Spéciale dédicace à mon Xavichounet qui m'a bien décrit certaines émotions masculines ; ) You're the best, dude ! Hi 5 !!

Merci aussi à Sandrine, ma gendarmette préférée qui m'a relue et donné un avis précieux pour la suite.

Et last but not least, David heureusement que tu es là !! Et pas que pour faire le canari-sitter !

Enfin je ne le dirai jamais assez, merci à vous tous qui me laissez des commentaires !!C'est vraiment stimulant.

Merci à mes copines d'Allo ciné, vous êtes vraiment déjantées les filles ! Et un merci tout particulier à Dansmabulle qui suit ardument mon histoire !

Bonne lecture !

XV.

Je secouai violemment mon bras, m'arrachant à son étreinte, et enserrai mon poignet sanglant dans ma main. Le visage de mon amour venait de me libérer de cet état apathique dans lequel j'avais été plongé toute la nuit. J'avais la désagréable impression de me réveiller d'un coma éthylique. Ma tête me faisait atrocement souffrir, étrange sensation que je n'avais pas ressentie depuis très longtemps. Je portai instinctivement mes mains glacées à mes tempes. Ce geste me soulagea instantanément.

Je réfléchis et pris soudain conscience de l'ampleur de ce que je venais de faire au fur et à mesure que les souvenirs de la nuit refluaient dans mon esprit, chaque souvenir étant un coup de poignard. Pourquoi ? Dans mon cœur, seule Bella existait. Elle était la seule que j'aimais, la seule que je désirais. Alors pourquoi ? Pourquoi avais-je fait cela ? Pourquoi ma volonté s'était-elle tue de cette manière? Mon corps seul avait été présent, mon esprit s'était évaporé. Et maintenant qu'il avait réintégré mon enveloppe corporelle, je me sentais plus misérable que jamais. J'en étais presque à souhaiter qu'il reparte. Lâche.

Un éclat de rire me sortit de mes pensées. Je levai lentement la tête. Elle se tenait debout devant moi, majestueuse, me dominant de sa hauteur. Son visage avait repris un semblant de vie, ses joues étaient légèrement rosies grâce à mon sang qui coulait désormais dans ses veines, ses yeux avaient repris leur effrayante couleur rouge, de ses lèvres vermeilles perlait une goutte de sang. Elle passa son index au niveau de la commissure de sa bouche pour l'essuyer et le suça avec gourmandise en fermant les yeux. Je la regardai, hébété, incapable de faire un mouvement.

Après quelques secondes, elle ouvrit les yeux et me toisa.

« Alors ce qu'on dit est vrai. Tu es tombé amoureux d'une humaine. C'est vraiment pathétique. Je t'ai toujours trouvé un brin trop mélodramatique à mon goût, mais cette fois on peut dire que tu t'es surpassé. Et avec la Tua Cantante, rien de moins !» Le ton de sa voix était sarcastique. Elle se tut un moment et pencha le visage de côté, m'observant intensément.

Puis elle s'agenouilla à mes côtés et me prit le menton dans sa main, me forçant à la regarder dans les yeux. Son visage s'était adouci.

« Mon pauvre amour. Je sais que ce n'est pas entièrement de ta faute. Aro m'a parlé de ce vampire étrange qui t'a créé et qui refuse de se nourrir d'humains, qui préfère se contenter d'animaux. » Elle fit une grimace de dégoût à l'évocation du régime alimentaire de Carlisle. Puis elle continua,

« Il n'a rien compris. Et rien ne t'obliges à le suivre dans ses choix. Si nous sommes ainsi, c'est que Dieu lui-même l'a voulu. C'est dans notre nature-même de tuer des humains, nous devons l'accepter, nous devons nous accepter. Et puis est-ce qu'ils valent vraiment mieux que des animaux ? »

Elle me regarda d'un air expectatif. J'écarquillai les yeux puis ouvris et refermai la bouche à plusieurs reprises, mais aucun son ne voulait sortir de ma gorge. Elle leva les yeux au ciel et soupira.

