Mot de l'auteure :
Je poste rapidement ce chapitre car il est tard et que je suis désolée - désolée de ne le mettre qu'en fin de weekend. Merci pour tous vos reviews et encore une fois désolée de ne pas avoir répondu à tous !
Enfin, merci encore et toujours à Agadou ma bêta :)!
Bonne lecture !
Chapitre 3 – Haïr sans autre choix
Et tant pis si on l'est
Le mariage du ciel et de l'ombre
Je te hais comme tu es
Pov de Harry
Je n'ai pas dormi de la nuit. Ou plutôt, je n'ai pas arrêté de bander toute la nuit : l'odeur de Malfoy empreignait encore mes draps.
La poisse... Alors que tout est fini, je n'ai fait que rêver de son corps.
Heureusement, par habitude, j'avais jeté un sort de silence sur mes rideaux la vieille.
Le réveil a été vraiment dur. Il y a des jours comme ça où je donnerais tout pour rester sous la couette, au chaud dans mes draps. J'ai bien pensé prétendre une quelconque maladie, mais après ce qui s'est passé hier, tout le monde m'aurait pris pour un trouillard ou une « tapette » comme ils le disent si bien.
Alors, je me suis levé, j'ai attendu de voir leur réaction pour savoir si je pouvais les saluer ou non. Il n'y a que Dean qui m'a adressé un sourire et un signe de la main. Les trois autres ont fait mine d'être occupés à s'habiller, et je suis parti prendre une douche bien froide.
Comme je le disais plus tôt : dur réveil.
Et toute la matinée ce fut comme ça. Ron qui ne me parle plus, Seamus qui me regarde d'un air gêné, Neville qui m'évite, et le reste de Poudlard qui me prend pour une bête de foire.
Et pendant ce temps, Monsieur J'me-la-pète-dans-la-cour-des-Serpentards-comme-le-prince-que-je-suis-Malfoy, continue sa vie tranquillement.
Hier soir, j'espérais qu'il me soutienne un peu, ne serait-ce qu'à sa façon, soit de manière détachée. Ou alors qu'il me dise que même si nous ne pouvons pas continuer comme avant, nous pourrions toujours nous voir, une fois ou deux... C'est absurde, non?
Mais il a eu raison, après tout nous n'étions pas un couple, nous baisions juste ensemble et ça, on peut le faire avec n'importe qui. Il n'a pas forcément besoin de moi pour prendre son pied, et moi non plus d'ailleurs.
Il me hait et je le hais.
Hermione à raison de ce côté-là : il pourrait profiter de sa place d'amant pour me jouer un sale coup.
Non, c'est mieux ainsi... Enfin, mis à part le fait que c'est MOI qui supporte tout le poids de cette monumentale erreur.
Après avoir jeûné mon petit déjeuné, je décide de rejoindre Dean pour que nous allions ensemble au cours de soins aux créatures magiques.
Aujourd'hui, Hagrid nous fait un exposé sur les doxys. Au départ, ce cours m'intéressait, mais aujourd'hui j'ai l'esprit trop ailleurs pour rester concentré.
Moi et Dean nous asseyons dans l'herbe à l'écart de la classe, et je commence à arracher des brins d'herbe pour passer le temps, et surtout pour passer mes nerfs (nous avons aussi ce cours en commun avec les Serpentards : je suis maudit).
-Merci Dean, dis-je au bout d'un moment.
-De quoi? Me répond-il.
-De rester toi-même, de ne pas me fuir. J'ai l'impression que depuis qu'ils savent que je suis gai, ils me considèrent comme une espèce à part.
Dean a un rire nerveux.
-Ouais, c'est toujours comme ça au début. Mais tu verras, même si ça va leur prendre du temps, ça leur passera.
-Quelqu'un sait pour toi? Je lui demande.
Dean baise les yeux et me répond franchement :
-Non. Enfin, chez moi ils sont au courant. Disons que je n'ai pas été très discret. Il y avait un parc en face de chez moi, et tous les gosses du quartier s'y réunissaient chaque samedi. Je faisais partie d'une bande et Pitt était le chef. C'était aussi mon meilleur ami. Un jour, il y a eu une embrouille avec la bande du quartier d'à côté : ils voulaient profiter pleinement de notre parc... Tu vois le genre!
Dean sourit à ses souvenirs.
-Je t'envie, lui dis-je. Moi la seule bande que j'ai connue était celle de mon cousin Dudley, et ce n'est pas vraiment le genre de gars avec qui on voudrait traîner. De toute façon, j'étais le rebut de la société, celui sans famille.
Dean me regarde et secoue de la tête, compatissant.
-Je vois. Tu sais, avant que je ne te rencontre, je pensais que tu vivais dans un château en or! C'est drôle hein?
-Pas tant que ça, répliquais-je à voix basse.
-Ouais... En tout cas, moi j'étais un gamin à l'époque où je trainais avec Pitt. On avait à peine 11 ans et la bagarre a eu lieu juste avant mon entrée à Poudlard. C'était un moldu, ajoute-t-il en croisant mon regard interrogateur.
C'est étrange, je n'ai jamais été proche de Dean, et je n'aurais jamais pensé l'être un jour. Mais là il se confesse à moi, et je n'ai qu'une seule envie : l'écouter et le soutenir.
