"Ilyana! Allez, dépêche toi, debout !"

La voix de ma merveilleuse meilleure amie, que je trouvais tout de suite moins merveilleuse lorsqu'elle me secouait comme un prunier à 7:30 du matin pour je ne sais quelle obscure raison, le premier jour des vacances qui plus est, retentit à plein volume dans ma chambre. Emettant une espèce de grognement, je me retournai vivement dans le lit, rabattant l'édredon vert pomme sur ma tête. Espérant avoir la paix, je me rendis vite compte que ce n'était qu'un vœu pieux lorsqu'elle me sauta littéralement dessus, dégageant mon visage tout en riant. Je tentai de la repoussai mais peine perdue, j'étais déjà éveillée et je sentais un sourire poindre sur mon visage. Toutefois, décidant qu'elle ne s'en sortirait pas ainsi, j'agitai légèrement la main et une liane fleurit du sol, envoyant ma meilleure amie valser sur le sol. Ariane me regardait, bouche ouverte, assise par terre. Pourtant, depuis 16 ans qu'elle me connait, elle aurait dû s'attendre à une riposte de ce type. Riant, je l'aidai à se relever et fit fi des protestations de ma sœur qui râlait dans la chambre à côté. Je secouai la tête, de toutes manières, ma sœur passait sa vie à râler.

« -Alors ? Qu'est-ce qu'il y a de si urgent pour que tu m'empêches de dormir en ce jour de repos ? »

J'allais au lycée le plus prestigieux du coin mais également le plus élitiste alors croyez-moi, le dimanche me semblait un havre de paix et de calme et je tenais à mon sommeil matinal aussi l'arrivée impromptue de ma meilleure amie dans ma chambre m'avait-elle mise légèrement de mauvaise humeur toutefois, son rire communicatif l'avait emporté comme les vagues emportent l'écume sur la grève.

« C'est... Ton ... ANNIVERSAIRE ! et pour fêter l'occasion, on va à la fête foraine chouchou... Allez debout, habille toi on est parties dans 20 minutes. »

Elle me jeta littéralement quelques vêtements à la tête pendant que je la regardait fourrager dans mon armoire, un air absolument ahuri peint sur mon visage, pourtant, cette fois, c'est moi qui après 16 ans d'amitié aurait pu y être habituée. Ariane avait toujours été comme ça, décidant régulièrement de m'habiller comme si j'étais sa petite poupée. Je ne comprenais pas pourquoi elle me trouvait si jolie à habiller. Moi je n'aimais pas mon physique, j'étais gitane de la tête aux pieds et je trouvais ça beaucoup trop typé, trop remarquable, trop ... différentes des autres américaines comme Ariane. Elle, elle me trouvait superbe mais je ne pouvais pas la croire. Observant mes yeux bleus au milieu de mon visage cuivré, j'eus l'impression qu'ils ne m'appartenaient pas, qu'ils étaient des joyaux que j'avais dérobés et qui détonaient désormais sur ce corps affreusement sauvage et différent. La voix de ma meilleure amie me rappela à l'ordre et j'attrapai mon sac pour dévalai l'escalier tandis qu'elle ouvrait déjà la porte. Ma mère, à l'entrée du salon, en profita pour déposer un baiser sur mon front et chuchoter « Sweet Sixteen ma chérie, soyez prudentes et ne rentrez pas trop tard ».