Bonjour, bonsoir et bienvenue !

Merci à barjy02, pimpiericky, Kathexia-Castiel156 et shinobu24 pour vos commentaire ! C'est que du bonheur !

Bonne lecture et laissez un commentaire !


Décembre

« Camouflage »

Au réveil, la vigilance était de rigueur à cause de toutes les chutes de la veille. Mais rien n'était arrivé. Malgré les quelques blagues de Gabriel à ce sujet, le petit-déjeuner se passa sans encombre. Le café était bon, le bacon et les œufs frétillaient joyeusement. Gabriel avait décidé de paresser au lit et les deux frères discutaient simplement de ce qu'ils pourraient faire aujourd'hui.

-Juste se dégourdir les jambes. Rien que tous les deux. Depuis quand on n'est pas parti sur les routes juste pour nous ?

-J'aurais préféré qu'on continue de répertorier les objets des Hommes de Lettres. Qui sait ce qu'ils ont pu accumuler et depuis combien de temps ?

-Ça fait des semaines que tu en fais que ça dès qu'on rentre. Respire un peu. Va prendre l'air. Profite du soleil. T'es trop pâlichon.

-Mais on ne s'éloigna pas. Il faut rester proche au cas où. Je te rappelle que les démons étaient à la recherche de Castiel il n'y a pas si longtemps. Ils pourraient aussi s'en prendre à nous.

-Nous sommes des chasseurs. On doit toujours être prêt pour ce genre de situation. Ça ne changera pas grand chose si on prend du bon temps. On auras toujours un flingue dans la poche arrière. La différence, c'est que ce ne sera pas une chasse.

-Et tu comptes commencer par où, exactement ?

-Je pensais à un bar, à deux kilomètres. Ils font les meilleurs cocktails que j'ai jamais bu.

-Ça doit être quelque chose.

-Alors, c'est décidé. Je t'attend dans dix minutes.

-On ne va pas commencer à boire dès... Sept heures du matin ?

-Bon, si Samantha veut tant faire attention à sa ligne, on partira vers midi et on s'arrêtera à un dîner.

Le reste de la matinée se passa sans encombre. Quoique...

La porte du bunker s'ouvrit peu de temps après cette discussion. Surpris, Sam qui passait par là leva la tête et vit Castiel revenir.

-Déjà rentrée ? fit-il en regardant sa montre.

-Le bus n'est pas passé aujourd'hui.

-Un retard ? Ça arrive plus souvent que ce que les gens veulent croire.

-Non, c'est à cause du temps.

-Du temps ?

-Il neige.

Les yeux de Sam semblèrent s'illuminer d'une nouvelle flamme. Il aurait pu rester enfermé toute la journée à l'intérieur et prendre la poussière. Il n'aurait jamais su qu'il avait neigé ce jour-là si Castiel ne le lui avait pas dit. Il abandonna tout ce qu'il faisait – c'est-à-dire se promener en jogging – pour retourner en direction de sa chambre.

-Va prévenir Dean !

Et Sam disparut au détour d'un couloir.

Il courut presque pour aller chercher l'archange qui roupillait sagement et qui aurait continué si le géant n'était pas entré en trombe et n'avait pas sauté sur le lit pour venir lui secouer l'épaule.

-Mais quoi ? fit furibond Gabriel en se retournant vers Sam, complètement réveillé.

-Lève-toi. Vite. Et habille-toi. On sort.

-Où ?

-Dehors.

-Merci Einstein. Maintenant, rend-moi la couverture.

Pour la peine, Sam lui retira son oreiller, lui ébouriffant les cheveux au passage.

-Non mais ça va pas. T'as intérêt à courir vite parce que j'y je met la main sur toi...

Sam n'attendit pas la fin de la menace et partit en courant, emportant ses chaussures et son manteau. Plus il s'éloignait, il entendait de moins en moins les rugissements de l'archange en colère qui n'allait pas tarder à se mettre sur sa trace. Un rire passa ses lèvres. Il ne se souvenait plus de la dernière fois où il avait couru pour le plaisir, se fichant de ses poumons qui réclamaient de l'air, inspirant plutôt l'euphorie.

De la neige. Il neigeait en ce moment même, à deux pas. Il s'imaginait déjà le paysage tout en poussant son pied dans la chaussure à cloche-pied, manquant de s'écraser contre le mur. La veste fut plus facile à enfiler. Le bruit de ses pas retentissait tandis qu'il martyrisait les marches de l'escalier. Il était apparemment le premier. Il put alors prendre le temps de fermer son manteau et de peaufiner un des lacets. Les souvenirs refaisaient surface. Le dernier souvenir qu'il en avait remontait à quatre ans, en pleine nuit.

