Bonjour, bonsoir et bienvenue !
Merci à yakusokuyumi pour son commentaire ! Ça me fait plaisir.
Nous sommes le trois décembre. Déjà ?! Mais aujourd'hui, un seul mot, tout simplement parce que je passe des examens. Dommage.
Bonne lecture et laissez un commentaire !
Décembre
« Câble »
De la glu extra forte.
Une planche à roulette.
Une tarte à la crème.
Des livres.
Un faux ventre de femme enceinte.
Et le déguisement du Père Noël.
Qu'est-ce que Gabriel pouvait bien faire avec tout ça ?
Admirez l'artiste !
… …
Depuis quelques heures, cinq pour être plus précis, Gabriel tournait en rond dans le bunker, tournant littéralement autour de Sam qui tentait tant bien que mal de passer outre sa présence perturbante et de continuer à lire un manuel ancien sur la filiation chez les goules.
L'archange semblait avoir trouvé amusant de constater la vitesse qu'il pouvait atteindre en restant au niveau des capacités humaines en tournant et tournant autour de la table. Il prenait des virages serrés tout près des coins de table pour ne pas perdre de temps et il s'écartait tout juste des chaises pour ne pas en entraîner une dans son sillage. De plus, pour ajouter à cette stupidité enfantine, il se chronométrait sur le téléphone de Sam qui avait l'impression de voir le temps ralentir.
Mais il suffit d'un passage trop près de sa nuque pour lui hérisser les poils.
-Tu n'as pas autre chose à faire ?
Gabriel ne s'arrêta pas pour autant pour lui répondre. Il continua de courir, un sourire bouffi sur le visage.
Alors, Sam l'arrêta en lui attrapant l bras, s'attirant un regard choqué de la part de son compagnon.
-Tu n'as pas autre chose à faire ? répéta-t-il.
-Comme quoi ? J'ai décoré le bunker en un jour. Nous ne sommes que le trois. Que veux-tu que je fasse ?
Sam eut une idée.
« Désolé Dean. Mais j'en peux plus. » pensa-t-il.
-Je ne crois pas que Dean soit encore habité par l'esprit de noël.
-Il semblait bien habité hier.
-Mais c'était bref. Si tu veux vraiment que Dean fête noël avec nous, il va falloir passer au niveau supérieur.
Sam se mordit les lèves. Il n'en revenait pas de ses propres mots. Dean allait le tuer si jamais il apprenait que c'était de sa faute si il avait un archange aux trousses.
-Et qu'est-ce que tu me proposes ?
-Euh...
C'était le moment de faire marcher sa cervelle. Il inspecta autour de lui, à la recherche de quelque chose qui agripperait son regard. A part des vieux livres et quelques feuilles, on ne pouvait pas dire que son imagination débordait.
Puis, il tomba sur un carton laissé là depuis deux jours. Il se leva, croisant les doigts mentalement pour trouver quelque chose. Fébrilement, il fouilla à l'intérieur et, au milieu de confettis dont il ne savait pas comment ils étaient arrivés là, une guirlande électrique lui tomba sous la main.
-Tiens.
Sam tendit à Gabriel le câble électrique. Ce dernier ne comprenait pas et c'était tout à fait compréhensible.
-Et tu veux que j'en fasse quoi ?
-J'en sais rien. C'est toi le génie.
Le visage de Gabriel se transforma en une grimace tout sauf angélique. Sam détourna le regard, ne le voyant pas partir au pas de course dans le couloir.
-Mais ne crois pas que je t'ai oublié mon amour !
« Merde ! »
… …
Il avait trouvé tout ce qu'il lui fallait sur internet. Et en claquant des doigts.
Castiel avait passé une tête dans sa chambre, ayant entendu des cris étrangère mêlant à la perfection la malice et la dangerosité. Quand il vit Gabriel, assis sur le lit avec l'ordinateur sur ses genoux et un tas de paquet qui se matérialisait à ses côtés, il se dit qu'il n'avait pas envie d'être le souffre douleur de l'archange aujourd'hui.
Castiel avait bien fait.
Une fois tout son attirail réuni, positionné comme il le voulait, il se cacha contre le mur, se fondant dans le paysage.
-Dean ! Sam a trouvé une tarte !
Ni une ni deux, des pas résonnèrent dans le couloir. Des pas précipités d'ailleurs. Si on lui demandait pourquoi il courrait après une part de tarte, Dean dirait simplement qu'il n'en avait pas mangé pendant des jours. Quel affront ! Cette douceur sur la langue, l'acidité en arrière-goût, le croquant de la pâte qui rencontre ses dents... Il en avait l'eau à la bouche.
Alors, il pressait le pas. De toute façon, il ne faisait pas grand chose. Castiel lui avait dit que c'était bon, qu'il pouvait regarder Game of Thrones sans lui. Tant qu'il avait l'arbre généalogique de chacun sous les yeux, gentiment dessiné par Dean en personne, l'ange pouvait regarder sans craindre un épisode.
