Mot de l'auteure : Brrrr il vente, il fait froid et pas beau, c'est pas l'hivers c'est le déluge ! Snif. Enfin Noël approche :) ! Ca me donne envie d'écrire des fics sur cette fête (jadore noël) bref... comment allez-vous ? Merci pour vos reviews, comme d'hab je publie un chapitre quasi toutes les semaines now (je fais mon possible en tout cas) donc comme pendant le semaine j'ai pas le net, je ne peux pas répondre à tous vos reviews.. mais je les adore, merci encore et toujours ! (je ne le dirais jamais assez).
Donc voici un nouveau chapitre. Nous faisons un bon dans le futur, voir plusieurs, l'action devient saccadée mais c'est un passage obligé pour la suite qui sera nettement plus intéressante, et surtout ne vous inquietez pas de la MECHANCETE de DRACO (oui parce que vous avez raison, il est pas très net) il y a une voir des explications pour tout... mais les révélations viendront en temps voulu ;p !
Sur ce, encore merci à Agadou pour ses corrections rapides, et bonne lecture à tous !
Chapitre 4 – Chemins croisés et décroisés
oOo
Le détour
Quand tu prends de l'avance
« Ennemis! »
Le discours
Quand tu veux le silence
« Ennemi! »
La corde à ton arc
La corde à ton cou
Fidèle envers et contre nous
Les meilleurs ennemis
oOo
POV Harry
-Putain Harry t'es où? Me hurle Ron.
Je crois que je rêve.
La guerre s'est arrêtée autour de moi. Je n'entends plus le bruit des explosions, ni le cri des victimes touchées. Mais alors que mes oreilles sont sourdes, mes yeux sont plongés dans une mer grise sans fond. C'est à peine si je vois Ron débarquer dans la rue sombre où nous nous trouvons. Mon cœur s'est arrêté de battre, et ma voix a aussi pris ses jambes à son cou.
Je sors doucement de mon rêve alors que mon meilleur ami m'attrape vigoureusement le bras afin de m'attirer loin du danger. De ce danger qu'il représente.
Pourquoi ne l'ais-je pas tué?
Ron ne l'a pas vu, il est devenu hystérique depuis la disparition d'Hermione.
-Magne-toi on doit s'arracher de là! Crie-t-il de plus belle.
Comme je résiste quelques secondes, il regarde dans ma direction et le voit enfin.
Draco Malfoy.
-ENFOIRÉ!! Où est Hermione? Qu'avez-vous fait d'elle!? Crie-t-il à pleins poumons.
Cette fois-ci, c'est moi qui suis obligé de le retenir.
Malfoy ne bouge pas, impassible. Il est sans émotion, comme le monstre qu'il est devenu.
Je me rappelle encore de ce jour-là, à Poudlard, il y a plusieurs mois. De ces mots empoisonnés qu'il m'a lâchés, de ces yeux pleins de haine et de son bras taché par la honte la plus innommable. La plus grande déception de toute ma vie. Celle qui a éradiqué totalement et définitivement mes espoirs les plus fous, mes pensées les plus... impensables.
Ce jour-là, j'ai eu envie de le tuer. Oh oui, je l'aurais liquidé sur place sans le moindre remord, car j'avais l'impression qu'il avait tout pris de moi. Mais j'avais tort : Ron et Hermione étaient encore là.
Sauf qu'aujourd'hui, alors que la guerre bat son plein, Hermione a disparu et nous soupçonnons les Mangemorts de l'avoir kidnappée.
-LÂCHES-MOI! Me hurle Ron.
Je dois me faire violence pour ne pas lui obéir. Et vous savez pourquoi? Pourquoi malgré toute la haine que je voue à ce perfide Serpentard, je le laisse en vie? Parce qu'il m'a juré de ne jamais se mettre entre moi et Voldemort. C'est peut-être stupide, mais lorsqu'un sorcier promet quelque chose, il doit s'y tenir sous peine de voir sa magie se retourner contre lui.
Malfoy est devenu le bras droit de Voldemort, je le sais, je le vois dans la façon arrogante dont il se tient face à nous, et je sais que le jour où j'affronterais son maître, il sera à côté de lui, et il ne bougera pas d'un poil lorsque je le tuerai.
Alors rien que pour ça, Malfoy doit vivre. Je lui rappellerai sa promesse si jamais il l'oublie, je me servirai de lui, et après Ron pourra faire de lui ce qu'il voudra.
-HARRY, RON ON LES A TROUVÉS! S'écrie une voix au loin.
Kingsley.
Est-ce d'Hermione qu'il parle? Ron n'hésite pas une seconde pour le rejoindre. Moi je mets plus de temps, mes yeux s'attardent aux siens, toujours gris, froids, fixes.
-On se reverra, Malfoy, lui lançais-je.
Et comme pour me répondre, ce con me sourit narquoisement.
OoOoOoO
La deuxième fois que je rencontrai Malfoy pendant la guerre, ce fut le jour le plus noir de toute ma vie.
