Quel bonheur d'avoir eut toutes ces reviews, merci marchi !!!

Je suis vraiment contente que ce chapitre vous est plu et voici la suite (grâce au travail acharné de Duncan).

Je mets juste un WARNING, parce que j'ai quand même été un peu hard dans ces révélations... J'espère que cela vous plaira !

Bonne lecture :3


Seconde chance

Chapitre 14

Une pièce chaleureuse avec une décoration sobre. Les murs étaient colorés d'un rouge royal, contrastant avec le mobilier moderne aux tendances noir et or. Dans cette atmosphère calme, seul le bruit de notes de musiques ricochait sur les murs nus de toute décoration superflue. Un bruit sourd accompagnait la mélodie, un doigt suivant le rythme, se posant à intervalles réguliers sur le bois noir de l'instrument.

Le regard océan du spectateur se posa sur son jumeau assis à la place du chef. Ses doigts couraient avec habilité sur les touches blanches et noires, son regard accroché aux notes de la partition. Il aimait le voir jouer, entendre les sons qu'il pouvait produire rien qu'avec la magie de ses doigts. Sora aimait le voir jouer du piano et il le lui avait demandé ce matin-là. Il aurait pu l'accompagner en chantant, pour s'entraîner, mais non… Juste le son du piano, juste voir son aîné jouer était suffisant pour lui. Chanter était un plaisir personnel, il ne comptait pas en faire son métier.

Roxas était pareil, il prenait beaucoup de plaisir à jouer, mais il n'avait jamais émis le souhait de continuer. Mais leur mère insistait tant devant le talent dont il faisait preuve. Et depuis quelque temps, les jumeaux avaient appris à ne pas la contrarier sur ses idées. Leur mère était devenue très irritable. A onze ans, on apprend vite à savoir quelle limite ne pas dépasser sous peine de se prendre une paire de baffes.

La porte s'ouvrit brutalement, ce qui fit sursauter les deux enfants, les doigts de Roxas ripant sur le clavier en notes disgracieuses. Dans l'encadrement de la porte, une silhouette frêle, élégante. Leur mère franchit le pas de la porte, une bouteille de vin à la main, le regard ne lâchant pas Sora. Roxas se leva en la voyant fixer son cadet de la sorte, se mettant devant lui avec le sentiment que quelque chose n'allait pas.

- Mère, ça ne va pas ?
- Tout va bien, mon agneau. Mon petit Roxas, pousse-toi du chemin de maman, susurra-t-elle.

Mais le blond ne bougea pas, sentant son petit frère se pelotonner contre son dos avec un frisson, sous le regard fou qui le guettait.

- Maman, qu'y a-t-il ? C'est encore la faute de papa ?

Le regard fou se posa enfin sur lui, un rictus mauvais étirant ses lèvres rouges. Leur mère, si parfaite incarnation de la classe et de la douceur, ressemblait à un monstre menaçant.

- Ton père ? Cracha-t-elle. Ton père s'est enfin tiré avec son sale con de manager ! Ce salopard me laisse tout seul avec vous deux. Qu'il aille le baiser son petit mec, ce crevard d'homo.

Elle fit un geste violent et se rapprocha de Roxas, son haleine puant l'alcool pile poil devant son nez. Le blond sentait trembler de tous ses membres Sora qui était contre son dos, tentant de disparaître. Leur mère venait de perdre son dernier gramme de raison dans cette bouteille de vin, ayant noyé son désespoir dans le rouge de cette boisson. Sa main libre tenta d'attraper tel un serpent venimeux le bras de Sora, mais le blond l'en empêcha en la repoussant.

- Roxas, sois gentil avec maman, je veux parler à ton frère.
- Tu peux très bien le lui dire d'ici, il t'écoute, fit-il d'une voix tremblante.

Si lui avait hérité des traits et de la beauté de sa mère, en revanche, Sora était le portrait craché de leur père. Roxas vit le regard agacé de sa mère et elle le saisit par le bras pour le tirer en avant, dans le seul but d'avoir accès à son second fils. Le blond était déstabilisé par la force étrange que conféraient la colère et l'alcool à sa mère. Il se retrouva éjecté sur le côté. Sora était tombé les fesses par terre, le regard affolé sur leur mère qui avait un rictus mauvais.