C'est drôle comme un petit rien peu rapprocher les gens. Il est gai, moi aussi, on a besoin d'un confident tous les deux, alors on se soutient.
-Bref, Pitt a pété le nez au chef de la bande adverse et je l'ai castré. On est parti en courant pour pas que les autres nous chopent. On a réussi à les semer et on s'est caché derrière un buisson pour qu'ils ne nous retrouvent pas. On a attendu que la nuit tombe pour en sortir. Plus tard, j'ai appris que le gars avait fini aux urgences. Mais moi et Pitt on s'en fichait sur le moment, on était même fier de notre connerie!
-Quel rapport avec ton homosexualité? Lui demandais-je même si je pensais avoir deviné.
Dean arracha une touffe d'herbe et la laissa s'écouler de sa main au gré du vent.
-Ce jour-là, je me suis rendu compte qu'il était un peu plus qu'un frère pour moi. Quand on était dans le buisson, nous étions très serrés, si tu vois ce que je veux dire. Et je n'ai pas pu m'en empêcher... Je l'ai embrassé. Merde, j'avais 10 ans quoi! Ça a été un choc autant pour moi que pour lui, mais il n'a jamais compris. Il m'a repoussé et il est parti. Le lendemain, il avait dû en parler à son père ou son frère, car il m'a traité de tarlouse et m'a exclu de la bande. Trois mois plus tard, je rentrais à Poudlard et je rencontrais Seam'.
Il redressa sa tête et ses yeux se portèrent sur nos collègues. Seamus était penché sur le carnet de notes de Ron et raturait ce qu'il venait d'écrire.
Mes yeux dérivèrent légèrement et en rencontrèrent deux orageux. Draco me fixa quelques secondes, puis se détourna vers Hagrid.
Va te faire voir, Malfoy.
-Tu vois, depuis Pitt, je me suis juré de ne plus le dire à personne, je ne veux pas perdre d'amis à cause de ça. Seam' est vraiment devenu mon meilleur pote et c'est pour ça que je n'aurais jamais le cran de lui avouer. Toi... Je ne sais pas comment tu fais avec Ron, je ne le supporterais pas, m'avoue Dean.
J'étais touché par sa sincérité et lui sourit.
-J'ai vu pire, lui dis-je en déconnant.
Dean me sourit à son tour et posa une main sur mon épaule.
-T'as pas à me remercier Harry, c'est moi qui te remercie de m'avoir écouté...
« Si tu savais comme j'en bave », voilà ce que me disait son regard en ce moment. Je comprenais sa douleur et sa colère, car elle était la même que la mienne. Je lui rendis son étreinte et Hagrid annonça la fin du cours.
Je me relevai, de meilleure humeur qu'au début de l'heure.
OoOoOoOoO
Je suis resté avec Dean tout le reste de la journée.
Si Seamus en a été gêné, il n'a rien dit. Il s'est contenté de rester auprès de Ron comme si c'était normal. Hermione a préféré se mettre en retrait elle aussi. Elle a dû comprendre que j'avais besoin d'air et que ses conseils me soûlaient trop. C'est ce que j'aime chez elle : elle sait faire la part des choses. Par exemple, elle nous oblige à faire nos devoirs, Ron et moi, mais quand elle voit que nous avons besoin de décompresser et de déconner entre mecs, elle nous laisse tranquilles.
Nous avons parlé de beaucoup de choses avec Dean, surtout en rapport avec notre homosexualité. Lui qui ne parle pas souvent, je ne pensais pas qu'il était aussi à l'aise avec un sujet comme celui-ci ou celui du sexe.
Il m'a parlé de son premier copain, un Poufsouffle, et de son premier coup au lit, un espèce de Serdaigle snobinard « très bien foutu ».
-Attends, le mec que tu trouves le plus sexy à Poudlard, c'est qui? Lui ais-je demandé en cours de Sortilège.
Nous nous sommes mis tout au fond de la classe pour être seuls et pouvoir parler librement. Flitwick ne nous a rien dit. J'ai ensorcelé mon rat pour qu'il danse la salsa pendant toute l'heure de cours, comme il le voulait.
Dean ne prend même pas la peine de réfléchir et me répond directement :
-Blaise Zabini.
-Quoi? Criais-je.
Quelques têtes se tournèrent vers nous et Dean se mit à rire. J'aperçus le regard haineux de Ron. Il devait m'en vouloir de me confier à Dean plutôt qu'à lui. Toute la journée, il n'avait pas arrêté de nous fixer.
Malfoy aussi, d'ailleurs.
-Zabini? C'est un con!
-Tu peux parler, me réplique Dean. Zabini est peut-être un Mangemort et un con finit, mais il a de loin le plus beau cul de la Création. Sans parler de ses yeux en amandes et de son putain de sourire charmeur.
-Je crois que je vais vomir, dis-je en feignant une maladie.
Dean rit de plus belle et j'ajoutai :
-Je croyais que tu aimais Seamus?
-Je n'ai jamais dit ça, me coupe-t-il.
Mais ses yeux évitent les miens et malgré la noirceur de sa peau, je le vois rougir.