Nous avions enfin retrouvé Hermione, mais dans un sale état. Elle n'était pas beaucoup amochée, mais rien que la présence de larmes dans ses yeux, et de toutes ces ecchymoses sur son corps était choquante.
Ce jour-là, ce fut bien la seule chose positive qui nous arriva. L'armée de Voldemort nous avait prises par surprise le matin très tôt, au QG même de l'Ordre du Phénix. Ils étaient tous venus, Voldemort avait beaucoup misé sur cette attaque. Peut-être pensait-il aussi m'éliminer pour de bon sans avoir à m'affronter face à face.
Ce jour-là, donc, beaucoup d'entre nous tombèrent. Presque un tiers de l'Ordre. Lupin, Tonks, Percy, Lavande Brown, Cho Chang, Dean Thomas, Colin Crivey, d'autres professeurs de Poudlard et une dizaine d'aurors. Ils ne sont pas tous morts... Malheureusement pour eux, certains sont dans le coma depuis ou ont perdu la tête.
J'ai cru devenir fou... Tous ces amis, ces alliés qui tombaient autour de moi et moi, l'Élu, j'étais incapable de les aider. J'enrageais tellement que mes pouvoirs magiques se sont déchaînés à leur paroxysme et que j'ai bien cru faire tout explosé, amis comme ennemis. Mes yeux étaient rouges de colère, de haine et de pleurs. Et ce connard de Voldemort n'était même pas là, il n'a même pas eu les couilles de m'affronter! J'étais si près pourtant de le détruire, je n'avais jamais autant voulu le détruire!
Ma haine dépassait tout... Même mes autres sens.
Ce n'est qu'au dernier moment que je me suis rendu compte que je l'attaquais.
Ce qu'il y a de bien (quoique je ne suis pas encore sûr que ce soit un bien) avec la guerre c'est qu'elle vous pousse à vous surpasser. Elle repousse vos limites, elle met à vif tous vos nerfs et bloque votre corps sur son mode de survie chaque millième de seconde qui passe. Pendant cette guerre, j'ai appris une quantité phénoménale de sorts, autant pour me défendre et soigner mes blessures, que pour attaquer.
Fulguris est un de ceux-là. Il provoque un éclair bleu semblable à une lame, et traverse le corps de mon adversaire.
C'est ce sort que je lui ai jeté.
Je n'ai pas réagi, ma baguette réagissait presque toute seule (ou était-ce mon instinct?) et je tournais autour de moi en essayant de toucher le plus de Mangemorts possible.
Et il était derrière moi. Il a reçu mon sort en pleine poitrine.
J'ai su que c'était lui, car ses cheveux blonds dépassaient de son masque, et parce qu'il n'a pas crié, ni pleuré. Tous les autres Mangemorts hurlaient de joie ou de douleur autour de nous, mais lui restait comme à son habitude : de marbre.
Il a porté sa main à sa blessure et je n'ai plus vu que ce sang, son sang, rouge à en faire blêmir un vampire.
Il n'a pas tenu vingt secondes debout, et moi je n'ai pas hésité une seule seconde avant de courir pour le rattraper.
C'était Malfoy, nous étions un jour de bataille, il était l'ennemi... mais je l'ai soigné. J'ai même jeté un sort de nettoyage sur ses vêtements rouges; certainement un acte compulsif, irréfléchi, pour tenter d'effacer mon erreur.
Je savais qu'il ne s'en remettrait pas de si tôt. Alors, j'ai appelé Snape. Il était espion pour l'Ordre, il avait donc tout fait pour ne pas être présent lors de cette bataille, pour ne pas compromettre sa couverture. Mais il est venu quand même et a emmené Malfoy. Personne ne m'a vu faire, du moins je l'espère.
J'ai appris deux mois plus tard que Malfoy s'était totalement remis de sa blessure... mais moi je n'arrivais toujours pas à me débarrasser de ma culpabilité.
Ron et Hermione ont cru que c'était le choc de la bataille et la peine d'avoir perdu tant d'amis qui m'ont fait me renfermer sur moi-même. Mais même si ça en faisait partie, ça n'avait rien à voir.
J'ai toujours clamé haut et fort que je haïssais Draco Malfoy, que si l'occasion m'était donnée, je le tuerais sans hésiter.
Mais ce jour-là, je m'en suis trouvé incapable. J'ai paniqué pour la deuxième fois, et je ne l'ai pas tué. C'est comme si c'était au-dessus de mes forces... et encore aujourd'hui, je ne sais pas pourquoi.
OoOoOoO
-Mort?
Ma voix n'est qu'un murmure, alors que ce mot tourne en boucle dans ma tête. Mes mains tremblent, mon corps entier tremble. Madame Pomfresh vous dira que c'est normal, que c'est parce que je viens de me réveiller de trois jours de coma, que la nouvelle, bien que très bonne pour eux tous, est dure à avaler pour moi.
Mort.
Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point ce mot signifiait quelque chose d'aussi important. Des morts il y en a eu énormément pendant cette guerre, et par le passé j'en ai connu encore plus, et de personne qui m'étais chère.