- Tu es bien le portrait craché de ce fils de putain. Sora, n'aie pas peur de maman, voyons, fit-elle en se rapprochant.

Et sur ces mots, elle brisa le cul de la bouteille de vin sur le piano, maculant le sol de morceaux de verre, de liquide rouge. On aurait dit du sang qui tachait le parquet si clair. Et ses pas qui la rapprochaient de plus en plus de Sora. Il était tétanisé, ayant reculé un peu mais à la vue de la bouteille brisé… Il resta cloué sur place.

- Tu es exactement comme lui, tu es un traître, hein ? Tu vas m'abandonner pour nous laisser seuls, avec Roxas ?
- Non, murmura-t-il avec panique.
- MENTEUR ! Sora, ce n'est pas bien de mentir à maman.

Roxas était paralysé par ce qu'il voyait mais il ne lui fallut pas plus de temps pour réagir. Il passa entre les deux pour venir s'agenouiller devant Sora et le protéger. La bouteille s'était levée dans un geste de colère rageuse et s'abattit dans son dos. La douleur lui tira un cri plaintif alors que son cadet le regardait avec de grands yeux apeurés. Les larmes montaient aux yeux de Roxas sous la blessure béante qui ouvrait son dos. Il sentit un chaud liquide envahir son dos alors qu'un second passage de la bouteille labourait son dos.

- Roxas…

Le petit brun était tétanisé, regardant le sang de son frère immaculer sa chemise de part et d'autre, se répandre sur le sol… Et cette bouteille levée avec menace, jetant des taches de son sang sur eux et dans la pièce.

- ARRÊTE, MAMAN ! Cria-t-il.

Sora se redressa pour saisir son frère sur le point de tomber. Roxas se raccrocha à lui dans un gémissement plaintif, la bouteille restant en suspens, le regard fou de leur mère contemplant son œuvre. Le dos de son fils était ouvert de la nuque jusqu'au creux des reins, son sang se vidant dans la belle pièce qu'était le salon. Et un rire, démoniaque, fou sortit de sa gorge.

- Tu m'as trahie aussi, Roxas ! Tu es un traître, vous en êtes tous les deux ! Vous êtes comme lui ! Rit-elle comme une démente. Vous méritez juste la mort, bande de vermines.

La bouteille se leva mais elle glissa sur le sang de son propre fils. Elle s'assomma dans la chute, la bouteille volant en éclats à l'autre bout de la pièce. Sora regardait sa mère étalée, puis le sang de son aîné. Il ne savait pas quoi faire… Complètement paralysé.

- So… ra…
- Roxas, je t'en prie, ne meurs pas, pleura son cadet.
- Appelle les secours… Fit-il avec difficulté.
- Les secours… oui, j'y vais.

Sa voix tremblait, ses mains aussi, même si elles soutenaient son jumeau. Roxas fit un effort pour se tenir droit et libérer Sora de sa prise, la douleur lui vrillant la tête, une grimace étirant ses fins traits.

- Dépêche-toi, souffla-t-il.

Et puis un trou noir…

Un contact doux, chaud. Un passage qui lui tirait des frissons désagréables. Roxas se redressa brusquement en réalisant que c'était dans son dos que cela se passait. Son regard bleuté se posa avec incompréhension sur Axel. Que… Les deux billes bleutées parcoururent la chambre avec fébrilité avant de revenir sur son amant. Il avait rêvé, juste parce que… Roxas posa son regard sur la main d'Axel en suspens au dessus de son dos, réalisant qu'il avait dormi à plat ventre. Il avait exposé à ses yeux cette douloureuse blessure… Et les caresses d'Axel avaient ravivé ce souvenir, ou bien la plaie que Sora avait créée ?

