Pour ce chapitre, j'ai décidé de relater la même scène que celle du chapitre précédent mais du POV d'Edward cette fois-ci. Encore une fois, merci pour tous vos encouragements. Merci à Dansmabulle qui m'a relue. Sandrine, ma coupine, c'est pour toi ce chapitre !
XIX.
Trois jours…Cela faisait seulement trois jours que j'étais prisonnier de cet enfer. Non, prisonnier n'était pas le terme approprié. Pas de geôliers pour garder ma porte, pas de chaînes m'enserrant les poignets, pas de barreaux à mes fenêtres. Le seul lien qui me retenait ici était un chantage monstrueux dont j'étais la victime non consentante.
J'essayai de me vider l'esprit, de ne penser à rien, d'oublier mon passé, ma famille, de l'oublier ELLE. Mais je n'y arrivais pas. C'était au-dessus de mes forces. ELLE, c'était mon cœur, ma vie. Sans ELLE, je n'étais plus qu'une ombre impersonnelle, une enveloppe morte errant sur cette terre devenue d'une fadeur écœurante. Je m'étais interdit de prononcer son nom, que ce soit en paroles ou en pensées, c'était bien trop douloureux. L'apparition qu'elle avait faite dans ma longue existence avait été brève, mais elle m'avait marquée au fer rouge, laissant une empreinte indélébile dans mon cœur meurtri.
Pourtant, je n'arrivais pas à regretter ces quelques mois passés à ses côtés. Elle avait réanimé mon cœur mort, m'avait accepté tel que j'étais, m'avait fait confiance, m'avait aimé tout simplement. Mais je n'étais pas digne de son amour, j'étais un monstre qui n'avait pas le droit à ce bonheur. Et maintenant était venu le moment d'en payer le prix.
Qu'allait-elle penser de mon abandon ? Pour elle, je l'avais quittée sans même lui donner la moindre explication, je l'avais délaissée au profit d'une autre. Lâchement. Mais je savais qu'elle s'en remettrait, Jacob serait là, il la soutiendrait, et peut-être même…Non cette pensée était encore trop douloureuse. Elle me détesterait, mais mieux valait cela que la vérité. D'ailleurs, qu'aurais-je bien pu lui dire ?
Je me promenai dans les allées du magnifique parc qui entourait le château. Le décor féérique de ce lieu me paraissait absurde. Je n'aurais jamais cru que l'enfer sur terre puisse revêtir un costume aussi admirable. Et pourtant… Je m'arrêtai pour observer tout près de moi un écureuil au pelage brun-roux qui s'était dressé sur ses pattes arrière et fronçai son museau en me regardant d'un air curieux. Se rendait-il compte qu'il se trouvait à quelques mètres seulement du prédateur le plus dangereux de toute l'évolution ? Depuis que j'avais rejoint les Volturis, je me haïssais encore plus qu'avant, à un tel point que j'étais désormais incapable d'affronter ma nouvelle apparence dans un miroir, de faire face à ces yeux rouges qui me regardaient avec mépris. MES yeux. Comment allais-je survivre dans ce monde détestable régulé par toutes sortes de lois toutes plus perverses les unes que les autres ? Je commençais sérieusement à craindre pour mon équilibre mental. Heureusement, ces escapades dans le parc m'offraient une brève échappatoire face à l'influence néfaste de mes nouveaux compagnons.
Un vent glacé s'était levé, charriant des nuages noirs qui obscurcissaient le ciel matinal. L'écureuil, sentant le temps tourner, s'enfuit en sautillant. Je fermai les yeux, offrant mon visage à la caresse piquante de la brise, et pris une profonde inspiration. L'odeur marécageuse de la rivière mêlée à celle de la terre détrempée m'enivrait. J'avais toujours aimé cet instant fugace qui précédait l'arrivée d'une averse. Il me donnait une agréable sensation de liberté et me rappelait ma propre insignifiance face à la merveilleuse nature qui m'entourait. Mais aujourd'hui le charme n'agissait pas. Il n'agissait plus. Ma liberté, j'en étais désormais privé. A jamais. Pour toujours.