Mais cette mort-là est différente, car cette mort-là signe ma liberté, la fin de ce lourd fardeau qui était le mien.
Voldemort est mort.
Je l'ai tué, j'ai réussi. Enfin.
Hermione a les larmes aux yeux, mais ce sont des larmes de joie, Ron sourit de toutes ses dents et me serre l'épaule à m'en faire mal, sans cesser de répéter : « Tu l'as eu mon pote, tu l'as eu! ».
Et Ginny... Ginny a passé ses bras autour de mon coup et m'enlace de toutes ses forces.
Ils sont heureux, et le visage radieux de Mac Gonagall et des autres membres de l'Ordre derrière elle n'ont rien à leur envier.
C'est fini, enfin, tout est terminé.
-Et Malfoy? Demandais-je soudainement.
Car il était là. Il a tenu sa parole : il s'est écarté au dernier moment et j'ai pu le tuer grâce à sa trahison.
-Malfoy? Il a été arrêté, comme tous les autres Mangemorts. Ils seront jugés et envoyés à Azkaban dans la semaine, me répond la nouvelle directrice de Poudlard.
Mon soulagement semble se stopper à ces mots. J'acquiesce silencieusement, et je réponds à l'étreinte de Ginny pour oublier cette boule d'angoisse qui vient de naître au creux de ma gorge.
Je refoule ces mauvaises pensées : je dois penser à l'avenir. Voldemort est mort à présent, je suis libre. Je dois tourner la page. Complètement.
-Je suis si contente que tu sois en vie, me chuchote Ginny.
-Moi aussi.
Sa sollicitude me touche, et une idée germe en moi. Je regarde Ron et je le vois me sourire d'un air entendu.
Bien, nous verrons. Pour l'instant j'ai seulement besoin de repos...
OoOoOoO
5 ans plus tard
-Où est-il? Demande Ron à sa sœur.
-Dans son bureau, entends-je Ginny lui répondre.
Des pas résonnent et ils entrent dans mon lieu privé.
Je suis penché sur une tonne de paperasse. Ma baguette repose sagement à côté de moi et à ma droite se trouve une table emplie de potions et de chaudrons chauds qui bouillent tranquillement.
Je ne relève pas la tête à leur arrivée. Il faut que je finisse de lire ces lettres. Des lettres de filatures que j'ai commandé moi-même auprès des Aurors les plus discrets et les plus sûrs que je connaisse.
-Harry, Ron et Hermione sont venus nous rendre visite.
-J'arrive, marmonné-je.
J'entends Ginny bafouiller qu'elle va préparer un thé, et Hermione lui répond qu'elle veut l'aider.
La porte se referme et je me sais seul avec Ron.
Il attend tranquillement que je finisse ma lettre. Je la termine le cœur battant, et laisse mon travail à regret pour me retourner vers lui... et recevoir un magnifique crochet du droit.
Je tombe violemment sur ma chaise et me retiens autant que je peux à mon bureau, ma main gauche sur ma joue meurtrie.
Ron est en colère, et pas une petite colère. Ses oreilles sont rouges, ses sourcils sont froncés, il respire fort. Je crois qu'il contient cette haine depuis longtemps...
-Putain Harry qu'est-ce que tu fous? Me hurle-t-il. Quand je t'ai laissé épouser ma sœur, j'étais persuadé que l'on s'était compris et que tu ne reviendrais JAMAIS là-dessus.
De son menton il me désigne les lettres à côté de moi.
-Je ne vois pas où tu veux en venir, lui dis-je le plus sincèrement du monde.
Je ne comprends pas, que lui arrive-t-il? Je fais mon travail, rien de plus.
Il rit jaune, ses mains sur ses hanches, et lève les yeux au ciel.
-Tu ne vois pas? Merde Harry, tu es totalement obsédé par ce... connard de Serpentard! Tu le fais suivre, tu surveilles le moindre de ses pas jusqu'à faire des heures sup' et oublier ta vie de famille! Depuis quand n'es-tu pas allé chercher Albus à l'école? Te souviens-tu de son dernier dessin? Après Poudlard, je pensais que tout était redevenu dans l'ordre, ajoute-t-il avec un regard méprisant.
Ça y est, je sais de quoi il veut parler. Après la guerre, j'ai été plusieurs jours en convalescence. Lorsque j'en suis sorti, je suis resté un long moment chez les Weasley. Ginny et moi nous sommes rapprochés. J'ai toujours su qu'elle avait un faible pour moi, et que Ron m'autoriserait à sortir avec elle pour la rendre heureuse.
Et c'est ce que j'ai fait. Je croyais que ce que je considérais comme étant ma crise d'homosexualité était passé. Maintenant, j'essaie de ne pas y penser, mais je sais que ce n'était pas une crise et que me marier avec Ginny était une erreur.
-Tu crois encore que je suis une erreur de la nature? Merci Ron, j'apprécie, dis-je calmement en me massant la mâchoire.
