Bonjour tout le monde ! Voici la suite des aventures d'Ilyana ! J'espère que vous aimerez et surtout, surtout, surtout, n'oubliez pas que le carburant des auteurs c'est les reviews alors n'hésitez pas à m'en laisser !
Bonne lecture !
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La fête foraine était magnifique, je devais bien le reconnaître et je ne pouvais que remercier ma meilleure amie de m'avoir emmenée dans cet endroit. Bien sûr, j'aurais aimé que Maël, mon meilleur ami soit présent. Mais un examen très important l'en empêchait et je ne pouvais l'en blâmer. J'adorais les contes de fées et les princesses et toutes les attractions ici, dont tant étaient liées à cette thématique, m'enchantaient. Les odeurs de pop-corn, de pommes d'amours et de barbe à papas étaient enivrantes!
A ma droite, je pouvais voir un labyrinthe semblant avoir pour thème Alice au Pays des Merveilles. M'élançant, suivie par Ariane, je pénétrai presque dans un autre monde. Il faisait plus sombre et les bosquets semblaient bruisser de milles petits sons bizarres. Les chemins se séparaient souvent, amenant à des culs de sacs ou d'étranges bestioles paradaient. Je sentais cette atmosphère curieuse me coller à la peau mas j'aimais la folie de cet endroit. Ariane ne semblait pas rassurée mais continuait à marcher derrière moi. Au fur et à mesure que nous avancions, la lumière changeait, étirait et déformait nos ombres qui devenaient alors des monstres terrifiants semblant nous poursuivre.
Une épaisse fumée nous enserra les chevilles alors que nous passions sous des créatures au nez allongé et aux ailes tordues, dont l'abdomen, pulsant comme un coeur au milieu de leur corps décharné, s'emplissait d'une eau qu'ils crachaient ensuite sur nous. Leurs jacassements nous accompagnaient à mesure que nous nous enfoncions dans la fumée dense qui nous enveloppait désormais le buste. Au milieu des volutes bleutées dans lesquelles nous plongeâmes totalement apparu soudain un corps, celui d'une chenille bleuâtre, courbée par les ans et aux membres démesurément maigres dans lesquels elle enserrait nerveusement le tuyau d'une chicha, Absolem. Au loin, une petite chanson, douce, chantée d'une voix enfantine qui n'avait rien de mignon ni d'adorable mais faisait plutôt froid dans le dos. Une petite chanson sans queue ni tête et un simple sourire volant. Ariane frissonna. La tea party, toujours cette ambiance sombre et l'impression d'être plus dans un cimetière que dans une fête foraine. Puis, un jardin, rempli de buisson aux branches sèches tendues comme les doigts d'un cadavres et de roses mortes semblables à des gouttes de sang. Des cartes apparurent, nous menaçant, Ariane et moi, leurs yeux vides, entièrement noirs, semblant pourtant nous regarder, leur bouche s'ouvrant sur une cavité révélant des dents blanches et aiguisées et un liquide noir qui en passait la barrière, s'écoulant sur leurs uniformes en d'horribles taches sombre. Une odeur de pourriture affreuse, comme si des centaines de cadavres reposaient là. Et du sang sur leurs lances, leurs mains, leurs visages difformes de crapauds. Leurs narines fébriles tremblaient, nous cherchant dans l'espace. Ils avançaient en rang bien groupés. Ils étaient terrifiants mais je souris, cela faisait partie de l'attraction. Ils n'étaient que des Faes, bien sûr, pas des plus sympathiques qui soient mais juste des Faes.
Soudain, ils semblèrent perdre le contrôle d'eux même et se ruèrent sur nous. Ariane hurla lorsque l'un d'eux planta ses dents pointues et blanches comme la neige dans son bras. Là, ils allaient trop loin, nous n'étions plus dans une simple attraction destinée à nous faire peur. Il fallait que j'agisse. Sans plus réfléchir je me transformai, laissant apparaître mes grandes ailes brunes. Ma tenue, elle aussi se transforma et mes jolis vêtements d'été disparurent, remplacés par un pantalon et une chemise de toile verte aux broderies d'argent agrémentés d'un corsage, de protège bras et de protège jambes en cuir de la couleur d'un chêne, brodé du même métal. Mes cheveux furent libérés de l'élastique qui les retenaient en une queue de cheval serrée et cascadèrent en boucles brunes et folles le long de mon dos tandis qu'une couronne d'argent aux feuilles d'émeraudes vin orner mon front. Dans ma main apparu mon arc, en bois clair et orné de motifs floraux et à mes hanches, deux dagues en argent au pommeau d'os ouvragé représentant un arbre de vie et un loup hurlant à la lune entouré, une fois encore, de motifs végétaux. Sans même prendre le temps de bander mon arc, avec lequel j'étais pourtant pus qu'habile, j'engageai le combat à coups de sortilèges, faisant s'ouvrir la terre et m'obéir les arbres, écrasant à coup de pierre les horribles lutins et les étranglant dans mes lianes. Lançant mes couteaux à Ariane, alors en difficulté, j'attachai mon arc à mon carquois pour pouvoir lancer mes sorts des deux mains cette fois. Je récoltai dans l'action quelques blessures avant d'éradiquer les attaquants.