Soudain, je me pétrifiai. Par delà l'odeur saumâtre du fleuve, une fragrance d'une exquise douceur vint me chatouiller les narines et un flot de souvenirs me frappa en plein visage. Des images que je m'acharnais à oublier refluèrent dans mon esprit, provoquant une douleur lancinante dans ma poitrine. Du venin emplit ma bouche et mes pupilles se dilatèrent. Je sentis mes jambes fléchir et dus m'appuyer contre le tronc d'un arbre pour ne pas tomber. Ma mâchoire se crispa, je serrai les dents avec force. Non, c'était impossible, elle ne pouvait se trouver ici. Je devais probablement être en train d'halluciner, je ne voyais pas d'autre explication. Mais ce mirage olfactif était puissant, et je me mis à trembler tandis que ma respiration se faisait de plus en plus saccadée.
Je sursautai en entendant des bruits de pas craquant dans les gravillons de l'allée centrale qui longeait la mienne. Je bloquai instinctivement ma respiration, à l'affût, et plissai les yeux vers le chemin à demi dissimulé par une haie de thuyas. Jane et Alec marchaient à pas rapides, se dirigeant vers le portail d'entrée que je n'arrivais pas à voir depuis ma planque. Ils donnaient l'impression de glisser sur les graviers, leur longue cape noire flottant derrière eux avec grâce. Lorsqu'elle passa à ma hauteur, Jane se retourna brièvement dans ma direction et planta ses yeux dans les miens. Un éclat sadique éclaira son regard et un sourire cruel étira ses lèvres. Puis elle détourna les yeux et continua d'avancer comme si de rien n'était.
Quelques secondes plus tard, la voix glaciale de Jane détonna dans l'épais silence du parc.
« Carlisle ! Quelle bonne surprise ! »
Le nom prononcé me fit l'effet d'un coup de tonnerre. Carlisle. Carlisle était ici. Mon mentor, mon ami, mon père. Je m'étais plus ou moins attendu à sa visite, je savais qu'il exigerait des explications, mais pas si tôt. Je n'étais pas prêt à l'affronter maintenant, à affronter sa compassion, ses reproches, sa déception.
Soudain, la terrible réalité s'imposa à moi. Ce parfum à la fois onctueux, irrésistible et envoûtant…ELLE était là ! Avec lui ! Je fermai les yeux, en proie à un débat intérieur. Comment était-ce possible ? Jamais Carlisle ne l'aurait mise en danger de cette façon. Alors comment pouvait-elle être ici ? C'était bien trop dangereux pour elle…et bien trop douloureux pour moi. Carlisle était-il devenu irresponsable au point de les jeter tous deux dans la gueule du loup ? Non, mon père était l'image même de la sagesse. Jamais il ne l'aurait amenée si la moindre menace avait pesé sur elle. Alice avait probablement eu une vision. Connaissait-elle d'ores et déjà la raison de mon brusque revirement ?
La voix d'Alec me tira de mes pensées. J'aurais dû partir, rentrer au château et m'enfermer jusqu'à ce qu'elle s'en aille. Cependant je restai scotché sur place par une force que je ne pouvais combattre. Dans quelques secondes tout au plus je connaitrai la joie indicible de l'apercevoir pour la toute dernière fois. Et c'était la seule chose qui comptait. Je savais que sa vision me plongerait dans un profond état d'accablement, mais après tout, cela ne pouvait être pire que ce que je ressentais déjà. Et puis j'étais bien incapable de m'enfuir sans la voir alors que je la savais si proche.
Le temps qu'ils mirent pour remonter l'allée me parut une éternité. Lorsque j'entendis enfin les bruits de pas s'approcher, mon cœur sembla repartir dans ma poitrine. Son apparition entre les branches des thuyas me fit un choc. Elle était tellement belle, on aurait dit un ange. Mon ange. Encore plus belle que dans mes souvenirs. Plus fragile aussi. Ses magnifiques yeux chocolat exprimaient toute la terreur qu'elle ressentait. Elle avançait d'une démarche hésitante, telle une condamnée qu'on mène au pilori. La comparaison me rendit enragé et je serrai les doigts autour du tronc sur lequel je m'étais appuyé, broyant par la même occasion le bois que je transformai en copeaux. Je dus focaliser toute ma volonté pour ne pas surgir dans l'allée et l'attraper afin de l'emmener loin de ce lieu de malheur.