Je n'ai pas envie d'avoir cette conversation. Il y a des sujets qu'il vaut mieux éviter.
-Non, je crois que tu te fous encore dans la merde la tête la première et que tu ne fais rien pour en sortir, répondit-il.
Il fait les cent pas, sa tête entre ses mains. Son ton est à la fois désespéré, colérique et... compatissant. Ce dernier sentiment m'est nouveau. Aurait-il pitié de moi? Pourquoi?
Je crois que même lui ne sait plus où toute cette histoire nous mène.
-Je me suis renseigné auprès du bureau principal des aurors, il n'y aucune enquête officielle ouverte sur Malfoy. Alors, explique-moi POURQUOI tu passes tes journées à le filer? Tu en veux encore après son cul?
Sa dernière phrase fait naître un torrent de flamme dans ma poitrine. Je me redresse à sa hauteur et le menace :
-Si je fais ça, c'est uniquement pour vous protéger! Vous aviez raison, Malfoy est très dangereux. J'ai réussi à récolter des débuts de preuves comme quoi il serait impliqué dans une secte de magie noire. Il cherche à gagner en pouvoir, il a déjà appris beaucoup avec Voldemort!
Ron me regarde comme si j'étais fou et l'espace d'un instant, j'ai l'impression de l'être. Je m'emporte toujours un peu trop quand il s'agit de lui.
-Harry, s'il est si dangereux que ça, pourquoi l'as-tu gracié d'Azkaban? Me demande-t-il.
Je reste coi.
Pourquoi l'ais je gracié? Par pitié? Pour me faire pardonner ma lamentable erreur pendant la guerre? Parce que j'ai failli le tuer? Même si c'était mon devoir?
Une image s'impose à moi soudainement : celle de Malfoy derrière les barreaux, en habits noirs et gris, le visage fermé et les yeux ternes.
Je secoue vivement ma tête.
Je n'ai pas pu. Je n'ai pas réussi à l'envoyer à Azkaban. Cette image ne correspondait tellement pas à celle que j'avais de Malfoy... Le Malfoy que nous avons connu à Poudlard n'était pas comme ça. Il a mal tourné, mais il reste Malfoy... Un symbole emblématique de mon passé. Je ne pouvais pas le mettre derrière les barreaux.
Ron se rapproche dangereusement de moi, et, quand son visage est à quelques centimètres du mien, toute trace de pitié a quitté ses traits. Il me menace alors comme il ne l'a jamais fait avant, et à cet instant j'ai l'impression d'être revenu des années en arrière, dans notre dortoir lorsque le lien fraternel qui nous unissait a été rompu.
Jamais, même avec la guerre et ces années passées, je n'ai eu l'impression de l'avoir totalement réparé.
Les sentiments humains ne sont pas comme des corps : ils cicatrisent mal, très mal. Une écorchure sur votre genou guérira en quelques jours, mais une blessure dans votre âme mettra des années à se refermer.
-Si tu laisses tomber ma sœur, ou si j'apprends que tu fricotes avec lui ou avec n'importe qui d'autre, tu auras à faire à moi, Harry. Ça ne me fait pas plaisir de te le dire, mais tu dérailles complètement. Arrête cette enquête, où je te fais renvoyer du Ministère.
Je frissonne, mais ne réponds pas. Très bien, comme il voudra.
Je sauverais les apparences, mais les apparences seulement...
OoOoOoO
POV Draco
6 ans plus tard
Depuis la mort de mon très cher et estimé maître, Lord Voldemort, je suis devenu un « ex-Mangemort ».
Mort qui ne m'a pas empêché de continuer mes activités illicites et de traiter avec la magie noire comme bon il me semblait.
Aujourd'hui, aux yeux de tous, je suis le fils héritier de Lucius Malfoy, Mangemort reconnu et emprisonné à vie à Azkaban, et de Narcissa Black, Mangemorte repentie qui fut tuée après la guerre par un groupe d'extrémistes antimages noirs.
Voilà 11 ans de ça, ma mère et moi avons été graciés par l'Élu en personne, j'ai nommé Potter le Balafré, après avoir présenté nos plus profondes et sincères excuses au mangenmagot tout entier. Nous étions donc tous les deux des Mangemorts repentis. Et depuis ce jour, je travaille d'arrache-pied sur mon image pour redorer le nom des Malfoy : œuvres de charité, orphelinats (très présents après la guerre), galas caritatifs, dons en tout genre, etc. J'ai même été jusqu'à sympathiser avec d'anciens Gryffondors! Chose qui n'a pas beaucoup plu à Potter et la belette. Mais mis à part eux, tout le monde m'aime. Et je ne dis pas ça pour paraître prétentieux, c'est juste la vérité. Je n'ai qu'à sourire doucement pour qu'on me lance un « oh, bonjour monsieur Malfoy! » ou un « Comment allez-vous aujourd'hui Draco? ».
