Joyeux AkuRoku Day en retaaaaaaaaaaaard~

Un GRAND merci à DuncanHeart qui me corrige mes fautes :3

J'ai relut ce chapitre car même si Duncan fait un travail parfait, j'aime savoir ce que je vais publier lol Ce chapitre aurait été parfait hier mais je n'avais pas le temps, toutes mes choses avancent lentement mais sûrement ;p

Merci pour toutes les reviews et aux personnes qui suivent cette histoire ! Bonne lecture :3


Seconde chance

Chapitre 11

Le froid s'était intensifié durant la nuit et la neige avait même couvert d'une fine pellicule le béton des routes et les toits. Le blond s'était armé de sa doudoune, de sa grosse écharpe et d'un bonnet qu'Aeris lui mit sur la tête au dernier moment, disant qu'il avait appartenu à Zack lorsqu'il était plus jeune. Un simple bonnet noir qui le fit légèrement rougir. On lui confiait un objet vieux et de valeur, c'était intimidant. Roxas avait suivi le plan que lui avait fait Zack car il ne connaissait absolument pas le quartier où vivait Axel.

Le jeune homme finit par suivre une rue et il tomba face à un portail avec le numéro et un immeuble dans cette sorte de cour privée. Roxas regarda plusieurs fois son papier, le numéro et le nom de la rue. Pas d'erreur. Son regard bleuté se leva sur le bâtiment soigné. Axel habitait vraiment ici ? Lui, l'étudiant qui ressemblait à un mec qui traîne les rues le vague à l'âme. Le blond avait des doutes sur le fait qu'il vivait dans une résidence aussi luxueuse. Il se rapprocha du portail et l'ouvrit, un vigile posté dans un petit cabanon le regarda entrer.

- C'est une résidence privée, jeune homme.
- Euh, je viens voir Axel… Farey, ajouta-t-il après avoir lu le papier.
- Oh. Allez-y.

Le gardien le salua respectueusement avant de retourner à son poste. Roxas se demandait s'il n'était pas tombé dans une dimension parallèle. L'homme était passé de la méfiance au respect juste à l'évocation du nom de famille de son petit ami. Ses joues rougirent sous cette pensée et il se dirigea vers le bâtiment A, puisque c'était celui-ci qui l'intéressait. Il jeta un œil à la boîte aux lettres, pour vérifier, et il vit le nom d'Axel avec celui d'une autre personne. Il vivait avec quelqu'un ?

Roxas se rendit compte qu'il ne savait vraiment pas grand-chose sur lui, sa vie de famille. Mais lui non plus… Il appuya sur le bouton de l'ascenseur puis monta au huitième étage et une fois sur le palier, il alla vers la droite. Il se retrouvait dans un hall classe et moderne. C'était vraiment une résidence de riche… Tout ce luxe… qui était-il à part un étudiant en psychologie ? Le blond prit une inspiration pour se décontracter. Il était nerveux… Dans un geste rapide, il retira le bonnet et les gants avant de toquer à la porte d'entrée.

Son cœur s'était mis à accélérer ses mouvements internes, son ventre se contractant. Dans moins d'une minute, il allait être chez Axel, seul avec lui et… C'était beaucoup trop d'un coup. Roxas crut que cette attente était interminable, stressante, alors que la porte s'ouvrit peu de temps après le coup donné sur la porte en bois.

- Bonjour, Roxy, fit Axel avec un grand sourire.
- Bonjour…

Son regard se fit timide, osant à peine se lever sur le rouquin, ses mains triturant les gants de laine.

- Entre, voyons.

Axel s'effaça pour le laisser entrer, une énorme pression semblant s'abattre sur les fines épaules du blond. Son regard océan se posa sur le hall, donnant sur une autre pièce qui semblait être le salon et avec un espace hallucinant… Roxas resta bête devant cette entrée si impeccable, la vue sur cette pièce immense, la lumière, la décoration moderne et de bon goût. Il se croyait vraiment dans un autre monde. Il posa enfin les yeux sur Axel qui s'était rapproché pour commencer à lui retirer son manteau vu qu'il ne daignait pas bouger.

- Tu habites vraiment ici ?, finit-il par demander.
- Oui, pourquoi, ça t'étonne ?