Attrapant mon amie qui semblait légèrement groggy, je la traînai avec moi dans les couloirs d'un labyrinthe beaucoup moins décoré et moins creepy qu'avant. C'est alors que je compris que les créatures ne nous avaient pas attaqué par erreur. Je n'avais vu personne sortir de ce labyrinthe et avait pensé que la sortie était de l'autre côté alors qu'en réalité, je n'avais vu personne sortir tout simplement parce que personne n'étais censé sortir et si cet endroit était si différent, c'était par ce que nous n'étions pas censées pouvoir échapper aux cartes. Je ne savais pas encore à quel point je me trompais. Courant dans le labyrinthe sans prendre garde aux éléments alentours, je marchai soudain sur une matière solide qui craqua sous mes pas. Baissant les yeux, je réalisai qu'il s'agissait d'ossements qui me prouvèrent deux chose. D'abord, nous n'étions pas les seules à avoir échappé aux lutins, ensuite, quelque chose de pire nous attendais ici, décidant de ne pas traîner suffisamment longtemps que pour découvrir quoi, j'attrapai Ariane qui resta comme molle dans mes bras. Moi même je me sentais faiblir. Sans doute la morsure des lutins contenait elle un poison suffisamment puissant que pour ralentir notre métabolisme et peut-être même, pensais-je, suffisamment puissant pour nous tuer.
Soudain, un grondement me sortit de mes pensées et je bandai mon arc, tentant de protéger Ariane comme je le pouvais. Il sortit d'un recoin sombre. Le Bandersnatch. Un loup garou argent aux reflets mordorés et aux tâches noires, en réalité. Il me sauta dessus et brisa ma flèche comme si elle avait été faite de carton, sifflant de douleur car la pointe l'avait effleuré. Récupérant l'une de mes dagues, je me préparai au combat. La bête, car il s'agissait bien ici du loup, l'homme ayant depuis longtemps disparu, me tournait autour, me jaugeant, attendant le moment propice pour passer à l'attaque. Le sol tremblait légèrement à chacun de ses pas, comme un petit roulement de tambour m'empêchant de me fier à mon audition. Les poils de sa nuque s'étaient hérissés. Il retroussa ses babines, dévoilant ses crocs, et claqua des mâchoires. Il gronda sourdement avant de s'élancer vers moi et de refermer ses mâchoires à l'endroit ou mon bras se trouvait quelques instants plus tôt. J'eus à peine le temps de l'effleurer de ma lame, provoquant sans doute juste une brûlure désagréable avant qu'il ne disparaisse en un éclair de fourrure, se matérialisant à l'autre bout de la pièce, grondant toujours. Un nouvel assaut, une nouvelle parade. Un nouveau claquement de dent et un nouveau mouvement de ma dague, encore, encore, encore, sans jamais s'arrêter. Il était plus rapide, plus puissant et plus endurant que moi ne me laissant que l'avantage de la tactique. Il avait oublié Ariane, pour l'instant, le combat était entre lui et moi. Le premier à terre serait le premier vulnérable et le premier vulnérable serait le premier mort. Cela fonctionnait ainsi depuis la nuit des temps et cela continuerait encore longtemps. Je fatiguais. Je sentais mes muscles douloureux, ma prise sur mes lames devenant plus faibles, mais pas moins assurés et mon esprit plus brumeux. Le combat drainait mon énergie et maintenant que l'adrénaline refluait lentement, je sentais le venin se répandre dans mon sang, me rendant faible, tremblante et malade. Un nouvel assaut du loup et je le touchai réellement pour la seconde et dernière fois. Mon couteau resta planté dans son flanc et sa force et sa vitesse m'envoyèrent au sol. Je tentai de me relever mais mes jambes ne me portaient plus. Son regard jaune s'arrêta sur moi. Il resta un instant sans bouger. Nous savions, nous avions tout deux compris. C'était la loi de la nature, le combat était fini pour moi. J'avais perdu, il pouvait m'achever. Tremblante comme une feuille dans le noir, j'affrontai la mort dans son regard, faisant une rapide prière pour qu'Ariane s'en sorte. Puis le loup se ramassa sur lui même, il était temps et dans un éclair de fourrure argent, il bondit.
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Non, ne me haïssez pas je vous en prie ! Quoique ... vous en avez bien le droit en fait ... mais promis, elles ne vont pas se faire dévorer toutes les deux dans un labyrinthe de fête foraine ! A bientôt pour la suite ;)
