Bonjour, bonsoir et bienvenue !
Merci beaucoup à yakusokuyumi, barjy02, au Guest, pimpiericky et shinobu24 pour vos commentaires et encore désolée de mettre du temps à publier et à répondre à vos commentaires ! Ce chapitre est dédié à ZephireBleue qui comprendra très vite où je veux en venir...
Bonne lecture et laissez un commentaire !
Décembre
« Idée volée »
Castiel avait réussi après plusieurs promesses passées avec son patron à se libérer ce jour-là. Oui, il reviendrait pour la fin d'après-midi et ferait la fermeture. Oui, il ne s'absentera plus un samedi à l'avenir. Oui c'était urgent. Oui, ce n'était pas une forme de démissionne.
Finalement, il avait obtenu son samedi matin mais cela n'avait pas été l'occasion de paresser au lit avec son amant. Au contraire, dès le lever du soleil, Dean se leva et leur prépara un petit-déjeuner en vitesse qu'ils finirent de boire dans la voiture.
Dean n'avait que quelques heures devant lui pour trouver quoi faire pour noël. Sans Castiel, il se serait senti mal. Surtout que Gabriel lui avait mis la pression. Bien sûr qu'il voudrait un beau noël. Pour Sam, au moins. Et il pourrait supporter ce crétin d'emplumé juste une journée, grand maximum, au risque de le pourchasser avec un pieu et une dague.
A bord de l'Impala, il écoutait Cas lui parler de ce qu'il avait déjà vu en ville ces derniers temps, du monde qui s'intensifie dans les magasins, des décorations, de la musique, de l'ambiance dans la rue. Il avait l'impression que le reste de l'année n'avait jamais existé, comme si noël était une vie en lui-même. Tout disparaissait autour. Les chocolats, les cadeaux, les chants de noël, ceux-là, par contre, apparaissaient comme sortie de nul part et comme si ils avaient toujours existé.
L'ange était content de cette parenthèse. Ça le changeait de la pluie ou des routes sans fin qui devenaient peu à peu son train train quotidien. Aujourd'hui, tout était différent. La pluie était plus froide et gelait quelques fois. Les routes étaient plus ternes, du à la saison et à ses couleurs froides. Mais les gens sortaient plus souvent, souvent en famille ou entre amis et leur visage était tout sauf inexpressif.
Quant à Dean, les mains serrées autour du volant de la Chevrolet, son cerveau tournait à vide. Il ne savait plus trop ce qu'il faisait, même si avoir Cas à côté de lui était agréable.
Ils arrivèrent enfin dans une grande ville, différente de celle où ils avaient déjà été tous les deux, juste pour ne pas être retenté par la cabine d'essayage. Dean réussit à se garer dans un parking souterrain, croisant les doigts pour sa sécurité dans un lieu aussi sale et vandalisé. Les graffitis sur les murs ne le rassurèrent pas.
Pas plus que le nombre de personnes dans le grand magasin. C'était noir de monde. Les gens se marchaient littéralement sur les pieds. Les enfants braillaient. Impossible de marcher droit. Des poussettes se frayaient difficilement un chemin et une dizaine de personnes suivaient la voie. Après de multiples « pardon », « excusez-moi » et de « désolé », le Winchester arrêta de s'excuser pour un pied écrasé ou pour une bousculade. De toute façon, personne ne lui répondait et personne ne semblait l'avoir entendu.
Heureusement que ce n'était que l'ouverture. Qui savait ce qu'il pouvait se passer en plein milieu de l'après-midi ?
-On devrait commencer par faire quelques courses.
-Ouais. Il doit y avoir moins de monde qui se bat pour la dernière boite de haricot vert.
-Je ne comprends pas.
Donc, ils entrèrent bras dessus bras dessous pour ne pas se perdre dans la grande surface alimentaire. Dean avait eu raison. Il y avait moins de personnes. Uniquement parce que le magasin était petit. Mais cela ne vint pas à bout du courage du chasseur qui leur fraya un chemin jusqu'au rayon puériculture. Bizarrement, le rayon avait été laissé à l'abandon par les clients. Les petits-pots ne devaient pas plaire à leur palais.
-On commence par quoi ?
-Je croyais que tu savais où tu devais aller, lui reprocha Cas, sa bonne humeur disparaissant.
-Je n'avais pas pensé aussi loin.
-Il est beau le chasseur ! Dis-moi, ça t'arrive aussi de rentrer dans un nid de vampires sans machette ?
-Eh oh ! T'en prend pas à moi. Et pour ça, tu demanderas à Sam. Il est plus calé que moi sur le sujet.
