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Merci à ZephireBleue et pimpiericky pour leur commentaire ! je suis contente de vous revoir!
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Décembre
« Engin »
La voiture de Dean était sublime, il fallait bien l'avouer. Avec sa carrosserie lisse et brillante, sa boite de vitesse manuelle, ses roues bombées à faire pâlir une mannequin. Non, vraiment, Bébé avait tout pour elle.
A pas de loup, Castiel s'approchait de l'Impala, osant à peine lever les yeux de ses pieds, de peur de briser sa couverture. Un peu comme un gosse qui croit qu'il est caché derrière ses mains. Il avait même retiré ses chaussures, l'ayant vu se faire dans un cartoon.
La respiration contrôlée, Cas continuait son chemin à travers le garage où s'entassait des merveilles de collection. Un jour, il avait essayé la moto de Dorothée, voulant voir ce que cela faisait de ne pas être assis dans un fauteuil. Penchés sur le guidon, il avait apprécié la sensation du cuir sous ses mains et ses jambes épousant les courbes de l'engin. Le moteur n'avait pas été allumé, certes, mais rien ne l'empêchait de faire fonctionner son imagination, les cheveux au vent, le paysage défilant trop vite pour des yeux humains. Et Dean, derrière lui, qui s'accrochait à sa taille pour ne pas tomber, calant sa propre respiration sur la sienne, calant sa tête tout près de sa nuque.
Castiel en avait eu des frissons.
Mais il n'était pas là pour ça aujourd'hui, même si il pourrait revenir plus tard. Aujourd'hui, il était en mission spéciale. Désolé la moto, une prochaine fois. On se fera un voyage jusqu'à la côte Ouest pour voir le visage de Dean réchauffé par le soleil de la Floride.
Portant le carton collé contre sa poitrine, comme si ainsi il pouvait empêcher quoi que ce soit de bouger, emprisonnant le tout dans un autre espace temps guidé par sa volonté, il continua sa progression jusqu'à frôler de sa hanche la peinture noire de la Chevrolet.
Un sourire naquit sur ses lèvres. Son plan était en marche.
Quelques heures plus tard...
-Dean ? appela Castiel.
Il releva la tête de son ordinateur, plongé dans des recherches pour comprendre une langue mystérieuse que Sam avait trouvé dans le bordel qu'était la bibliothèque.
-Tu peux m'expliquer une dernière fois comment fonctionne le moteur de l'Impala ?
-Pas maintenant. Sam veut d'abord avancer sur ces manuscrits.
-Ça ne te prendra que deux minutes.
-Dans deux minutes Cas...
-D'accord.
Alors, Castiel resta planté là, au beau milieu de la pièce, regardant fixement le chasseur qui avait repris son activité. Mais il se rendit compte de son manège, relevant la tête de derrière son écran pour observer l'ange. Perplexe, il ne dit rien, attendant la chute qu'il redoutait. Dean avala sa salive. Castiel le regarda faire aussi raide qu'une chaise. Ainsi tendu, il se confondait presque avec le décor.
Dean se passa une main sur le front. Est-ce que c'était déjà trop tard pour dire à Cas que ce n'était qu'une façon de parler ? Que deux minutes, dans son langage humain, pouvait signifier une heure ou deux ?
-Tu fais quoi, là ? demanda Dean.
-J'attends.
-Quoi ?
-Toi.
Le chasseur soupira, repassant ses deux mains sur son visage soudain las.
-D'accord.
Il ferma l'ordinateur d'un geste brusque, se leva en faisant racler la chaise sur le sol comme un gamin que l'on forcerait et il s'approcha de Castiel dont les yeux semblaient avoir repris vie.
D'un pas léger, l'ange mena le Winchester à travers le bunker jusqu'au garage. Ce n'était pas la peine de préciser qu'il lui fut difficile de se retenir d'éclater avant même d'avoir descendu les escaliers. Il était aux anges, sans mauvais jeu de mot. Et il atteindrait sûrement des sommets dans quelques minutes.
Dean ne fit pas attention à sa démarche, laissant ses yeux suivre le dos habillé d'une veste de costume noire. Au moins, il évitait de se faire agresser par les fanfreluches qu'avait dispatché Gabriel la veille.
L'ange le laissa passer devant une fois arrivé à hauteur de l'Impala. Le chasseur ouvrit la porte passager et monta à l'intérieur. Castiel le suivit sur le siège conducteur, savourant le doux grincement de la portière et la matière sous ses doigts. Il cala ses doigts sur le volant, à dix heures dix, et baissa le regard.
Il y était.
C'était son moment.
-Bon, commença Dean, Tu appuies sur l'embrayage. Tu passes la première. Puis tu relâche l'embrayage et voilà. Essaie.
Mais Castiel n'avait pas envie d'essayer. Il voulait essayer autre chose.
-Cas ?
Il posa ses yeux sur lui. Ses deux orbes bleues légèrement noircies par l'obscurité de l'habitacle. Se mordant les lèvres, décollant ses mains moites du volant, il se pencha légèrement vers l'autre.
-Tu as vu ?
Un bref mouvement des yeux lui donna la direction d'où regarder. Dean leva la tête. Et vit.
-Cas...
-Il y a du gui.
Une branche de gui avait été accrochée au rétroviseur. Une belle branche bien fournie et qui sentait un peu l'air sauvage.
Un peu comme Castiel à ce moment-là.
-On doit s'embrasser, non ?
Ses yeux pétillaient. Peur d'un refus mais soif d'une victoire à portée de main.
Un silence prit place dans la voiture, comme si la Chevrolet attendait elle aussi la réponse.
Il ne sut pas ce qu'il le décida. Le visage de Castiel. L'envie peut-être. Juste sa bouche.
En tout cas, Dean embrassa Cas du bout des lèvres, sans chercher à approfondir le baiser. Un simple toucher. Une caresse. Quelque chose de magique.
A l'intérieur de l'engin, le temps s'était arrêté. Un instant figé sous une branche de gui.
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« Porte »
-Tu crois qu'ils y sont encore ?
-Si je le savais, je ne serais pas là.
-Pourquoi tu n'utilise pas ta grâce ?
-Si je fais ça, Cas va me sentir.
-Et tu ne veux pas tomber au mauvais moment.
-Non.
-Bon.
-...
-...
-On va pouvoir attendre longtemps comme ça.
-Si ça se trouve, ils sont déjà sorti de l'autre côté.
-Non. J'entends du bruit.
-Quel genre de bruit ?
-Du genre une voiture qui bouge beaucoup.
-Ah oui.
-Mmh.
-Donc, ils y sont encore.
-Possible.
-...
-...
-Et pourquoi tu as dis à Cas de faire ça ?
-J'en sais foutrement rien.
-C'était gentil.
-Je l'ai fait uniquement dans le but de décoincer ton frère pour fêter noël. Je pensais qu'en mettant Cassou sur le coup...
-Tu aurais plus de chance de lui faire accepter de t'offrir un cadeau pour noël.
-Ouaip.
-...
-...
-...
-Bon, on fait quoi ? Je commence à prendre la poussière à attendre comme ça.
-On devrait les laisser tranquille.
-Possible.
-On pourrait commencer par ne plus ressembler à des voyeurs en écoutant aux portes.
-Ce serait bien, ouais.
-...
-...
-Ils y sont encore ?
-T'as qu'à aller vérifier toi-même !