Le roux lui fit un sourire entendu. Bien sûr qu'il surprenait tout le monde avec cet appartement luxueux et dans une résidence surveillée. Il était dans le quartier chic de la ville mais c'était grâce à son frère.

- Ben, je… ne m'attendais pas à ça d'un étudiant, admit Roxas.

Axel rit doucement et lui retira son manteau pour le poser sur le sien, accroché au porte manteau.

- Je vis chez mon grand frère, je ne pourrais jamais me payer un tel appartement.
- Ton frère ?
- Oui, il vit chez son copain, donc je vis dans son appartement.

Roxas cherchait plus d'indices dans son regard émeraude si pétillant. Axel était ravi de l'avoir chez lui, il avait même fait un effort pour nettoyer l'appartement.

-Je ne savais pas que tu avais un frère.
-Tu ne sais pas tout, fit-il avec un clin d'œil. Allez viens, je te montre les lieux.

Le blond voulut répliquer mais son aîné lui avait capturé la main et l'entraîna vers le salon. Gigantesque pièce comme il l'avait aperçu depuis le hall d'entrée. En son centre, un grand canapé, table basse couverte de feuilles et de livres. Axel devait sans doute travailler sur ses cours avant son arrivée. Une télévision à écran plat était en face du canapé et sur le côté, il y avait une étagère, et une baie vitrée qui donnait sur un balcon, qui avait quelques plantes pas très en forme et couvertes de neige.

- Impressionné ?
- Oui, murmura le blond.

Axel eut un léger rire et passa derrière le blond pour l'enlacer. Roxas le laissa faire, appréciant secrètement ce contact. Avec hésitation, il se colla un peu contre le torse chaud du roux, le froid de l'extérieur habitant encore un peu ses membres.

- C'est grand et très beau.
- La déco est de mon frère bien sûr, grimaça le roux.

Un sourire amusé étira les lèvres du blond qui coula un regard de biais sur Axel avant que son regard n'aille voir l'autre côté du salon. Une grande table près d'une porte et une ouverture qui donnait sur la cuisine, faite à l'américaine. Les tons ocre et brun du salon faisaient ressortir le noir qui semblait habiller les murs et les placards de la cuisine.

Mais ce qui gênait un peu plus Roxas, c'était cet élément dans le coin… Un piano à queue ébène, trônant fièrement dans un coin de la pièce. Il déglutit avec un certain malaise à la vue de cet instrument qu'il n'avait pas revu depuis cinq ans… Le blond sentait les baisers légers de son petit ami sur sa tempe mais son blocage semblait l'avoir déconnecté. Axel l'avait bien vu mais il ne dit rien, espérant que Roxas décroche son regard du piano, mais, visiblement, il semblait avoir été aspiré par lui.

- Je te montre les autres pièces ?
- Euh, oui.

Son regard se détacha du piano avec un frisson désagréable. Le rouquin se pencha pour déposer un baiser sur sa joue avant de l'entraîner vers le couloir, lui montrant la chambre d'amis, la salle de bains tout aussi grande que le reste, et sa chambre. Nettement plus en désordre que le reste et plus… A son image ? Le blondinet sourit légèrement en entrant dans son univers, un peu timide. Axel se détacha de lui pour ramasser quelques affaires qui traînaient et les mit dans un coin.

- Pas trop grand pour toi, alors ?
- Hein ? Ben, c'est grand, mais c'est agréable.
- C'est quoi ce petit sourire ?

Axel se rapprocha et posa son doigt sur la commissure de ses lèvres.

- Cette pièce te ressemble plus que tout le reste, répondit-il en rougissant.

Il sourit face à cette réponse avant de prendre le cadet par la taille et lui voler ses lèvres. Le blond se laissa entourer de ses bras puissants, sa chaleur. Il répondit à l'appel de ses lèvres gourmandes avec cette réserve bien à lui. Il n'en avait pas l'air mais Roxas avait besoin de ces attentions-là… Il en devenait doucement dépendant et Axel en profitait avec un grand plaisir, ne relâchant ses lèvres que lorsqu'il le désirait.

- Tu veux faire quelque chose ?
- Je ne sais pas trop…
- J'aurais bien des idées, souffla-t-il sensuellement.
- Refusées !

L'étudiant rit doucement devant son ton catégorique.