« Pourquoi me rends-tu les choses si difficiles ? »

Elle haussa les épaules puis murmura tout bas, comme se parlant à elle-même

« Dommage…J'aurais aimé ne pas avoir à t'utiliser comme une marionnette. »

Cette réflexion me sortit de mon hébétude. Je fronçais les sourcils.

« Comme une quoi ? Mais enfin Juliette de quoi parles-tu ? »

« Elle te parle de son don. » répondit une voix froide derrière moi.

Je sursautai et me levai d'un bond, sur mes gardes. Les flambeaux s'étaient éteints et je tentais de percer l'obscurité à la recherche du propriétaire de cette voix. Une silhouette noire au visage fantomatique apparut au détour du chemin. Cette silhouette je la reconnus immédiatement…Démétri.

Juliette se releva à son tour et un grand sourire illumina son visage. Elle sautilla vers ce dernier et lui prit la taille. Elle ne paraissait aucunement gênée par sa nudité et pressa sa jambe contre son corps en une position indécente. Je détournai les yeux, embarrassé par leur intimité, et je m'aperçus alors que j'étais moi-même nu. Je fis un geste vers mes vêtements éparpillés sur le sol. Des lambeaux.

« Voilà un petit cadeau de la part d'Aro, » me dit Démétri de sa voix glaciale. Au moment où je levai à nouveau les yeux vers lui, il me lança avec force une boule de tissu d'un gris austère que je rattrapais uniquement grâce à ma dextérité vampirique. Je la dépliai. C'était le traditionnel manteau des Volturis, leur signe de reconnaissance. Evidemment. Mais je ne pouvais me permettre de faire mon difficile et l'enfilai en hâte.

Puis je me concentrai à nouveau vers mon amante d'une nuit et celui qui était de toute évidence son amant. Elle avait posé sa tête contre son épaule et me dévisageai d'un air appréciateur. Elle se mordait les lèvres en un geste d'envie. Démétri lui enserrait la taille de son bras et la maintenait fermement contre lui. Son visage paraissait calme, seuls ses yeux trahissaient la haine qu'il éprouvait envers moi.

Puis Juliette se tourna vers son amant.

« Laisses moi encore jouer avec, » lui demanda-t-elle d'une voix enfantine, ses grands yeux suppliants.

Démétri me quitta des yeux une seconde pour l'observer, mais j'eus le temps d'apercevoir dans son regard un mélange d'affliction et d'amour. Il était à sa merci.

« Tu connais les ordres d'Aro. Tu dois le convaincre de se joindre à nous, et de son plein gré si possible. Tu avais la nuit pour le faire, et seulement cette nuit, » lui chuchota-t-il affectueusement à l'oreille.

Puis il se concentra à nouveau vers moi et ses yeux retrouvèrent leur férocité.

Si tu la touches encore une seule fois, je te jure que tu le regretteras amèrement.

Je ne pus m'empêcher de lever un sourcil amusé vers Démétri et un sourire moqueur se dessina sur mes lèvres. Ainsi il était jaloux. Je l'aurais presque plaint.

Ce dernier m'ignora et reprit la parole, à mon intention cette fois-ci.

« Aro m'a chargé de venir te dire qu'il renouvelait son offre de te joindre aux Volturis. Personnellement, j'aurais préféré qu'il me charge de te tuer mais malheureusement il semble t'apprécier et te souhaites à ses côtés. »

« Non merci, » me contentai-je de répliquer d'un ton amusé.

« Ah oui, j'ai oublié de te préciser que son offre est plus un ordre qu'une simple proposition. Il m'a également chargé de te faire part de certains arguments que tu ne seras pas en mesure de réfuter. »

Le ton de sa voix se faisait menaçant. Il me gratifia d'un sourire cruel avant d'ajouter d'une voix monocorde où ne perçait aucun sentiment :

« Juliette ici présente a un don de persuasion hors du commun, je pense que tu l'auras remarqué. »

A ces mots, tout s'éclaira. Comment ne m'en étais-je pas aperçu plus tôt ? A chaque ordre qu'elle me donnait, j'obéissais sans discuter, comme si ma conscience se taisait, comme si je n'étais plus qu'une marionnette de bois sans âme. Une marionnette. Une pathétique marionnette. Et ma conscience ne s'était même pas rebellée. Je m'étais laissé faire, simple marionnette entre ses mains.