À cet instant, je le trouve mignon avec ses joues rouges, ses yeux chocolat et ses tresses africaines.
-Et toi alors? Pas la peine que je te demande qui est le plus sexy de l'école pour toi, non? Comme je te l'ai dit hier matin, si je devais placer Malfoy sur le podium des mecs les plus craquants de Poudlard, il serait placé direct en deuxième position.
Je voudrais ne pas lui répondre, mais je suis tellement détendu que je continue sur le ton du déconnage :
-Et t'as rien vu.
-Oh si, il est resté assez longtemps nu devant moi pour que j'aie le temps de le mater.
Je ne sais pas pourquoi, mais sa phrase me refroidit d'un coup.
-C'est bon, ça va, je ne parlais pas de ça.
Dean retrouve son sérieux et je sens son regard me scruter avant de me demander :
-Il est si bon que ça au pieu?
Je ne réponds pas, mais un léger sourire se dessine sur le coin de ma bouche et mon regard dérive vers la fenêtre. Dehors, les Serpentards s'entraînent pour leur prochain match.
Est-ce que Malfoy est bon au lit? Oh oui, il n'a pas idée... Malfoy est l'incarnation même de la luxure.
La définition complète du mot « désir ».
Le Dieu du sexe en personne.
-Faut croire que oui, conclut Dean en riant de plus belle.
OoOoOO
Ces moments d'insouciances et d'hilarités avec Dean n'étaient pas faits pour durer. Je le savais, même si je faisais mine de ne pas m'en préoccuper.
Ma vie avait toujours été un lamentable parcours d'échecs, de déceptions et de malheurs, à quoi pourrais-je bien m'attendre d'autre?
Ma relation amicale avec Dean a duré une semaine... Au bout de celle-ci, il est venu me voir et s'est excusé profondément avant de me dire qu'il ne supportait plus autant de pression. Seamus commençait à être jaloux et ne voulait plus lui parler, Ron était imbuvable et le lui faisait bien sentir, et partout où il allait on lui demandait s'il était en couple avec moi.
Je le comprenais, lui qui voulait absolument garder l'anonymat sur ses préférences sexuelles, il était mal servit avec moi.
J'ai accepté de m'écarter de lui quelque temps, afin que les choses se tassent. Il a conclu notre conversation en m'incitant à aller parler à Ron, car tout ça devenait vraiment insupportable.
« Grotesque », pour reprendre le mot qu'avait employé Hermione.
C'est vrai qu'on ne pouvait plus continuer ainsi... C'est pourquoi j'avais pris ma décision. J'allais aller voir Ron après le dîner et parler avec lui. Je crois que le plus dur allait être de garder mon calme...
Comme à son habitude maintenant, Ron finit de manger rapidement et se leva de table sans un seul regard pour moi ou Hermione. Je sais qu'il ira directement travailler ses devoirs devant la cheminée de la salle commune. Il n'a jamais été aussi studieux que depuis qu'on ne se parle plus. Moi qui pensais que cette perspective réjouirait un peu Hermione et plaiderait ma cause, je m'étais royalement planté.
Dean me lança un regard appuyé et même Hermione me donna un coup de pied. Avec tout mon courage (après tout, je suis un Gryffondor et Harry Potter, parler avec mon meilleur ami ne devrait pas me faire si peur), je me lève à mon tour et le suis silencieusement.
Arrivé en bas des marches du hall, j'aperçois sa silhouette se faufiler dans un couloir : c'est qu'il marche vite le bougre. Je vais pour gravir à mon tour les marches lorsqu'une main sur mon épaule me retient.
Malfoy.
Comment le sais-je? Parce que je connais sa main par cœur. Comme tout le reste de son corps.
Je me retourne et vais pour lui répliquer que je n'ai pas le temps de parler avec lui, mais il saisit violemment mon bras et m'entraîne dans un couloir un peu plus loin, un de ceux qui mènent aux cachots. Là il me plaque contre un mur et me fixe durement. J'essaie de ne pas trembler de plaisir, car son corps est à quelques centimètres du mien et depuis notre « séparation » je ne rêve plus que d'une seule chose : y replonger encore une fois.
-Qu'est-ce que tu veux? Demandais-je sur un ton las.
-Tu couches avec Thomas?
Quoi?
-Quoi? Répétais-je à voix haute.
Mes yeux sont exorbités, mais les siens lancent des éclairs de fureur.
C'est quoi ça!? Une crise de jalousie? Il ne va pas me faire la même que Ron! Surtout que c'est lui qui a décidé que tout contact n'était plus possible entre nous...
-Tu m'as parfaitement entendu, répond-il sèchement.
Pourquoi ai-je l'impression que notre conversation ressemble à une dispute de couple?
-Je ne vois pas en quoi cela te regarde, répliquais-je tout aussi froidement.
Sa lèvre inférieure frémit et le début d'une légère grimace y apparaît.
-Ce n'est pas parce que toi tu as décidé de ne pas sortir du placard que je dois faire pareil. Je profite moi, alors ne me fait pas une pseudo crise de jalousie parce que tu ne peux pas faire la même chose.
-Va te faire foutre, siffle-t-il entre ses dents.
