Et voilà, le dernier chapitre est arrivé ! Il a été plutôt laborieux à écrire, mais j'ai finalement réussi ! J'espère que vous ne serez pas trop déçus du dénouement. Je suis contente d'avoir réussi à finir cette fic, j'avoue qu'à certains moments je pensais ne jamais y arriver ! Ma première fic !! Merci à tous ceux qui l'ont suivie dès le début, ainsi qu'à ceux qui l'ont prise en cours de route. Et surtout merci de votre patience à mon égard ! Enfin, elle n'est pas tout à fait terminée, car j'écrirai probablement un épilogue à cette histoire…

Je tiens particulièrement remercier la team des PA d'Allociné, sans elles je ne saurais toujours pas ce qu'est une fic !!

Merci à ma Sandrine qui m'a relue et qui m'a bottée les fesses pour pas que je laisse tomber.(je l'entends déjà me dire « quand est-ce qu'on aura la suite de Vain Struggle ? » lol)

Ce chapitre est pour ma sœur et mon neveu Benjamin, je vous embrasse et courage, je vous aime !

XXV.

POV Edward

Tues- la…

La voix cristalline de Juliette retentit dans mon esprit, à la fois douce et sans appel. Soudain, telle une décharge électrique, ma gorge sèche me tirailla comme jamais jusqu'ici tandis qu'une soif impérieuse s'emparait de moi. Un irrésistible parfum que je ne connaissais que trop bien emplit peu à peu la pièce, plus sûrement que si Bella venait de se couper. Une odeur à la fois douce et fruitée, comparable à aucune autre… et terriblement alléchante. J'arrêtai immédiatement de respirer et déglutis péniblement, tentant d'ignorer le venin qui me montait à la bouche.

Prends sa vie, c'est ce que tu as toujours voulu au fond de toi, tu le sais…

NON ! Lutter était inutile. Je sentais ma volonté s'effriter telle un barrage face à une faim que je ne parvenais plus à contrôler. Je portai une main à ma gorge douloureuse en tentant de résister avec le peu de lucidité qu'il me restait. Les pensées des personnes présentes dans la pièce se mêlaient dans mon esprit en un bourdonnement inintelligible, le seul son que je parvenais à discerner étant celui du pouls de Bella qui battait à un rythme effréné. Ce bruit, c'était celui de son sang qui refluait dans son cœur encore et encore…

Mes jambes avancèrent d'elles-mêmes sans que mon esprit ne leur en ait donné l'ordre, j'étais comme une marionnette tirée par des fils invisibles. Il me sembla entendre quelqu'un crier, mais tout ce qui m'entourait était devenu flou, sans intérêt. Seule Bella comptait… seul son sang comptait. Une fois prêt d'elle, j'attrapai son corps chaud sans ménagement, lui passant une main derrière la nuque tandis que l'autre lui enserrai la taille. Elle n'était plus qu'une proie prise au piège par son prédateur en une étreinte à l'issue fatale. Je marquai une hésitation. Quelque chose clochait, la proie se montrait étrangement coopérative. Ce n'était pas comme ça d'habitude.... Qu'importe… Je me penchai avec lenteur vers son cou offert, prêt à me repaitre de sa force vitale.

Mon dieu Edward, si tu savais comme je t'aime ! Ne t'en veux pas, tu n'y es pour rien…

Quoi ? NON ! Un éclair de lucidité traversa mon esprit. Je relevai légèrement la tête, à la fois abasourdi et choqué. Venais-je à l'instant d'entendre les pensées de Bella ?… Bella… Qu'étais-je en train de faire ? C'était le moment qu'elle avait choisi pour laisser tomber les barrières de son esprit. Elle continuait à croire en moi alors même que je m'apprêtais à la tuer sans aucun scrupule… Je n'avais pas le droit de prendre sa vie ! Elle qui m'avait tant donné…

Edward, souviens-toi de qui tu es.