Le blond se tourna pour dérober son dos à ses caresses, à sa vue, mais Axel s'était bien vite redressé et l'avait plaqué contre le matelas, une main sur son épaule et l'autre revenant dans son dos en un contact bien plus ferme.

- Axel, arrête tes conneries.
- Ne fuis pas, Roxy.

Roxas ferma les yeux, serrant les poings sur les draps. Un bruit de tissu lui fit comprendre qu'Axel bougeait et il le sentit proche de son flanc, sa main qui était dans son dos recommençait à caresser ses cicatrices. Une marque qu'il garderait à vie. Un baiser tendre fut déposé sur son épaule, puis sur sa tempe. Le blond ouvrit doucement les yeux pour tourner vers un Axel au regard blessé et empli de reproche.

Le rouquin prit appui sur son autre bras, posant sa tête sur celui-ci et laisser sa main venir jouer avec les mèches dorés de son petit amant. Un sourire doux étirait ses lèvres. Mais ses doigts étaient le plus dérangeants, glissant de base de sa nuque au creux de ses reins, traçant le chemin de la douleur.

- Qui t'a fait ça ?

Il ne devait plus fuir, hein ? Face à un tel regard, cela semblait tellement facile mais les mots restaient encore coincés dans sa gorge.

- Roxas, si je veux te donner cette nouvelle vie que tu veux, j'ai besoin de savoir.

Deux doigts virent caresser sa joue. Tout en lui n'était que douceur, tendre. Garderait-il longtemps ce masque pour lui ? Le blond ferma les yeux pour prendre une inspiration. Pour se donner le courage de dire l'impardonnable. Ce passé douloureux qu'il partageait uniquement avec son jumeau… Un passé qui était partagé via une feuille de papier pour les familles d'accueil.

- C'est ma mère…

Son regard océan s'ouvrit sur le monde émeraude qui le fixait, sa voix mourant au bord de ses lèvres. Axel ouvrit de grands yeux surpris sous cette révélation. Roxas se mordit la lèvre inférieure devant sa réaction choquée. Mais il sentit une main prendre sa joue, et il se fit attirer contre le corps chaud d'Axel. Un baiser vint s'échouer sur son front, sa main ne quittant pas son dos, comme si son amant voulait effacer ces cicatrices grâce à sa paume.

- Explique-moi comment cela a pu se passer.
- Ma… notre mère était très amoureuse de notre père, au point d'être étouffante avec lui, expliqua-t-il d'une petite voix. Sauf que lui… Il n'avait plus de sentiments pour elle. Il ne restait avec elle que pour nous. Mais un jour, il en a eu marre ou bien ma mère lui a fait un scandale, je suppose, et il est parti avec son manager.
- Il était… bi ?
- Il faut croire.

Axel déposait des baisers sur sa chevelure d'or, sa main caressant ses cicatrices avec une tendresse infinie.

- Notre mère était névrosée, en plus d'être stressée. Si bien qu'elle perdait peu à peu la tête, et le jour où il s'est enfui avec son copain, elle a débarqué dans le salon comme une folle. Sa seule pensée était de punir Sora qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à notre père. Je… Je me suis interposé et la bouteille brisée a rencontré mon dos.

Sa voix mourut dans sa gorge nouée, ses bras glissant autour d'Axel pour se presser contre lui. Son petit ami lui rendit cette étreinte avec douceur et réconfort. Ses lèvres ne s'arrêtèrent pas de déposer des baisers sur son fin visage.

- Tu ressembles à ta mère si je comprends bien.
- Oui…
- Que faisait-elle dans la vie ?
- Elle était pianiste… C'est pour ça que j'en faisais. Sora, lui, aimait plus chanter. Mon père, quant à lui, il était violoniste.
- Qu'était-elle devenue après t'avoir blessé ?
- J'étais dans les vapes mais j'ai le souvenir d'une chute. Sora m'a dit qu'elle avait glissé sur mon sang avec ses talons. Les médecins nous ont annoncé qu'elle était morte sur le coup. Pour la suite, tu la devines…
- Hum, souffla-t-il.

