Hello Everybody !
Voici la suite des aventures d'Ilyana, j'espère qu'elle vous plaira !
Un grand merci à Walarisse qui suit cette fiction, ce chapitre est pour toi !
Enjoy!
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Tremblante comme une feuille dans le noir, j'affrontai la mort dans son regard, faisant une rapide prière pour qu'Ariane s'en sorte. Puis le loup se ramassa sur lui même, il était temps. Dans un éclair de fourrure argent, il bondit.
Je fermai les yeux, incapable de l'observer mettre fins à mes jours quand soudain, un violent coup de feu déchira le calme mortel de l'alcôve. Un bruit sourd y succéda et le sol trembla fortement sous mon corps. J'ouvris doucement les paupières. A ma droite, étalé sur le sol de tout son long, le loup remuait vainement les pattes en couinant. Un liquide rouge foncé s'écoulait désormais de son flan et pulsait au rythme des battements de son coeur affolé. Il me regarda de ses grands yeux et je me noyai dans son regard qui s'éteignait peu à peu. J'étais en état de choc, comme paralysée, incapable de bouger. Pourtant j'étais toujours aussi vulnérable au milieu de cette pièce, à découvert, en compagnie d'une amie inconsciente et d'une personne, quelle qu'elle soit, porteuse d'une arme.
Le dernier soupir du loup fut comme un déclic pour moi. Je me remis sur pieds, chancelante et l'esprit engourdi par les toxines des petits monstres, et observai rapidement la pièce tout en reculant pour me mettre dos au mur. Je le vis rapidement, il n faisait d'ailleurs aucun effort pour se cacher. Il était grand et blond, une légère barbe d'un jour ornant son visage. Dans ses bras reposait, inerte, ma meilleure amie. Il me toisa longtemps, m'évaluant du regard et je me demandai depuis combien de temps il était là à nous regarder nous battre pour notre survie. Quelque chose en lui attirait mon regard, comme s'il avait été un aimant et moi rien de plus que de la limaille de fer. Son regard me pénétrait comme s'il sondait tous les recoins de mon âme, comme s'il se demandait si j'étais digne ou non d'avoir été sauvée. Il me demanda si je savais marcher et, pour toute réponse, j'hochai la tête, de peur que ma voix ne trahisse le nœud qui enserrait encore ma gorge. Nous n'étions pas passée loin de la mort et Ariane n'était pas encore tirée d'affaire. Mon téléphone se mit à vibrer dans ma poche mais je l'oblitérai, me contentant de me retransformer rapidement. La manœuvre m'avait coûté de l'énergie mais il ne pouvait être question pour moi de sortir sous ma forme d'Elémental sans risquer d'effrayer les gens. Après tout, nous n'étions pas à un Comic-con et les personnages ailés ne courraient pas les rues. Sans m'adresser un regard de plus le jeune homme sortit et je regardai ses muscles danser de manière féline. Bien trop féline d'ailleurs pour un humain. Récupérant ma lame au passage, je le suivis jusqu'au dehors.
J'accueillis la lumière du jour sur mon visage comme une véritable bénédiction. Enfin, nous étions dehors, à l'air libre, sauves... enfin, cela restait à voir pour ce qui était de ma meilleure amie. Sans même m'assurer que je suivais, de cette façon dédaigneuse qui le faisait paraître supérieur aux pauvres mortels que nous étions (enfin plus ou moins dans mon cas) et qui le rendait si attirant, il continua sa route jusqu'à une petite tente placée à l'écart des roulotte des forains. Y entrant, il laissa la toile ouverte en signe d'invitation. Je pénétrai à mon tour dans l'édifice de toile et fut étonnée de l'ameublement oriental qui y régnait. Je me serais un instant crue dans la carriole de la drabarni du campement tzigane dans lequel j'ai grandi. Il déposa ma meilleure amie sur un monceau de coussin qu'il arrangea pour surélever sa tête avant de lui faire ingurgiter un certain nombre de potions. Il se détourna ensuite d'elle, préparant visiblement quelque remède avant de dire d'une voix qui semblait être celle d'un militaire aguéri qui a passé sa vie à obéir aux ordres et à en donner "Elle va s'en sortir" . Je ne pu que baffouiller quelques remerciements tandis qu'il m'indiquait un tabouret sur lequel m'installer. Il appliqua un emplâtre sur ma blessure et, toujours sans me regarder continua sa conversation tranquillement.
"-J'ai vu ton combat contre le loup, tu t'en es bien sortie.
- Pas si bien que ça, si vous n'aviez pas été là, il serait entrain de faire un festin d'Ariane et moi à l'heure qu'il est.
-Ariane ? -demanda-t-il en haussant un sourcil interrogateur-
-C'est son nom - dis-je en indiquant ma meilleure amie toujours allongée mais remuant désormais faiblement comme en proie à une certaine fièvre-
-Et toi, tu as un nom ? Je m'appelle Heinrich."
Voilà qui s'appelait sauter du coq à l'âne en toute beauté. Je soufflai mon prénom, que je n'aimais pas, lui non plus, toujours trop gitan et original à mes yeux avant de détourner le regard. Mon téléphone sonna une nouvelle fois et après un signe encourageant de sa part, je le déverrouillai, révélant une flopée de messages inquiets de Maël. Ne voulant pas l'inquiéter encore plus, je tapai rapidement
[C'est génial ici, désolée, on était ds une attraction, je n'ai pas vu ton message! J'espère que ton exam s'est bien passé ! Je t'aime 3]
Maël et moi sommes proches, très proches depuis notre plus tendre enfance. Nos mères étaient déjà amies et, bien qu'il ait deux ans de plus que moi, il m'avait rapidement intégrée dans les jeux de sa petite bande d'amis et, bien vite, nous étions devenus plus proches l'un de l'autre que de nos frères et sœurs respectifs, proches à un tel point qu'il nous arrivait d'être pris pour un couple. Penser à lui me fit donc d'autant plus mal que je venais de lui mentir, chose que je ne faisais presque jamais. Cet état de fait creusa une petite brèche dans mon barrage d'émotions et, doucement, une larme coula le long de ma joue. Comme s'ils n'avaient attendus que ça, tous les événements de la journée vinrent se fracasser dans mon esprit comme des vagues contre un brise-lame et je me mis à trembler violemment, ramenant mes genoux sur ma poitrine. Perchée dans une position précaire sur ce tabouret, je tremblais de plus en plus fort, pleurant violemment, en proie à une véritable crise de nerfs. Heinrich arriva près de moi sans un mot et, doucement m'enlaça de ses bras, me pressa contre son torse tout en me berçant doucement. Je me sentais en sécurité dans son odeur de cannelle et de terre et me détendit un peu, me laissant doucement glisser vers l'inconscience.
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Alors, ça vous a plu ? Vous avez compris qui est Heinrich et comment il est arrivé juste à temps? Si vous avez des hypothèses, n'hésitez pas à presser le petit bouton review (promis il ne mord pas ;) ). A bientôt !
