Désolée pour le temps que j'ai pu mettre à publier ce chapitre, mais j'ai eu pas mal de difficultés à l'écrire. J'espère que vous l'aimerez, j'avoue que j'ai un peu peur de vos réactions !
Sinon rien à voir, je voulais juste vous dire que je vais à la convention Twilight à Paris avec plusieurs amies qui écrivent également des fics, et nous avons pensé que ça pourrait être sympa de se voir toutes là-bas. Alors si vous comptez vous rendre à la convention, n'hésitez pas à me laisser un MP.
XXI.
« Avant de commencer, je souhaiterais juste te rappeler une chose. Cette histoire s'est déroulée il y a de cela deux-mille ans, et les mœurs étaient bien différentes de celles d'aujourd'hui. Alors s'il te plait prends le temps de réfléchir avant de les juger. »
Je hochai la tête avec véhémence, mon impatience grandissant face à ses paroles pour le moins intrigantes. Carlisle prit une grande inspiration et se pinça l'arête du nez en signe de réflexion. Puis il commença son récit.
« Aro est né à Rome en l'an onze de notre ère. Il était le second fils d'une des plus puissantes familles patriciennes de l'empire, les Valerii. Je ne sais pas grand-chose sur ses parents, mis à part que son père était un grand ami de l'empereur Tibère et que cette amitié lui octroyait pas mal de privilèges. Quant à sa mère, c'était une femme insignifiante et à la santé chancelante qui ne quittait jamais sa villa.
« A l'époque, seul le premier fils comptait, et Aro a rapidement été confié à la garde d'esclaves. C'était un jeune garçon frêle et taciturne mais d'une intelligence rare. Intelligence qui n'a pas été reconnue à sa juste valeur, les yeux de tous étant braqué vers son frère ainé, Titus, à qui l'on prédisait une brillante carrière militaire. Cependant, de par son rang, Aro avait néanmoins la chance d'avoir un précepteur sélectionné parmi les esclaves les plus cultivés de l'époque.
« Il avait cinq ans lorsque sa petite sœur Didyme est née. Il s'est très vite attachée à elle, pauvre petite chose qui était comme lui reléguée dans un coin de la villa. En grandissant, leur lien a rapidement pris une tournure exclusive. Il était tout ce qu'elle avait et vice-versa, et il était heureux ainsi. Tout allait bien dans le meilleur des mondes…Du moins jusqu'à ce que leur père meure. Aro avait quinze ans à l'époque. C'est son frère qui reprit les rênes de la maison, pour le malheur de tous.
« Titus était un homme cruel et froid, seul le pouvoir l'intéressait. »
« Un trait de famille… » ne pus-je m'empêcher de répliquer. Carlisle me gratifia d'un sourire complice.
« Sûrement. Quoiqu'il en soit, celui-ci n'avait aucune envie de s'encombrer d'un frère inutile qui représentait une menace à ses yeux et il s'en débarrassa en l'envoyant dans une garnison en Gaule. Cet exil forcé s'avéra très difficile pour Aro, lui qui était habitué au luxe. Il n'avait jamais été préparé au mode de vie spartiate qui l'attendait dans les camps et en a beaucoup souffert. Mais tout cela n'était rien en comparaison à la douleur qu'il ressentait d'avoir été séparé de sa sœur qu'il aimait tant. Il avait l'impression de l'abandonner, de la laisser sans protection face à la sournoiserie de leur aîné. D'une certaine manière, il n'avait pas tort…Titus avait des projets pour elle.
« A treize ans, Didyme était déjà une beauté réputée, et son charme ajouté à son rang et sa fortune faisait d'elle une cible de choix pour tous les célibataires de Rome. Cela malheureusement n'avait pas échappé à Titus. Quelques jours à peine après le départ d'Aro pour la Gaule, il la força à épouser l'un des plus puissants tribuns de la cité. C'était un homme veuf d'une cinquantaine d'années très influent au sénat, mais aussi réputé pour ses sautes d'humeur violentes.
