimères sombres la réveillant
L'étrange poupée va se tuer
Car telle est sa juste destinée
Une fois les bruits de pas atténués, les deux acolytes sortirent en catimini, et repassèrent par la salle de bain. Neji attacha une corde à la fenêtre tandis que Shikamaru maintenait plus ou moins debout le blond qui commençait à s'agiter dans ses bras. Il n'avait pas le temps de le détailler maintenant, mais rien qu'à voir comme il le soulevait aisément, il avait dans les bras l'équivalent d'un cadavre tant son corps était maigre. Il se souvint alors que cela lui avait pris des mois avant de retrouver une santé à peu près stable.
# J'espère qu'il la récupérera plus vite cette fois-ci. Il va en avoir besoin. #
Lalalalala-lala-lala
Lalalalala-lala-lala
Lalalalala-lala-lala
Lala-lala-lalalalala
.
.
Dans le bâtiment de l'Hamidori, un étage était prévu pour recueillir pour toutes sortes de raison les agents qui revenaient de mission, où qui venaient de trop loin au contraire. C'était dans l'une de ces ailes que Tsunade avait fait installer des chambres à l'intention de son « personnel ». Kakashi y avait été assigné en même temps que Sasuke, tous les deux dans des chambres côtes à côtes. Elle n'avait pas voulu les laisser « tranquillement se reposer » à la clinique alors qu'ils étaient coupables de leurs blessures, et avait jugé également bon de les priver de médicaments contre la douleur.
L'argenté, au comble du désespoir, s'était attiré les foudres d'Iruka en ne rentrant pas à son appartement, et avait aggravé son cas en lui annonçant que non seulement il ne rentrerait pas tout de suite, mais qu'il était une nouvelle fois blessé.
- Et bien souffre et regrette ma ratatouille, ingrat, malappris, idiot, crétin…
Kakashi avait raccroché avant la fin en jetant un regard noir à Tsunade qui, fière d'elle, l'avait espionné depuis l'entrée de la petite chambre. Il avait ensuite fait comme si rien de spéciale ne s'était passé, s'était couché sur son lit et avait pris l'un de ses livres pervers qui avait fait enfin fuir d'exaspération sa deuxième « boss ».
Sasuke, de son côté, s'était complètement fermé à toute discussion. Impassible, il avait passé la soirée en tailleur, sur son lit, dos au mur qui le séparait de la chambre de Kakashi, comme s'il méditait. Peut-être bien même qu'il méditait pour de bon, à en juger par ses sourcils froncés qui n'ôtaient rien à sa beauté froide légendaire. Les minutes s'égrenaient, et il tentait de faire le point dans sa tête. Double-échec. Il n'avait qu'une envie : tout détruire. C'était plutôt stupide, mais cette réaction lui semblait être la seule convenable. Un grincement le tira de ses pensées. A en juger par les pas d'une finesse incroyable et d'une discrétion sans précédent – c'est de l'ironie – Tsunade venait avec ses gros souliers lui faire mille et une remontrances. Celle-ci s'accouda effectivement contre une commode, et fixa Sasuke qui ne réagit pas pour la faire enrager un peu plus [ou comment être sadique gratuitement].
- Tu sais, je veux qu'on retrouve Naruto.
- …
- J'ai demandé à ce qu'on le cherche.
- Hn, grogna Sasuke, ne souhaitant pas être dérangé plus longtemps.
- Et on l'a retrouvé.
- Hn. … … … QUOI ?
- Neji et Shikamaru l'ont confié à un ami à moi qui prétend être médecin. Ils l'amènent dans la chambre à côté.
L'adolescent bondit de son lit, choqué, en colère, et opta finalement pour un regard reconnaissant à sa marraine qui sourit en soupirant devant le mauvais caractère du garnement en face de lui. Il attendit qu'elle se décale et tous deux sortirent dans le couloir, quand un hurlement retentit non loin. Pivotant de quarante-cinq degré, les sens en alerte, Tsunade et Sasuke restèrent interdit quelques secondes avant de se précipiter dans la chambre où devait déjà se trouver Naruto. A l'entrée, Shikamaru et Neji, l'air inquiet, venait de sortir et regardaient les deux nouveaux arrivants. Kakashi également avait sortit la tête de sa chambre, l'air toujours aussi indifférent, bien qu'une goutte de sueur roulait sur sa tempe.
