Chapitre 2 :

POV Bella

Malheureusement, le lendemain de cette annonce fracassante et folle de la part de celui que tous considéraient à Forks comme un génie (lequel avait pété un plomb à cause d'une surchauffe elle-même due à un excès de réflexions selon Emmet...) était un samedi… Je comptais profiter d'une bonne nuit de sommeil, et d'un réveil dans les bras d'Edward. Ce fut sans compter sur mon futur beau-père. Et je fus réveillée plus tôt que d'habitude par mon vampire préféré d'un baiser sur le nez.

« Debout mon amour… Bella… il est l'heure…

Je cédai après quelques minutes. Mes yeux accrochèrent le réveil et achevèrent de me sortir des limbes du sommeil.

_ Quoi ?! Mais il n'est que six heures !

_ Je sais… soupira-t-il. Mais je n'ai pas le choix…

_ On ne pourrait pas… suggérai-je en l'attirant à moi.

Pas besoin de finir ma phrase. S'il se laissa faire et me prit dans ses bras, il répondit néanmoins :

_ Hélas non… Je suis venu avec Carlisle, il est en bas.

_ Il abuse là ! Venir me chercher jusque chez moi !

Furieuse je me levai d'un bond. Edward me regarda, désolé. Il me rattrapa alors que je sortais.

_ Où vas-tu ?

_ Prendre mon petit-déjeuner. Ensuite je verrai… Peut-être tuer le vampire qui va me servir de beau-père !

Il éclata de rire. Et nous descendîmes main dans la main, pour retrouver Carlisle et Charlie en grande conversation dans la cuisine. Mon père sourit en voyant ma mine renfrognée.

_ Bonjour Bella ! me salua mon futur beau-père, sans tenir compte du regard noir que je lui adressais. Comment vas-tu ?

_ Mon lit m'appelle avec insistance, répliquai-je. Mais je suppose que vous vous en moquez !

_ Bella ! s'exclama mon père choqué. Je vous plains, ajouta-t-il en direction de Carlisle qui souriait, amusé par ma mauvaise humeur. Quand elle est comme ça, c'est pour la journée.

_ Je sais… fit ce dernier en riant, tandis que je prenais mon repas avec une lenteur calculée. J'ai les deux mêmes à la maison. Elles étaient tout aussi furieuses que Bella que je les lève aussitôt.

_ Je pense qu'il s'agit plus de ce que nous allons faire que de l'heure de leur levée, releva Edward.

_ Deux ? Mais Esmé ?

_ Esmé ne vient pas !

_ C'est pas juste ! m'écriai-je. Pourquoi nous et pas Esmé ?

_ Laisse tomber, me souffla Edward, maussade. Maman a des arguments que nous n'avons pas…

Je laissai échapper un soupir de mépris. Puis montai me changer.

_ Tenue de sport ! me rappela Carlisle.

****

POV Edward

_ Je vous hais ! fut la réponse obtenue par mon père.

_ Vous me la rendez entière ? demanda Charlie. Ce n'est pas que je n'aie pas confiance en vous Carlisle, ajouta-t-il devant l'air vexé de mon père. Mais je connais l'aptitude de ma fille à finir estropiée.

J'éclatai de rire, ce qui me valut une tape sur le haut du crâne. Ma Bella nous rejoignit vêtue de son vieux jogging. Même habillée comme ça, ses cheveux, que je préférais libres, attachés en queue de cheval, elle me parut magnifique…

_ Tu es prête ?

_ Non ! je voulais juste faire un défilé de mode, histoire qu'Alice et Rosalie m'étranglent pour avoir aussi mauvais goût !

Je sentis mon père peiné par l'attitude de Bella. Elle était toujours sa préférée, après Rosalie, bien sûr. Et la savoir en colère après lui le rendait triste. Alors que nos pères se saluaient et que l'un faisait promettre à l'autre de lui rendre sa fille intacte, je pris mon amour à part.

_ Tu sais… Carlisle est triste que tu lui en veuilles…

_ Je ne lui en veux pas, c'est à son idée que j'en veux. Chéri, tu me connais ! Le sport et moi…

_ Je sais, je sais… Mais fais un effort, juste un. Il est vraiment peiné de ton attitude envers lui. S'il te plait, pour moi.

