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Décembre

« Sapin »

Dean avait décidé de sortir l'Impala pour aller se dégourdir les jantes. Il conduisait moins souvent depuis que lui et son frère ne suivaient plus les chasses de motel en motel. L'odeur du cuir lui manquait. Le cliquetis de ses briques dans la ventilation lui manquait. Le ronronnement de gros matou du moteur lui manquait. Alors, sur un coup de tête, seul dans sa chambre, il décida de s'échapper un moment. Son blouson de cuir sur le dos et les clés dans la poche, il guida ses pas en direction de la Chevrolet qui semblait le regarder, les phares éteints.

Que de sensation dans ses courbe faites pour être admirées. La lumière jaune des ampoules électriques se reflétait sur sa carrosserie et elle embellissait davantage. Du bout des doigts, il les fit glisser pour goûter au froid du métal et à la puissance cachée sous le capot. Elle ne pouvait que faire des envieux.

Dire qu'il aurait pu se retrouver avec une camionnette en guise d'héritage...

Il alluma le contact, appréciant sous l'impulsion de son pied le bruit de la machine s'emballer. Il aurait pu jurer qu'elle lui parlait. Au rétroviseur, la branche gui de Castiel était toujours accrochée. Sam, en la découvrant, avait regardé par deux fois son fauteuil avant de s'asseoir dessus. Dean avait soupiré bruyamment. Bien sûr que son frère était au courant du petit manège de Cas ce jour-là. Mais il ne lui dirait pas qu'ils n'avaient rien fait de plus que de s'embrasser et de se toucher sensuellement.

En y repensant, cette voiture en avait vu des vertes et des pas mures. Entre les galipettes sur la banquette arrière et les casses en tout genre, la voiture avait vécu de belles années. Et Dean ne la laisserait pas sur le bas côté. Elle était faite pour être conduite, pour goûter au bitume, pour briller sous le soleil.

Il accéléra sur l'asphalte, dédaignant le compteur monter dans les tours. La route était droite et se perdait dans l'horizon. La neige ainsi que la rosée avaient laissé des flaques d'eau boueuse au bord de la route. Ça lui donnerait une excuse pour la bichonner en rentrant. D'ailleurs, en y repensant, Dean devait refaire le plein de produits. C'était qu'une voiture comme celle-ci, ça consommait énormément. Cinq étagères étaient réservées pour son bébé dans le garage. Tous les bidons, bien alignés, le remplissaient de fierté, sachant qu'il prenait bien soin de son bijou de mécanique.

Les minutes défilaient et la fatigue prit le dessus sur sa vivacité. Un arrêt au stand ne serait de refus pour prendre un café et remettre un peu d'essence dans le réservoir. Le Winchester dut ralentir le rythme de sa Chevrolet aux abords d'une aire de repos, appréciant à sa juste valeur la facilité avec laquelle il rétrogradait alors que le compteur avait affiché plus de 150km/h en ligne droite. Et dire qu'il aurait pu aller encore plus vite... Mais bon, il fallait être raisonnable. Il ne devait pas non plus attirer l'attention de tous les flics de l'État.

Il se gara au niveau de la pompe et, dans des gestes qu'il maîtrise depuis la nuit des temps, il remplit le réservoir de son bébé fait de taule. Il chantonna quelques airs des Rolling Stones, se rendant compte qu'il n'avait même pas pensé à allumer l'auto radio depuis son départ. La Chevrolet l'avait hypnotisé de ses cordes vocales.

La petite boutique remplissait bien son rôle d'aire de repose. Parmi les quatre rayons de l'espace supérette, l'un était arrangé pour les sandwichs, le second encombré par des paquets de chips et autres petits gâteaux salés, le troisième par des boissons avec des emballages très accrocheurs et le dernier...

Ben...

C'était noël.

Des guirlandes, des boules, des figurines, des crèches, des illuminations, des lanternes, des rennes, des Pères noël, des anges, des lutins, des traîneaux, ds bonnets... Et rien de la même couleur : rouge, vert, bleu, or, argenté, bronze, marron, orange, violet, blanc, noir, rose... On aurait dit une version miniature du bunker après le passage de Gabriel.

Frisson.

Dégoût.

Vite, où était la caisse !

Un café qui coûtait bien trop cher dans la main, il s'agrippa visuellement au visage de la caissière, cinq mètres devant lui. Il pouvait le faire. Juste, il devait faire attention où il mettait les pieds. Évitant soigneusement la tentation de regarder à côté, un pas après l'autre, sans trop paraître étrange aux yeux de l'employée, Dean Winchester réussit à ne pas avoir la chair de poule. Avec un sourire en coin qu'il ne réussit pas à cacher, il paya la note pour la boisson et le plein et s'en alla d'un pas plus léger.