Quelle bande de pigeons, je vous jure. Vous voulez que je vous dise un secret? Au fond de moi, je les hais tous. Tous autant qu'ils sont. Rien que les regarder me fait pitié. Ils paraissent heureux depuis la fin de la guerre, ils font comme si rien ne s'était passé, comme si leur couple n'avait pas été brisé, comme s'ils n'avaient pas perdu d'enfants ou de proches, comme s'ils n'avaient pas découvert que leur voisin était en fait dans le camp adverse. Ils vont au travail et ignorent les travaux que le ministère effectue dans leur dos pour que tout paraisse parfaitement... normal.
La banalité du quotidien, voilà ce que chacun a essayé de retrouver durant ces onze dernières années. Et il faut croire qu'ils ont réussi. Bien sûr, je ne nie pas que chacun ait souffert, que derrière leur sourire se soit caché des larmes, qu'au début il leur ait fallu du temps pour se reconstruire. Moi aussi j'ai été très amoché pendant cette guerre, mais contrairement à eux je ne l'oublie pas, je ne veux pas l'oublier, et c'est de ces erreurs et de ces peines que j'en ai réitéré ma philosophie : dans ce monde, soit on vous marche dessus, soit c'est vous qui marchez sur les autres.
Je n'étais rien à Poudlard en comparaison à ce que je suis maintenant. Mon arrogance, ma fierté et ma force sont ridicules à côté de la crainte, du respect et des pouvoirs que j'ai acquis durant la guerre. Ma persévérance a payé.
Oui, peut-être est-ce en partie dû à la mort de Voldemort. Bien sûr je le haïssais, cependant je respectais sa puissance magique et son savoir. J'ai pu avoir quelques leçons particulières avec lui avant sa mort, et cet avant-goût m'a laissé quelque peu... frustré. La magie noire est tellement plus puissante et vaste que la magie blanche. Son pouvoir est sans limites. Je comprends qu'on nous l'ait interdit à Poudlard, mais pourquoi est-elle aussi interdite dans le monde magique? Il y a tellement à découvrir. Qui n'a jamais voulu savoir voler, refaire vivre un proche mort ou contrôler un dragon par sa seule capacité mentale? Pouvoir faire ce qu'on veut, quand on le veut. Voilà la liberté que je recherche.
Blaise m'a dit une fois que mes ambitions étaient trop folles et qu'un jour je retomberais violemment sur Terre. Peut-être a-t-il raison, peut-être pas. En tout cas, la place du puissant mage noir est libre, et grâce à Potter, encore une fois, tous mes autres concurrents ont été éliminés.
Oui, Potter est devenu auror, professeur de défense contre les forces du mal, quelle bonne surprise! Il fait un travail remarquable, est marié à une psychomage diplômée de Londres, j'ai nommée Ginny Weasley, qui a donné naissance à un adorable rejeton qui, pour couronner le tout, se prénomme Albus Severus Potter. Sa place de père et d'ancien héros du monde magique lui a permis de garder une très bonne moyenne dans les sondages de Sorcière Hebdo et La Gazette.
Tout comme moi, Potter est respecté et admiré. Mais je ne suis pas dupe, à choisir entre un ex-Mangemort repenti et Harry Potter, la populace élit le binoclard sans hésiter.
Toujours en travers de mon chemin Potty, les choses n'ont pas changé de ce côté-là...
Pour ma part, comme le Ministère m'a fermé ses portes en me faisant gentiment comprendre que les Mangemorts n'étaient pas les bienvenus dans les paperasses gouvernementales, je me suis naturellement tourné vers la médicomagie, la deuxième branche professionnelle la plus appréciée chez les sorciers. Quoi de plus noble que de sauver des vies humaines?
Je suis irréprochable, n'est-ce pas? Qui irait douter de ma bonne foi? Même moi je me dégoûte parfois...
Mon travail consiste plus précisément en la recherche de remèdes et de potions magiques contre les maladies dites incurables. Ce qui ne m'empêche pas de soigner une centaine de patients chaque année pour des maladies moins graves.
Aujourd'hui, comme chaque autre jour, je me rends donc à St-Mangouste. Il est précisément 7 h 52 et après un dernier coup d'œil dans mon miroir, je descends au rez-de-chaussée, prêt à partir. Pour des raisons pratiques et surtout patrimoniales, j'ai décidé de garder le Manoir Malfoy. Il m'a fallu plusieurs mois de travaux et de nuits blanches pour réussir enfin à me réhabituer à cette maison qui était la mienne avant de devenir le quartier général de Voldemort.
Je me suis mariée et ma femme, de noble lignée cela va de soi, s'appelle Altheda Nothington. Comme tous les matins, elle m'attend dans le hall pour me souhaiter une bonne journée.
Oui, moi aussi j'ai mes petites habitudes. Inutile de vous préciser qu'elles m'ennuient terriblement.
Altheda est une jolie femme : longs cheveux bruns, yeux noirs bien dessinés, assez grande, mais avec une taille fine et une silhouette tout en courbures. D'origine bulgare, c'est un ancien top modèle qui a su arrêter son travail au profit de sa vie de famille.