« De son côté, Aro, grâce à sa ruse et sa mesquinerie, avait rapidement grimpé les échelons de la hiérarchie militaire et malgré son jeune âge, il était devenu l'un des généraux les plus craints et révérés par ses hommes. En cherchant dans les livres d'histoire, j'ai appris que la cruauté d'Aro envers ses ennemis et les méthodes de torture qu'il affligeait aux traîtres étaient exceptionnellement barbares, même pour cette époque, mais par ces actes, il se faisait respecter de ses hommes.
« Lors d'une émeute particulièrement sanglante, il faillit se faire tuer mais fut sauvé de justesse par un jeune soldat. Les deux hommes ont très vite sympathisé. Le soldat était issu d'une classe sociale relativement pauvre, mais cela n'a pas empêché Aro de le promouvoir aide de camp… Le jeune homme en question s'appelait Marcus. »
Je dévisageai Carlisle, interloquée. Celui-ci hocha la tête.
« Oui c'est bien de notre 'ami' qu'il s'agit. » Il resta silencieux un moment, perdu dans ses souvenirs. Puis il reprit la parole.
« Après dix longues années passées en Gaule, Aro décida de rentrer à Rome. Il avait appris le mariage de sa sœur par inadvertance quelques années auparavant, ce qui l'avait mis dans une rage folle. Certains soldats ont même affirmé que le soir où on lui avait appris la nouvelle, il avait choisi dix hommes parmi ses légionnaires et les avait fait crucifier sans aucune raison, regardant avec avidité leur souffrance sur la croix et riant face à leurs supplications.
« Il était certes cruel, mais sa hardiesse dans les batailles supplantait et même excusait ce défaut, et c'est en héros qu'il fit son grand retour dans la cité mère. Il était accompagné de Marcus qui était devenu à la fois son bras droit, son conseiller, son confident, et même son ami… Même les pires hommes ont besoin d'une épaule sur laquelle s'épancher, et Aro ne fait pas exception à la règle.
« Il décida de se rendre directement chez son frère. Ce dernier lui réserva un accueil glacial, mais la tradition romaine l'obligeait à lui offrir l'hospitalité, ce qu'il fit donc à contrecœur. Aro n'attendit pas longtemps avant de frapper. La nuit venue, il se glissa dans la chambre de Titus et l'égorgea dans son sommeil. Puis il orchestra une mise en scène visant à faire croire à un simple cambriolage qui avait mal tourné. Bien sûr, personne ne fut dupe de la supercherie, mais cela importait peu. Seules comptaient les apparences. A l'époque, les règlements de compte entre frères étaient monnaie courante.
« Lorsqu'elle apprit le retour d'Aro, Didyme se précipita à la villa. Son frère la reconnut à peine. Son visage était émacié, ses joues creusés, son teint pâle et son regard constamment triste, sans compter les bleus qui proliféraient sur ses bras. C'est ce qui motiva Aro à commettre un nouveau meurtre. Avec la complicité de sa sœur qui était plus que ravie qu'on la débarrasse enfin de son époux violent, il entra subrepticement dans la vaste demeure de son beau-frère et le poignarda. Puis il jeta le cadavre dans le canal et fit porter le chapeau à un malheureux esclave qui se retrouva au bout d'une corde.
« Didyme retourna vivre avec son frère à la villa. Pour ma part, je suis persuadé que ce furent les plus belles années de l'existence d'Aro. Il était puissant, riche, respecté, et vivait en harmonie avec sa sœur et son ami. »
Carlisle se leva et se dirigea vers la fenêtre par laquelle on pouvait apercevoir au loin le château royal dont la façade était éclairée par de multiples faisceaux jaune orangés. Je restai muette, mon esprit vagabondant encore dans les ruelles étroites et pavées de la Rome antique. Bien sûr, je savais qu'Aro n'avait pas toujours été vampire, mais j'étais bien loin de me douter de tout cela.
Lorsque Carlisle se retourna, il tenait son poing serré devant sa bouche et un pli soucieux lui barrait le front. Il poussa un profond soupir et reprit son histoire d'une voix profondément grave.