Par-dessus le brouhaha des pensées de chacun, la voix de Carlisle résonna distinctement dans mon esprit, et l'envoûtement sous lequel Juliette me tenait acheva de se dissiper. L'espace d'un instant, je fus tenté de faire volte-face et de lui sauter à la gorge afin de lui faire payer tout ce qu'elle nous faisait endurer. Mais je me ravisai, sachant très bien que c'aurait été une mauvaise idée. Si j'agissais par impulsion, Bella serait la première à en payer les conséquences. Je devais bien me rendre à l'évidence, quoi que je fasse elle n'avait aucune échappatoire… Humaine au milieu d'une bataille entre immortels, elle était condamnée.

La pression de sa petite main contre ma poitrine m'arracha à mes réflexions.

« Je t'aime » murmura-t-elle d'une voix pleine de confiance.

La solution s'imposa alors à moi, limpide et évidente, comme si elle s'était toujours trouvée sous mes yeux mais que je ne la voyais que maintenant.

« Fais-moi confiance, » lui susurrai-je à l'oreille, si bas que mes congénères ne purent entendre.

Je la sentis se détendre. Malgré tout le mal que je lui avais fait, elle continuait à avoir foi en moi… et cette fois, je ne la décevrai pas.

J'effleurai de mes lèvres la peau délicate de son cou afin de me repaitre une dernière fois de sa douceur et de son arôme si envoûtant. Son corps chaud et fragile pressé contre le mien me manquerait, mais je n'avais pas vraiment le choix. Sans attendre davantage afin de ne pas éveiller les soupçons, je plongeai mes dents dans sa chair tendre et parfumée avec toute la douceur dont j'étais capable. Une simple pression de la mâchoire et son sang jaillit aussitôt, encore meilleur que dans mes souvenirs. Il était d'une exquise douceur, et sa chaleur calma aussitôt ma gorge comme aucun sang n'avait réussi à l'apaiser jusque là. Je buvais lentement afin de ne pas perdre la contrôle de moi-même. Bella se laissait faire, docile. A mesure que je m'abreuvais à son cou, je sentais ses forces diminuer. Sa main qui s'était accrochée à ma chemise relâcha son emprise. Ce sang, c'était la tentation ultime…

Comme je l'avais espéré, les Volturis, n'ayant pas nos années d'abstinence face au sang humain, avaient baissé leur garde et me fixaient avec envie . Leurs pensées se dirigeaient toutes sans exception vers Bella… ou plus précisément vers son sang. Je profitai de leur distraction pour pivoter légèrement afin de me retrouver face à Carlisle et Jasper. Ces derniers avaient eux aussi remarqué une baisse de vigilance chez leurs geôliers.

Je plongeai mes yeux dans ceux de Carlisle et il comprit immédiatement ce que j'avais en tête. Maintenant était le moment d'agir, une autre chance comme celle-ci ne se représenterait probablement plus.

Nous nous chargeons des molosses, occupes-toi de Jane, pensa Jasper qui planifiait déjà une tactique de représailles.

J'acquiesçai imperceptiblement, et dès lors tout se passa rapidement. Tandis que je relâchai mon emprise sur une Bella chancelante et me ruai vers la gorge de Jane, Jasper attrapa Alec par le bras et le projeta avec force contre le mur opposé qui se fissura sous le choc. Carlisle, quant à lui, n'eut aucun mal à prendre le dessus sur un Felix rendu totalement amorphe par l'odeur du sang. Mais je n'eus pas le loisir de les observer davantage, étant moi-même aux prises avec une Jane folle de rage. L'instant d'après, je me retrouvai plaqué au sol, toute pensée annihilée par une douleur intolérable qui me transperçait de part en part. Mon corps entier était en feu, et la seule chose qui me parut alors évidente, c'est que je voulais que cette atroce souffrance cesse… à n'importe quel prix. Je serrai les dents, attendant que Jane daigne me libérer… ou, ce qui était plus probable, me tuer. Mais la douleur disparut aussi vite qu'elle était venue. Je me relevai aussitôt, prêt à lutter chèrement pour ma vie, mais Flavius venait de se charger lui-même de Jane. Une lueur bestiale dans le regard, il tenait le corps de la vampire entre ses bras et l'observait avec dégoût. Celle-ci avait les yeux fermés, et si ce n'était l'angle anormal que formaient son corps et sa tête, on aurait pu croire qu'elle dormait paisiblement. Son visage presque enfantin me choqua, elle n'avait plus rien du monstre qui m'avait assailli quelques secondes plus tôt, elle était redevenue cette toute jeune fille qu'elle avait été il y a bien longtemps. Lorsque Flavius lui arracha un bras, je ne pus m'empêcher de détourner le regard, vaguement gêné. Au même instant, Jasper achevait Alec.