Il se rapproche dangereusement de moi. Il faut absolument que j'arrive à l'éloigner, car je serais capable de lui sauter dessus... Mon début d'érection y étant pour quelque chose.
Tu as voulu qu'on arrête Malfoy, tu n'as pas eu les couilles d'assumer NOTRE connerie, alors maintenant tu assumes mon (abstinence) recul.
-D'ailleurs, j'ai entendu dire que tu recouchais à droite et à gauche toi aussi, mais avec des filles. Ça ne te frustre pas trop? Dis-je ironiquement. À moins que tu ne les prennes toutes par-derrière...
Là j'y vais fort, mais je pense toujours à Ron dans la salle commune et à la semaine de merde que j'ai passée. Car Dean avait beau être un réconfort non négligeable, j'en ai vu des vertes et des pas mûres. Sans parler des regards appuyés de Malfoy, à n'importe quelle heure de n'importe quel jour.
Si tu savais combien de fois j'ai voulu te sauter dessus pour t'arracher tous tes vêtements lorsque tu me regardais avec ces yeux-là!
Ma dernière tirade n'a pas l'air de lui faire très plaisir.
Il me saisit brusquement par le col et ma tête heurte le mur de pierre derrière moi. Je gémis de douleur. L'enfoiré!
« Pas très plaisir » ai-je dit? Vive l'euphémisme!
-T'es vraiment qu'un connard Potter! Tu devrais faire gaffe à ce que tu dis sinon je pourrais faire de ta vie un enfer! Cingle-t-il.
-C'est déjà un enfer. Je vois difficilement comment tu pourrais faire pire, répliquais-je.
Puis... plus rien. Nous nous fixons dans le blanc des yeux (ou plutôt je fixe ses perles grises) pendant plusieurs minutes sans bouger. C'est une véritable torture que de sentir son corps tout contre le mien et de ne pas pouvoir le toucher... L'embrasser.
Je suis sûr qu'il ressent la même chose, car son souffle est un peu trop saccadé pour être normal et ses joues sont légèrement roses.
Finalement, j'arrive à me dégager de son étreinte sans trop savoir comment et je m'éloigne en lui lançant un dernier :
-Oublie-moi Malfoy, apparemment ça vaut mieux pour tout le monde.
Au bout du couloir je croise sa bande de bouche-trous, et surtout le regard suspicieux de Zabini. Je les ignore superbement et me presse pour rejoindre la salle commune. Bravo, grâce à cet imbécile de Malfoy non seulement je suis en retard, mais en plus ce soir ce sera soirée branlette, pour changer.
OoOoOoOo
-Je ne veux pas te parler, me dit sèchement Ron.
Bien, ça commence bien!
Il me tourne le dos, penché sur son devoir de Métamorphose, et refuse obstinément de lever sa tête vers moi. Même lorsque je contourne la table basse pour lui faire face.
-Ron arrête. J'en ai marre de tout ça, je veux qu'on s'explique.
-Sur quoi? Sur le fait que tu m'as trahi? Dit-il subitement et se tournant enfin vers moi.
Son visage est crispé par la haine. Il ne m'a encore jamais regardé comme ça, sauf peut-être ce matin-là, où Malfoy est sorti de mon lit.
-Je t'ai trahi? Dis-je, choqué. Mais en quoi t'ai-je trahi? Je ne sortais pas avec toi Ron!
-Tu as fricoté avec l'ennemi! Malfoy! Le mec qui nous a fait chier pendant toutes nos années scolaires, qui n'a cessé de se moquer de moi et de ma famille et qui, en plus de ça, est bientôt un futur Mangemort! Tu croyais quoi, que j'allais l'accepter sans rien dire? T'as perdu la tête ou quoi? Me crie-t-il.
Il s'est redressé et face à sa grande taille je me sens assez misérable. Le peu de Gryffondors présents dans la salle commune nous regardent surpris et curieux. Nouvelle scène de ménage, sortez les oreilles à rallonge.
-Je... Je suis désolé, c'... Malfoy et moi c'était une erreur. Comme je te l'ai dit, ça ne se reproduira plus.
Je m'aplatis comme une limande et Ron ne trouve rien de mieux à faire que de détourner son regard.
-Tu ne vas pas me faire la gueule toute l'année quand même? Continuais-je à voix basse.
J'ai cette putain de boule coincée dans ma gorge, et je n'arrive plus à avaler ma salive. Si cette conversation ne se termine pas très rapidement, je vais finir par étouffer.
-Tu vois, reprend Ron calmement, je ne pensais pas que tu... étais comme ça. J'ai été très choqué. Que tu sois... gai, ça peut passer encore, mais que tu le fasses avec Malfoy... Bon sang Harry, t'es maso ou quoi?
Il n'y a aucune moquerie dans sa voix. Au contraire, il est mortellement sérieux. Comme s'il cherchait une explication rationnelle à un fait qui ne l'est pas.
Et après tout... Je me demande s'il n'a pas tort. Malfoy? Oui, pourquoi lui plutôt qu'un autre? Je m'étais déjà posé la question... Il faut être maso pour coucher avec son pire ennemi, non?
-Peut-être, je ne sais pas.
Voilà, c'est la réponse la plus probable.