-Attendez ! Vous oubliez quelque chose.

xxxxx

xxxxx

De retour sur le siège conducteur, Dean se maudit pour la cinquième fois de l'idée qu'il avait eu de vouloir s'arrêter ici. Il alla plus loin en regrettant presque d'avoir voulu sortir bébé. Presque. Ce n'était pas de sa faute. Mais quand même.

Il accéléra, cette fois-ci pas pour se délecter du son grave du moteur qui chauffait mais pour atténuer le sentiment de honte qui le rongeait de l'intérieur. Heureusement, il ne croisa personne sur la route. Le reste du monde devait avoir autre chose à faire que de se moquer de Dean Winchester.

Il préféra monter le volume de sa cassette pour annihiler toute pensée cohérente.

Enfin de retour au bunker, il gara l'Impala avec mille précautions pour ne rien froisser. Il en manquerait plus que ça pour que sa journée soit fichue. Quoique, si un petit crétin d'emplumé se ramenait trop près de lui, ça pourrait être pire.

Vivement que Castiel revienne et qu'il se blottisse dans ses plumes. Le chasseur aimait bien qu'ils soient recouvert des ailes de l'ange, dans leur petit cocon. Leur nid, comme l'appelait Castiel avec un air amoureux flottant dans les yeux. Il arrivait souvent que, durant l'acte, Cas laisse ses plumes le frôler ou s'étendre pour ressentir plus de sensation. Parfois, d'un simple brassement de l'air, Castiel se retrouvait au-dessus et menait la danse sans vraiment s'en rendre compte.

Dean revint à la réalité avec la sensation d'être un peu trop serré dans son pantalon. Il soupira longuement et pensa à tout autre chose pour faire retomber la pression. Il imagina que Gabriel avait porté sa chemise. Il avait porté la chemise que lui-même portait en présence de Sam. Gabriel avait porté la chemise qu'il portait en ce moment pendant que Sam le renversait brutalement sur le coffre de l'Impala. Il avait porté sa propre chemise alors qu'ils s'essuyaient avec...

C'était très efficace. Dean retira son blouson, sa chemise et la jeta au loin, effrayé par ses propres pensées. Si seulement l'archange avait pu s'empaler sur un couteau qu'il conservait dans le coffre...

Dans le froid du garage, il sortit une autre chemise qu'il gardait dans le coin lorsqu'il se salissait trop en révisant la voiture. Elle n'était pas propre non plus mais plus que l'autre qu'il allait sûrement devoir jeter.

-SAMMY ! appela-t-il.

Quelques secondes plus tard, son frère arriva, les cheveux en bataille et les vêtements froissés.

-Quoi ? demanda-t-il, la voix trop rauque.

Dean se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas crier.

-Je te laisse décharger la voiture.

-Qu'est-ce que... Ah oui. Quand même.

-J'ai pas trop eu le choix. C'était ça ou je donnais rendez-vous à la caissière.

-Tu as osé faire ça à l'Impala ?

-Elle a connu pire. Pas vrai ma belle ?

-Tu veux me faire croire que tu t'es baladé avec un sapin sur le toit de la voiture ?

-On n'en avait pas de toute façon.

-Comment s'est arrivé ?

-Faut croire que pour l'achat d'un sandwich poulet/curry, tu repars avec un sapin pour noël offert.

Sam se passa une main sur le crâne, l'air embêté pour son frère qui détestait qu'on touche à sa voiture de force. Surtout que la peinture devait en avoir pris un coup avec toutes les aiguilles qui ont du râper le toit pendant le voyage. Et là où les cordes retenaient le sapin en place.

-Bon. Va falloir le descendre.

A deux, l'un retenant l'arbre pour prévenir la chute et l'autre coupant les cordes, ils réussir à le glisser sur le sol.

-Il ne vas pas passer la porte.

-Va bien falloir.

-Il ne vas pas passer le premier virage.

-Sûrement.

-Tu veux que je demande à Gabe ?

-NON ! Euh... On va attendre Cas. Ça lui fera plaisir de s'occuper d'un truc pour noël. De toute façon, c'est lui qui m'a parlé qu'il manquait un sapin au bunker.

-Le destin t'a entendu.

-Le destin, mon cul, oui. Si le destin en avait quelque chose à foutre de moi, il aurait...

-Quoi ?

-Rien.

-Moi je sais, cria Gabriel au bout du couloir.