Soudain, la lourde porte s'ouvrit avec fracas, et une demi-douzaine de gardes pénétrèrent dans la luxueuse salle qui n'était désormais plus qu'un champ de bataille. Ces derniers restèrent interdits devant la scène qui s'offrait sous leurs yeux, leurs pensées trahissant leur hésitation. Leur allégeance devait-elle se porter sur Aro qui se trouvait désormais en mauvaise posture, attaqué par deux des vampires qui gouvernaient à ses côtés ? Ou bien vers les deux vampires en question ? Durant des siècles, le triumvirat avait dirigé conjointement sans jamais montrer aucun signe de divergences, et ce coup d'Etat était aussi surprenant qu'inattendu pour ces hommes qui ne connaissait rien de l'histoire d'Aro.

L'un d'entre eux s'avança prudemment vers les trois hommes, mais un simple regard de Marcus le figea sur place. Il esquissa une révérence et recula lentement.

« Edward ! »

Je me tournai vers Jasper qui faisait face à Juliette. Ils s'observaient mutuellement en position d'attaque, attendant que l'autre fasse le premier pas. Juliette fulminait, ses yeux n'étaient plus que deux fentes écarlates qui brillaient de rage. J'allai immédiatement porter secours à mon frère et me postai près de lui, refusant que davantage de personnes ne souffrent à cause de mes erreurs. En me voyant, le visage de Juliette s'adoucit aussitôt et elle esquissa un sourire.

« Edward, mon amour, tu sais que je t'aime, jamais je ne te ferai du mal. »

Sa déclaration me stupéfia, mais ma colère vis-à-vis d'elle était bien trop ancrée pour me laisser attendrir de la sorte et je grognai en montrant mes dents. Un éclair de tristesse traversa son visage et elle baissa les yeux, comme si elle avait honte.

Je voulais juste te garder près de moi, pensa-t-elle.

Je fis une moue écœurée. Je l'avais vraiment rendue folle. Elle n'avait plus rien de la jeune fille que j'avais connue étant humain, si ce n'est son apparence.

Je m'apprêtai à fondre sur elle mais laissai mon geste en suspens. En retrait dans un coin de la pièce, Demetri nous observait avec intensité, ses prunelles rouges trahissant ses émotions aussi sûrement que ses pensées. Et ces dernières étaient toutes tournées vers Juliette. Il aimait l'ignoble créature qui se tenait devant moi, tremblante de peur. Il l'aimait en dépit de tout le mal qu'elle lui avait infligé, il l'aimait au point de vouloir se sacrifier pour elle. Le désespoir se lisait sur son visage, il était vraiment prêt à tout pour la sauver. Je ne pus m'empêcher de ressentir de la pitié pour lui, je savais, et il le savait également, que si la situation avait été inversée, Juliette n'aurait probablement pas levé le petit doigt pour lui. Et Bella ? Serait-elle capable du pire pour moi ? La réponse fusa aussitôt, nette. Oui. Oui, Bella aurait tout fait pour me sauver. Demetri était vraiment à plaindre.

Elle ne te fera plus rien, épargnes sa vie.

Il était anéanti.

J'avais toujours considéré Demetri comme une brute sans âme, mais je constatai à présent que lui et moi nous nous ressemblions bien plus que je ne le pensais. Il avança de quelques pas, quittant la relative sécurité de la pénombre et l'exposant aux regards ennemis. Jasper ne manqua pas de le remarquer. Ses pensées déclenchèrent un frisson en moi.

Occupes-toi de lui, je me charge de la fille.

« Non Jasper ! » m'écriai-je en posant ma main sur sa poitrine, le coupant net dans son élan.

Mais enfin à quoi joues-tu ?

J'ignorai sa question et me focalisai sur Demetri qui se tenait à présent juste derrière Juliette.

« Allez-vous en, » leur dis-je en désignant du menton la lourde porte en bois.

En entendant mon verdict, Jasper manqua de s'étrangler.

« QUOI ? » s'exclama-t-il.