L'un et l'autre perdaient patience. Le brou-ha-ha continu autour d'eux étouffait leur propre voix, les obligeant plus à crier qu'à parler. La respiration de l'aîné se faisait courte tandis que les yeux de Castiel s'assombrissaient. Non mais, pourquoi avait-il fallu qu'il ait cette idée stupide ? Si cet enfoiré d'embrouilleur s'approchait encore de lui, il allait l'étriper. Et tant pis pour Sam. Il lui écrirait un mot d'excuse en disant que Gabriel était parti pour un monde meilleur.
Pour Sam...
Et merde...
-On commence par la dinde. Il y a toujours une dinde à noël. Ou un poulet. Ou de la viande. On verra bien ce qu'on trouve une fois là-bas.
Parce que, là-bas, c'était quatre rayons plus loin. Une épopée.
Les bousculades recommencèrent, n'hésitant plus à pousser un caddie ou deux au passage pour bloquer la route à d'autres. Surtout que, pour l'instant, c'était le niveau débutant. Quand ils auraient les bras chargés de victuailles, là, ça allait être quelque chose, à essayer de voir leur propre pied, à distinguer si le corps passerait entre deux bons hommes.
La traversée fut périlleuse mais ils y arrivèrent, Cas remettant sa chaussure appuyé contre l'étalage de viande. Maintenant, il ne leur restait plus qu'à choisir quoi prendre... Un dilemme. Trop de choix, trop de possibilité, trop d'alternative. Depuis quand n'avait-il pas fait les courses plus loin que le rayon sandwhicherie ?
-Fait attention à tes poches, dit Dean à son ange en voyant que l'intérieur se révoltait contre cette maltraitance de son tissu délicat.
En effet, un papier plié en quatre parmi d'autres se débattait pour quitter cet enfer. Castiel le sortit et le déplia et la révélation se lut sur son visage.
-Gabriel a pensé à tout, fit-il en tendant la note à son amant.
L'archange avait prévu la liste de course pour leur éviter de s'éparpiller. Dieu soit loué. Mais, en même temps, il n'aurait pas pu aller les faire tout seul ses courses ? Surtout que Castiel découvrit aussi l'existence d'une doublure dans son blouson qu'il regrettait soudain d'avoir apporté, la chaleur de tous ces corps remuant sans cesse rendant inutile et impossible son usage, où il découvrit un sac de course. Un sac de couse avec des papillons de toutes les couleurs et une licorne qui galopait sur la plage. Ce fut Castiel qui porta le sac. De toute façon, personne ne le verrait. C'était l'argument de Dean pour que l'ange accepte de le garder en main.
Les courses furent plus facile en sachant quoi chercher. Le sac se remplit aussi rapidement que possible. Ils eurent simplement à faire un choix sur les tablettes de chocolat. Il n'y avait plus celles que Gabriel leur avait recommandé en noir sur blanc. Ils suivirent le mouvement en voyant que la plupart des personnes à côté prenait celles au chocolat au lait sans pépite ni rien du tout. Dean subtilisa les trois dernières au nez et à la barbe d'un homme d'affaire qui cherchait sûrement à se racheter auprès de son épouse. Dean lui sourit et haussa les épaules. Ils étaient tous dans le même bateau.
Le niveau suivant fut le passage en caisse qui ressemblait beaucoup à la file d'attente chez Crowley pour les nouvelles âmes. En plus, ce n'était pas comme sur une autoroute où si une voie bouchonnait, il était encore possible d'en changer par une manœuvre désespérée et applaudie de klaxon. Non. Ici, il n'y avait qu'un choix à faire et impossible de revenir en arrière au risque de devoir recommencer la chaîne depuis le début. Castiel choisit pour eux. De tout façon, les caisses se ressemblaient toutes. Dean le suit dans la file numéro dix-neuf. Sûrement parce qu'il y avait beaucoup de poussettes dans cette queue et que les paniers étaient peu chargé.
Quelle erreur.
Les femmes cachaient bien leur jeu. Leur caddie était rempli un peu moins que tout le monde. Mais le but était de pouvoir mieux manœuvrer la bête pour leur mari. Le reste des courses était caché sous les poussettes, dans les petits filets qui, pourtant, ne semblaient jamais utilisés. Le temps leur sembla long.