Axel déposa un autre baiser sur son front, avant de lui relever la tête. Les deux lagons bleus le fixèrent avec une certaine gêne. Se sentir dévoilé de la sorte, c'était déstabilisant. Au sens propre comme au figuré. Roxas rougit en se souvenant de ce qui devait le vêtir, c'est-à-dire rien. Mais son petit ami ne le laissa pas se dérober en baissant la tête, il lui vola ses lèvres pour un baiser doux et tendre.

- Je comprends mieux pourquoi tu veillais sur ton petit frère.

Le regard du blond refléta sa blessure. Oui, il avait veillé sur son frère et celui-ci l'avait trahi la veille. Enfin… Lui s'était senti trahi par sa manière d'agir. Mais, il le savait au fond de lui, même si Sora lui avait présenté les faits au premier jour, il ne l'aurait pas accepté non plus. Surtout qu'il n'aurait eu personne pour le repêcher. Roxas nicha sa tête dans le creux de son épaule.

- Désolé de t'offrir ça comme cadeau de noël…
- Tu plaisantes, j'espère ? Fit-il d'une voix caressante. J'ai eu le plus beau cadeau que je puisse imaginer.

Et pour accentuer ses paroles, Axel fit glisser sa main aventureuse sur ses fesses rondes et fermes. Roxas grogna et se recula pour le fusiller du regard.

- Obsédé !
- Et fier de l'être, Roxy.

Ses lèvres vinrent capturer les siennes, mordillant sa lèvre pour jouer un peu. Roxas sentit son cœur s'accélérer sous ses pensées, son regard ne quittant pas Axel tandis qu'il rompit le baiser. Il l'interrogea du regard devant son air sérieux.

- Uniquement avec moi, hein ?

Un largue sourire étira les lèvres du rouquin et il vint léchouiller les siennes.

- Uniquement avec toi… mon cœur…

Il lui vola ses lèvres pour un baiser passionné, étouffant le grognement de Roxas. Le blond avait rougi à ce surnom. Il n'avait pas cherché à être romantique, juste à s'assurer qu'il s'était raccroché à la bonne personne. Mais ces mots avaient fait s'emballer son cœur dans sa cage thoracique. Le bruit d'une sonnerie de téléphone les coupa, et Axel rompit le baiser à contre cœur.

- Je vais répondre. Reste sagement au lit, tu risques d'avoir mal aux fesses !

Axel lui fit un clin d'œil et se leva, nullement gêné par sa nudité. Roxas grogna un « imbécile » avant de rougir en le voyant s'éloigner de la sorte. Le rouquin décrocha le téléphone au bout de la énième sonnerie.

- Allô ?
- Axel, fit une voix précipitée qu'il connaissait bien. Est-ce que tu sais où est Roxas ? Il n'est pas rentré de la nuit je…
- Il est là, le coupa-t-il.
- Ah. Merci.

La voix semblait être soulagée d'un grand poids. Apparemment, son petit frère s'était fait des films et mordu les doigts après leur dispute.

- Est-ce qu'il va bien ?
- Oui, ne t'en fais pas pour lui. Je le garde chez moi jusqu'à ce qu'il rentre.
- Ah d'accord… Tu crois que je peux venir… chez toi… pour le voir…

Sa voix était tremblante et il le soupçonnait d'être en pleurs.

- C'est mieux que tu ne viennes pas. Laisse-moi le remettre en forme et je te le ramènerais ensuite, Sora, fit-il avec douceur.
- Merci, Axel… Prends bien soin de lui, je t'en prie.
- Tu peux compter sur moi.

Axel raccrocha en espérant que Sora ne se ferait pas plus de mauvais sang que ça. Les deux parties avaient été blessées, et il espérait que ce Riku s'occupait du petit frère autant qu'il comptait s'occuper de l'aîné. Son regard se posa sur la table basse jonchée de feuilles de cours. Il allait être en retard, mais c'était pour la bonne cause… Il rattraperait ça avec une ou deux nuits blanches. Un soupir lui échappa, et il se dirigea à nouveau vers la chambre.