- Je vais déjà proposer le salon pour m'assurer de ne pas craquer.
- Sage idée.

Roxas lui lança un regard noir pour vraiment le dissuader avant de se diriger vers le salon, Axel tenant toujours sa main en le suivant. Il le dépassa à la dernière minute pour venir vers la table basse et ranger ses feuilles de cours. Le blond se rapprocha pour empiler ses livres, jetant des regards curieux dessus. Notamment sur un titre qui l'interpella : « Psychologie de la famille ».

- Tu devrais te contenter de le poser sur les autres.
- Comment tu fais pour… vivre sans avoir l'envie d'analyser les gens ?
- Question d'habitude je dirais. Inconsciemment je le fais, mais c'est de temps en temps comme j'te l'ai dit.
- Hum…

Le roux le regarda, Roxas restant perplexe face à ce livre qu'il tenait toujours dans sa main.

- Est-ce que tu crois que ça aide vraiment les gens ?
- Certains oui, d'autres non. C'est comme tout, Roxas, les psychologues n'ont pas réponse à tout non plus, enfin, selon moi.

Axel se rapprocha et prit le livre pour le poser sur la pile de ses confrères volumineux, adressant un sourire à son petit amant qui était visiblement très pensif.

-Si tu as envie de parler, je suis là, pas comme un apprenti psychologue, mais comme ton petit ami.

Il déposa un baiser sur son front avant de retourner prendre son paquet de cours et de le poser sur la grande table du coin qui faisait plus salle à manger. Le blond le suivit du regard, ses joues ayant rougi. Il prit rapidement les livres et alla les poser à côté des feuilles pour ensuite fuir timidement vers le canapé. Axel le regarda faire avec amusement et, lorsqu'il prit place sur le cuir accueillant et moelleux, il attrapa Roxas par la taille pour le faire venir à lui.

- Axel…, bredouilla-t-il en rougissant.
- Je ne vais pas te manger.
- C'est tendancieux !

Le blond avait été attiré de telle sorte qu'il était obligé de se mettre à califourchon sur les jambes de son aîné. Son regard lui lança un reproche en même temps qu'il avait peur… La peur que ça n'aille trop vite à son goût.

- Viens, s'il te plaît, insista-t-il sur un ton doux.

Roxas céda, ses joues se teintant d'un rouge encore plus vif, n'osant pas s'asseoir sur ses jambes. Axel l'attira à lui de manière douce, câline, et le blond ne se fit guère prier pour cacher son visage dans son cou. Il posa sagement ses mains dans son dos, l'une d'elle le caressant avec tendresse.

- Tu veux me parler de ce qui te tracasse ?

Axel déposa un baiser sur sa tempe. Il voulait juste avoir une étreinte rassurante sur son corps si frêle, lui donner un peu de sa chaleur rassurante. Il aurait volontiers joué les pervers, mais le jeune homme avait besoin de temps avant de passer à cette étape qui commençait à frustrer le rouquin.

- Je…
- Dis-moi ce que tu as envie, tu n'es pas obligé de déballer tout ton sac.

Sa main vint chercher le menton du blond, lui relever la tête, un sourire doux étirant les lèvres d'Axel.

- Je sais qu'il y a beaucoup de choses que tu gardes, mais tu sembles vouloir en faire sortir certaines, je me trompe ?
- Non… Disons que… Ca a un rapport avec ma « famille ».

Ce mot était dit de manière étrange dans la bouche de Roxas, son regard affrontant les deux pupilles vertes de son vis-à-vis.

- Tu as l'air d'avoir une famille plutôt sympathique.
- Ce n'est pas notre famille.

Axel leva un sourcil interrogateur, sa main repartant dans le dos de son amant. Celui-ci eut un frisson lorsqu'elle parcourut sa colonne et il fut soulagé qu'elle reste sagement dans le bas. Il soupira doucement comme si cela lui pesait de le dire. Une vérité cruelle et pourtant, il n'avait pas cherché à le lui cacher. Le blond avait juste omis de lui dire les vrais faits.

- Sora et moi avons été adoptés par la famille Fair.