- C'est une crise comme vous m'aviez décrit, Tsunade, déclara le médecin à l'intention de la blonde qui entra dans la chambre aussitôt.
- Je sais, je reconnais son comportement mais…
- Vous l'aviez bien arrêté la dernière fois, non ?
- Je ne sais pas si…
Un éclair noir passa entre les deux adultes. Sasuke venait de refermer la porte en claquant, le regard inquiet, et avait sauté aux côtés de Naruto dont les pieds étaient sanglés pour éviter qu'il ne se blesse. Apparemment, le médecin avait tenté de faire la même chose au niveau de ses bras, mais le blond se débattait comme un diable dans son lit, criant, et donnant des coups dans le vide. Ses pupilles s'agitaient dans leurs orbites comme s'il voyait des choses un peu partout dans la pièce. Grimpant au-dessus du blond, Sasuke s'empara de ses bras pour l'empêcher de bouger et calla ses jambes sur les hanches agitées pour le maintenir en position droite. Evidemment, Naruto se débattait toujours autant, mais il ne risquait plus de se blesser ni de chuter. Sasuke devait réfléchir à un moyen de le calmer rapidement. Son cœur se fissurera en voyant le blond hurler et pleurer en même temps, comme si une douleur fulgurante lui traversait tout le corps.
- Naruto, je suis là. C'est Sasuke ou…ou l'ombre qui parle. Il ne t'arrivera rien, ok ?
Sasuke continua son monologue sans s'arrêter, sous les yeux ébahit de Tsunade qui était entrée elle aussi dans la chambre avant de refermer la porte à nouveau.
# Il sait parler pendant plus d'une minute ! # pensa-t-elle en regardant sa montre pour confirmer sa trouvaille.
De son côté, Naruto semblait peu à peu prêter attention à la voix de Sasuke, et se débattait moins fort. Il était également en train de fatiguer, et sa gorge se nouait de plus en plus souvent, le forçant à déglutir bruyamment pour ne pas s'étouffer avec sa propre salive. Puis les bras de Naruto se levèrent, pour se coller sur sa tête. Sasuke le laissa faire, attendant la suite. Silencieux, Naruto respirait à grandes gorgées tout en agrippant ses cheveux blonds. Son regard alla du brun au plafond pendant quelque temps, et finalement, sa tête alla brusquement en arrière, et une longue plainte sortit de sa bouche. Tsunade laissa échapper un sanglot, traumatisée par le mal-être du blond, et serra ses bras – gonflant sa poitrine par la même occasion – autour d'elle avant de se frictionner comme si elle avait été en plein courant d'air. Sasuke, lui, s'était figé, le visage à quelques centimètres de celui du blond. C'était à présent ses iris onyx qui s'étaient écarquillés. Sous lui, Naruto avait retrouvé ses yeux vides d'où perlaient de timides larmes glissant jusque sous ses oreilles. De sa bouche pendait un fin filet de bave, et ses lèvres remuaient imperceptiblement sans raison apparente. Il semblait être retourné dans l'exact état où l'avait trouvé des mois auparavant Sasuke. Plus aucun bruit dans la chambre. Sasuke réentendit alors des lèvres du blond la mélodie qu'il avait déjà marmonnée dans son sommeil auparavant. La voix de Naruto n'équivalait pas plus qu'un grésillement, mais il la reconnaissait. Elle entrait facilement en tête. Soudain, Sasuke se rappela enfin de l'endroit où il l'avait entendue, mis à part dans la chambre d'hôpital.
Odd Doll you're walkin' slow
When a storm arrives you take a bow
The blood on your dress is yours
You're cryin' red, you're a skeleton
L'alcool lui étant monté à la tête, il avait tout naturellement finit par accepter de prendre le micro. Les chansons avaient défilé sans qu'ils ne s'en rendent compte et il ne savait même plus comment il avait finit par tomber sur celle-là.