Sora avait angoissé toute la nuit. Seule la fatigue l'avait obligé à fermer les yeux, à somnoler mais le moindre bruit le réveillait, espérant que c'était son aîné qui revenait. Il avait passé une nuit lamentable, à pleurer, imaginer tous les scénarios possibles et inimaginables avant que le matin ne pointe son nez à travers la fenêtre. Le cadet était resté dans la chambre, même lorsque l'heure avait avancé…

L'inquiétude le rongeant, il se leva et descendit directement pour aller vers le téléphone, composant celui d'Axel. Il n'avait pas osé téléphoner juste après la dispute… Il n'était pas certain que son frère y soit mais c'était son petit ami, non ? Celui vers qui il avait poussé son jumeau. L'attente lui fut interminable et lorsqu'il entendit enfin la voix du roux, il s'emballa, les questions sortant d'elles-mêmes tant son inquiétude était à son paroxysme.

Roxas était chez lui. Un soulagement affaissa ses épaules. Mais le remords de lui avoir dit pour Riku et lui ne s'envola pas pour autant. Son frère allait aussi mal que lui, si ce n'est plus. Il aurait voulu être à la place d'Axel, il aurait dû y être tout comme son aîné l'avait été tant de fois pour lui. La cruelle réalité était qu'il était impuissant, et l'élément déclencheur de cette douleur qui les séparait. Une fois le combiné raccroché, il respira un bon coup. Cependant, il avait besoin de le voir… Il avait besoin de lui parler à défaut de pouvoir le faire avec son frère. Ses doigts composèrent un numéro qu'il connaissait par cœur.

- Allô, pardonnez-moi de vous déranger… est-ce que Riku est là ?

Il patienta un instant avant que la voix de son petit ami ne lui réponde.

- Oui, Sora ?
- Riku… Est-ce qu'on pourrait se voir aujourd'hui ?
- Bien sûr, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu n'as pas l'air bien.
- C'est que… Je l'ai dit à Roxas.

Un silence passa avant que Riku ne réponde.

- J'arrive dans trente minutes, si tu veux.
- Je veux bien…
- A tout de suite.
- Hum.

Il accrocha le combiné et se frotta les yeux pour ne pas faire repartir ses larmes. Sora se rendit dans la cuisine pour déjeuner, et annoncer à Aeris qu'il s'était « disputé » avec Roxas et que celui-ci était chez Axel. La jeune femme le prit dans ses bras pour le réconforter. Elle lui posa des questions mais il la rassura, que son frère reviendrait dans quelques jours tout au plus. Sora lui avoua à demi-mots qu'Axel n'était pas n'importe qui, que c'était son petit ami. Aeris lança un regard vers Zack. La jeune femme avait beau avoir un patron gay en la personne de Marluxia, savoir que ses « enfants » l'étaient faisait toujours une drôle d'impression.

Cependant, ils ne pouvaient apparemment rien faire, à part accepter la réalité et être là pour les soutenir tous les deux. Aller chercher de force le blond ne serait pas une bonne chose à faire. La jeune femme lui demanda s'il était sûr de lui, qu'ils n'avaient pas besoin d'aller le chercher, mais Sora les remercia en leur disant un non morne mais doux. Il les prévint aussi que son copain à lui aussi allait venir, gêné, n'osant pas regarder Aeris dans les yeux. La jeune femme lui donna un baiser rassurant sur le front pour calmer son anxiété. Elle n'allait pas le rouer de coups pour cela, non, elle préférait l'aider, bien au contraire. Cette réaction était bien différente de leur maternelle…

Le cadet eut juste le temps de déjeuner un peu et de se changer quand il entendit la sonnerie de la porte d'entrée. Sora descendit les marches rapidement. Il ouvrit à Riku et le fit entrer. Aeris vint voir son invité. Le jeune homme était poli et courtois, un air doux et sérieux. Les deux adolescents montèrent, et si tôt la porte fermée, le petit brun se réfugia dans les bras de son petit ami.