Je sursautai lorsque Démétri reprit :

« Aro te veut avec nous de ton plein gré, il ne veut pas d'une enveloppe vide. Vois-tu, il apprécie non seulement ton don, mais aussi ta ruse. » Il leva les yeux au ciel à ce dernier mot.

« Elle ne te manipulera plus. Il le lui a défendu. »

J'entendis un soupir de déception émaner d'elle. Démétri se tourna de nouveau vers sa compagne et ses traits se firent suppliants. Il était vraiment à sa merci.

Elle se mit sur la pointe des pieds et plaqua ses lèvres contre les siennes en un baiser passionné. Je restai figé. Tout cela paraissait si absurde. La femme qui se tenait face à moi n'était pas la Juliette fragile et réservée que j'avais connue. C'était une démente. Et je ne connaissais que trop bien l'origine de cette folie. Une vague de culpabilité s'empara de moi lorsque je compris enfin l'étendue des dégâts que j'avais causés cette fatidique nuit de 1918. C'était pire que tout ce que j'avais pu imaginer. J'avais créé un vampire super puissant et complètement fou allié.

Lorsqu'ils se séparèrent, un sourire satisfait éclairait le visage de Démétri. Il se tourna vers moi et ses traits reprirent immédiatement une contenance.

« Elle n'utilisera plus ses dons sur toi… sauf si tu refuses la proposition d'Aro. Bien sûr, te tuer ne servirait à rien, même si je trouve l'idée plus qu'alléchante. Et puis tout le monde tiendrait les Volturis pour responsables, et nous avons une image à préserver. En revanche, cela fait longtemps que tu n'as pas revu ton humaine. Tu t'es déshabitué à son odeur aguichante. Un malheur est si vite arrivé… » Un rictus mauvais étirait ses lèvres.

Démétri se tut, laissant à mon esprit le temps d'assimiler ses paroles. Jamais je ne ferais de mal à Bella, ma Bella. A moins que… Je jetai un coup d'œil vers Juliette. Elle me regardait d'un air innocent, elle paraissait si frêle. Et pourtant… ce n'était qu'une façade. Son pouvoir était bien plus puissant que le mien, et je n'y avais pas résisté une seule seconde. Si j'avais pu, j'aurai eu la nausée. Leur chantage était monstrueux. Si je refusais, ma Bella mourrait de mes propres mains et ma famille serait bien évidemment mise en danger. Aro ferait d'une pierre deux coups. Et si j'acceptais… je serais damné. Mais Bella était bien plus importante que mon bonheur, plus importante que mon âme.

J'acquiesçai faiblement, regardant Démétri droit dans les yeux.

Bien. Saches que je serai toujours derrière toi, et au moindre faux pas, je serais là à t'attendre.

Juliette se libéra de l'emprise de Démétri et s'approcha de moi de sa démarche délurée. Je me laissai faire tandis qu'elle me prenait la main et m'entrainait vers le chemin. Lorsque nous dépassâmes Démétri, ce dernier me gratifia d'un regard assassin que je décidai d'ignorer. Mieux valait ne pas déclencher une bagarre. Et puis Démétri n'était qu'un pion entre les mains d'Aro. Il ne m'intéressait pas. L'idée de ce chantage odieux venait d'Aro. Chantage que j'avais cautionné puisqu'accepté. Mais avais-je vraiment une autre alternative ? Ce dont j'avais le plus besoin était de temps pour essayer de trouver une échappatoire. Il me fallait gagner leur confiance.

Démétri nous rattrapa et se planta devant Juliette. Elle le regarda d'un air curieux. Il dénoua la longue cape noire qu'il portait et l'enroula autour des épaules blanches de sa compagne. Elle sourit, mutine, et l'embrassa une nouvelle fois avec violence, sa main toujours dans la mienne. Puis elle le relâcha et repris sa marche, m'entraînant à sa suite.