Ses deux billes fuirent le regard d'Axel qui était surpris par ses mots. Roxas ferma les yeux, la peur d'un jugement quelconque, d'une réflexion mais il n'eut qu'un doux contact contre sa tempe. Les bras de son petit ami le serraient un peu plus contre lui et il se laissa aller dans cette étreinte apaisante, se lovant contre son torse, posant sa tête sur son épaule.

- C'est pour ça que vous dites que vous avez déménagés ?
- Oui… On a été ballottés dans pas mal de familles d'accueil, pendant cinq ans d'instabilité.
- Et celle-ci est la bonne ?
- Il semblerait que oui… Je l'espère, souffla-t-il.

Un sourire amer étira les lèvres d'Axel, comprenant pas à pas l'histoire de Roxas. Il n'avait le droit qu'à des bribes, c'était frustrant lorsqu'on cherche à reconstituer un puzzle, afin de pouvoir l'aider. Le rouquin arriverait bien à savoir le fin mot de l'histoire, il avait déjà quelques petites questions à lui poser.

- Roxas, fit-il entre de doux baisers, pourquoi étiez-vous en foyer ?
- Je… Désolé, je suis incapable de parler de ça.

Il déposa un baiser entendu sur un bout de son front. Roxas se lova instinctivement contre l'ombre protectrice de son petit ami qui l'enferma dans son étreinte. Axel ne pourrait pas poser tout de suite ses autres questions. Il devait passer un après-midi agréable et non pas douloureux. Le rouquin resta silencieux, à le câliner avant de lui proposer quelques activités distrayantes. Le blond opta pour tester quelques jeux sur sa console, après avoir confié honteusement qu'il n'y avait jamais joué.

L'après-midi se passa sur une note plus joyeuse. Axel ne manquait pas de le câliner, de le couvrir d'attentions et Roxas aimait ça… Le voir rire de bon cœur, ses yeux être vivants, pétillants. C'était sans doute une très belle récompense pour Axel qui s'était retenu durement. Car s'ils étaient restés à se câliner, il aurait dérivé… Il avait tellement envie de lui, de goûter à sa peau toute entière, entendre sa voix gémir… Oui, c'était une torture d'y penser et le rouquin se contenta de chasser rapidement ce genre de pensées pour se concentrer sur l'instant présent.

L'heure tournait et ils finirent par arrêter la console. Axel en profita pour attirer Roxas vers lui et lui dérober un baiser, suivi d'un autre avant de le rendre plus langoureux.

- Tu veux grignoter quelque chose ?
- Je veux bien… Tu me raccompagnes après ?
- Bien sûr… Je ne te laisserais pas repartir tout seul, mon petit Roxas.

Les joues du blond rougirent et il rendit un baiser tendre à son amant avant que le roux ne se lève. Il se dirigea vers la cuisine en sifflotant. Roxas le suivit du regard puis il se leva, avançant pour se retrouver à un mètre du piano, son regard bloqué dessus. Il l'avait évité tout l'après-midi. Ce bois noir si brillant que la lumière se reflétait harmonieusement dessus, ses touches d'émail blanc avec les petites noires. Le blond se rapprocha, étudiant l'instrument du regard sans trop l'approcher.

Son fidèle ami avait été perdu il y avait cinq ans… Et pourquoi Axel en possédait-il un ? Le rouquin était revenu, posant discrètement un plateau sur la table basse avant de venir vers Roxas, perdu dans sa contemplation. Les yeux océans dérivèrent sur Axel qu'il avait entendu revenir, un peu honteux de sa fascination.

- Tu veux en jouer ?
- Non, je… Pourquoi tu as un piano ?

Façon habile de détourner la conversation.

- Ah, j'ai fait du piano quand j'étais plus jeune. J'en ai fait un moment avant de faire du saxophone, expliqua-t-il avec un sourire.

Roxas lui rendit un sourire maladroit.

- Tu veux que je te joue un morceau ?
- Si tu veux, bredouilla-t-il gêné.

Les grandes mains du roux saisirent le visage de Roxas, ses lèvres venant à la rencontre des siennes pour une douce balade humide.

- Cela ne me dérange pas, mais je ne vais pas te jouer un super air, j'ai un peu perdu la main.
- Joue-moi ce que tu as envie.