Life on earth is about to end
You're standin' here, no shame, no bed
The only one left is you, odd doll
She's always loved killing people
Jouant sur l'air lent, il avait enchaîné les notes suaves et envoûtantes, ne réfléchissant même pas aux paroles en elle-même. Le feu de la passion s'était emparé de Temari qui s'était jeté sur Shikamaru, et Sai avait vu les yeux de sa petite amie devenir étrangement brillant. Envoûtant. C'était le mot. Comme si, avec un simple morceau, il était possible de manipuler les gens.
Your beauty is not even true
Is it really what you wanna do
Desperate and cold, without life
You'll never enjoy using that knife
Une chanson terriblement attractive, un des meilleurs morceaux passé durant la séance karaoké pour la fête de bienvenue de Gaara.
Kill yourself…In the dark
Tsunade finit par sortir, sans même se rendre compte que Sasuke était resté immobile et que sa respiration était devenue plus forte dès l'instant où ses souvenirs avaient refait surface. Le médecin était également parti consulter le dossier de son patient. Shikamaru et Neji s'étaient bien vite éclipsés à leur tour, osant un dernier regard vers la chambre où ils virent Sasuke sur le lit de Naruto. Le blond ? Ils n'avaient même pas eu le temps de le voir, de poser réellement les yeux sur lui, mais ils avaient déjà compris la situation. Orochimaru avait gagné en potentiel haïssable, car, désormais, tous deux étaient également prêt à lui régler son compte.
Les minutes avaient défilées de façon si rapide que Sasuke cru n'être resté qu'un instant aux côtés du blond avant que celui-ci ne reprenne finalement ses esprits. Tout le monde était partit, et ils étaient seuls dans la chambre à présent. Sasuke s'était assit à côté du lit, tout comme il avait pris l'habitude de le faire à l'hôpital, et en avait profité pour se calmer.
- Sasuke…
Tiré de sa torpeur, le brun tourna sa tête en direction de Naruto qui venait d'ouvrir les yeux. Sa mine fatiguée lui fit mal au cœur, et il s'approcha afin de s'assoir sur le lit par-dessus les couvertures.
- Ne parles pas si tu es trop fatigué, dit-il à l'adresse du blond.
- Sasuke…Sasuke…Sas…ke…
L'adolescent en question comprit que Naruto n'était pas totalement revenu à lui. Ses yeux cherchaient la présence du brun avec la force du désespoir alors que ce dernier était juste à ses côtés. Les deux iris bleus étaient de nouveau voilés et la vision du blond devait en être en conséquence voilée également.
- Je suis là.
Sasuke prit la main de Naruto qui voulu dégager son bras d'un geste nerveux. Puis le brun se rapprocha et prit de son autre mains la joue pâle opposée à lui pour forcer le blond à le regarder dans les yeux.
# Tu peux me voir. Tu peux. Je t'en pris. #
Les jambes rachitiques du blond tremblèrent un peu, et, finalement, de façon progressive, son état redevint normal. Ses yeux brillèrent de larmes, et finalement, il vit enfin de ses yeux le visage inquiet du brun penché au-dessus de lui.
- Sasuke…
Naruto éclata en sanglot et sa main resserra celle que le brun avait laissé fermée sur la sienne. Ne sachant que faire d'autre, Sasuke finit par prendre le garçon inconsolable et terrorisé dans ses bras. Il essaya de le calmer par sa simple présence, ne sachant pas vraiment ce qui pouvait être approprié de dire dans une situation pareille, car aucun cas n'aurait pu être similaire à ce lui de Naruto. Il avait été enlevé une seconde fois, et nourri une fois encore à l'aide de médicaments. Il n'avait probablement rien ingurgité depuis cinq ans, et ne devait même plus se rappeler de l'effet de la nourriture dans sa bouche. Il n'avait eu que des pilules, des perfusions, des injections, et rien d'autre. Et Sasuke n'osait même pas imaginer ce qui avait pu se passer d'autre dans ce trou à rat. Ou plutôt dans de nombreux trous à rats, étant donné qu'Orochimaru se déplaçait fréquemment.