Elle m'embrassa.

_ Très bien… mais juste parce que c'est toi. Et il est hors de question que je cours ! »

Nous montâmes dans la Mercedes de Carlisle. Un silence s'installa. Bella piquait du nez sur la banquette arrière, tandis que Carlisle chantonnait tout seul un air que j'aurais reconnu entre mille et qui m'étonna grandement…

_ C'est la musique de Dirty Dancing ! s'exclame soudain ma moitié, brusquement réveillée. The time of my life je crois...

_ Tu connais ce morceau ? demande mon père aussi surpris qu'elle.

_ Bien sûr ! Ma mère et Phil se sont mariés dessus… Vous le connaissez comment ?

Son ton était surpris. Je lus le contentement de Carlisle à l'idée que Bella lui reparle.

_ J'ai beau être tricentenaire, j'écoute de tout… C'est le morceau préféré d'Esmé, ajouta-t-il avec un sourire. Alors forcément, je connais… »

Ils échangent un sourire entendu dans le rétroviseur.

****

POV Carlisle

La conversation se poursuivit jusqu'à ce que nous arrivions à la villa. Bella me reparlait, sans animosité. Mes quatre autres enfants nous attendaient dans le salon, avec Esmé. Alice et Rosalie eurent un air épouvanté en voyant la tenue de Bella. Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi. Son jogging usé me semble parfait pour faire ce que nous allons faire.

« Truc de fille, me souffle Edward. Laisse tomber.

Et les voilà toutes les deux parties à traîner Bella dans l'escalier pour qu'elle se change.

_ Alice ! Rosalie ! Nous n'avons pas le temps !

_ Mais Bella ne peut pas sortir comme ça ! Voyons Carlisle ! Elle n'est pas présentable !

_ J'ai dit ! Vous jouerez à la Barbie avec Bella plus tard !

_ Mais…

_ As-tu pensé, qu'elle pourrait rencontrer l'homme de sa vie ? me demande Emmet en riant.

_ Je l'ai déjà, riposte ma belle-fille. Et peu importe ce qu'il est ! Tu as bien l'allure d'un grizzly, toi ! Et ça ne gène pas Rosalie !

_ C'est pratique la fourrure, répond celle-ci. Mais il tient plus de la peluche que du grizzly… sauf quand…

Son sous-entendu est explicite et Emmet le saisit. Il l'embrasse.

_ Il serait un troll que ça ne me gênerait pas ! acheve-t-elle.

Magnifique déclaration… qu'Edward termine en l'embrassant.

_ Vous vous embrasserez plus tard, j'ai autre chose à vous proposer…

_ Mais moins intéressant que ce que j'avais l'intention de faire avec mon adorable blonde… fit Emmet.

Edward grimaça. Apparemment les pensées de mon fils ne sont pas… très catholiques dirons-nous. Ce que ma petite femme a compris puisqu'elle le rabroue sans ménagement. Le calme revenu, je propose mon idée… Une course en forêt. Le chemin est décidé. Ne nous reste qu'à partir. Esmé nous accompagne sur le perron.

_ Je prépare des serviettes propres !

_ Très drôle Maman, grogne Rosalie. J'en suis écroulée.

Alice et Bella échangent un sourire complice. Mes six enfants se rapprochent. Edward chuchote quelque chose que je ne peux entendre. Les autres approuvent. Que m'ont-ils prévu ?

_ Rien du tout, Papa. Rien du tout. Tu te fais des idées !

_ Suite logique d'un pétage de neurone, souffle Emmet qui se fait, une nouvelle fois gronder par sa mère.

_ Votre père est en pleine forme…

_ Nous l'avons constaté, glisse Alice d'un ton plein de sous-entendus qu'Esmé saisis sans problème puisqu'elle gratifie notre lutin d'un regard noir.

_ Je parlais de sa santé mentale, précisa-t-elle.

_ Ah ! lâcha seulement Jasper. Admettons…

Pauvre de moi ! Mes enfants me croient fou ! Esmé me rassure d'un regard. Non, je ne suis pas fou.

_ Le nier est preuve de folie, riposte Edward.

_ Alors que l'admettre est preuve de sage… glisse Rosalie.

Vengeance ! Je vais me venger mes enfants… Vous allez voir…