« Malheureusement, le destin, ou devrais-je dire la fatalité, s'en est mêlé, et ce qui devait arriver arriva. Didyme et Marcus se sont épris l'un de l'autre. Ils étaient pleinement conscients que leur union était bien entendu inenvisageable, pas uniquement à cause de leur différence de classe sociale, mais surtout à cause d'Aro. Celui-ci avait pour sa sœur une profonde affection, exclusive et égoïste. Et même si il appréciait Marcus, jamais il n'aurait accepté de partager Didyme avec son ami. Les deux tourtereaux ne le savaient que trop bien, et très vite s'engagea une interminable partie de cache-cache dans la villa. Au début, ils se montraient extrêmement prudents, faisant bien attention de ne rien laisser paraitre. Puis au fil du temps, leur garde se relâcha. Cependant Aro, qui accordait une confiance aveugle envers ses deux compagnons, ne remarqua rien. C'est alors qu'entra en jeu un nouveau personnage.
« Cela faisait déjà près d'un siècle que Caius était vampire. Il commençait à en avoir assez de sa solitude et de la vie de nomade qu'il menait. Après avoir été témoin de la conquête de Rome, il aspirait à son tour à une existence faite de domination et de richesse. Mais pour cela, il avait besoin de compagnons éclairés, et c'est dans ce but qu'il se rendit au cœur même de cette culture qu'il admirait tant.
« Il entendit bien vite parler d'Aro et de ses exploits en Gaule. Il correspondait à tout ce que Caius recherchait : charisme, intelligence, ruse…mais aussi sadisme et cruauté. Il se renseigna sur Aro, interrogeant discrètement les gens qui l'entouraient, soudoyant les esclaves de la maison. Comme tu peux t'en douter, il apprit rapidement la liaison de Didyme et Marcus. Cette situation cocasse l'amusa et il décida de se livrer à un jeu vicieux qui lui permettrait à la fois de tester son futur compagnon, mais aussi de se divertir.
« Ainsi, alors qu'Aro était en route pour assister à une séance au Sénat, un courrier vint à sa rencontre et lui tendit une missive anonyme lui conseillant de retourner chez lui, précisant qu'il y découvrirait des choses intéressantes. Intrigué, Aro rebroussa chemin. Lorsqu'il arriva à la villa, Marcus, qui partait plusieurs jours en mission, faisait des adieux émouvants à sa sœur et l'embrassait sans retenue. Une fois celui-ci parti, Aro, qui était dans une colère noire, se précipita sur Didyme. Il l'attrapa par la gorge et la frappa violemment au visage, espérant par ce geste qu'elle se soumette et éprouve quelque remords. Seulement, Didyme était fière, et elle lui tint tête, ce qui eut pour unique effet de faire enrager Aro encore davantage, jusqu'à ce qu'il devienne incontrôlable. Et il… »
Carlisle se tut, hésitant. Je levai les yeux vers lui. Ses traits étaient crispés en un rictus de profond dégoût, ses yeux trahissaient sa colère. C'était la première fois que je le voyais ainsi, lui qui était habituellement d'une sérénité à toute épreuve.
Il leva la tête vers moi et lorsque son regard croisa le mien, il se radoucit instantanément.
« Carlisle ? Ca va ? » lui demandai-je d'une petite voix.
« Tu es sûre de vouloir connaitre la suite ? »
Je hochai la tête avec hésitation, soudainement plus aussi certaine de pouvoir supporter d'autres sauvageries. Mais je devais savoir.
« Il l'a violée, » prononça Carlisle dans un souffle.
En entendant ces mots, mon sang se glaça dans mes veines et je frissonnai. L'atrocité de la scène apparut devant mes yeux dans tout ce qu'elle avait d'horrible et de malsain. Je déglutis péniblement et demandai à Carlisle de continuer d'une voix mal assurée.
« Après cela, un accord tacite fut conclu entre eux. Jamais ils ne parleraient de cela à qui que ce soit. Lorsque Marcus revint à la villa quelques jours plus tard, il ne se douta pas un seul instant du drame qui s'était joué en son absence.