Le blond répétait inlassablement le prénom de l'Uchiha, comme si sa survie en dépendait, et s'agrippa si fort à ce torse offert à lui que ses ongles s'enfoncèrent dans la peau de Sasuke. Mais il ne dit rien et posa sa tête dans les cheveux dorés. Il ne voulait pas lâcher Naruto, tout comme celui-ci ne voulait s'éloigner de lui. Il avait besoin de le sentir près de lui, pour pouvoir le protéger. Il avait échoué, mais cela ne se reproduirait plus jamais. Il s'en était fait la promesse dès qu'il avait été réveillé par les infirmières quelques jours auparavant. Mais de toutes les sensations qui traversaient Sasuke à cet instant, le bien-être l'emporta. Il aurait pu pleurer de joie s'il en avait connu le mode d'emploi tant il était soulagé d'avoir retrouvé le blond. Il commençait à être complètement accro à la présence de cet ange meurtrit.
.
.
Naruto humait à présent le cou de Sasuke, et son souffle chaud réchauffa le ventre du brun qui commençait avec gêne à comprendre ce qui lui arrivait. Certes, il n'était pas totalement innocent. Il avait déjà eu des « aventures », avec les deux partis d'ailleurs, mais il n'avait pas prévu qu'il ressentirait ça pour Naruto. Car au-delà de l'attirance physique, il savait très bien que les sentiments n'allaient pas tarder à s'en mêler. De son côté, le blond se gorgeait de la présence de Sasuke, et cherchait le contact par tout les moyens. Un besoin pressant d'être dans ces bras si réconfortant se faisait ressentir en lui, et il se lova un peu plus dans les bras de Sasuke. Fatalement, à force de bouger, il en vint le moment ou Naruto heurta de son entrejambe celle du brun qui avait eu le malheur de s'assoir à genoux sur le lit au lieu de seulement rester debout à côté. En un instant, Naruto sentit la température de son corps augmenter, tandis que ses forces le quittaient. Son corps devint étrangement cotonneux, mais il n'éprouvait pourtant aucune fatigue. Et son entrejambe commença à doucement se réveiller. Le brun, lui, sentit cet éveil contre lui, et prit également le même chemin dès qu'il sentit le blond s'agiter un peu plus. Le rythme de ses battements de cœur s'accéléra dans sa poitrine, tambourinant contre sa cage thoracique. Naruto ne devait certainement pas comprendre ce qui lui arrivait, mais il sentait que cela le rendait plus calme, plus serein, et qu'il cherchait cette sensation de nouveau.
- Naruto ? Tu…
Le blond plongea son regard dans celui de Sasuke. Et ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Son regard embué traduisait toute la profondeur de son désir naissant, probablement accentué par le fait qu'il s'agissait d'une première fois pour lui.
# Merde…Non. Déjà, il est mal, et faible… Et il ne doit pas savoir ce que c'est. Je suis plus gentleman que ça. Non, arrête de me faire ce regard et …hummm…Arrête de faire ça aussi…Tu es un Uchiha…Et au diable l'Uchiha ! #
N'y tenant plus, Sasuke posa rapidement ses lèvres sur celles de Naruto. Celui-ci, étonné, toucha sa lèvre inférieure d'une main, le regard toujours rivé sur Sasuke. Le brun avait laissé son visage à quelques centimètres à peine de celui de Naruto, et leur souffle se mélangeait. Les lèvres de Sasuke revinrent effleurer celles du blond quelques fois, timidement, puis plus assurément. Il jouait avec la surface lisse et pulpeuse, tout comme l'adolescent blond qui apprenait peu à peu à apprécier ce contact, et à le vouloir plus fort encore. Son visage en fut tellement sensuel que le brun réitéra son geste, et, quelques secondes plus tard, leurs langues jouaient à leur en faire perdre le souffle. Naruto s'était jeté sur la bouche du brun, perturbé et intéressé par cette sensation qu'il n'avait jamais connue. Il avait ainsi l'impression d'être encore plus proche de Sasuke, et c'était exactement ce qu'il voulait.
- Hummmm…. Naruto venait de lâcher un long soupir d'aise dans son baiser enflammé.
