Hello

Vraiment désolée du retard la fac et des problèmes personnels m'ont tenus éloignés de mon ordinateur :(

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Un doux rayon de soleil sur ma peau me sort délicatement des limbes brumeuses dans lesquelles, encore ensommeillée, je végétais depuis une petite demi-heure, en équilibre sur ce point merveilleux entre l'éveil et le sommeil. Ce moment où l'on est en contrôle tout en étant encore plongé dans les douces incertitudes de la nuit, loin du tourbillon violent que nous offre le jour. Au loin, un oiseau chante et à l'entente de ce son mélodieux, je ne peux empêcher un sourire d'apparaître sur mon visage. L'une de mes créatures est heureuse, après tout, ne suis-je pas la Terre Mère, enfantant toute chose et toute créature ? Chacune des joies des créatures terrestres à mes côtés m'emplit moi-même d'un bonheur et d'une sérénité presque surréaliste.

Ouvrant alors doucement les yeux, mes iris d'eau encore noyés par ma pupille d'onyx, je souris à la vie, la vie qui continue. J'étais vivante, Ariane aussi, j'avais gagné un ami merveilleux et j'étais persuadée que Maël ne m'en voudrait plus, comprenant pourquoi il m'avait fallu combattre les faes et le loup et surtout, surtout, pourquoi je n'avais pas réagi plus rapidement. Après-tout, il existait des lois très strictes à propos des faes depuis qu'ils avaient fait leur coming out, au même titre que les loups garous d'ailleurs. Et l'une de ces lois stipulait qu'en cas d'attaque sur un humain, les faes seraient jugés immédiatement, circonstances aggravantes à l'appui. Oh, certes, ce n'était qu'une loi comme des centaines de gens en outrepassaient tous les jours mais ce n'étais pas la peur de la justice humaine à laquelle je m'étais fiée afin de me croire en sécurité, non, c'était en celle des Seigneurs Gris*bien plus crainte et respectée, que j'avais placé ma confiance, malheureusement, les petites créatures n'avaient semblé en avoir cure.

Secouant la tête à ce souvenir peu agréable qui m'envahissait lorsque je regardais la trace des petits crocs acérés dans mon avant-bras, j'attrapai mon téléphone, espérant le traditionnel message de Maël me souhaitant une bonne journée. Mon sourire s'effaça lorsque seul mon fond d'écran m'accueillit lors de l'ouverture du petit appareil. Je soupirai, une larme roulant sur ma joue. Je me sentais abandonnée, encore une fois, seule au monde, pas assez bien pour être prise en considération, après tout, je suis une miss catastrophe, une impossible gaffeuse passant sa vie à ruiner à peu près tout le bien qu'elle pouvait tenter de faire. Ma bonne humeur envolée, je me levai et me dirigeai vers la salle de bain, prenant une douche rapide avant d'enfiler un survêtement et un T-shirt portant le logo de mon cher groupe de métal préféré, direction l'ordinateur. Mais avant tout, j'envoyai un sms à Ariane, lui demandant de ses nouvelles « Va te faire foutre toi et tes pouvoirs à la con qui passent leur temps à nous mettre dans des situations dangereuses. J'en ai marre maintenant, je ne veux plus te voir » était tout sauf la réponse que j'attendais. Une seconde larme coula le long de ma joue tandis que le chagrin, le dégoût de moi-même et la colère m'emplissaient comme un océan noir et glacé m'arrachant la gorge, compressant mes poumons et m'empêchant de respirer. J'allumai rageusement l'ordinateur en face de moi, augmentant le son de la musique d'Alestörm jusqu'à ce qu'il remplisse la chambre puis la maison. Mon GSM vibra mais je ne l'entendis pas au milieu de cette tornade de sons violents et libérateurs. Petit à petit, mon être entier se mit à résonner au diapason de la musique, mon corps bougea au rythme des chants pirates s'enchaînant sur la musique d'une guitare aux distorsions intenses et, au fond de moi, une magie ancestrale, puissante et violente, bien loin de celle d'amour et de douceur coulant naturellement dans mes veines, s'éveilla. Un second cœur en moi, pulsant, doucement d'abord puis, de plus en plus fort, de plus en plus rapidement, menaçant de m'arracher les côtes pour déchirer ma poitrine et se libérer. Je hurlai. Je hurlai parce que cette sensation m'était inconnue et, qu'aussi effrayante et douloureuse qu'elle soit, elle n'en restait pas moins grisante. Au fond de mon esprit, une petite voix murmurait que je pouvais la dominer, la dompter, que tout ce pouvoir, j'avais la capacité de me l'approprier, de le faire mien, une part de moi qui ne laisserait plus jamais personne être blessé, ni par mes actions ni par celles des autres. Sous les rayons du soleil matinal d'un délicat mois de juillet, je fis le vœu de prendre sur moi la protection du monde d'en être une gardienne jusqu'à la fin de mes jours et jusqu'à la fin des temps si les Dieux me le permettaient . Tremblante, non de peur mais de pouvoir, je relâchai alors la magie qui me lacérait afin de s'échapper. Un long gémissement franchi mes lèvres qui s'arquèrent en un sourire lorsque des milliers de branches épineuses fleurirent à mes pieds, envahissant le sol, gagnant rapidement du terrain sur le parquet de chêne sombre et patiné par les ans. Bientôt elles grimpèrent le long de ma garde-robe, recouvrant les antiques volutes florales gravée dans le bois centenaire, recouvrant ensuite mon bureau, faisant disparaître pas à pas toutes traces de la moindre fleur, du moindre bonheur. Ne resterait bientôt plus que moi, mon vœu solitaire et mon pouvoir. Ce pouvoir qui enflait en moi mais que je voulais voir encore se développer, comme un enfant dont la mère n'aurait jamais cessé la gestation, le laissant grandir à son rythme, le maternant, pour qu'une fois confronté au monde, il soit le plus fort et qu'il domine ses adversaires. Je voulais éradiquer le mal et pour cela, il n'existait aucun pouvoir qui serait trop fort, le mien grandirait, se fortifierait et bientôt, bientôt, je serais en mesure de tous les protéger. Les épines recouvraient désormais mon lit, sans même érafler les draps de soie couleur de forêt ni l'édredon semblable à la tendre herbe de printemps le garnissant. Je vis sans les voir mes délicates branches épineuses entourer mon lustre, tamisant ainsi la lumière de cette chambre qui était devenue mon cocon. Rassérénée, je me laissai moi aussi ensevelir par ce buisson ardent qui me protégerait de mes ennemis, retournant contre eux leurs pires cauchemars s'ils tentaient de m'approcher. Calme désormais, je m'endormis, sourde aux cris de stupeur de ma mère et de ma sœur dont les pieds venaient d'effleurer les premières épines de ma forteresse naturelle.

*Seigneurs Gris : Dirigeants du monde Fae, extrêmement puissants, ces sont eux qui ont décidé du coming out des faes, forçant certains d'entre eux (les moins effrayants) à se dévoiler et gardant les plus effrayants dans l'ombre. Afin d'éviter que la population ne se lance dans une chasse aux faes, ils opèrent une justice expéditive et le plus souvent sanglante envers quiconque outrepasse leurs règles.

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Le voyage commence pour Ilyana ... ce qui signifie bien évidemment *roulement de tambour* l'arrivée d'Adam dans 4 chapitres exactement ! N'hésitez pas à me laisser une review !