Encore une fois, irréprochable.
Je l'embrasse rapidement, froidement même, et sors enfin transplaner. Je sais qu'elle ne sourit pas en me voyant, car depuis la naissance de Scorpius, notre lit conjugal est... comment dire? Glacial. J'avais besoin d'un héritier, et je l'ai eu, c'est tout ce qu'il me suffisait.
Je n'ai jamais aimé le sexe trop doux et trop sensible, à mon goût, avec une femme. Alors maintenant que Scorpius est né, je vais voir ailleurs. Je suis resté moi-même, quelque part.
Une nouvelle journée commence, et j'espère bien que cette fois-ci, elle sera différente.
~*~
-Je prends ma pause Elizabeth. Prévenez-moi si le patient réagit au traitement, dis-je rapidement à mon assistante.
-Vous sortez? Me demande-t-elle avec une pointe de curiosité dans la voix, alors que je récupère ma cape dans mon cabinet.
-Oui je mange dehors ce midi, mais je serai toujours joignable, lui précisé-je.
-Oh dommage, je pensais vous inviter à la cafétéria de l'hôpital. Bon déjeuné, me répond-elle avec son grand sourire badigeonné de brillant à lèvres rose.
Comme si cette cruche avait besoin de tout savoir sur moi. Draguer un homme marié, elle n'a pas froid aux yeux. Heureusement pour elle, j'ai fini par m'y habituer.
Il est midi et demi, et j'ai rendez-vous avec Blaise sur le chemin de traverse. Une fois par mois environ nous déjeunons ensemble. Je m'acquiers de sa santé et lui me fait des remontrances quant à ma façon de vivre.
Cette fois-ci ne fait pas exception à la règle. Lorsque je le retrouve, Blaise est assis au soleil, à la terrasse du restaurant Potiron, et m'attend impatiemment. Il est plus nerveux que d'habitude, ce n'est pas normal.
-Bonjour Blaise, lui dis-je lorsque j'arrive à sa hauteur.
Il ne sourit pas, et il ne se redresse même pas pour m'accueillir, se contentant d'un hochement sec de la tête.
-Tu es en retard. Alors quoi de neuf? Toujours à cirer les pompes de la haute société?
-Et toi toujours à ranger les petits papiers de McGonagall? Réponds-je du tac au tac.
-Tu ne changeras jamais, hein?
Son ton est dangereux. Il est vraiment étrange.
Il peut m'avertir autant qu'il le veut, il sait que je suis dix fois plus puissant que lui. Si à Poudlard nos forces magiques étaient à peu près égales et que je ne l'aurais provoqué pour rien au monde, aujourd'hui tout est différent.
-Si au moins tu t'occupais correctement de ta femme et de ton enfant.
-Ne me fais pas croire que tu es devenu un homme respectable, Blaise, répliqué-je.
Je fais signe au serveur et il m'apporte un café noir sans sucre.
-Non, mais moi, contrairement à toi, je regarde les choses en face. Sais-tu que Pansy a replongé?
Ah, alors c'est ça.
Je bois une gorgée.
-Je l'avais prévenu, réponds-je.
Pansy est accroc à une drogue qui a fait son apparition sur l'Allée des Embrumes après la guerre. Elle a fait des ravages jusqu'à deux ans après sa mise en vente. Les sorciers devenus trop pauvres ou trop malheureux à cause de la guerre en ont beaucoup consommé. Ils appelaient ça le « sweet dreams ». J'ai trouvé une sorte d'antidote à cette drogue, c'est d'ailleurs ce qui m'a valu mon poste à St-Mangouste.
Il n'existe plus de drogués comme Pansy aujourd'hui. Seuls les cas les plus graves ou les jeunes en manque de sensations fortes en prennent encore.
-Il ne suffit pas de boire le Nightmare M pour s'en sortir, un peu de bonne volonté est nécessaire.
Blaise se jette subitement sur moi et m'attrape par le col, renversant mon reste de café sur la table.
-Arrête de jouer au con! Tu sais qu'elle a tout donné pour nous pendant cette putain de guerre!
Oui, Pansy n'a fait que trainer dans nos pattes durant la guerre. Elle savait que nous étions devenus des Mangemorts et elle, en sorcière neutre, faisait tout son possible pour nous « ramener à la raison ». D'après ses dires soit nous avions perdu la tête, peut-être à cause d'un Imperium, soit nous avions une bonne raison de nous comporter de la sorte et son but était de découvrir quoi.
Énervé par toute son agitation, j'ai fini par lui avouer mes véritables raisons.
« Tu mens. Je te connais Draco, tu n'es pas comme ça, au fond tu es quelqu'un de bon. Qu'est-ce qui t'a fait changer comme ça? » avait-elle répondu.
« Tout le monde », avais-je répondu.
Ce n'est qu'à la fin de la guerre, lorsque nous étions sûrs que Voldemort perdrait, que Blaise lui a à son tour avoué son secret : il était un espion. Il ne me l'avait pas dit à moi non plus, mais il n'en avait pas eu besoin. Je l'avais deviné depuis le début, et je ne l'aurais jamais trahit, car de toute façon moi-même j'étais une sorte d'espion à mon propre compte.