A ses côtés, Carlisle était d'une sérénité à toute épreuve. J'admirai son sang-froid. Il sembla remarquer également le trouble de mon amour et lui offrit un sourire réconfortant avant de passer un bras autour de sa taille et de l'attirer à lui en un geste protecteur. Une bouffée de jalousie m'envahit. Il n'avait pas le droit de la toucher ainsi, pas le droit de la consoler, pas le droit de la protéger, c'était à moi de le faire, à moi et moi seul. Malheureusement, quelle que soit l'intensité de mon envie, intervenir en cet instant revenait à un suicide.
Lorsque le petit groupe disparut de mon champ de vision et entra dans la cour du château, le parc me sembla soudain froid et terne…sans vie. Je me laissais tomber le long d'un tronc d'arbres et cachai mon visage dans mes mains, pris d'un hoquet nerveux. Pour la première fois depuis que j'étais vampire, j'aurais aimé pouvoir pleurer, évacuer cette douleur insupportable qui me torturait. Mais j'étais maudit, et le maigre soulagement que pouvaient apporter les larmes ne m'était même pas accordé. Un profond désespoir s'abattit sur mes épaules, je n'avais plus envie de marcher, plus envie de chasser, plus envie de rire, en un mot, je n'avais plus envie de vivre. Et je ne pouvais même pas songer à en finir. Le courroux d'Aro d'avoir perdu un « bien » si précieux se dirigerait vers ma famille. J'étais condamné à vivre, non, survivre, avec ce trou béant dans ma poitrine. Je restais prostré ainsi pendant un long moment, ne ressentant pas le besoin ni l'envie de me lever. Je voulais rester seul, m'endormir ici et ne jamais me réveiller.
Soudain, un froissement d'étoffes me tira de mes pensées macabres. Je levai des yeux emplis de tristesse vers l'intrus. Juliette était plantée devant moi, immobile, et me regardait avec dédain. Je me levai pour lui faire face et plongeai des yeux pleins de mépris dans les siens. J'étais bien décidé à ne pas la laisser voir l'étendue de ma douleur, elle qui était l'origine de mon malheur. La culpabilité que j'avais ressentie envers elle avait vite cédé la place à de l'aversion. La Juliette que j'avais connue était morte et j'en avais fait mon deuil. L'être qui se tenait face à moi n'était qu'un monstre dangereux et dément qui avait pris son apparence. Un monstre qui me tenait entre ses griffes.
Nous nous toisâmes un instant avant que son visage ne s'adoucisse. Elle tendit sa main fine vers ma joue afin de la caresser.
« Mon pauvre amour… »
J'eus un mouvement de recul. Elle parut un instant surprise, mais ses yeux reprirent rapidement leur habituel éclat dur et elle prononça d'une voix froide :
« Aro m'a chargé de venir te chercher. Il veut te voir. Nous allons jouer aux amoureux, comme au bon vieux temps. Tu lui diras que tu souhaites rester avec nous, avec moi plus précisément. Mais je préfère te prévenir, si tu tentes quoi que ce soit de stupide, ta petite copine en subira les conséquences. »
Sans attendre de réponse, elle pivota des talons et partit rapidement en direction du château de sa démarche féline. Je la suivis et en moins d'une seconde, nous nous trouvâmes devant la porte qui s'ouvrait sur la pièce où Aro m'avait fait chanter quelques jours plus tôt. Juliette se tourna vers moi et me lança un dernier regard menaçant avant d'ouvrir la lourde porte. Le parfum de mon aimée me sauta au visage telle une douce torture. Les souvenirs qui accompagnaient cette odeur étaient une plaie ouverte et je dus lutter pour ne pas m'écrouler de tristesse. Juliette ignora mon trouble. Elle me prit par la main et m'entraina à l'intérieur. Je me laissai faire, docile.