Il n'en semble même pas choqué. Normal, j'ai l'air si honteux et désespéré... Après tout, Ron est mon frère de cœur, non? Il me pardonnera... non?
Je le vois soupirer et se rassoir, las.
-Je sais plus quoi te dire Harry. Tout ça, ça me dépasse, dit-il la tête entre ses mains.
Là, en plus de la boule dans ma gorge qui ne cesse de grossir, je sens tout mon dos se crisper. Il ne ferait pas ça? Il n'oserait pas rompre notre amitié juste pour... ça?
Je panique. Je ne pensais pas avoir autant refoulé mes sentiments cette semaine, mais ils sont bien là et je suis à deux doigts de fondre en larme. Je ne veux pas le perdre. Ron est plus qu'un frère pour moi, il est le seul ami que je n'ai jamais eu. Sa famille est la mienne, il... Il a raison, j'ai été stupide et fou. C'est vrai, Malfoy a toujours insulté les Weasley qui m'ont tant accueilli! Et qu'est-ce que je fais moi, hein? Je couche avec lui! Je suis... ignoble.
Détestable.
-Vous avez raison, toi et Hermione. J'ai déconné à plein bloc. Et Malfoy aussi, je ne sais pas ce qui nous a pris, mais à partir de demain tout recommencera comme avant, je te le promets, lui dis-je et ma voix est suppliante sur les bords.
Il me jauge du regard. Je lui tends ma main.
C'est étrange de tendre la main à quelqu'un qui est déjà votre un ami. C'est comme un renouveau... ou une manière de se faire excuser.
Ron finit par la prendre et se relève même pour m'étreindre fraternellement.
-C'est bon. On monte boire un verre? Me propose-t-il.
Il ne sourit pas. Même s'il m'a pardonné, il mettra encore un petit bout de temps avant d'oublier ce qui s'est passé.
Je le suis jusqu'à notre dortoir. Il est vide, les gars sont encore en bas.
Ron garde toujours une bouteille de bièraubeurre sous son lit pour les grandes occasions. Là je crois plutôt qu'il a besoin de se remettre les idées en place. Je me désaltérerais bien moi aussi, j'ai la gorge sèche.
Il me serre un verre et bois directement au goulot.
-Tu faisais quoi toute la semaine avec Dean? Il est gai lui aussi? Me demande-t-il de but en blanc.
Je manque de m'étouffer avec mon verre.
-Je.. n..Non! Balbutiais-je.
Ron me lance un regard penaud par-dessus sa bouteille de bièraubeurre.
-Ah bon, c'est ce qu'on avait fini par se dire avec Seamus, ajoute-t-il.
Merde, eux aussi pensaient ça? Ça ne va pas plaire à Dean.
-Dean ne m'a pas immédiatement jugé, et il m'a beaucoup soutenu alors que tout le monde me prenait pour un fou... Il n'y a rien entre lui et moi, juste de l'amitié.
Ron me lance un regard noir. Je n'aurais peut-être pas dû lui dire ça. Il s'apprête à me dire quelque chose, mais se ravise au dernier instant et bois une nouvelle gorgée à sa bouteille.
-Ron, je crois que j'en ai assez bavé avec le regard des autres depuis que je suis arrivé à Poudlard. Sans parler de Voldemort et des Mangemorts. Cette semaine a été assez… pénible pour moi. Dean m'a soutenu, c'est tout. Il ne te remplacera jamais. Personne ne le fera.
Ces mots sont sortis un peu tout seuls, mais ils sont vrais et je les pense sincèrement. Cependant, une distance s'est créée entre nous. Je le sens. Et j'ai peur qu'elle ne soit à jamais réparable.
-Je... .
Ron ne finit pas sa phrase, car Seamus et Dean entrent subitement dans le dortoir, bras dessus bras dessous, en riant fortement. Autant dire que lorsqu'ils nous voient, ils gèlent sur place.
-Ha... rry, essaie de dire joyeusement Dean.
Tentative ratée. Je le salue malgré tout et adresse un bref signe de tête à Seamus.
Seamus semble gêné et lâche Dean pour s'approcher de moi.
-Hum, écoute Harry, je suis désolé de ma réaction cette dernière semaine. J'ai été assez choqué de découvrir... Enfin, tu vois quoi. Je voulais juste que tu saches que tu sois gai ne change rien pour moi, t'es toujours un pote. Mais par contre, je suis d'accord avec Ron : Malfoy est un connard, je pense que tu ferais mieux de ne plus l'approcher.
J'échange un regard avec Dean. Il a légèrement pâli. Je suis sûr qu'il pense que si Seamus accepte si facilement mon homosexualité, alors peut-être que lui aussi aurait une chance.
Je ne suis pas surpris que Seamus me parle de Malfoy en mal, il a dû se concerter avec Ron.
Je hoche la tête.
-Merci Seam'.
Notre conversation s'arrête là. Seamus voit Ron engloutir la bouteille de bièraubeurre à lui tout seul, et lui arrache des mains avec un « hey partages un peu mec! ». La soirée se finit dans une bonne ambiance qui me réchauffe le cœur. Nous rions, buvons, blaguons à tout va. C'est comme si cette dernière semaine n'avait jamais existé. Je me sens si heureux et soulagé.