- Hey, ça va aller… Je suis là. Dis-moi ce qui s'est passé.

Il entoura Sora de ses bras réconfortants, se calant contre la porte tout en écoutant son récit. Ses larmes coulèrent mais il les sécherait, Riku se doutait qu'il en avait besoin. Elles avaient dû couler en masse durant cette nuit sans fin.

- Tout va bien s'il est chez Axel, alors.
- Oui… Mais je veux le voir…

Ses lèvres déposèrent un baiser sur son front.

- Laisse-lui un peu de temps.
- Oui, je sais que je lui ai fait du mal mais… Riku.
- Chut, Sora, regarde-moi.

Riku lui releva le visage, déposa un baiser au coin de ses lèvres avant de venir en déposer un sur sa bouche.

- Je suis sûr qu'il te pardonnera. Il a juste besoin de retrouver le sourire auprès d'Axel. Tout comme moi je vais rester ici pour te le redonner, d'accord ?
- Riku…

Son petit ami coupa court à sa faible protestation, l'embrassant avec douceur et amour. Sora se pressa contre lui avec besoin.

- Je veillerais sur toi jusqu'à son retour, et même après…

Sora rougit, un faible sourire étirant la commissure de ses lèvres. Riku lui rendit un sourire tout en tendresse. Il relâcha ses joues rougies pour aller fouiller dans ses poches, et en sortir un petit paquet. Il le présenta sous le nez du cadet qui fixa le papier bleu roi avec surprise.

- Joyeux Noël.
- Riku… Merci… Ah euh, attends !

Le petit brun se détacha de lui pour aller fouiller dans les affaires qui étaient sur le bureau. Sa main s'arrêta près du cadeau que Roxas avait acheté pour Axel. Bien sûr, il l'avait oublié… Il prit le paquet pour Riku, et se retourna pour revenir auprès de lui. Sauf qu'il était assis sur le lit, l'invitant vers lui. Sora lui présenta le paquet noir en rougissant de plus belle.

- Joyeux Noël Riku.
- Merci.

Il prit le paquet et tendit de nouveau le sien au petit brun qui le prit, puis s'assit sagement à ses côtés. Il l'ouvrit avec attention, un peu coupable de faire ça avec son petit ami. Il se demandait ce que pouvait bien faire Roxas avec Axel… Il aurait aimé le savoir. Son regard bleuté accrocha le petit pendentif qu'il sortit de la pochette, une chaînette avec une couronne.

-Je me suis dit que ça t'irait très bien, expliqua Riku, un peu gêné.

Sora lui fit un grand sourire et lui tendit le bijou.

- Tu me le mets, s'il te plaît.
- Bien sûr.

Riku le lui mit en profitant pour embrasser sa nuque.

- Ca ne pose pas de problèmes que tu restes toute la journée ici ?
- Aucun…

Il le prit par la taille pour l'enlacer, posant sa tête sur son épaule. Son petit ami mit le bracelet offert par Sora dans les bras de celui-ci et lui présenta son poignet. Le petit brun le lui mit avec attention, se laissant bercer par l'étreinte réconfortante de Riku. Il avait besoin de lui aujourd'hui, et savoir qu'il resterait était une grande source d'apaisement. Le cadet finit par se retourner pour venir l'embrasser avec passion, ne quittant pas l'étreinte de ses bras. Il était perdu sans Roxas… Plus qu'il ne l'aurait imaginé, et Riku était là pour lui… Rien que pour lui.

Sora se raccrochait à Riku plus que d'habitude. Il le voyait dans son comportement, la peur de le perdre, lui, après avoir perdu sa moitié. Mais il était d'une patience à toute épreuve, témoignant toute l'amour qu'il avait pour Sora dans ses moindres gestes. Il voulait le voir sourire avant de quitter cette maison, et avant la fin de la journée, il lui rendit son si beau sourire, même s'il savait que ce sourire s'effacerait si Roxas ne revenait pas. Ils avaient beau avoir brisé un lien très puissant, les jumeaux restaient énormément liés…

A suivre…


Merci d'avoir lu :3