Il s'était levé pour remplir un besoin naturel. La tête pas réveillée, il ne vit rien en passant une première fois devant la fenêtre. Il en vit rien non plus en retournant se coucher. Ce n'était que lorsqu'il s'allongea dans un « pouf » sur le matelas qu'il remarqua. Les phares d'une voiture traversèrent la fenêtre et dérangèrent Sam. Il se frotta les yeux et les ouvrit pour tenter de voir ce qu'il pouvait faire pour cacher la lumière.

Et il aperçut quelque chose qui tombait. Plusieurs choses en fait. Alors, intrigué, il se leva et écarta le rideau. Grâce à la lumière jaunâtre du véhicule, chacun des flocons se détaillait dans la nuit. Le sol n'était pas encore blanc. Le spectacle venait tout juste de commencer. Toujours devant la vitre froide sur laquelle s'imprimait de la buée, Sam observa la neige tomber, suivant un flocon du haut jusqu'en bas puis recommençant avec un second, puis un troisième, ainsi de suite, sans s'apercevoir que le temps passait. Ce ne fut que lorsque ses pieds gelèrent et qu'il commença à trembler qu'il retourna finalement au lit, fermant le rideau. Il passa une bonne nuit, même si tout avait disparu au matin.

Il n'avait pas pu toucher à l'eau cristallisée et il l'avait regretté en se levant. Mais aujourd'hui, il pouvait effacer ça.

Tant pis pour les autres, ils n'avaient qu'à se dépêcher un peu. Ce n'était pas tous les jours qu'ils pouvaient voir de la neige pour de vrai.

Il ouvrit la porte du bunker et l'air froid l'accueillit. Il sortit et ses pas crissèrent dans la neige. Tout n'était pas encore recouvert de blanc mais une pellicule conséquente recouvrait déjà l'herbe. Sous l'excitation, il leva le visage souriant d'un bien heureux et regarda les flocons s'écouler du ciel pour se poser atour de lui.

Maintenant, il devait s'atteler à sa tache en attendant les autres qui ne vinrent que vingt bonnes minutes plus tard. Dean n'avait pas envie d'aller se les peler, Castiel le regardait perdre la bataille devant son visage angélique et Gabriel n'était redescendu de son nuage de colère que grâce à un chocolat chaud avec de la guimauve.

Le petit groupe de trois, bien chaussés et emmitouflés, sortirent affronter la neige. Ils furent accueilli par deux bonhommes de neige agrémentés de bâtons et de fleurs. Si Cas fut intrigué, Dean les ignora soigneusement et Gabriel chercha Sam du regard. Le grand entamait un troisième bonhomme, ses mains rouges se détachant de la neige qu'il accumulait.

-Tu vas attraper froid, remarqua Gabe en lui invoquant des gants qui lui protégèrent ses grandes paluches.

-Merci, sourit-il.

Sam avait un énorme sourire sur le visage qui contamina son amant qui en oublia presque sa colère du matin. Il le rejoignit pour participer à on dur labeur, profitant de la joie de son amant qui n'apparaissait si souvent et aussi pleinement.

Du côté de Dean et Castiel, ce dernier testa entre ses doigts la texture de la neige qui semblait tellement intéresser les deux autres qui jouaient dans leur coin. Dean s'était accroupi et formait un petit tas à ses pieds.

Cinq minutes plus tard, Sam et Gabriel, allongés dans la neige à former des anges, avaient commencé à se frotter l'un contre l'autre plus qu'amicalement. Mais cela ne dura pas plus longtemps car ils furent interrompus par un bombardement de boules de neige qui les obligèrent à se relever en quatrième vitesse. Gabriel par instinct de survie, créa un barrage de deux mètres de haut entre eux et leurs attaquants.

Sam secoua ses cheveux dans tous les sens pour faire sortir la neige qui s'était collée contre sa peau. Pendant ce temps, Gabriel préparait sa revanche. Il détruisit la barrière et, sous les yeux de Dean, armé, et de Cas, en retrait, l'archange claqua des doigts et une trentaine de Sam et de Gabriel prirent vie pour les encercler.

Une bataille s'en suivit, une armé contre un seul homme – Castiel préférant regarder que de s'attirer les foudres de son frère par inadvertance – et Dean ne vit pas l'igloo quelques mètres plus loin. A l'intérieur, Sam et Gabriel reprirent leur activité là où ils l'avaient laissé sur des couvertures.

Même si tout disparaîtrait le lendemain, ils s'étaient crée de nouveaux souvenirs agréables. Jusqu'à la prochaine chute de neige.