Bonjour, bonsoir et bienvenue !
Merci à Kami-Chan50, pimpiericky, yakusokuyumi, ZephireBleue et Courtney Ackles pour tous vos commentaire ! J'espère bien vous faire rire encore un peu.
Aujourd'hui, on va s'intéresser un peu à Cas et laisser Dean souffler.
Bonne lecture et laissez un commentaire !
Décembre
" Cagnotte "
Castiel ne restait plus très longtemps au bunker, juste pour venir dormir et pas plus. La veille, au matin, quand Dean l'avait senti se lever trop tôt, il lui avait demandé ce qu'il faisait à cette heure. L'ange lui avait répondu d'un baiser et lui avait conseillé de se rendormir.
Gabriel était déjà dans la cuisine, l'attendant pour partager son petit-déjeuner avec lui. Évidemment, il était dans la confidence. De toute façon, Castiel se serait fatigué pour rien si il avait voulu continuer de cacher ce qu'il faisait de ses journées. Gabriel l'aurait suivi partout où il irait. Et ça n'aurait pas été pratique.
Maintenant qu'il était au courant, l'archange n'arrêtait pas de lui poser des questions sur ses activités hors du bunker auxquels Cas ne répondait que par monosyllabe.
Il sortit du bunker, saluant Gabe au passage qui lui souhaita une bonne journée. Un vent glacial le saisit et il se blottit davantage dans son manteau qu'il s'était vu dans l'obligation de se procurer pour remplacer son trench-coat. Même si il était un ange du Seigneur, insensible au froid et aux maladies hivernales, si il voulait se fondre dans la masse pour ne pas trahir sa « couverture », il devait se plier aux règles humaines. Et ça commençait pas mettre un bon gros blouson qui tenait chaud pour sortir dehors au mois de décembre.
Bien emmitouflé, cachant son nez derrière le col du manteau à cause de l'air frais qui le dérangeait un peu, il marcha tranquillement jusqu'à l'arrêt de bus, trois kilomètres plus loin, à quelques mètres près. Il y serait dans une petite dizaine de minutes. Il n'avait pas besoin de se presser. Personne d'autre que lui n'utilisait cet arrêt. Le chauffeur de bus avait d'ailleurs eu l'air très surpris en le voyant deux jour plus tôt.
Le chauffeur s'appelait Miles. Castiel avait cherché tout de suite à sympathiser, voulant en connaître un peu plus sur les habitudes d'un individu lambda. Miles avait donc une femme avec qui il s'était marié dix ans plus tôt et une fille, Amanda, de huit ans qui était une vraie pipelette depuis qu'elle savait parler. Il aimait parier sur le cheval numéro 3 dans les courses de chevaux mais il ne faut surtout pas le dire à sa femme, Marina, qui lui répétait sans cesse à chaque fois qu'elle le surprenait comment d'autres avaient fini sans le sous à force de jouer leur argent. Il détestait le fromage, cette invention française qui devait rester d'où elle venait pour ne plus empester son frigo. Dans quelques années, quand il serait vieux et gâteux, il se voyait vivre des jours heureux avec ses petits-enfants à leur raconter comment il avait rencontré leur grand-mère à un bar où elle était serveuse.
Miles était une personne charmante. Même si ça ne faisait que deux jours qu'ils se connaissaient. Castiel avait parlé de lui aussi, édulcorant certains détails comme Gabriel lui avait appris. Il vivait avec son amant et son frère, aussi en couple, dans la maison qu'ils avaient eu comme héritage. Elle était bien assez grande pour eux tous. Avant, Cas était prêtre, suivant ses frères et sœurs dans cette branche. Mais ça ne lui plaisait plus quand il a rencontré Dean. Maintenant, il faisait des petits boulots par-ci par-là. Il aimait bien les hamburgers mais évitait de trop y penser à cause d'une mauvaise expérience de concours de bouffe. Il détestait les mensonges, même si il avait menti lui-même par le passé. Il regrettait à chaque fois ce qu'il avait dit.
