Bonjour, bonsoir et bienvenue !

Merci à barjy02, pimpiericky et au Guest pour vos commentaires. Je ne sais pas quoi dire de plus ! Je vous adore.

Bonne lecture et laissez un commentaire !


Décembre

« Lit »

Castiel avait été heureux en voyant l'immense sapin que Dean avait ramené bien malgré lui. Près de cinq mètres de haut. Des branches logues et bien fournies en aiguilles vertes. Une belle forme pour y accrocher toute sorte de décoration.

D'une téléportation maîtrisée depuis des millénaires, il fit entrer l'arbre dans le bunker et le fixa dans la bibliothèque. S'en suivit une décoration peu méticuleuse où Dean crut qu'il allait vomir des paillettes. Lui et son frère s'occupèrent de la partie basse du sapin tandis que les anges prirent d'assaut le sommet. Des cartons pleins sortirent de nul part pour se poser à leur pied. Une à une, Dean en sortit des breloques et des guirlandes qu'il tendait machinalement à Sam pour les organiser de façon aussi géométrique que possible.

Le Winchester trouva le temps long, si long qu'il semblait même s'allonger. Castiel ne l'avait même pas regardé une seule fois. Pas qu'il ait besoin d'être surveillé mais quand même. Comme si un sapin pouvait le remplacer aussi facilement.

Alors, le soir, il était parti se coucher plutôt, pas pour bouder mais pour regarder la cinquième saison de Doctor Sexy, seul, en pyjama, les bras croisés et la tête douloureusement appuyée contre le mur. Castiel ne vint le rejoindre qu'au bout du quatrième épisode. Il se glissa dans un pyjama avant de suivre son amant sous la couette. Une main sur le torse, l'autre perdu sur la hanche, l'ange soupira de bien-être.

Le visage de Dean s'assombrit légèrement et Cas le remarqua lorsque ses muscles se contractèrent involontairement.

-Il y a un problème ?

-Non. Aucun problème.

Castiel éteignit de force le petit écran.

-Dis-moi. Si je peux faire quelque chose pour t'aider...

Dean essaya de quitter le lit conjugal. Ça ne servait à rien. Il n'en voulait pas à Cas. De toute façon, il ne savait même pas pourquoi il s'était mis dans un tel état. Au lieu de bouder comme un gosse, il devrait profiter de la présence de son amant. Castiel le retint par le bras et le repoussa dans le lit. Il encadra ses hanches de ses jambes, s'asseyant sur son bassin.

-D'habitude, tu fuis la conversation quand elle devient trop personnelle. Est-ce que c'est le cas ?

Avec ses yeux bleus, il arrivait toujours à tout comprendre d'un simple regard.

-Vous avez fini le sapin ?

-Depuis des heures mais ne change pas de sujet. Je ne me lèverai pas tant que tu ne m'auras pas dit ce qui ne va pas.

Dean détourna le regard. Cette discussion n'avait aucune raison d'être. C'était ridicule. Cas avait le droit de s'extasier devant un arbre de noël. Qui sait combien il en avait vu ? Des milliers peut-être mais combien en avait-il décoré ? L'avait-il déjà fait ? Avec des gens qui comptaient pour lui ?

-Ne m'oblige pas à lire dans tes pensées. Ce ne sera agréable pour aucun de nous deux.

-Tu ne le feras pas.

-Je n'hésiterais pas si c'est le seul moyen pour que tu te confesses.

-Dans ce cas, j'espère que tu n'as rien de prévu pour les prochaines heures.

Castiel eut le regard électrique, celui qui se teintait du bleu gracieux. Il était sérieux. Plus que sérieux, si Dean ne lui répondait pas, il le ferait. De plus, il posa deux doigts sur le front du chasseur qui ne cilla pas ou peut-être un peu.

Cela sembla durer des heures autant qu'une seconde. Et tout s'effaça. L'ange retira sa main et la passa sur le visage, fermant les yeux pour retrouver son calme. Quand il était question de son amant, il avait tendance à se laisser emporter bien au-delà du raisonnable. Surtout qu'avant de le rencontrer, il n'avait pas pour habitude d'être contrarié. Il était un ange du Seigneur et si on ne lui donnait pas l'information qu'il voulait, il allait la chercher lui-même.

Mais ce n'était pas un démon qu'il avait en face de lui ni un subordonné mais Dean, son amant, un être humain qu'il avait sauvé de la perdition. Son humain, le seul qu'il ne pouvait trahir.

-Tu as raison. Je ne peux pas. Je ne te forcerai en rien. Mais ne me tiens pas à l'écart. S'il te plaît. Tu es le seul que je ne peux pas perdre. Je ne comprends pas toutes les subtilités humaines ni les sous-entendus mais j'apprends vite. Je ne sais pas toujours si tu as besoin d'être seul ou d'être entouré mais je sais que quelque chose te tracasse.

Castiel ne se sentait pas à l'aise non plus. Tout autant que Dean. Voilà qu'il se sentait coupable de l'avoir mis dans cet état. Il posa ses deux mains maladroitement sur ce visage angélique qui se craquelait sous la faiblesse de ses sentiments mis à nu. Un bleu vague lui répondit.

-Tu vas trouver ça débile. Ton cerveau bien rempli ne peut pas s'abaisser au mien.

-Je t'aime. Je veux tout comprendre de toi.

-... Quand... Quand je t'ai regardé faire le sapin, je me suis dit que je n'étais pas le seul à pouvoir te faire sourire comme ça. Même un foutu sapin pouvait te faire plaisir. Alors... J'ai pensé que... Tu pouvais partir à tout moment, faire ce que tu voulais à l'autre bout du globe. Comme ça, tu pourras trouver d'autres choses qui te donnent envie. Je ne suis pas unique et quand je serais vieux et aigri, tu voudras...

Castiel lui imposa le silence par un baiser plus que possessif, dominateur, passionné, fou, guidé par l'espoir et le désespoir. Dean ne résista et laissa sa peur s'exprimer. Ses mains sur son visage s'agrippèrent à ses cheveux pour qu'il ne s'éloigne pas. Leur langue se rejoignirent en un ballet enfiévré. Cela aurait pu durer une éternité. Le temps était une chose relative. Surtout pour eux. D'ailleurs, Dean ne savait pas à quel moment Castiel avait sorti ses ailes duveteuses pour les coller dans son dos et le cueillir tout près de lui.

-Je ne te quitterais pas Dean. Même vieux et aigri. Je saurai me montrer persuasif.

Associant les mots à la parole, Castiel bougea ses ailes pour pousser Dean à s'allonger, lui toujours assis sur son bassin.

La nuit leur parut courte et pleine de tension entre quelques minutes de repos où Cas s'appliquait à montrer à son chasseur à quel point il était son monde.