J'aime mes amis, ils sont vraiment exceptionnels. Je ne sais pas ce que je ferais sans eux... À côté, ma relation avec Malfoy n'est rien.
Je l'oublierai vite.
OoOoOoO
POV Draco
Douche froide.
Désagréable, très désagréable, mais à effet immédiat, à n'en pas douter.
Je ne sais toujours pas ce qu'il m'est passé par la tête pour être allé attraper Potter à la fin du dîner. C'était stupide et irréfléchi. Mais j'étais tellement en colère après lui et son nouveau petit copain que je n'ai pas su me contrôler.
Thomas... Non, mais franchement, ce type ne ressemble à rien. Comment Potter peut-il coucher avec ça? Il n'a rien voulu me dire, alors je doute qu'il se soit passé quelque chose entre eux. Mais ils ont passé toute la semaine collée l'un à l'autre comme des animaux en manque. Si Potter avait besoin de baiser, il n'avait qu'à prendre le mec le plus canon de Poudlard au moins!
....
Réflexion faite, non, c'est mieux ainsi.
De toute façon, ma réaction était inappropriée. Potter ne me doit aucune explication.
Et moi non plus.
Je regarde mon avant-bras droit.
Dans quelques heures à peine, ma peau pâle portera la marque du Lord Noir, bientôt je pourrai m'ôter de la tête toutes ces conneries sentimentales et hormonales. Rien ne comptera plus que lui et le pouvoir qu'il pourra m'offrir. Et à ce moment-là, je serai plus fort que Potter et que tous ces autres pitoyables sorciers.
-T'es prêt? Me demande Blaise.
Lui aussi reçoit la marque ce soir. Snape nous attend devant les grilles du château pour que l'on transplane jusqu'au quartier général de Voldemort.
Je souris à Blaise et rabats ma chemise blanche sur mon bras. J'attrape ma cape noire et la jette sur mes épaules.
-Plus que jamais, lui répondis-je.
Blaise m'emboite le pas et en moins de cinq minutes nous sommes dehors et nous remontons l'allée principale du château.
-Tu sais, Draco, je ne pensais pas que tu accepterais sincèrement d'être un Mangemort.
Je ricane. Blaise est tombé sur la tête. Moi? Refuser le pouvoir? Comme si Potter avait déjà torturé une mouche!
-Ton manque de confiance en moi est-il si grand? Lui répondis-je avec un rictus amer.
Blaise me lance un regard ironique.
-Non, mais je me disais qu'avec ta relation avec Potter...
Mes muscles se tendent d'un coup, mais je m'efforce de ne pas ralentir le pas.
Merde, que sait-il? Potter ne lui aurait pas dit quand même? Ou ces enfoirés de Gryffondors?
-Comment ça? Sifflais-je.
-Oh relaxe, Drake! Je voulais juste dire qu'après tout c'est ton ennemi juré. Et je sais que tu n'es pas très prêteur...
Je soupire. Intérieurement, bien sûr.
-Oh ça... Eh bien, j'espère justement que le Lord sera généreux avec moi et me laissera régler son compte à l'autre tapette avant qu'il ne le tue, dis-je.
Un parfait comédien. Je m'applaudirais moi-même.
-Alors, espérons pour toi que le Lord t'apprécie réellement.
Je surprends une pointe de jalousie dans sa voix. Rien d'étonnant, d'après Snape, Voldemort demande plus de mes nouvelles que des siennes.
Nous retrouvons Snape devant les grilles noires et d'un commun accord, nous transplanons en tenant son bras.
Nous atterrissons dans l'herbe humide. Je plie mes genoux pour mieux atterrir alors que Snape reste droit comme un piquet : il faudra que je m'entraîne plus que ça. Blaise, lui, est face contre terre.
-Où sommes-nous? Demandais-je.
-Sur la côte, c'est un quartier provisoire pour les nouvelles recrues, me répond mon professeur.
Effectivement sur ma droite j'aperçois... le vide. Une falaise haute de plusieurs mètres contre laquelle des vagues furieuses viennent se jeter et éclater en milliers de gouttelettes.
L'odeur de l'eau salée emplit mes narines et je grimace. Je n'ai jamais aimé la mer. Le sable, le soleil, l'été... quelle horreur.
Heureusement, nous pénétrons dans le grand manoir qui nous fait face. Mon manoir est, de loin, beaucoup plus grand et majestueux. Mais bon, je ne peux pas en vouloir au Lord Noir, après tout, il ne peut pas avoir toute ma classe en plus de son terrifiant pouvoir. C'est une des choses pour laquelle je suis sûr que je ferais un meilleur Mage Noir que lui : je sais rester noble. Et je sais aussi reconnaître mes erreurs.
Potter était une erreur par exemple. Ma plus grosse.
Nous traversons un salon (assez banal aussi je dois dire) plongé dans la pénombre, et nous sortons sur la terrasse de l'autre côté. Là, une douzaine de Mangemorts nous attendent. Ils nous saluent par un rapide hochement de tête, et ouvrent le cercle qu'ils forment pour nous laisser la voie libre jusqu'à Lui.