L'ange avait hâte de revoir son ami le chauffeur de bus, pour savoir si son dîner en amoureux avec sa femme s'était bien passé. Il l'avait légèrement aidé en lui conseillant non pas un restaurant hors de prix et impersonnel mais un bon dîner fait maison chez eux avec des bougies et des pétales de roses.
Un sourire naquit sur son visage. Il n'avait pas pour habitude de jouer les cupidons mais l'occasion était trop belle et puis, ce n'était pas sorcier de composer une ébauche d'idée avec tous les films à l'eau de rose avec lesquels la télévision les abreuvait à longueur de journée.
Une fois arrivée à l'arrêt de bus qui ne consistait qu'en un poteau avec le numéro de la ligne et une feuille encadrée pour signaler les heures de passage. Aujourd'hui, il n'aurait qu'à attendre que sept minutes. En espérant qu'il n'y aurait pas de problème.
En attendant, il détailla le paysage sauvage autour de lui. Une fine couche de givre s'était délicatement posée sur les herbes. Les nuages extrêmement blancs n'avaient pas encore fait tomber de neige sur l'État mais il sentait que ça n'allait plus tarder. Il se souvint d'une fois où il avait été en mission et il s'était fait surprendre par la couche de flocons blancs qui s'accrochaient sur ses vêtements. A ce moment-là, il était encore programmé pour être un bon soldat. Il n'avait pas profité de ce cadeau de mère nature. Depuis, il n'avait pas eu l'occasion d'en revoir. Dean lui avait palé une fois d'une bataille de boules de neige avec Sam. Lui aussi voulait essayer.
Le bus arriva enfin. Castiel fit signe de la main, à la fois pour signaler son intention de monter et pour saluer Miles. Mais ce ne fut pas Miles qui l'accueillit à l'intérieur.
-Bonjour, dit-il pour être poli et il valida son ticket.
La nouvelle chauffeuse le salua tout aussi poliment avant de repartir sur les chapeau de roue. Castiel eut tout juste le temps de s'asseoir à la première place pour ne pas tomber.
-Où est Miles ? demanda-t-il au bout de cinq minutes, l'impatience étant l'un de ses défauts les plus flagrants en ce moment.
-A l'hôpital.
-Pardon ?
-Sa femme a eu un accident en rentrant chez elle. J'en sais pas plus, j'ai été prévenue que ce matin. Vous le connaissez ?
-On est amis. Depuis deux jours, en fait. Mais il est très sociable.
-Ouais. Je l'ai déjà croisé plusieurs fois au bureau pour prendre mon service. Il m'a dépanné d'un café une fois. Et pus, on a sympathisé. Si vous voulez, je peux vous donner son numéro.
-Ce serait parfait. Merci.
Et les vieilles habitudes reprirent le dessus.
-Vous croyez que c'est juste un accident ?
-Ben oui. C'est pas anodin, malheureusement. C'est juste arrivé au mauvais endroit au mauvais moment.
-Et rien en vous a semblé étrange quand vous avez appris la nouvelle ?
-Euh... Non je vois pas. A part peut-être que le conducteur de l'autre véhicule a dit ne pas se souvenir de l'accident. Et après, il a raconté qu'il n'avait plus le contrôle de son corps. Pff ! Quel fumier ce type. Je sais pas qui il essaie d'embobiner avec son histoire. Heureusement que Marina n'est pas morte. Ais elle va devoir rester en observation un moment.
-Dans quoi travaille-t-elle ?
-Elle est prof das une université, je crois. Elle enseigne un truc en rapport avec le droit.
-Vous savez si elle a des ennemis à son travail ? Peut-être des problèmes personnelles ?
-Vous êtes bizarre, vous.
-On me le dit souvent, fit Castiel, ne pouvant plus continuer son interrogatoire.
Ce qu'il avait entendu ne lui plaisait pas.
Quand il descendit en ville, la conductrice lui donna le numéro de portable de Miles.
Castiel déambula un peu en direction du petit café deux rues plus loin. Il avait le temps d'appeler Dean.
