Et voici enfin le chapitre 3! Il a un peu tardé a arriver, pour pas mal de raisons. Mais le voila.
Il est légèrement plus long que les deux autres, et à ce point de l'histoire, je crois que je vais devoir rajouter bien plus de chapitres que ce que je pensais au début. Bonne lecture, et j'espère que ça vous plaira!
Disclaimer: Albus Severus Potter et Scorpius Malfoy ne m'appariennent pas et servent seulement de cobaye. JK Rowling est leur véritable propriétaire et je ne perçois pas la moindre mornille en écrivant.
En toute honnêteté, si Albus se serait bien passé de faire le trajet jusqu'à Pré-au-Lard à pieds, il était content de le faire seul. Enfin, jusqu'à un certain point.
Marcher lui fit du bien, il eut le temps de digérer son maigre petit déjeuner, et le vent froid et la neige lui donnèrent autre chose à penser que de ruminer ses soucis avec Scorpius.
Il eut tout de même un long soupir de soulagement lorsqu'il arriva à l'entrée du village, déjà emplis d'élèves et de sorciers qui s'affairaient de tous les côtés, entrant et sortant des boutiques décorées les bras chargés de paquets. Albus pouvait sentir l'odeur de gâteaux qui se dégageait de la pâtisserie en face des Trois Balais, la meilleure de Pré au Lard. Peut-être y passera-t-il avant de rentrer chez lui pour les vacances. Son oncle Ron raffolait de leurs mini cupcakes aux Fizwizbiz, et il pourrait les échanger contre des parts de tarte au citron de Monnabeth Backery*, sa pâtisserie londonienne préférée.
Quelqu'un sortit des Trois Balais, le son de la clochette suspendue à la porte le tirant de sa rêverie, et il se rappela pourquoi il était venu en premier lieu: rejoindre Scorpius. Il se tourna vers l'établissement lorsqu'il reconnut sa cousine Rose Weasley qui courrait presque vers lui, un énorme sourire placardé sur le visage.
-Al! Tu tombes à pic!
-Salut Rose. Je ne pensais pas que tu serais ici avant l'heure du déjeuner!
-Oui, moi non plus. Ton pote m'a fait lever aux aurores!
-Mon pote... Tu veux dire...?
-Scorp. Cet idiot est trop matinal pour son propre bien, et surtout pour celui des autres.
Albus eut un pincement au cœur à la mention de son ami. Apparemment il avait omit de le réveiller lui, qui dormait dans le même dortoir, mais pas sa cousine, qui était dans une autre maison qu'eux. Il eut du mal à cacher son air vexé et Rose se moqua gentiment de lui:
-Ah, Al, ne fais pas cette tête. Je vois bien que ça te chagrine. Il voulait seulement me parler d'un truc, pas bien important.
-Ça reste quand même un peu vexant.
Rose balaya sa phrase d'une main.
-Il sait que tu n'es pas du matin. Et tu le connais, il devait sans doute trépigner depuis des heures.
-Ouais...
-Bon, qu'est-ce que tu fais encore là, va le rejoindre au lieu de trainer dans la neige!
-Toi aussi tu traines dans la neige je te signale. Tu as des projets aujourd'hui?
-Oui, figures toi. J'ai un rendez-vous. Avec Dereck Trenston.
-Le capitaine de l'équipe de Serdaigle? L'attrapeur?
-En personne! Marissa va être tellement jalouse! Mais je te raconterai ça plus tard, dépêche-toi de rejoindre Scorpius ou il va mourir d'ennui sur sa chaise!
Elle attrapa Albus par les épaules et lui fit faire demi-tour avant de le pousser en direction des Trois Balais.
-Ok, ben… passe une bonne journée Rose!
-Fonce, imbécile!
Il lui fit un dernier signe de la main accompagné d'un sourire, puis se dirigea vers la porte. Lorsqu'il entra dans l'établissement, la chaleur lui brûla les joues et ses oreilles s'emplirent du bruit des conversations et des rires trop forts. Les murs et le plafond étaient décorés aux couleurs de Noel, remplis de bouquets de gui, de guirlandes, et un cœur de têtes réduites chantonnait au-dessus du comptoir.