« De son côté, Caius jubilait. Il avait pu observer par lui-même la perversité d'Aro, mais jamais il n'aurait cru que ce dernier irait jusque là. Il se délectait de ce drame digne d'une tragédie grecque, et décida d'attendre encore un peu avant de procéder à la transformation d'Aro.
« Malheureusement, les dieux avaient décidé de s'acharner sur cette maison, et neuf mois après l'incident, Didyme mit au monde un garçon. Marcus, persuadé d'en être le père, était fou de joie. Il avait été surpris face au manque de réaction d'Aro lorsqu'il lui avait appris qu'il aimait sa sœur et qu'elle portait son enfant, mais la suspicion céda rapidement la place à l'euphorie d'être père. »
« Tu quoque fili…Flavius ! » m'exclamai-je, plus pour moi-même que pour Carlisle.
« Exact, » me répondit celui-ci.
« Et… le père…c'est Aro ou Marcus ? » demandai-je d'une voix chevrotante.
Carlisle haussa les épaules en signe d'ignorance.
« Personne ne le sait. Quoiqu'il en soit, Aro tomba gravement malade peu de temps après la naissance de l'enfant, ce qui contraignit Caius à le transformer plus tôt qu'il ne l'aurait voulu. Il enchaîna dans la foulée avec Marcus, de peur qu'Aro ne s'interpose. Il les éloigna de la villa, les emmenant dans une grande demeure située dans la campagne proche, laissant Didyme seule avec son bébé.
« Les deux hommes commencèrent leur apprentissage dans cette maison isolée. Ils avaient tous deux envie de revoir Didyme, mais ils savaient pertinemment que c'était impossible…du moins pas dans l'immédiat.
« Deux autres années s'écoulèrent ainsi, deux années durant lesquelles ils posèrent les fondations de ce qui serait plus tard l'ordre des Volturis. Une nuit, Marcus ne put résister à l'envie d'aller rendre visite à son amour qu'il ne parvenait pas à oublier. Malgré les nombreuses mises en garde de Caius, il lui révéla son secret, et contre toute attente, la peur que son amant lui inspirait fut rapidement supplantée par la joie qu'elle avait de pouvoir enfin le revoir.
« Les visites secrètes de Marcus à Didyme, au début rares, se firent de plus en plus fréquentes. Il comprit rapidement qu'il ne pouvait vivre sans elle et envisagea de la transformer. Ce à quoi elle consentit sans l'ombre d'une hésitation. Ils s'aimaient d'une passion dévastatrice, et étaient prêts à tous les sacrifices pour pouvoir passer le restant de leur existence ensemble.
« Didyme confia Flavius à son ancien maitre d'école, un vieil homme érudit et sage qui ne jurait que par Socrate. Elle savait qu'entre ses mains, son fils ne manquerait de rien, néanmoins, le déchirement de la séparation la marqua profondément.
« Malgré son jeune âge, Marcus eut assez de volonté pour ne pas la vider de son sang. Il resta près d'elle le temps que son changement s'opère, lui serrant la main et la rassurant. Puis il la mena à ses amis. En la voyant, Caius partit dans une colère noire, tandis qu'Aro restait silencieux, ne laissant transparaitre aucune émotion. Mais le mal était fait, et ils durent apprendre à vivre avec elle bon gré mal gré.
« Ils vécurent ensemble durant vingt ans, s'imposant comme les leaders du monde vampirique, créant une armée qui leur était entièrement dévolue. Mais Didyme n'arrivait pas à oublier son fils, et chaque jour elle suppliait Marcus d'aller le chercher. L'instinct maternel m'échappe parfois, surtout lorsque ça conduit à une décision aussi extrême. Marcus refusa d'abord, il savait que ce n'était pas une bonne idée. Mais face aux supplications incessantes de sa femme qu'il voyait dépérir de jour en jour, il finit par lui céder.
« C'est ainsi que Flavius rejoignit leur clan. Caius, d'abord fâché, remarqua rapidement les nombreuses qualités de Flavius, qualités qui pouvaient s'avérer bien utiles dans leurs plans. Et puis le grotesque de la situation l'amusait, lui qui était au courant de toute l'affaire sans qu'aucun ne le sache.