-Cas ? Un problème ?
-Je crois que je t'ai trouvé une chasse.
-Explique.
-Une femme a eu un accident de voiture. Le responsable a dit ne pas avoir eu le contrôle de ses mouvements. On dirait un cas de possession.
-C'est un peu mince comme piste.
-Tu pourrais enquêter ?
-... Ok. C'est pas comme si j'étais débordé de toute façon.
-Je t'envoie les infos par texto.
-Au fait, qu'est-ce que tu fais ?
-Je marche.
-Où ?
-Sur le trottoir. Ne t'en fais pas. J'ai compris la différence d'avec la piste cyclable.
-T'es con. Bon, je te laisse marcher sur ton trottoir. A plus tard.
-A plus tard.
Il espérait sincèrement s'être trompé. Mais il se sentait déjà mieux si Dean et Sam étaient sur le coup. Et ça détendrait sûrement Dean. Avec Gabriel sur son dos toute la journée à lui jouer un mauvais tour, c'était limite si il ne rêvait pas de lui la nuit.
Castiel se serait senti légèrement vexé. Mais pas plus.
Rangeant finalement son téléphone dans sa poche, il arriva au café qu'il fréquentait depuis peu. La façade vieillissante avec le temps lui donnait un certain cachet qui l'avait attiré tout autant que le nom.
« Seconde Chance »
Il n'en demandait pas plus.
Il fit le tour du bâtiment, passant par la porte de derrière. Une forte odeur de café et de cookie le frappa en premier. Une livraison venait d'être faite pour de la crème chantilly, du thé, du café bien sûr et un tas d'autre truc. Darren était en train de déballer quelques produits lorsqu'il arriva.
-Salut Castiel.
-Bonjour. Par quoi on commence ?
-Seth termine les muffins. Tu peux vérifier les stocks de tous les produits à la vitrine. Quand le cuistot aura terminé la cuisson, on pourra les mettre en boutique.
L'ange acquiesça et se dirigea vers les vestiaires, un peu petit, certes, mais puisqu'ils n'y étaient jamais tous en même temps, il n'y avait pas d'inconvénient. Il accrocha son manteau et se sertit de son tablier violet avec le nom du café. Il épingla son badge sur la chemise en coton noir et commença son service.
C'était il y avait une semaine environ. En passant avec Dean pour faire des courses, il avait remarqué la feuille scotchée à la vitrine pour faire savoir qu'ils recherchaient une personne pour les fêtes. Il ne lui avait fallu que peu de temps pour se décider, s'aidant d'internet pour savoir à quoi il devrait s'attendre. Même si il avait appris sur le tas lors de son premier jour, ce 'était pas sorcier de rendre une commande, de la préparer et de servir les clients. Surtout que la plupart d'entre eux étaient des habitués. Ils ne lui en voudraient pas d'être un peu gauche, y trouvant un certain charme.
Castiel était bien décidé à garder son travail le plus longtemps possible. Il s'y sentait bien, contrairement à d'autres endroits qu'il avait déjà visité, avec des clients ronchonnant et des serveurs au bout du rouleau, débordés et cernés sou les yeux.
Avec sa paye, il pourra acheter un vrai cadeau pour Dean, Sam et Gabriel pour noël. Si l'aîné le découvrait, il lui dirait que c'était inutile, d'arrêter et de revenir au bunker pour faire Dieu seul savait quoi. Mais il ne lâcherait rien. L'ange ne voulait pas utiliser sa grâce. Ce serait impersonnel, sans créativité. Alors que, si il travaillait comme un honnête citoyen, il savait d'où venait l'argent qu'il économisait jalousement. Quand il irait dans un magasin pour payer ses cadeaux, il sera fier de tendre les quelques billets qu'il avait gagné.
Même si il ne savait pas encore quoi acheter pour chacun d'eux, il se concentrait sur une chose à la fois.
Il entendit la clochette de la porte du café scintiller jusqu'à ses oreilles. Il lissa son vêtement et alla accueillir leur premier client.