Alors qu'il déposait sa veste et son écharpe sur l'un des porte-manteaux magiquement extensibles (une nouveauté révolutionnaire d'après Mme Rosemerta), il avisa le Serpentard blond dans le fond de la salle, installé à une table près de la cheminée du pub.
Scorpius avait la tête tournée vers la cheminée, le menton reposant sur le dos de sa main gauche, la droite occupée à tenir une chope de bièrreaubeurre vide. Il avait l'air pensif, absorbé par les flammes. Albus se racla la gorge pour se manifester lorsqu'il arriva près de son ami, qui se tourna vers lui.
-Hey, Scorp'.
-Al !
Le visage du Serpentard s'illumina et il fit de la place à Albus, qui s'assit en face de lui, dos à la cheminée.
-Alors, comme ça on n'attend pas ses amis avant de partir en ballade?
Albus se donna mentalement un claque. C'était un reproche, dit sur un ton détendu, mais qu'il n'avait pu empêcher de franchir ses lèvres. Scorpius détourna aussitôt le regard avec un air coupable.
-Oui, je sais. Désolé, Albus. Je... J'aurais dû te prévenir que j'avais prévu de venir plus tôt.
-J'ai croisé Rose, elle m'a dit qu'elle était venue avec toi. Franchement, vous auriez pu me tenir au courant.
Scorpius fronça le sourcil. Son regard revint sur Albus, ouvrant et refermant la bouche comme s'il hésitait à dire quelque chose, avant de demander:
-Est ce qu'elle a... Dit quelque chose en particulier ?
-Comme quoi ?
-Oh, rien de… significatif. Ce n'est pas très important.
-C'est marrant, parce qu'elle m'a dit exactement la même chose. Vous n'êtes pas en train de monter un coup sans moi j'espère? Ou pire, contre moi !
-Non, non. Tu n'as pas à t'inquiéter, nous n'avons aucun plan d'aucune sorte contre toi. Ni qui que ce soit d'autre. Ce n'était rien.
Albus soupira. Il voyait bien qu'il se passait quelque chose en ces deux-là, il n'était pas idiot. Il espérait seulement que Rose n'essayait pas d' « arranger le coup » entre lui et Scorpius, à sa façon. Façon qui pouvait parfois se révéler très peu subtile. N'ayant pas le courage de s'aventurer sur le terrain gênant (et rendu glissant par ses bon soins) des sentiments, il fit comme si de rien n'était et alla dans le sens de Scorpius.
-Très bien, je te fais confiance. Mais sache que je me tiendrai prêt à riposter, au cas où. Je n'ai pas oublié la dernière fois où vous avez décidé de tester un gâteau explosif, sur qui déjà… ? Oh, mais attends, c'était sur moi !
-Je te rappelle que c'était l'année dernière, et McGonagall nous a mis en retenue. Tu ne peux pas me donner cet argument.
-Tu oublis que j'en ai eu dans les cheveux pendant une semaine et qu'aucun sortilège n'a pu le faire partir !
-Albus, mon garçon ! Ça fait plaisir de te voir aujourd'hui. Est-ce que tu veux boire quelque chose ? Les interrompit Madame Rosemerta.
-Une bièreaubeurre, s'il vous plait.
-Et toi Scorpius ? Une deuxième? Ajouta-t-elle en se tournant vers le blond, et récupérant sa chope vide.
-Oui, merci.
Elle hocha la tête puis repartit en souriant. Ils regardèrent la célèbre tenancière quelques instants, passant de tables en tables pour ajouter des chopes vides à son plateau déjà surchargé et prenant des commandes.
Coupés dans leur conversation, les garçons ne savaient plus quoi dire. Albus, mal à l'aise, changea de sujet et sauta sur l'occasion pour demander:
-Alors, qu'est-ce que vas faire pendant les vacances cette année?