Voldemort nous attend les bras ouverts, un sourire diabolique sur son visage. Son crâne chauve et ses yeux rouges m'ont toujours dégoûté au point de m'en donner des frissons. Mon regard s'attarde sur sa longue robe noire au tissu flottant.
Effectivement, cela lui donne un style, on dirait que son corps n'est qu'une ombre indécise. Mais, sincèrement, ne suis-je pas mieux avec ma robe haute couture? Je suis persuadé que le monde sorcier préférerait un homme beau et élégant comme ennemi, qu'un mort-vivant à la face de serpent. Soyons réalistes, la populace a horreur de ce qui est laid. Certains, comme ce stupide directeur, en ont même pitié!
Un Scroutt à pétard est dangereux certes, mais repoussant. Cependant, vous ne verrez jamais un sorcier reculer devant un hippogriffe. Les hippogriffes ont beau être dangereux, leur beauté impose le respect. Le pire c'est qu'après s'être incliné devant lui vous pensez même qu'il vous obéira. Bien sûr que non. Un hippogriffe ne fera que ce qui lui plait (je n'écoutai pas les cours de cet imbécile d'Hagrid, je n'en avais pas besoin pour déjà tout savoir sur ces créatures).
Donc, avec un être beau comme moi, ils ne pourront qu'admirer et craindre mon pouvoir.
Ne cherchez pas, ma logique est imparable.
Je m'incline devant Voldemort et lui présente ma baguette.
Il l'examine puis la remet à Snape. Après avoir fait de même avec Blaise, il nous demande de relever nos manches et de lui présenter nos avant-bras.
-Morsmordre! Siffle-t-il.
Mon cri résonne en même temps que celui de Blaise, et je me tords de douleur, serrant mon avant-bras de ma main libre.
Son rire retentit à mes oreilles et le noir s'empare de moi.
Ça y est, c'est fait.
Je suis un Mangemort.
OoOoOoO
Je suis un Mangemort. Cette réalité a toujours du mal à pénétrer mon cerveau alors que le lendemain je pénètre dans la grande Salle pour prendre mon petit déjeuner.
Je la sens, là, sur mon avant-bras. Ce tatouage maudit qui sera bientôt ma porte de sortie de cette école et de ce petit monde bien rangé que Dumbledore s'efforce de créer.
Aujourd'hui mon sourire est plus provocant et plus supérieur que les autres jours.
J'aperçois Potter à la table des Gryffondors. Ses yeux m'interrogent, il se doute de quelque chose. Très perspicace, l'élu.
Si tu savais Potter, comme tu serais... déçu.
-Où étiez-vous hier?
La voix de Pansy me ramène à la réalité. Elle est froide, accusatrice, et s'adresse aussi bien à moi qu'à Blaise.
Je sais qu'elle se doute que nous avons rejoint les Mangemorts. Et elle sait que je me doute de ça. Nous n'en avons jamais parlé à voix haute, car je ne suis pas encore sûr de ses intentions vis-à-vis cette guerre.
-En quoi cela te regarde-t-il? Répliquais-je platoniquement.
-Cela me regarde, car je suis votre amie et que je m'inquiète pour vous, bande d'écervelés! Crache Pansy, un peu plus hargneusement.
Blaise semble l'ignorer mieux que moi. Je crois que sa marque le fait plus souffrir que la mienne.
Après la cérémonie, Snape m'a avoué que plus notre dévouement à l'égard de Voldemort était grand, moins le tatouage nous faisait souffrir. Vraisemblablement moi et Blaise avons un peu trop souffert, car Voldemort a paru déçu.
Maintenant, je dois tout faire pour lui prouver que cette cérémonie était faussée. Je suis entièrement dévoué à son pouvoir... et non pas à lui et sa cause.
C'est peut-être pour ça.
Et Blaise alors? J'étais persuadé que ses intentions envers lui étaient plus ferventes. Il faut croire qu'il me cache quelque chose.
-Nous avions dit que nous en parlerions! Continue Pansy plus bas. Vous êtes fous d'avoir accepté, sa victoire sur Potter n'est absolument pas sûre! Et si demain il tombait? Vous seriez envoyé à Azkaban comme tous les autres!
-Et qu'attendais-tu de nous Pansy, hein? Qu'on joue les agents doubles pour les deux camps et qu'on attende la fin de la guerre comme ça? Réplique Blaise, agacé.
Je le scrute du regard. Cette proposition est très intelligente mine de rien, Blaise serait bien capable d'être un agent double.
-Je n'en sais rien justement!
-Si tu n'en sais rien, alors ferme-la.
Pansy le foudroie du regard. Je sais qu'elle est à deux doigts d'exploser. Ses lèvres frémissent, mais finalement elle se rétracte et décide de sortir de table.
Je m'essuie délicatement la bouche en la regardant faire, et alors que mes yeux se posent à nouveau sur Potter, je décide d'aller moi aussi en cours. Cela m'ennuie profondément, mais je sais que dans quelques mois à peine tout sera fini. Dans quelques mois, j'apprendrai plus.
OoOoOoO
-Tu sais quoi Potter? Va te faire foutre!
Je suis à deux doigts de lui craché au visage tant ma haine est virulente.
Potter, après deux mois d'incertitudes, s'est enfin bougé les fesses et est venu me voir pour « sauver mon âme ».