Et Dean, tout innocemment qu'il pouvait l'être, se jetait dans un piège mortel pour sa fierté.
Il arrive au chambranle pour passer par la bibliothèque.
Raccourcis.
Quelle erreur.
Sans qu'il ne sache comment, il se prit les pieds dans un fils tendu dès qu'il franchit le pas. Sans rien pour se rattraper, le chasseur tomba en avant, réussissant à la dernière minute à se mettre sur le flanc pour éviter trop de bobo. Sans plus de compréhension de sa part, un skate board se retrouva sous lui, épousant les courbes de son corps et l'emmenant en face, tout droit vers le bois sculpté de la bibliothèque.
Là où l'attendait une magnifique tarte à la crème, bien garnie, bien fournie en crème d'un blanc neigeux.
Malgré lui et trop choqué pour réagir – personne ne lui avait appris à se défendre contre une planche à roulette possédée – la tarte s'étala sur son visage très gracieusement, dégoulinant le long de son cou, teintant sûrement pour un temps sa chemise à carreau.
Problème, le choc avait été si violent qu'il perdit connaissance, la vue se floutant derrière un rideau blanc et l'odorat plongeant dans un rêve sucré. Rien de grave, Gabriel été sûr de son coup. Il n'en était pas à son premier rodéo. Les coups de ce genre, ça le connaissait. Il était l'expert en la matière.
C'était le discours qu'il sortirait à Castiel si jamais le petit ange s'inquiétait de la bosse qui naîtrait sur le front de son chasseur.
En tout cas, il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin.
… …
Dean reprit connaissance tout doucement, roulant des épaules sur le matelas de son lit.
Sa tête lui faisait mal. Plus d'alcool miteux dans les bars. Plus jamais.
Il se sentait un peu serré d'ailleurs. Sûrement qu'il n'avait pas eu le courage d'enlever ses vêtements avant de disparaître sous les draps.
Ses oreilles bourdonnaient mais un murmure persistait à se faire une place.
-Il se réveille. Tu vois.
-Tu n'as rien trouvé d'autre pour accomplir ton tour ?
-Pas d'aussi drôle.
-Tu diras ça à Dean.
-Mais c'est drôle quand même. Ne me dis pas que tu n'y avait pas pensé.
-Pas comme ça.
-Non. Tu aurais préféré juste un slip et un ruban autour du cou...
-GABRIEL !
-Ah ! Tu rougis.
-La ferme, fit Dean d'une voie pâteuse.
Les voix se turent. Le chasseur se releva sur les coudes, les yeux à demi ouvert, affrontant en plissant le front la douleur qui vrillait son cerveau. Il se passa une main dans les cheveux comme un réflexe face à ce genre de crise. Mais un tissu frôla son visage au passage, un tissu qu'il n'avait pas l'habitude de toucher sauf sur certaines robes de femme.
Il n'était quand même pas... Non ! Même saoul et carrément à l'ouest, il n'oserait pas.
Il ouvrit les yeux en grand. Une grande chemise du genre d'une robe de chambre le recouvrait. D'un rouge presque fluo, il crut un instant être mort. Mais non. Ce n'était qu'un vêtement.
-Qu'est-ce que...
Il se leva du lit, admirant la robe de Père Noël qu'on lui avait fait enfiler de force. Les manches. C'est ce qui lui avait touché le visage. D'ailleurs, elle était tachée. De blanc un peu crémeux.
Il passa sa main sur le visage. Il regarda sa main, pleine à présent de crème sucrée.
-Ne mange pas ça. Tu vas prendre du bide.
D'un doigt taquin, Gabriel lui tata le ventre. Un ventre gonflé.
Dean passa sa main sur le ventre. Oui, il avait grossi ? Écartant les pans de la chemise, un ventre en plastique lui avait été attaché.
Dans un élan de conscience, des deux mains, il voulut arracher le faux ventre qui lui donnait des airs de clown. Impossible, comme collé à la glu contre sa peau, ça ne bougeait pas. Alors, il s'attaqua au costume. Ça serait déjà ça de fait. Seulement, impossible. Les deux pans étaient eux aussi collés l'un contre l'autre.
-Qu'est-ce que tu m'as fait ? demanda-t-il à Gabriel.
-Pourquoi ça devrait être moi ?
-Tu vois quelqu'un d'autre qui pourrait me faire un coup foireux pareil ?
-Bah... Non. Pas dans l'immédiat. Mais j'ai fait ça pour Cassou.
Il poussa Castiel vers Dean et le présenta comme on présente un président.
-Castiel, je te présente le Père Noël. Père Noël, je vous présente Castiel. Il a été très gentil cette année. Un vrai petit ange. Alors je vais vous laisser pour qu'il vous dicte sa liste.
A grandes enjambées, il sortit de la pièce.
