Bonjour, bonsoir et bienvenue !

Merci à akane, Courtney Ackles, yakusokuyumi, barjy02, pimpiericky, shinobu24, Kathexia-Castiel156 et ZephireBleue pour vos commentaires ! J'y réponds le plus vite possible donc sûrement demain.

Je tiens à m'excuser platement de mon absence ! Encore ! Je vais faire de mon mieux pour rattraper le plus vite possible mon énorme retard. Merci de continuer à lire et à suivre. Je vous adore.

Bonne lecture et laissez un commentaire !

Décembre

« Lunettes »

Dean passa son temps au stand de tir, prenant goût à dessiner des formes sur les bouts de papier qui servaient de cible. Une petite vague par-ci, une lettre par-là, et voilà sa journée bien remplie. Il posa l'arme sur le comptoir, les mains encore tremblantes, et posa les lunettes de protection ainsi que les bouchons d'oreille.

Il devait s'exercer un peu, surtout avec le manque de chasse en ce moment. Et puis, il y avait quelque chose de reposant dans ces coups à répétition. C'était quelque chose qu'il avait appris à force de tirer. Le fusil entre ses mains et le recul dirigé tout droit dans son épaule, c'était devenu une constante dans sa vie de tous les jours. Tout comme il aimait sentir l'arme dans son dos sinon il sentait son pantalon trop large et prêt à lui tomber sur les chevilles.

D'ailleurs, par un geste mécanique, il plaça l'arme sous l'élastique de son pantalon. Le froid du canon mordit sa peau et il replaça sa chemise. Il quitta la salle de tir, un peu plus léger. Mais avant qu'il n'ait pu quitter son stand, il remarqua un éclat pas si loin que ça. Trois stands plus loin, une paire de lunettes était posé sur le rebord, attendant patiemment sa prochaine utilisation.

Ce n'était pas les lunettes de protection du bunker. Avec leur verre courbé et leur branche travaillée, il s'agissait de simple lunette pour la vue. Dean les manipula un instant, curieux d'en trouver une paire ici. Personne ne portait de lunettes. Mais elle était bien là, cette paire bien jolie avec ses verres rond et sans trace.

Le chasseur les essaya, ne voyant rien qui pourrait lui faire peur. Il cligna plusieurs fois des yeux avant de retirer la paire de son nez. Il voyait très bien à travers, un peu comme des lunettes de soleil mais sans le verre teinté. A quoi pouvait servir des lunettes sans verre de correction? Il n'y connaissait pas grand chose dans ce domaine mais il était sûr que cette paire était quasiment inutile.

Finalement, il décida de les emmener avec lui pour rechercher le propriétaire. Elles n'avaient pas pu apparaître comme par magie, non ? Quoique... Pourtant il n'y avait pas de symbole d'inscrit ou rien qui ne prouvait qu'elles étaient ensorcelées.

Castiel n'était pas là. Pas encore rentré de il-ne-savait-où. Alors il partit à la recherche de son frère. Avec tous les livres qu'il dévorait et le temps passé pour les recherches sur l'ordinateur, son petit frère avait très bien pu développer un petit problème aux yeux sans qu'il ne juge nécessaire de partager la nouvelle avec son aîné.

La bibliothèque : vide.

La cuisine : vide.

Les archives : vides.

Le donjon : vide.

Le garage : vide.

Plus que la pièce interdite pour sa santé mentale : la chambre de Sam ET Gabriel. Cet endroit était interdit de visite la nuit sauf urgence, fourni d'un bandeau sur les yeux et les mains sur les oreilles.

En approchant de la chambre, il n'entendit aucun bruit suspect. Dean toqua à la porte et une hésitation prit racine dans son esprit. Avait-il vraiment besoin de savoir à qui appartenait ces lunettes ? Surtout maintenant ? Il aurait bien pu attendre plus tard, quand Sam serait sorti.

Mais une vois à l'intérieur lui dit qu'il pouvait entrer. Sam, de toute évidence. Un peu plus rassuré de savoir qu'il n'y avait aucune activité étrange dans le lit, il ouvrit la porte et vit Sam assis au bord du lit et Gabriel au travers du lit en train de feuilleter un magazine.

-Oui ? Fit Sam.

-J'ai trouvé ça dans la salle de tir. C'est à toi ? demanda l'aîné en brandissant la paire de lunettes devant lui.

Étrangement, Sam rougit légèrement et Gabriel releva le nez de sa page comme si il venait tout juste de se rendre compte de la présence de Dean. D'abord, les yeux interrogateurs, Gabriel les troqua contre un visage intéressé par la futur réponse de Sam.

-Non. C'est pas à moi.

Sam croisa les jambes, la cheville droite sur le genoux gauche, puis de la main il se fit un devoir de rabattre la jambe du pantalon par-dessus son pied et le haut de sa chaussure. La tête bien basse, il n'aperçut pas le visage de Gabriel totalement tourné vers lui qui traduisait une véritable bataille intérieure. Mais Dean le vit, lui.

-Quelque chose à dire ? interrogea-t-il Gabriel.

Tous les deux virent Sam se figer, devenu totalement immobile.

-Ces lunettes sont très probablement les miennes.

L'archange roula sur le dos pour se frotter contre son amant.

-Hein Sammy ? Il les aime bien, reprit-il en voyant que Sam avait avalé sa langue. D'ailleurs, on les a oublié. Dean les a trouvé. Dans la salle de tir ?

-Tu t'entraînes à tirer ?