Lorsque j'entrai dans la pièce, tous les regards se braquèrent sur moi. Le cœur de mon amour s'accéléra en un rythme effréné, me rappelant son émoi chaque fois que je la touchais. Ces battements étaient pour moi le plus beau son de cette terre. J'avançai avec difficulté, j'avais l'impression que mes jambes pesaient une tonne. J'avais peur de flancher si je la regardais, mais mes yeux refusèrent d'écouter ma raison et ils se posèrent sur elle. Lorsque je croisai son regard, tout ce qui n'était pas nous s'effondra soudain. Elle était là, à quelques mètres seulement de moi. Je pouvais sentir la chaleur qui émanait de son corps et son souffle brûlant et si attirant. Une violente envie de l'embrasser et de la serrer contre moi s'empara de moi. Elle était là, si proche, et pourtant inaccessible. Ses yeux s'emplirent d'horreur lorsqu'elle remarqua la teinte rouge vif de mes prunelles. Je détournai immédiatement le regard, blessé par le dégoût que je devais lui inspirer.
Edward je suis heureux de te voir.
Je levai les yeux vers Carlisle. Celui-ci me regardait avec ses habituels yeux emplis de bonté. Dans ses pensées, aucun reproche, aucun ressentiment, juste de la joie et de l'amour. Mon visage restait de marbre, mais je plongeai mes yeux dans les siens et le fixai intensément, pathétique tentative afin de lui faire comprendre que j'étais enchaîné.
Que se passe-t-il ? me demanda-t-il sans un mot. Je lui lançai un regard lourd de sens, dans l'espoir qu'il comprenne. Mais je n'osais aucune parole, aucun geste qui aurait pu nous trahir.
« Edward… »
La voix rauque de mon amour me fit l'effet d'un coup de poignard. A traves ces deux syllabes, elle me criait son amour, sa détresse, mais aussi son incompréhension face à ma froideur. J'aurais voulu pouvoir lui dire à quel point je l'aimais, la rassurer. Mais je ne pouvais rien faire. Je me focalisai sur ma frustration afin de ne pas la laisser voir ma douleur. Je serrai la main glacée de Juliette avec une telle force que si elle avait été humaine, je lui aurais sans doute broyé les os. Je la haïssais de me faire subir une telle torture.
« Tu aimes mon nouveau jouet, Bella ? »
Un courant de rage me traversa le corps lorsque Juliette prononça le nom de mon amour. J'eus l'impression qu'elle salissait ce nom tant chéri. Puis, avec un rictus mauvais, Juliette me prit le visage dans ses mains et plaqua ses lèvres avec violence contre les miennes. Un profond dégoût me submergea, mais je me laissai faire. Je devais jouer le jeu, si je me rebiffais, les conséquences seraient terribles. Je fermai donc les yeux, pensant à mon amour. Mais ses lèvres étaient dures et son haleine glacée. Je tentai de me rappeler les lèvres douces et chaudes de mon aimée, son souffle brûlant et parfumé et sa langue qui caressait amoureusement la mienne.
Lorsqu'elle me relâcha enfin, un sourire de triomphe étira ses lèvres. Je dus une nouvelle fois concentrer toute ma volonté pour ne pas la gifler. Pourquoi la torturait-elle ainsi ? Le masque d'apathie que je m'étais forgé menaçait de s'écrouler. Je pris une profonde inspiration afin de tenter de me calmer. Mais mon regard trahissait la colère que j'éprouvais.
« Edward, mon fils ? » m'interpella Carlisle de sa voix douce et paternelle.
Edward que t'ont-ils fait ?
Je haussai imperceptiblement les sourcils en geste d'impuissance.
« Carlisle, je suis désolé. J'aurais dû te prévenir. J'ai décidé de rester avec les Volturis, » répondis-je d'une voix froide. J'avais prononcé ces mots d'une traite, comme si j'avais peur de ne plus être capable de les prononcer si je réfléchissais trop à leur terrible signification.