Monsieur l'Élu a décidé, avec l'accord de son pathétique mentor, de m'offrir le grand honneur d'entrer dans l'Ordre du Phénix.
Je ris à gorge déployée. Intérieurement, bien sûr. Là, ma main enserre bien fermement son col.
Ses yeux me foudroient. Je lui réponds de la même manière et je vois son regard glisser jusqu'à mon avant-bras qui le maintient à distance. Ma manche est légèrement relevée et sous elle mon tatouage se meut tel un serpent.
-Tu me dégoûtes, Malfoy. Je pensais que...
-Tu pensais quoi? Hein? Que je choisirais cette voie-là rien que parce qu'on a couché ensemble une ou deux fois?
Très bien, là je mens. Non l'avons fait 27 fois, et non je n'ai pas compté.
-J'ai trahi mes amis et j'ai menti au meilleur d'entre eux pour cette relation.
-Nous ne sommes ni n'étions un couple, Potter. Et je ne suis pas ton ami alors ta proposition tu peut te la foutre où je pense!
-Putain Malfoy, je ne te croyais pas si con!
-Non, tu me croyais gentil, bien propret comme toi tu l'es avec Dumbledore et l'Ordre. Mais tu vois Potter, tu me connais très mal, je lui susurre.
Oui, là je vois la déception et la haine dans ton regard, Potter.
Tu es peut-être mon ennemi, mais autre que mon corps, tu me connais mal Potter, très mal. Et tu sais quoi? Je déteste cette pointe de culpabilité que tu fais naitre en moi.
Tu es vraiment une faiblesse pour moi. Et si je veux survivre à cette guerre et apprendre plus sur la magie noire, je dois éradiquer mes faiblesses.
Je gagnerai en pouvoir et je te surpasserai.
-Dégage, me murmures-tu faiblement.
Je m'approche un peu plus près de toi, mon corps se colle au tien – Merlin que c'est bon, ça faisait si longtemps! - et je murmure tout bas à ton oreille :
-Mais ne t'inquiète pas, Potter, je ne t'empêcherai jamais de le tuer. Je te le jure.
Je me recule un peu et regarde l'effet que cela te fait. Je ne suis pas surpris de voir un dégoût sans nom déformer tes traits.
La cloche sonne, annonçant la fin des cours. Nous sommes dans le couloir de Métamorphose, le plus fréquenté. Pas la peine donc d'expliquer que des élèves, autant sur notre droite que sur notre gauche, surgissent en foule.
Mon moment d'inattention me vaut un crochet du droit de ta part. Je sens mon nez craquer horriblement et du sang en jaillir.
Les élèves, Poufsouffles, Gryffondors, Serpentards ou Serdaigles, s'arrêtent et nous regardent, effrayés. Je les comprends : Potter est tellement en colère que sa magie bouille et échappe à son emprise par vagues.
Je m'essuie le nez calmement et lui envoie un regard froid. Son regard à lui dit clairement « Va te faire foutre ».
-Harry y'a un problème? L'appelle soudainement la sang de bourbe.
Son ami la belette et ses acolytes la suivent de près.
-Effectivement Malfoy, je me suis trompé, tu ne vaux pas le dixième de ce que je pensais. Dans la vie, comme dans un lit, me dit-il d'une voix basse.
...
Je lui envoie mon poing droit direct dans le ventre. Il se plie en deux sous le choc, mais ce que je ne prévois pas c'est qu'il répond aussitôt à mon attaque.
Et nous nous battons.
Des poings, du sang, des coups de pieds, sa peau, son odeur, sa magie...
Les autres autour de nous se reculent alors que nous nous traînons comme des bêtes de droite à gauche et de plus en plus près du sol.
J'entends ses amis hurler et bientôt les « miens » font pareil. Tous sauf Blaise qui reste impassible. Le jour où je le comprendrais celui-là...
Notre manège dure plusieurs minutes, et plus je le frappe plus mon corps s'approche du sien et en demande toujours plus.
Je le hais, je l'exècre à cause de ce besoin corporel qu'il fait naître en moi.
-ARRÊTEZ! S'écrie maintenant Granger, et je crois entendre un trémolo dans sa voix. Elle pleure.
Finalement, sûrement affolé par la voix de sa petite copine, la belette tire Potter hors de ma portée. Il est obligé de le retenir par les épaules, car tel un fauve, Potter s'acharne à vouloir me sauter dessus. Ses yeux sont rougis et je refuse d'y voir des larmes.
Je suis dans le même cas, mais Pansy a chopé mon bras et son geste me résonne.
-JE TE HAIS MALFOY! JE TE HAIS!
Un silence de mort s'installe dans le couloir après sa réplique. Tous retiennent leur souffle, attendant ma réponse. Je ne sais pas moi-même ce que je vais dire avant que ces mots sortent tout seuls de ma bouche, m'arrachant un léger et incompréhensible pincement au cœur :
-Moi aussi, Potter.
À suivre...
Alors les choses avancent non ? Et c'est pas fini :) ! Merci d'être toujours là, j'accepte et je lis toujours vos reviews avec un grand plaisir !
Bonne journée-nuit !
Lyj'