Sasuke se sépara de lui un moment, pour respirer, léchant le mince filet de bave qui s'était échappé de la bouche du garçon. Il ne tarda pas à l'allonger sous lui, et à se placer entre ses jambes que le blond écarta lascivement. Il se pencha sur lui, le dominant complètement, et le considéra un moment. Sasuke n'arrivait pas à croire que Naruto, plausiblement innocent à ce genre de chose, puisse être aussi sensuel juste par nature. Alors, touché à l'idée que le blond puisse dégager tant de grâce et de chaleur à lui tout seul, Sasuke décida de l'initier comme un gentleman. Il en était à un point où il savait qu'il ne pouvait plus reculer et sentit que Naruto partageait le même avis. L'adolescent blond tenta encore une fois de se coller à lui. Sasuke se releva, s'agenouillant entre les jambes du blond avant d'enlever la chemise qu'il portait, découvrant son torse imberbe. Naruto, transit de passion, ouvrit les yeux un peu plus grand, et poussa un petit gémissement, comme s'il demandait la permission au brun d'avoir accès à cette partie de son corps. Mais le brun s'appliqua en premier lieu à enlever le tee-shirt du blond, et le laissa glisser à côté du lit. Le tissu tombé à terre, il explora des yeux, puis des mains le corps sous lui, caressant la peau fine qui ne faisait malheureusement que couvrir les os du blond. Puis il entama une route de baiser sur le torse de Naruto qui frissonna à chaque fois. Sasuke sourit en remarquant ce fait, et continua sa course, avant de remonter pour reprendre possession de la bouche du blond qui avait un léger parfum sucré qui venait d'on ne savait où.
- Sasuke…Je…
Le blond, un peu perturbé par la tournure que prenaient les évènements, venait de sentir une main s'attaquer à son pantalon, et à le retirer. Il se tordait de plaisir sous le brun qui retirait le tissu. Ses sens s'étaient accru, et ce simple contact participa à le faire sentir maintenant particulièrement à l'étroit dans son sous-vêtement. Sasuke, bien qu'il soit également confus, ne put s'empêcher de sourire de plus belle devant cette découverte, et retira directement le dernier obstacle qui le séparait de la façon de faire découvrir à Naruto le monde des délices les plus purs. Puis il se déshabilla de la même façon, et se rallongea sur le blond, faisant entrer en contact leurs deux sexes.
- Ahhhmmmm…
- Naruto…
Sasuke se sentait perdre pied aussi facilement que le blond qui gémissait.
- Sasuke… Sas…hmmm
La chambre s'emplit alors bientôt de miaulements et de râles de la part des adolescents, et Sasuke qui lui faisait l'amour pour la première fois pouvait admirer à loisir le visage totalement exalté de Naruto qui avait fermé les yeux pour mieux profiter des sensations. Son corps se soulevait doucement, en parfaite harmonie avec les gestes du brun. Des larmes s'échappaient de ses paupières closes et de la sueur s'accumulait sur son front et sur sa gorge. La tête de Sasuke bouillonnait tant il était aux prises de son désir pour Naruto. Il n'avait plus besoin de se le cacher il aimait le blond. Il ne savait pas ce qu'il en était pour l'autre, ni même si la notion de sentiments était encore d'actualité pour lui qui avait perdu tant de choses.
Leur ébat prit fin quelques minutes plus tard, et Sasuke finit par se coucher à côté du blond, l'enserrant tendrement. Le moment partagé avait bizarrement été naturel, alors qu'il découlait du trouble des deux garçons et de leurs retrouvailles inespérées. Naruto sembla ronronner dans les bras musclé de son amant, et s'endormit presqu'aussitôt, une discrète esquisse de sourire peinte sur ses lèvres. Jamais Sasuke ne l'avait vu aussi serein, et cela lui redonna confiance. Il pouvait réellement l'aider à s'en sortir et reprendre une vie normale.
.
.