Je marchai, ma main dans celle de Juliette, l'esprit ailleurs, occupé à essayer de trouver un stratagème pour échapper à mon funeste destin. Mais rien ne venait. Je regardais le ciel qui commençait à rosir. Le jour se levait.

Nous arrivâmes dans la petite cour à l'entrée du château. J'eus un geste instinctif de recul. La scène de cauchemar qui s'offrait à mes yeux me détourna de mes pensées. Des cadavres exsangues jonchaient le sol par dizaines. Ils avaient tous ce même air terrorisé sur le visage, le même que celui de mon voleur, leurs yeux étaient exorbités, comme si la dernière chose qu'ils avaient vue avait été le Diable. N'était-ce d'ailleurs pas ce qu'ils avaient vu, des démons ? Cela me sembla soudain une éternité depuis le début de la soirée où j'avais traversée cette même cour en compagnie de Peter et Charlotte.

Juliette me tira vers le château, zigzagant entre les corps comme si cela avait été la chose la plus naturelle au monde. Elle m'entraîna vers une petite porte en bois à demi dissimulée sous le lierre qui grimpait le long de la façade et poussa le loquet.

Nous pénétrâmes dans un long et étroit couloir sombre faiblement éclairé par un chandelier accroché sur le mur au milieu de ce long tunnel. Le plafond était si bas que je dus me baisser pour avancer. Je regardai nos ombres immenses se mouvoir sur les murs d'une façon menaçante, inhumaine, illusion due aux flammes des bougies qui ondulaient.

Au bout du couloir se trouvait une autre porte gardée par deux silhouettes qui portaient le même manteau que le mien. Voyant Juliette, ils ouvrirent immédiatement la porte en un geste obséquieux.

La porte s'ouvrit sur une petite salle de type médiéval. La pièce était simple, sans fioritures. Le plafond était bas, il n'y avait aucune fenêtre et les murs étaient de gros blocs de pierre grise. L'unique source de lumière provenait d'un vieux lustre en fer qui trônait au dessus de nos têtes.

Sur un côté se trouvait une immense tapisserie qui devait être très vieille, à en juger par la couleur fanée du tissu. Elle représentait des vampires décimant un village entier. Ces derniers étaient vêtus d'armures qui n'étaient pas sans rappeler celles que portaient les Croisés. L'un d'entre eux arborait avec fierté le drapeau de Volterra.

Devant la tapisserie se trouvait un siège massif en cuir rouge et en bois.

Le seul autre meuble que contenait la pièce était un colossal coffret de bois brut avec une serrure énorme.

Aro apparut derrière la tapisserie par une porte dérobée. Je me concentrai sur lui. Un sourire de triomphe éclairait son visage tandis qu'il s'asseyait sur le fauteuil avec majesté.

Une bouffée de rage m'emplit que je tentai de canaliser.

« Edward, mon ami ! Décidément, ce manteau te sied encore mieux que ce à quoi je m'étais attendu. Je suis heureux de constater que tu as accepté ma proposition ! »

Son ton badin m'exaspérait. A quoi bon ce simulacre ? J'acquiesçai néanmoins.

Il se leva et s'approcha de moi de sa démarche gracieuse. Lorsqu'il voulut poser sa main sur mon épaule, je reculai. Juliette me pressa la main et fronça les sourcils. Aro tendit le bras vers moi en une nouvelle tentative et je me laissai faire, conscient que c'eut été vain de lutter.

Je lisai dans ses pensées mes propres souvenirs depuis mon retour de Volterra. Je revoyais le doux visage de Bella, ses yeux tendres posés sur moi. La reverrais-je un jour ? Comment pourrais-je vivre sans elle ? Je savais pertinemment que mes chances de la revoir étaient bien minces, mais je préférais mille fois ne pas la revoir et la savoir vivante.

Au bout de plusieurs minutes qui me parurent interminables, Aro retira sa main.

« Intéressant, » murmura-t-il comme pour lui-même avant de retourner s'asseoir.

« Je savais que vous deux réussiriez à vous entendre, » me dit-il d'un air railleur.

Il faisait bien sûr référence à la nuit que nous venions de passer.