Alors oui, Pansy s'est démenée pour nous pendant la guerre, mais je ne lui ai jamais rien demandé.
Je renvoie un regard furieux à Blaise.
-Et je n'avais pas besoin d'elle! Si tu l'avais laissé croire que tu étais un espion depuis le début, alors peut-être ne serait-elle pas dans un état aussi pitoyable!
-Et toi alors?! Tu n'es même pas un espion, Draco, tu es pire que ça!
Un rictus amer ourle mes lèvres. Il ne comprend pas, comme tous les autres.
Blaise me relâche et se rassoit, jetant des coups d'œil inquiets tout autour de lui. Personne n'a réagi à son excès de colère, il a de la chance.
-Qu'est-ce que c'est que ton histoire d'intégration à Poudlard? Me lance-t-il.
Voilà, nous touchons au but de cet entretien. Le serveur revient vers nous avec deux petites assiettes de viennoiseries. Il sait qu'on ne les mangera pas, mais c'est l'établissement qui veut ça.
-Je veux remplacer Pomfresh, j'ai entendu dire qu'elle partait en retraite, réponds-je vaguement.
-Ne joue pas à ça avec moi! McGo et moi-même savons très bien que ce qui t'intéresse ce sont les livres de Poudlard. Tu veux quoi? Finir tes expériences médicinales pour le bien de tous ou achever ta formation de grand mage noir?
Je ne réponds pas. Blaise réattaque.
-Tu sais que Potter revient à Poudlard lui aussi? Il a déjà failli te tuer une fois, il n'hésitera pas à recommencer, je te conseille de rester loin de lui.
Un éclair bleu surgissant du passé voile mes yeux. Une douleur aigüe, mais irréelle me transperce la poitrine. J'arrête de respirer pendant quelques secondes.
Potter... Oui je sais qu'il sera là-bas, et je sais aussi que retourner à Poudlard remettra sur table notre ancienne, quoique toujours virulente, animosité.
Mais je n'ai pas le choix, j'ai besoin de ces manuels de magie.
Et puis, après ce qui s'est passé durant la guerre, je sais que Potter ne m'attaquera plus avec des sorts de magie noire. Il aurait trop la trouille. Et puis onze ans se sont quand même écoulé, depuis il est devenu un homme exemplaire qui ne ferait pas de mal à une mouche – contre coup de la guerre sûrement.
Moi par contre, ce n'est pas le cas. Malheureusement pour lui... .
-Je posterai ma candidature. Personne n'osera s'opposer à moi, tu le sais et elle le sait. Mais ne vous inquiétez pas, je ne ferais rien d'illégal à Poudlard, et je ne toucherai pas à vos étudiants. Par contre, je ne vous promets rien pour Potter, lui dis-je.
Je lui adresse un signe de tête et après m'être essuyé la bouche, je me relève.
-Bien j'ai du travail à finir et un fils à aller chercher à l'école ce soir. Bonne fin de journée, Blaise.
Je commence à lui tourner le dos puis je me ravise :
-Pour Pansy... Je t'enverrais d'autres antidotes et des potions antirêve et antidépression par hibou postal.
OoOoOoO
Ma candidature aboutit deux semaines plus tard, soit une semaine avant la rentrée scolaire. Je vous épargne la satisfaction que j'ai ressentie en apprenant la nouvelle. Ma femme a pris cette décision pour une tentative de rapprochement avec mon fils qui entre cette même année à Poudlard.
Je la laisse croire ce qu'elle veut. Si cela peut m'éviter les disputes conjugales, je prends.
Et c'est ainsi que ce matin je prends le train pour Poudlard en compagnie de mon fils. Cela fait onze ans que je ne suis plus monté dans le Poudlard Express. Et cette fois-ci j'y monte en tant que professeur, enfin médicomage tout du moins.
Sur le quai, je laisse Scorpius trouver seul le chemin des wagons pour première année alors que je me dirige vers celui réservé aux professeurs et au personnel de Poudlard.
Ce n'est qu'une fois dans ce wagon que je m'accorde un sourire de contentement. Bien, maintenant que je suis là, plus rien ne peut m'arrêter.
Je ne sais pas pourquoi, mais mon cœur se met à battre plus rapidement alors que je parcours le wagon à la recherche d'un compartiment avec des places libres. J'évite d'anciens professeurs - ce n'est pas que j'ai peur d'eux, non, c'est juste que la perspective de me faire interroger par eux m'ennuie.
« Comment va votre femme? Et votre enfant? Il entre à Poudlard cette année, n'est-ce pas? Était-il stressé par son départ? Votre femme va bien se sentir seule » et je vous passe les meilleurs.
Au dernier wagon, je n'ai pas d'autre choix que d'y entrer, espérant y trouver une place libre et être au calme.
Cependant, alors que la porte coulisse et que je vois qui est à l'intérieur, mon cœur rate un battement.