Dans la chambre d'à côté, un homme se délectait du concert des cris de plaisirs et autres expressions d'une nuit agitée à laquelle il venait d'assister. Un sourire idiot collé sur les lèvres, Kakashi était épaté sur la magie du brun à faire gémir Naruto d'une aussi jolie façon. Lui qui avait vu l'Uchiha si dédaigneux face au corps presque sans vie du blond, il se disait que le destin était trompeur, et qu'il aimait bien ce type même de retournements de situation. L'œil pervers, il replongea dans sa lecture hautement instructive, et se promit de lui aussi emmener son amant au septième ciel dès qu'il serait autorisé à rentrer chez lui.
.
.
Sasuke avait effacé les preuves de leur nuit, de peur de trop choquer sa marraine. Tsunade trouva alors le brun accompagné du blond, fraîchement douché. Naruto était retourné « à la normale », à l'exception prête qu'il se cachait derrière le brun qui se tenait à côté de son lit. Il avait enfilé des vêtements de l'agence, et s'était blottit contre son oreiller, la tête derrière le dos de Sasuke, ses petites mains accrochant la nouvelle chemise de ce dernier.
Mais ce fut lorsqu'ils sortirent et qu'ils se retrouvèrent dans le couloir en compagnie de Kakashi que Sasuke se rendit compte du problème. L'argenté, un sourire pervers collé aux lèvres le regarda intensément.
# Il était là ! Ce qui veut dire qu'il a tout entendu… #
Le brun bénit le fait que sa marraine parlait très souvent toute seule, n'accordant d'importance qu'à ses paroles. Des rougeurs naissantes sur ses joues donnèrent un air pitoyable à Sasuke qui fit un regard suppliant pour acheter le silence de Kakashi qui répondit de sa voix morne à la blonde. Celui-ci lui jeta un clin d'œil, trop heureux d'avoir découvert la facette moins parfaite du brun, mais beaucoup plus attirante à son goût. Naruto, lui, n'avait pas fait attention, et tentait misérablement de tenir debout sur ses jambes à côté de Sasuke qui le soutenait comme il le pouvait.
- Aussi Naruto, tu commenceras ta rééducation. Mais je préfèrerais que tu ailles chez Sasuke. Tu y seras mieux qu'à l'hôpital. Je t'aurais bien pris, mais je suis occupée. Je tiens à ce que tu sois dans un environnement plus naturel.
- Vous avez tout à fait raison, Tsunade. Sasuke devrait prendre Naruto, lâcha Kakashi, riant intérieurement en regardant Sasuke qui lui fit les gros yeux pour son sous-entendu.
- Vous trouvez ? Oui moi aussi, et…
La blonde repartit dans son monologue, tandis que Kakashi tirait la langue à Sasuke dont le regard courroucé aurait déstabilisé n'importe qui d'autre que le professeur égal à lui-même dans sa perversité sans limite. Puis, Naruto, Tsunade et Sasuke se rendirent dans l'appartement de ce dernier. Tsunade tenta de discuter un peu avec le blond qui ne lâchait que de rares paroles hésitantes. La blonde, soudain plus sérieuse, lui demanda s'il se souvenait de son enlèvement.
- Je…me suis réveillé, dans la voiture… J'ai vu…les arbres du parc, dans la rue…
A la grande surprise de Sasuke et de sa marraine, Naruto commença alors à détailler tout le trajet, les noms des rues que la voiture l'emmenant dans la planque et les détails des magasins, des arbres, et autres bâtiment qu'il avait croisé. Le discours fut lent, Naruto hésitant à chaque phrase sur les mots à employer, mais parla longuement. Quand il eut finit, il regarda le sol, gêné.
- Je vois, conclut Tsunade en souriant. Naruto, tu as une mémoire photographique, n'est-ce-pas ?
- Je…O-Oui… On m'a dit ça…A l'orphelinat…Ma mémoire est…
- Ce qui veut dire…commença Sasuke.
- Qu'une fois que tu visualises quelque chose, tu ne l'oublie plus jamais de ta vie. Termina Tsunade.
Tsunade comprit enfin l'assurance de sa source qui devait en savoir déjà beaucoup plus qu'elle sur Naruto. Elle était maintenant certaine que le blond pourrait les aider à retrouver Orochimaru. Et pour cause, Naruto ayant voyagé avec lui, il avait peut-être déjà été dans chacune des planques du serpent et pouvait les retrouver et les relier facilement.