« Edward… »
La voix de mon amour n'était plus qu'un murmure, une supplique silencieuse. Je gardai obstinément les yeux baissés au sol. Mon nom prononcé de cette manière et par cette voix que j'affectionnais tant me torturait atrocement. J'avais peur de lever les yeux vers elle, j'avais peur de flancher, de laisser tomber le masque et de me précipiter vers elle les bras ouverts. Mais je devais rester de glace. C'était mieux ainsi. Mieux valait qu'elle croie que je ne l'aimais plus. Ce serait plus facile pour elle de passer à autre chose.
« Très bien. Edward, tu sais que je t'ai toujours laissé libre de tes actes. Mais saches que je serai toujours là pour toi, » prononça Carlisle.
A ces mots, le masque tomba. C'en était plus que je ne pouvais supporter. J'avais l'impression de trahir les personnes qui m'aimaient et me faisaient confiance. J'avais envie de leur crier que je n'étais pas cet être abject, que j'étais manipulé, et que c'était pour les sauver que j'agissais ainsi. Juliette me serra la main, me rappelant à l'ordre. Non, je ne devais rien faire de stupide. Il en allait de leur vie.
« Nous ferions mieux d'y aller, » déclara Carlisle.
Oui, c'est ça, partez je vous en supplie. Je ne me sentais pas capable de jouer cette comédie encore longtemps.
« Malheureusement, je ne pense pas que ce sera possible.»
Je me tournai vers Aro, surpris. Il affichait un air positivement enjoué. Il prenait un malin plaisir à cette mascarade et ne le cachait pas.
« Comment ça ? » demanda Carlisle avec son calme habituel.
Il eut à peine le temps de finir sa phrase que la porte s'ouvrit et Flavius entra. Je poussai un soupir inaudible de soulagement. Depuis que j'étais enfermé ici, Flavius était mon unique réconfort. Il était venu plusieurs fois me parler, tentant de me faire oublier ma condition d'esclave.
Flavius ouvrit les bras en direction de Carlisle. Ils se saluèrent comme deux vieux amis qui ne s'étaient pas revus depuis des années. Puis il se tourna vers Aro.
« Désolé d'interrompre votre entrevue, mais lorsque j'ai appris que mon vieil ami était ici, je n'ai pas pu résister à l'idée de venir le saluer. »
Il planta ses yeux dans ceux d'Aro. J'eus un instant l'impression que ces deux anciens s'affrontaient du regard.
Ne t'inquiètes pas Edward, il ne leur fera pas de mal.
Je fronçai les sourcils. Comment pouvait-il en être aussi sûr ? Puis, à mon grand étonnement, Aro baissa les yeux. Il se pinça les lèvres, tentant de contenir sa colère. Carlisle fut le premier à briser le lourd silence qui s'était installé.
« J'aurais été heureux de discuter avec toi, Flavius, mais malheureusement, Bella et moi allions nous éclipser. »
Aro, quant à lui, fulminait.
« Jane ! Alec ! » Sa voix était déformée par la rage. Il ne prenait même pas la peine de la dissimuler.
Jane et Alec apparurent.
« Ramenez-les à l'entrée du château, » prononça-t-il avec froideur.
J'osais lever les yeux vers Carlisle, prenant soin d'éviter de croiser le regard de Bella. J'essayai de lui dire que j'étais désolé, de lui faire comprendre que je me trouvais dos au mur et que j'avais agi ainsi pour eux. A mon grand étonnement, il hocha la tête imperceptiblement. Avait –il compris ? Il me connaissait assez pour lire mes sentiments dans mes yeux, et sa perspicacité m'avait toujours étonné.
C'est bien ce que je pensais, tu es ici contre ton gré. Ne t'inquiètes pas, fils, on va te sortir de là.
Sur ce, il prit le bras de mon amour et l'entraina hors de la pièce. J'eus à peine le temps d'entrevoir une chevelure auburn. Puis plus rien. Ils étaient partis.