Un murmure timide mais sincère, un léger sourire aux coins de ses fines lèvres. Axel gratifia ses lèvres d'un ultime baiser avant qu'il ne relâche son visage. Il tira le tabouret et s'assit devant le piano à queue, jouant avec ses doigts pour les délier un peu. Que pouvait-il bien jouer de sympa et pas trop triste ? Un morceau connu de Roxas, pour tenter de le faire jouer ? Il opta pour le morceau le plus simple du monde, mais le plus connu, « la Lettre à Elise ». Ses grands doigts fins se posèrent sur les touches blanches, il chercha quelques accords avant de commencer le morceau. Les sons harmonieux du piano résonnaient agréablement dans la pièce.

Mais ils résonnaient davantage chez Roxas, le faisant frissonner. La nostalgie, l'envie de lui aussi faire courir ses doigts sur les touches blanches, de tirer une mélodie des cordes tendues. Il ferma les yeux sous le chant de cordes, se mordant la lèvre inférieure. Il s'était juré de ne plus jamais toucher un piano. Plus jamais… Et cette envie irrépressible le guettait à cause d'Axel. Il finit par rouvrir les yeux et se rapprocher du piano, se collant doucement dans le dos de son petit ami qui jouait avec concentration.

Et puis les dernières notes qui glissaient sous les grandes mains du roux. Roxas avait glissé sa main au dessus de la sienne, ses doigts suivant le mouvement sans pour autant les toucher. Axel leva un peu son poignet pour toucher celui de son petit amant qui retira le sien, confus. Mais le rouquin ne lui laissa pas le temps de fuir, il arrêta net le morceau pour saisir cette main aventureuse.

- Pourquoi tu ne joues pas, tu en as envie…

Son regard se leva vers lui, intense, brûlant.

- Je… Je ne veux plus toucher un piano.

Roxas détourna la tête mais il se sentit attiré vers l'instrument. Son regard surpris se posa sur le rouquin qui l'avait fait passer entre lui et le piano, ses mains saisissant ses hanches pour l'empêcher de partir. Le blond se sentit pris au piège et son cœur s'affola dans sa poitrine. Il était si proche de cet instrument. Sans le faire exprès, il prit appui sur les touches pour tenter de se décaler, de fuir, mais rien que le bruit des cordes le fit relever ses mains. Comme si les touches blanches venaient de le brûler. Axel se releva pour le surplomber, le plaquant contre lui et le piano.

- Ca fait partie de ses choses difficiles à me dire ?
- Axel, arrête, je…
- Réponds-moi.
- Oui, fit-il d'une voix anxieuse.

Le rouquin glissa ses mains dans le creux de ses reins et sentit un violent frisson parcourir la colonne vertébrale de Roxas.

- Tout comme ton dos, murmura-t-il dans son oreille.
- Oui…

Une voix brisée, troublée mais le rouquin ne voulait pas le laisser fuir. Roxas fuyait depuis trop longtemps. C'était le psychologue qui avait un peu pris le dessus. Sans aucune gêne, il saisit les hanches du blond pour le soulever un peu et l'asseoir sur les touches blanches. Des sons chaotiques sortirent du corps du piano, faisant sursauter Roxas qui leva un regard de reproche vers son petit ami, un regard où se mêlait de la peur et de l'angoisse.

- Laisse-moi descendre Axel !, gronda-t-il.
- Non… Je veux un câlin.
- Tu peux en avoir un ailleurs mais pas là !
- Ici, trancha-t-il.

Axel se pencha sur ses lèvres pour les capturer et l'empêcher de protester davantage, se collant contre son fin corps. Il fit attention de faire remonter sa main le long de son flanc, pour venir épouser la courbe de sa nuque et approfondir ce baiser langoureux, passionné. Roxas n'eut le droit de respirer que lorsqu'il le décida, son regard plongé dans le sien, ses mains venues s'accrocher à son haut, dans un geste un peu désespéré. Le rouquin avait perdu un peu de ses airs autoritaires, un sourire bien plus doux sur ses lèvres. Sa main glissa sur sa joue qu'il caressa de son pouce.

- Arrête de fuir tout le temps.
- C'est ma façon de procéder.
- Plus exactement de te protéger, je dirais.
- Ne joue pas les psys Axel, grimaça-t-il.

Un sourire étira le coin de ses lèvres, un baiser léger déposé sur celles de son petit amant.