-Pas grand-chose. Mon père voudrait qu'on aille voir une exposition à Londres quelque part dans la semaine après Noel, mais j'ignore quel jour.
- Donc tu viendrais la semaine prochaine, avant Noel ?
Scorpius soupira, l'air soudainement peiné. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais se ravisa quand Madame Rosemerta leur donna leurs chopes. Il attendit qu'elle se soit de nouveau éloignée avant de bougonner :
-Tu te souviens quand je t'ai parlé de la naissance de mon cousin Fendrick ? Et bien j'ai reçu un hibou de ma mère ce matin. On va partir en Irlande et passer la semaine là-bas. Soi-disant pour « renforcer les liens familiaux ». D'après ma mère, une naissance c'est l'occasion idéale. Je pense qu'elle est surtout contente d'être Tantine.
-Donc tu ne viens pas à la maison cette année.
-Oui, enfin… Pour l'instant en tout cas. Je suis désolé. Mais je suppose que je pourrai tout de même venir te voir un peu avant la rentrée.
-Ok. Tu as intérêt à me ramener des trucs d'Irlande. Je n'y suis jamais allé.
-Pas de problèmes. Et je t'enverrai des beuglantes les jours où je m'ennuierai !
-Eh, c'est pas sympa de recevoir ces trucs. Si c'est comme ça, je te répondrai par beuglante aussi. Avec plein de grossièretés.
-J'ensorcèlerai les miennes pour qu'elles ne s'ouvrent qu'en présence de tes parents !
-Si tu fais ça je te ferai livrer des verracrasses à l'heure du petit déjeuner !
-Eurrrrrrg… répondit Scorpius, avec une grimace que son père aurait jugée indigne d'un Malfoy. Et bien si on doit en arriver à de telles extrémités, tu peux être sûr que je saurai trouver la vengeance adéquate.
-Et je renchérirai derrière. Et ainsi de suite.
Hilares, les deux adolescents trinquèrent et burent leur bièreaubeurre dans un silence confortable, écoutant les rires et les conversations des autres clients autour d'eux. Puis, comme la neige avait cessé de tomber, ils décidèrent d'aller faire un tour des boutiques.
Détendu, Albus étira ses bras vers le soleil qui perçait timidement les nuages. La matinée touchait à sa fin.
-Enfin ! J'ai cru qu'il ne s'arrêterait jamais de neiger !
-Bon, où est ce qu'on va en premier ? Demanda Scorpius qui était en train de réajuster son écharpe.
Albus sentit son cœur tomber au fond de son estomac : c'était l'écharpe qu'il lui avait offert pour son anniversaire, en Mais, plus tôt dans l'année. Jusqu'à présent, Albus n'avait vu son ami porter que son habituelle écharpe verte et argent et avait presque oublié qu'il lui en avait offert une autre. Voir Scorpius la porter lui fit bien plus plaisir qu'il ne l'aurait cru…
Ne voulant pas s'emballer pour si peu, il se mordit l'intérieur des joues, se concentrant sur la question de leur destination. Et surtout priant pour que le rouge qu'il sentait chauffer sur ses joues passerait pour une réaction au froid.
-Si on allait chez Honeydukes, avant que la boutique soit prise d'assaut… Oh non, en fait on devrait aller chercher des cupcakes aux Fizwizbiz d'abord !
-Ah oui, allons-y alors.
Après avoir fait le plein de pâtisseries, ils filèrent chez Honeydukes. Mais la boutique était submergée de clients, alors ils décidèrent d'aller acheter des nouvelles plumes chez Scribenpenne en attendant qu'elle se vide un peu. Puis, comme le vent amenait de nouveaux nuages noirs et l'heure du déjeuner approchait, les deux adolescents reprirent le chemin de Poudlard.
*Monnabeth Backery est une pâtisserie-chocolaterie (malheureusement) fictive. C'est le seul truc (à part le plot de cette fic) qui ne sort pas des bouquins :)