Encore une fois je l'ignorai. Le visage de Felix passa de la stupeur au scepticisme puis à la compréhension. Il hocha légèrement la tête en guise de remerciement et attrapa une Juliette hagarde et sous le choc vers la sortie.

Jasper ouvrit une nouvelle fois la bouche, mais je l'arrêtai avant qu'il n'ait eu le temps de prononcer la moindre parole.

« Je sais que tu ne comprends pas mon geste, mais si je les avais tués, je n'aurais pas été meilleur que les Volturis. Ce qui nous différencie d'eux, c'est notre aptitude à la compassion. »

Jasper fronça les sourcils mais ne répliqua pas.

Tout près de nous, un râle inhumain se fit entendre. La bataille n'était pas tout à fait terminée, la cause de tout cela était encore en vie. Mais plus pour longtemps. Marcus venait d'enfoncer ses dents dans le cou de celui qui avait été son compagnon pendant près de deux millénaires. Avec une brutalité guidée par une rancœur longtemps réfrénée, il l'acheva sans aucun remords, et je ne l'en blâmais pas. Aro en avait-il jamais eu, lui, des remords ? Il méritait cette fin. Avec lui mourrait un ordre basé sur les mensonges et la terreur.

Les gardes, qui étaient aussi figés que des statues, regardaient la scène d'un air ahuri. Très vite, le corps disloqué de celui qui avait été le chef des vampires alla rejoindre ceux de ses condisciples pour former un tas de chair macabre. Flavius était grave, et son visage ne trahissait aucune émotion. Je tentai malgré moi de déchiffrer ses pensées, mais là aussi, il s'était refermé. D'une voix étonnamment assurée, il ordonna aux gardes de mettre le feu au tas immonde qui se trouvait au centre de la pièce. Ces derniers s'empressèrent d'obéir sans un mot.

Soudain, un cri de douleur s'éleva dans la salle étrangement silencieuse, et je fus distrait de ma contemplation macabre. Dans un recoin, Bella était étendue sur le sol gelé et se tordait de douleur, recroquevillée sur elle-même. Je me précipitai à ses côtés, une vague de culpabilité m'envahissant pour l'avoir oubliée dans un tel moment. Je m'agenouillai près d'elle et lui embrassai le front. Ce geste sembla l'apaiser. Sa main palpa l'air, à la recherche de la mienne. Tandis que je glissai ma main dans la sienne, elle fut prise d'un violent soubresaut.

« Jasper ! » m'écriai-je avec force. La voir souffrir ainsi m'était insupportable.

Jasper s'approcha, et aussitôt le visage crispé de Bella se relâcha et un semblant de paix passa sur ses traits. Je fermai les yeux, me maudissant pour tout ce que je lui avais fait subir. Je m'étais montré d'un égoïsme sans nom dès l'instant où mon regard avait croisé le sien. En la mordant, je l'avais condamnée à une éternité d'errance, sans même lui laisser le choix. Peut-être avait-elle changé d'avis, peut-être ne voulait-elle plus devenir l'une des nôtres. Tant de choses s'étaient passées depuis la dernière fois où nous avions évoqué cette option.

Une main se posa sur mon épaule avec douceur.

J'ai toujours cru en toi mon fils, et je ne me suis pas trompé.

J'ouvris les yeux et mon regard croisa celui de Carlisle. Bien que je connaisse la légendaire compassion dont il faisait si souvent preuve, ce que j'y lus me surpris. Pas de reproche, pas de douleur, juste de la fierté. Une fierté que je n'étais pas sûr de mériter. Je détournai le regard afin de cacher mes doutes à Carlisle qui savait si bien lire en moi, et me focalisai sur le bûcher qui laissait échapper une âcre fumée noire. Marcus et Flavius se tenaient côte à côte, réunis dans une même douleur, et fixaient le feu avec amertume.

Edward…

Par-delà son inconscience, Bella venait de m'appeler. Je me penchai vers elle. Elle seule pourrait me donner l'absolution dont j'avais désespérément besoin.

« Je suis là mon amour, tout va bien se passer, » lui chuchotai-je à l'oreille.

Je sentis une légère pression de sa main dans la mienne, et l'ombre d'un sourire se dessina sur ses lèvres pâles.