« Pour Aro, en revanche, l'arrivée de Flavius fut bien plus difficile à accepter. Il était le symbole vivant des atrocités qu'il avait fait subir à sa sœur qu'il aimait tant. Malgré tout, les deux hommes se lièrent rapidement d'amitié. Bien entendu, Flavius ignorait totalement qu'il y avait une chance pour que son oncle soit également son père. Ce ne fut que bien plus tard qu'il apprit toute l'histoire. »
Carlisle fit une nouvelle pause, tandis que je tentais d'assimiler toute cette histoire. Soudainement, Aro m'apparaissait sous un jour nouveau, il n'était plus le vampire au port royal qui inspirait respect et crainte, non, c'était juste un homme au passé lourd et torturé.
« Plusieurs siècles passèrent, et les Volturis emménagèrent à Volterra. Malgré le temps, Marcus et Didyme s'aimaient toujours aussi profondément, ils étaient devenus inséparables. Un jour, Marcus confia à Aro son désir de les quitter afin de mener une existence paisible aux côtés de son épouse. Il en avait assez de la politique, des complots et des soulèvements, il aspirait à une vie sereine auprès de la femme qu'il aimait.
« Aro, que la soif de pouvoir avait endurci, ne répliqua pas. Cependant, il savait que les bases de leur puissance reposaient sur leur trio, et que si l'un d'entre eux s'en allait, cela risquait d'ébranler les fondations même de leur ordre. Après plusieurs jours à envisager toutes les solutions possibles, il finit par en retenir une : faire disparaitre sa propre sœur.
« Celle-ci, pressentant le danger, se confia à son fils, lui révélant absolument tout. Le lendemain, alors qu'elle était partie chasser, elle fut retrouvée morte, déchiquetée par des loups-garous, selon la version officielle. Ce jour-là, la vie de Marcus bascula. Affligé comme jamais, il tomba dans cet état apathique dans lequel tu l'as rencontré. Mais Aro ne parvint pas à leurrer Flavius. Celui-ci était intimement persuadé qu'Aro était à l'origine de la mort de sa mère. Mais il lui fallut du temps avant de le confronter.
« Lorsqu'Aro apprit que Flavius était au courant de toute l'affaire, il fut pris de panique. Si une telle chose venait à se savoir, c'en était fini de son règne. Mais par respect pour sa mère, Flavius n'avait aucune intention de dévoiler quoi que ce soit. D'autant plus qu'il ressentait une profonde affection envers Marcus, et il n'avait pas l'intention de le blesser davantage.
« Flavius décida malgré tout de rester auprès des Volturis, il savait qu'Aro, persuadé d'être son père, ne tenterait jamais rien contre lui. Depuis, les deux hommes entretiennent une relation à la fois distante et respectueuse. Flavius en veut à Aro pour tout ce qu'il a fait subir à sa mère, mais il n'arrive pas à le haïr autant qu'il le voudrait. »
Le récit de Carlisle achevé, il me fallut un certain temps avant de reprendre mes esprits. Une question me brûlait les lèvres.
« Est-ce qu'Aro…est-ce qu'il aime son fils ? » demandai-je d'une voix si basse que c'en était presque un chuchotis.
Carlisle me répondit sans l'ombre d'une hésitation.
« Oui, il l'aime et je suis même prêt à parier qu'il donnerait tout ce qu'il possède pour lui. »
Je restai silencieuse, réfléchissant à cette révélation.
« Dans ce cas…Flavius pourrait peut-être utiliser l'ascendant qu'il possède sur Aro pour nous aider à faire sortir Edward de là, » proposai-je, pleine d'espoir.
Carlisle secoua la tête avec véhémence.
« Non. Comme je te l'ai dit, Flavius ne fera jamais rien contre Aro. Et je refuse de le faire chanter. Je ne vois pas comment je pourrais le convaincre de nous aider. »
« Moi je sais, » murmura une voix derrière nous.