Le temps s'allongea même quand une femme enceinte et toute sa famille les dépassa dans leur propre file en scandant « Je suis à terme. Je peux accoucher n'importe quand. Il faut me laisser passer. Je suis prioritaire. ». Ils avaient cinq caddies. Dean était sûr qu'elle avait un oreiller ficelé sous son pull extra-large. Presque sûr. Il aurait bien voulu vérifier, juste pour être sûr que les dix minutes qu'elle venait de leur rajouter étaient fondées. Et puis, elle pouvait pas rester chez elle si elle était à terme ? Et puis, d'où est-ce qu'elle sortait tous ces tickets de réduction ? La caissière, déjà en sueur, faut la comprendre, devait vérifier à chaque ticket si la date était la bonne, si il correspondait au bon produit, expliquez le pourquoi du comment que le bon n'était valable que sur trois paires de chaussette achetées au rayon homme sur la taille 42.
Dean avait mal aux pieds. Dean avait mal à la tête. Dean dégoulinait de sueur. Dean avait mal au bras. Dean faisait la tronche. Voilà comment Castiel résumerait ce passage à la caisse.
Quand enfin ils purent poser leur produits sur le tapis roulant, jouant aux équilibristes entre le pot de crème fraîche et le plateau de saumon, la tension retomba d'un seul coup. Plus personne ne les poussait, plus personne ne pourrait leur griller leur place et plus personne ne voudrait passer devant eux pour rejoindre la file d'à côté. Le chasseur se reposa une minute contre l'ange qui ne ressentait aucun de ses problèmes. Ce qui lui posait problème était la foule présente autour de lui dont il percevait chaque pensée, chaque émotion et surtout la colère et l'agacement. Il devait se focaliser sur autre chose, comme les différents produits qui passaient sous le scan de la caisse ou les battements de cœur de Dean tout contre lui.
Et enfin, ce fut leur tour. Dean fut heureux de pouvoir remplir le sac une dernière fois pour pouvoir quitter cette grande surface de l'horreur. Il paya une somme faramineuse grâce à une carte « emprunté » à monsieur Rivera Tobias. Le chemin du retour fut plus aisé, sûrement à cause de la politesse oubliée en passant. Mais un problème se présenta à eux quand Castiel fouilla ses poches à la recherche d'une possible autre missive de la part de l'archange.
-Dean. J'ai perdu mon porte-feuille.
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A deux kilomètres du parking, plus au nord, un jeune homme sortit de sa sacoche un tas de porte-feuille volé aux passants qui avaient malheureusement croisé sa route. La période de noël était juteuse pour les affaires. La prudence n'était même plus de rigueur. Il prit l'un d'eux et remercia la personne représentée sur la carte d'identité pour sa généreuse donation. Avec tout son butin, il devrait pouvoir s'approvisionner en alcool et cigarettes sans problème pendant des mois si il ne le pariait pas au poker.
Il ne restait plus à Ritchie qu'à attendre son acolyte pour déguerpir et faire les comptes.
Mais ce n'était pas Marty qui le regardait avec des yeux bleu glacé depuis le bout de la rue. Marty se trouvait en fait dans la poigne d'un autre individu de l'autre côté, lui bloquant la voie. Si ce dernier restait difficilement identifiable du fait de l'ombre du bâtiment sur lui, le premier n'avait que faire du soleil qui répondait son ombre comme une cape devant lui.
Ritchie ne bougea pas, même si l'envie de prendre ses jambes à son cou le prenait d'assaut. Il en était tout simplement incapable. Impossible de bouger. Impossible de fuir. Il affronta l'individu juste devant son nez.
Castiel lui prit d'office la sacoche des mains et fouilla à l'intérieur jusqu'à retrouver son porte-feuille. Le voleur aperçut nettement le bleu de ses yeux lui miroitant son image.
-Je ne suis vraiment pas d'humeur aujourd'hui, dit Castiel.
Un coup de poing vola en direction de son visage. Il le reçut de plein fouet et s'écrasa contre le mur, le nez en sang. Castiel le releva d'une main. De l'autre, il lui broya quasiment la main accusée d'avoir fouillé dans sa poche. Les cris de douleur emplirent la ruelle et s'arrêtèrent avant que l'ange ne détruisent les nerfs.
-Tu ne recommenceras plus. Sinon, je te traquerais et je te retrouverais.
Il ne regarda même pas les hochement de tête convulsif du gamin et s'en alla rejoindre Dean qui maintenait toujours son ami entre de bonnes mains.
-Tu as de la chance de t'en sortir uniquement avec un nez cassé.
Et ils les laissèrent là, pantelant de retrouver un air respirable.
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-Tu n'y es pas allé un peu fort avec eux ?
-... C'est vrai... J'aurai du leur couper la main. Ça leur aurait évité les douleurs de la guérison.
-Castiel !
-Je ne l'aurais pas fait. Mais j'ai quand même appelé une patrouille pour qu'elle vienne les chercher. Ils seront arrêtés et enfermé pendant un temps.
-Justice angélique. Rappelle-moi de ne jamais piquer tes affaires.