-D'une certaine façon... Mais Sam est plus doué que moi. Il me fait partager son expérience.

-GABRIEL ! interrompit Sam.

-Ben quoi ? C'est vrai, non ? Il aime bien quand je les porte. Il dit que ça fait « petit pervers à lunettes ».

Dean regarda la paire de lunettes d'une drôle de façon.

-Et sa façon de me les arracher... Le plus souvent elles tombent d'elle-même sous les coups.

Dean leur jeta les lunettes à la figure et s'en alla, effrayé par la découverte.

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« Rouge »

-Le rouge est la couleur du sang, celle qui coule par une simple blessure, qui se presse sous la peau à la recherche d'une fissure pour s'échapper et terminer sa course. Le rouge colore tout ce qu'il touche, comme une rose qui s'épanouit et envahit le paysage de son intensité éblouissante. Mais pourtant, il donne vie à toute chose. Dans ton sang, il fait battre ton cœur. Dans le ciel, il accompagne les couchers de soleil. Sur ton corps, c'est la passion qui nous réchauffe. J'aime cette couleur autant que je la déteste. Cela dépend de l'utilisation que l'on en fait. Mais sache une chose, je ne tolérerai pas qu'elle te fasse du mal. Sinon, je la peindrai de bleu. Je l'éliminerai pour toi avec l'immensité du ciel. Je la damnerai jusqu'à ce que le rouge soit banni. Ce sera ma croisade. Au nom de la vie. Au nom de ta vie.

Dean ne bougea pas sous le toucher de Cas sur ses mains rougies à force d'avoir tiré et d'avoir été agrippé à la crosse de l'arme. Le chasseur voulait juste un peu de glace. Juste un peu de fraîcheur sur ses paumes qui le démangeaient. Et Castiel passait par là, pur hasard ou instinct en éveil, et il remarqua les bras tremblant d'avoir trop tiré.

Il s'approcha rapidement, presque à la vitesse d'un ange, pour prendre les mains de son protégé. Dean sursauta et voulut les retirer mais l'ange n'en démordit pas. Il les garda au creux de sa main et, de sa grâce, les soigna du rouge inflammable par un bleu moucheté.

Lorsqu'il les retira, plus aucune rougeur n'était présente. Elles étaient revenues à leurs callosités et à leur rugosité. Cependant, le rouge était monté aux joues de Dean pendant la tirade de l'ange.

Lorsque Castiel le remarqua, il sourit.

-Pourquoi t'es aussi profond ?

Comme simple réponse, il embrassa ses lèvres qui se gonflèrent du rouge passionné, celui qu'il aimait tant.

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« Opéra »

Gabriel ne se sentait jamais seul. Ou, au moins, il essayait de se le faire croire.

Il était toujours collé à Sam, son Gigantor en sucre. Il se suivait à la trace dans le bunker, lui tapant la causette, mangeant avec lui, dormant dans ses bras, le regardant travailler. Il n'était jamais loin, pour ne jamais oublié que Sam Winchester était à lui et qu'il faisait parti de sa vie.

Même quand il était en chasse, Gabriel s'éclipsait discrètement à ses côtés, caché dans l'ombre à un coin de rue ou métamorphosé en vendeur de hot-dog où Dean ne pouvait pas s'empêcher de s'arrêter pour conserver son poids idéal.

Quand il laissait son chasseur un peu tranquille dans son jardin secret – parce que oui, Sam avait un jardin secret – il prenait un peu de bon temps en punissant quelques mauvaises personnes grâce à un tour de passe-passe. Ses cibles préférées étaient les petites frappes des écoles, sûrement parce que Sam en avait été victime à cause de tous les déménagements forcés par son père, le grand John Winchester. Souvent, il appelait leur mère pour qu'elle puisse les humilier sur place et devant tout le monde. Ça fonctionnait plutôt bien. Et c'était toujours très amusant de les voir se faire tirer par les oreilles en pleurnichant que des copains les voyaient. Perte de crédibilité assurée.

Puis, si l'envie de faire justice n'était pas au rendez-vous, il jouait avec Castiel à des devinettes des temps oubliés du Paradis. Ça lui rappelait le bon vieux temps, le rendait un peu mélancolique, et il allait se nicher dans les bras de son chasseur, assis sur ses genoux pour attirer le plus possible son attention.

Mais il arrivait que Cas ne soit pas là, ne lui demander pas pourquoi, il vous dirait d'aller faire un tour dans la chambre de l'angelot et vous seriez traumatisés à vie.

Alors, il se mettait à chanter, faux souvent, se donnant l'illusion qu'il était ténor et parcourait la planète pour que des gens inconnus viennent l'écouter et l'acclamer à chaque fin de spectacle. Montant dans les aigus, il écoutait sa propre voix se répercuter dans tout le bunker, sur les verres et les miroirs qui formaient un chœur. Descendant dans les graves, il prenait sa grosse voix pour faire trembler les murs de peur à chacun de ses mots.

Gabriel se donnait l'illusion de ne plus être seul dans cet immensité. Il aurait pu aller à New York, Las Vegas, là où il y avait du monde. Mais personne n'aurait été là pour lui. L'archange serait passé inaperçu dans la masse.

Alors il chantait pour oublier la solitude, parfois s'interrompant pour parler à lui-même.

Et en ce moment, il adorait tout particulièrement les chants de noël. Aller savoir pourquoi.

Mais il était très peu seul. Heureusement pour la vaisselle qui était à deux doigts de craquer.