- Tsunade, ça veut aussi dire que Naruto peut reprendre les cours. Il n'a qu'à ouvrir un livre, et tout rentrera, analysa Sasuke qui venait de comprendre que le blond pouvait vite rattraper un bon niveau au lieu de rester sans études pendant trop longtemps.
- C'est exact ! Tu n'es pas le premier de la classe pour rien, tu penses à tout, le complimenta la blonde en riant, surtout aux cours !
- Hn.
- Allez, ne fait pas cette tête-là. Naruto, tu voudrais retourner à l'école, comme avant ?
- … Je… Je serais avec Sasuke ?
- Et bien, si tu rattrapes son niveau assez rapidement, tu pourras prendre en cours d'année, et nous nous arrangerons pour que tu sois dans sa classe.
- Je veux… retourner…en cours, alors.
- Très bien, je t'apporterai plus tard les manuels dont tu auras besoin pour rattraper tes cinq années de retard. Et ceux pour le programme de cette année !
Sur ces paroles, Tsunade s'en alla, satisfaite, et laissa Sasuke et Naruto seuls. Tout deux passèrent le reste de la journée à essayer de trouver des habits allant au blond, qui flottait manifestement dans tous les vêtements de l'Uchiha.
.
.
En plein milieu de la nuit, Sasuke sentit de l'agitation à ses côtés. Ouvrant paresseusement les yeux, il découvrit le blond en sueur, se débattant dans son sommeil. Il faisait une nouvelle crise. Seulement, cette fois-ci, il était décidé à ne pas laisser à Naruto le temps de s'épuiser, de peur que celui-ci ne récupèrent jamais assez de force pour se passer des multiples siestes qu'il avait entamé le jour-même, ne pouvant rester plus de deux heures éveillé. Il le réveilla en le contenant, anxieux. Mais la crise passa plus vite. Naruto reconnut rapidement l'odeur du brun. Apeuré, il se blottit contre lui.
- Je suis maudit…Je suis maudit…Je suis maudit…Je suis maudit…
Le blond répéta inlassablement ces mots. Sasuke, lui, rageait. Il pensait à la chanson qui avait l'air de régner en maître sur la conscience du blond. Après les tests sur Gaara, il voyait une autre facette d'Orochimaru. Il s'était servi des paroles pour terroriser et soumettre la conscience de Naruto à ses projets malsains. Un lavage de cerveau qui avait duré cinq ans, et qui n'était probablement que la partie visible de l'iceberg. Mais un jour, il saurait l'en délivrer. Et il avait déjà sa petite idée sur la façon dont il allait s'y prendre. Cela ne plairait pas à Tsunade.
Le sommeil entraîna finalement Naruto qui se tut, mais ne cessa pas de frissonner de toute la nuit.
.
Hey Hey ! Changement de plan ! Et donc, voici le chapitre 14 d'Odd Doll ! Merci d'avoir lu :D
Bon, ça me fout un petit coup de stress pour Ange Déchu, mais ce n'est peut-être pas plus mal ^^
Les choses... sont si vites arrivées dans ce chapitre hahaha ! Oh Sasuke, oh l'Uchiha pervers ! Oh le Kakashi pervers ! Mais bon, voilà l'introduction de la chanson clé de la misère de Naruto: Odd Doll. Et parce que j'avais envie que la version de Sasuke soit différente de celle de Naruto (pour ne pas faire le lien immédiatement), j'ai imaginé que Sasuke avait chanté la version anglaise, un genre d'adaptation pop-rock qui serait susceptible de faire parti d'un karaoké sans faire arrêter les chocapics aux enfants !
A présent, Naruto est une possible carte de tous les endroits qu'a visité Orochimaru lors des cinq dernières années. Alors, qui va-t-il trouver en premier ?
1) Orochimaru, ce sale # *€$%!§
2) Itachi, ce semi-psychokwak !
YOU DECIDE ! (lol, en fait, non, vu que j'ai terminé l'histoire déjà. Mais j'aime bien crier ça depuis que j'ai découvert Epic Rap Battles of History :P)
Un petit mot de douceur et de joie dans les commentaires ? :3
A la prochaine !
