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Décembre
« Rose »
C'était déjà le quatorze. Castiel travaillait au café depuis quatorze jours. Il accumulait petit à petit de l'argent grâce à son salaire en plus des pourboires quand il y en avait. Chaque soir, il tenait ses comptes. Il profitait d'une table et d'un café au lait quand l'établissement était fermé et que la lumière tamisée des ampoules jurait avec les couleurs bleus, vertes et rouges des guirlandes en face de la vitrine.
Sur la table, il comptait un à un les billets de dix et la petite monnaie de sa cagnotte du jour. Sur une serviette en papier au logo du café, il additionnait les chiffres avec une rigueur appliquée. La somme grimpait trop doucement à ses yeux. Castiel ne cessait de se demander ce qu'il pourrait bien trouver avec un budget aussi serré, même si il n'avait aucune notion de l'argent, comprenant bien qu'un portefeuille qui ne dépassait pas la barre des trente dollars ne lui serrait pas d'une grande aide.
Mais les jours avaient filé ainsi que l'argent de la caisse. Chaque jour, il recevait sa paye. Payé à l'heure, son employeur ajoutait les quelques minutes en plus pour être juste avec Castiel qu en refusait jamais de se porter volontaire pour rester fermer la boutique pour terminer de vérifier la réserve.
Aujourd'hui, ça faisait deux semaines qu'il travaillait en tant que serveur et il pouvait désormais envisager d'acheter quelques cadeaux.
Il demanda à avoir son après-midi, raison personnelle, et on la lui accorda sans demander plus. De toute façon, peu de monde devrait venir ce jour-là, en début de semaine.
Son manteau serré contre lui et son portefeuille qu'il avait « emprunté » à Dean dans une poche, il déambula dans les allées, faisant du lèche-vitrine sans se fois, il s'arrêtait devant une boutique et il regardait depuis l'extérieur les produits mis en avant pour les fêtes. Ainsi, il avait pu détailler des bonnets, des écharpes, des pulls, des téléphones, des drones, du maquillage, du parfum, des livres, des calendriers, des pâtisseries, des confiseries, des jeux de société, etc.
En imitant d'autres clients, le jeune ange avait osé passer une tête dans différents magasins, évitant comme la peste les vendeurs et vendeuses qui ne le quitteraient pas et à qui il n'osait pas dire que ça ne lui plaisait pas, qu'il ne faisait que regarder. Il avait même osé faire comme si il ne l'entendait pas, regardant dans la direction opposée et s'éloignant d'un pas assez rapide pour ne pas lui laisser de temps d'aligner une seule phrase. Il avait toujours les joues rouges quand cela lui arrivait.
Mais aujourd'hui, Castiel aurait bien aimé être conseillé. Il avait l'intention d'acheter, une petite somme entre les mains. Mais il pouvait voir défiler une dizaine de vitrines, toutes très alléchantes mais à côté de ce qu'il recherchait.
Il ne pensait vraiment pas que Sam apprécierait qu'il lui offre du vernis à ongle. Dean ne ferait que l'appeler un peu plus par son surnom très affectif.
Il ne pensait pas non plus que ce soit une très bonne idée d'offrir à Gabriel un jouet pour adulte. Parce que, oui, Castiel était passé devant un sexshop. Mais il n'y était pas resté très longtemps.
Donc, il avait continué à déambuler dans les rues pavées sous les chants de noël des hauts-parleurs. A ses côtés, les gens le frôlaient de plus en plus avec des sacs de différentes marques. Certains n'en avait qu'un petit, à se demander si il y avait vraiment quelque chose dedans, d'autres en avaient tellement que Castiel se demandait sil ils allaient s'arrêter là. Et lui continuait d'avoir les mains vides bien au fond de ses poches. Du bout des doigts, il touchait la texture du cuir du portefeuille qui ne désemplissait pas.
Les fêtes approchaient. Il ne savait pas ce que Dean, Sam et Gabriel avaient prévu pour l'occasion. Mais lui n'avançait pas. Le temps n'attendrait pas qu'il se décide et continuerait à lui filer entre les doigts. Alors, même si il ne faisait pas toutes ses courses aujourd'hui, il se fixait pour objectif d'acheter au moins un cadeau. Juste un seul, pour, peut-être déclencher quelque chose.
Et, enfin, une boutique attira son regard.
La façade était vieillotte, un effet sans aucun doute voulu, avec la charpente apparente et des fenêtres ressemblant à des vitraux colorés. Castiel ne savait pas ce qui l'avait attiré en premier. En tout cas, ce n'était pas la foule. Il n'y avait quasiment personne à l'intérieur ni aux abords pour observer les produits exposés. L'ange s'arrêta net devant, gênant quelques passants qui l'avaient suivi de trop près pour se frayer un chemin à travers la foule.
A travers la vitrine encombrée, il vit la vendeuse en train d'arranger des décorations et répondant aux questions d'un homme en costume apparemment perdu. Castiel s'approcha et passa un doigts sur une feuille ou deux pour en apprécier la vigueur. Les arbustes semblaient heureux, bien arrosés, bien traités. Alors il se décida à entrer, guidé par la magie du lieu. Il poussa la porte, la clochette annonçant son arrivée. La vendeuse, de retour derrière la caisse en train d'enregistrer une commande de douze roses, lui sourit. Il lui retourna son sourire.
La première odeur qui lui piqua le nez ne fut pas le désherbant mais l'odeur des fleurs. Ce n'était pas désagréable. Juste nouveau. Et agréable.
Les fleurs lui plaisaient. Sûrement son côté abeille qui ressortait. Mais un arbuste lui semblait plus jolie. Bien touffu, il suffisait de lui donner de l'eau et de la lumière et de le regarder pousser calmement, sans se presser, profiter de la vie et de chaque rayon du soleil. Il demandait cependant de l'attention. On en pouvait pas le laisser seul pendant des jours. Une attention particulière allait de pair. Un peu comme lui et Dean maintenant. Avant de se rencontrer, ils auraient sûrement continué leur vie comme ils l'avaient toujours faits. Mais, maintenant qu'ils avaient vécu trop de chose ensemble, la vie en solo semblait impossible. Les vielles habitudes avaient disparu.
Il ressortit avec un camélia d'automne. Et tant pis si les fleurs étaient rose. Elles sentaient bons et embaumeraient la chambre. Son portefeuille un peu plus léger, il se disait qu'il pourrait cacher la plante au café jusqu'à noël. Personne ne s'y opposerait et il pourrait garder un œil sur la floraison. Voilà, il avait entamé ses cadeaux.