- Tu n'as pas besoin de fuir, je suis là pour te protéger.

Roxas eut une légère coloration au niveau des pommettes et déglutit.

- Tu ne peux pas me protéger ce qui est déjà arrivé…
- Non. Je veux savoir, pour que tu te sentes mieux, Roxy.
- Laisse-moi encore un peu de temps…

Le blond lui adressa un faible sourire mais sincère. Il se rapprocha de ses lèvres pour lui donner un baiser. Timide caresse qui frustra Axel.

- Tu es trop mignon pour ton propre bien…

Axel se pencha pour saisir ses lèvres, étouffant le grognement de mécontentement de son petit amant. Il mourrait d'envie de parcourir son corps de ses lèvres, de sa langue… Se retenir était une véritable torture. Et il s'en fichait bien de salir le piano. Mais Roxas n'était pas encore prêt à sauter le pas et il attendrait sagement, dévorant ses lèvres, ses mains caressant ses flancs, dérivant que très peu dans son dos.

Roxas rougit dans cette étreinte plus sulfureuse que les autres. Ses mains se détachèrent du tissu de son haut pour venir se glisser autour de son cou et s'assurer que le câlin ne dériverait pas. Une de ses mains osa se plonger dans ses cheveux pour de tendres caresses alors que son amant s'amusait avec son piercing sur sa langue timide. C'était toujours aussi étrange mais il appréciait ce contact, se pliant au jeu. Le blond ne fit plus attention au piano qui était sous lui, les touches remuant parfois pour émettre un léger son.

Peut-être qu'un jour il arriverait à en rejouer ? En tout cas, Axel l'avait obligé à le toucher… Il lui en voulait encore un peu, mais ses baisers effaçaient agréablement cette rancœur. Roxas rompit doucement le baiser, son regard se plongeant dans le sien, ses joues délicatement rougies. Un regard qui rappela à l'ordre le dangereux obsédé qui lui faisait face.

- On grignote et je te raccompagne, c'est ça ?
- Oui…

Le blond osa un baiser sur les lèvres à sa portée.

- Tu ne me donnes pas envie de te lâcher là.
- Désolé.
- Ne le sois pas, j'aime quand tu prends ces petites initiatives… Je les adore.

Roxas rougit et reçut un baiser tendre sur son front. Axel l'attira vers lui, glissa ses mains sous les fesses pour le faire descendre en douceur du piano. Bon, c'était aussi pour en profiter. Le blond le savait parfaitement mais il ne dit rien, encore groggy de cet instant câlin. Un câlin qui lui donnait à réfléchir. Ses mains quittèrent le cou d'Axel et il eut un regard vers le piano, une main timide qui vint effleurer une touche sans appuyer dessus.

- La prochaine fois, c'est moi qui te jouerais un morceau…, souffla-t-il.

Il pouvait le faire… Il en était capable. Cela resterait entre eux… Roxas eut une pensée pour son jumeau qui lui aussi n'avait plus jamais chanté depuis. Avait-il le droit de satisfaire cette envie égoïste ? Juste avec Axel, rien que pour Axel ? Le blondinet était encore très maladroit avec ses sentiments, il ne savait pas très bien les déchiffrer, les guider. La seule certitude, c'est qu'Axel chamboulait beaucoup de choses, autant par sa douceur que par sa méthode un peu plus « rentre-dedans ».

Le rouquin se pencha sur lui.

-J'en serais ravi, Roxas.

Ses joues se teintèrent encore d'un rouge délicat, tirant un sourire à Axel. Il déposa un baiser sur son front avant de l'entraîner vers le canapé. Axel comptait bien profiter de lui jusqu'à la dernière minute pour se faire silencieusement pardonner sa façon d'avoir brusqué les choses. Une manière tendre bien à lui, pour se faire excuser auprès du blond, qui acceptait avec besoin et réconfort ces attentions. Il gagnait du terrain, de plus en plus de terrain… Savoir ce qui tracassait son petit blond n'était qu'une question de temps. Le rouquin était aussi conscient de se faire prendre au piège dans ses beaux yeux bleus, mais il ne ferait rien pour s'en échapper. Ces mots trop souvent dits pour charmer, il comptait les lui dire avec sincérité… Et avec tout son cœur.

A suivre…


Merci d'avoir lu :3