Puis il fit signe à Juliette de s'approcher. Cette dernière lâcha instantanément ma main et alla s'asseoir au pied du fauteuil, levant un visage empli de respect vers Aro. Il prit son visage entre ses mains et planta ses yeux vitreux dans les siens.

« Tu m'es devenu vraiment précieuse, tu sais. » lui chuchota-t-il. Puis il ajouta :

« J'ai un cadeau pour toi. »

Sur ce il claqua dans ses doigts et la porte par laquelle j'étais entré s'ouvrit. L'un des Volturis qui gardait la porte s'avança.

« Ramène-le. » ordonna Aro.

Il acquiesça et sortit.

Quelques secondes plus tard, j'entendis des cris qui provenaient du couloir. Puis la porte s'ouvrit à nouveau et le Volturi réapparut, tenant d'une poigne ferme un humain. Il le jeta dans la pièce et referma la porte. Une attrayante odeur emplit instantanément la pièce.

Je me tournai vers lui. C'était un très jeune homme, presque un enfant. Il avait un visage poupin encerclé par des cheveux noirs et bouclés. Des lèvres rouges ressortaient sur son visage blême. Des larmes coulaient sur ses joues. Il ressemblait à un angelot tout droit sorti d'une fresque de Michel Angelo.

Il leva des yeux d'un bleu pâle vers moi et se mit à me parler en tchèque à toute vitesse. Je détournai le regard, gêné.

« Tu vois je connais tes goûts, » dit Aro.

« Merci ! » s'écria Juliette en lui sautant au cou.

Puis elle se leva lentement, sa cape entrouverte dévoilant son corps sublime, et s'approcha du jeune garçon, son regard empli d'envie.

Le garçon se figea, la bouche entrouverte, hypnotisé par la beauté féline que dégageait Juliette.

Elle ouvrit ses bras vers lui, maternelle. Il alla s'y blottir sans hésitation. Elle referma ses bras autour de ce petit corps et lui passa une main dans ses cheveux d'un geste rassurant.

Un silence profond s'appesantit dans la pièce, entrecoupé uniquement par les sanglots du garçon. Je lançai un coup d'œil vers Aro. Il avait les yeux fixés sur sa protégée, un sourire barbare sur les lèvres.

Puis Juliette pencha le visage vers son cou, l'embrassant d'abord avant d'y planter ses dents. Un simple hoquet s'échappa des lèvres de l'angelot.

Je la regardai, paralysé, l'odeur du sang atteignant mes narines. Elle buvait lentement, savourant chaque gorgée, les yeux fermés. Le visage du garçon pâlissait au fur et à mesure qu'elle le drainait de son énergie vitale.

Puis Juliette ouvrit des yeux injectés de sang qu'elle plongea dans les miens. Elle m'invita à la rejoindre d'un geste de la main sans lâcher sa proie. Je restai immobile, refusant de me joindre à elle. J'avais honte de la laisser faire, de la regarder prendre cette vie innocente, tel un spectateur assistant impuissant à une tragédie qui se jouait sous ses yeux. Quant à être acteur…Je ne pouvais me résoudre à cet acte aussi abject.

Penses à Bella…

Je lançai un regard écœuré vers Aro qui me dévisageait d'un air cynique. Bella…

Le seul argument susceptible de me faire fléchir. Aro avait trouvé mon point faible. Entre Bella et ce garçon, mon choix fut rapide. Il n'avait de toute manière aucune chance de s'en sortir vivant. Et j'aurais fait n'importe quoi pour préserver ma Bella.

Je lançai un rapide coup d'œil au garçon. Ses yeux s'étaient fermés et de ses lèvres entrouvertes parvenait une respiration rauque, saccadée. Je détournai le regard et m'avançai vers lui d'un pas déterminé, essayant de me persuader que par ce geste je sauvais ma Bella.

J'attrapai son poignet fin d'une main ferme et approchai sans hésiter mes lèvres de sa peau translucide au travers de laquelle j'apercevais les veines bleues. Sans plus réfléchir je plongeai mes dents acérées dans sa chair tendre et parfumée.