Il est là.
Je ne pensais pas le voir si tôt. Et surtout pas dans ce train. Heureusement pour moi, et pour lui je présume, il n'est pas seul. Un jeune professeur, d'une vingtaine d'années lui aussi, est assis sur la banquette en face.
Il me sourit et je dois dire que je le trouve fort attirant. Châtain, cheveux courts, mais pas trop, sourire blanc très charmant, et des yeux bleu-gris clairs. Il me fait brièvement penser à Lupin. Peut-être à cause de l'aura de gentillesse qu'il dégage. Cependant, malgré toute sa bonne humeur apparente, il y a une sorte de curiosité perverse dans ses yeux. Et celle-ci, qui était précédemment dirigé vers Potter il y a à peine quelques minutes, s'est subitement dirigée vers moi à mon arrivée.
Et vous pouvez me croire, il semble vraiment aimer ce qu'il voit.
-Puis-je? Demandé-je par politesse.
À l'inverse de son voisin, Potter arrête de sourire à mon entrée. Son visage parait impassible, mais ses yeux trahissent une surprise et une crainte que je devine facilement, car je ressens la même chose.
-Mais bien sûr! Vous êtes Monsieur Malfoy, je présume? Notre nouveau médicomage? Je me présente je suis Darren Doom, professeur d'Histoire de la magie, me dit l'inconnu en se levant pour me serrer la main.
Potter se lève lui aussi, mais plus par automatisme me semble-t-il.
Je serre la main de Darren avec fermeté.
-Enchanté, dis-je poliment.
-Je parlais justement de votre admission avec Harry. Je pense que les présentations ne sont pas à faire, rajoute-t-il en se tournant vers le Balafré.
Ma gorge s'assèche. Tout ce que le public sait de moi et Potter, c'est qu'il m'a sauvé la mise pendant mon procès il y a onze ans, en affirmant ce que j'avais caché à tous : que j'étais (enfin pas vraiment) un espion au service de l'Ordre.
Rien de plus.
-Effectivement, dis-je. Potter.
-Malfoy, répond-il en évitant mon regard.
Je prends sa main dans la mienne pour une brève étreinte, et rien que celle-ci me brûle la peau.
Plus de onze ans sans contact, sans marque.
Je m'assieds sur la place libre à côté de Darren, et celui-ci engage directement la discussion avec moi. Ce qui permet à Potter de trouver une échappatoire par la fenêtre.
Bien, cela me laissera du temps avec ce nouveau et alléchant professeur. Et ça détendra un peu l'atmosphère, du moins je l'espère.
-Alors comme ça McGonagall a démis Binns de ses fonctions? Lui demandé-je.
-Oui, elle a remarqué qu'en fait peu d'élèves suivaient les cours d'histoire de la magie.
-C'est pas trop tôt, marmonné-je.
Darren enchaîne très vite sur le départ de Pomfresh et mes recherches en médicomagie. Je lui réponds sans réfléchir; mes yeux se perdent sur le visage de Potter.
Il a changé. Onze ans… Comme moi il est devenu un homme.
Ses cheveux sont un peu plus longs qu'avant, mais au lieu d'être totalement désordonnés, ils retombent avec élégance autour de son visage. Ce dernier est plus allongé et plus marqué par le temps que lorsque nous étions à Poudlard. Une petite cicatrice blanche creuse sa joue droite, mais sa plus célèbre marque en forme d'éclair a disparu.
Je remarque qu'une moue d'agacement et d'ennui barre son visage et déforme ses lèvres. Quelques rides y sont visibles : il doit avoir l'habitude de cet air-là. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me dérange.
Je me force à détourner les yeux pour ne pas attirer l'attention de Darren qui continue à me poser des questions.
Et puis, Potter semble assez énervé comme ça sans que je lui donne en plus l'envie de me dépecer.
-Nous arrivons! Lâche Darren au bout d'un moment. Vous savez, après le banquet quelques professeurs se réunissent souvent pour prendre un café et discuter de tout et de rien. J'aime bien m'y rendre moi-même, c'est un véritable moment de détente, continue-t-il avec son sourire si particulièrement attractif.
-J'accepte avec joie de me joindre à vous, dis-je.
Pour faire bonne figure, comme toujours, et aussi pour voir ce que va répondre Potter.
Mais il ne tourne pas la tête vers nous et Darren ne lui pose pas la question.
Bien, quand il le faut... Je scotch un faux sourire à mes lèvres et lui demande de ma voix la plus polie et la plus neutre :
-Et toi, Potter?
Il sursaute. Il devait vraiment être perdu dans ses pensées. Son regard glisse rapidement sur moi avant de retourner vers la fenêtre.
-Pourquoi pas, dit-il sans grande conviction.
Le train ralentit et finit par s'arrêter totalement. Il est le premier à se lever et prendre sa valise pour quitter le wagon. Darren, lui, prend tout son temps. Je le soupçonne de vouloir me suivre.
Dehors, l'air est frais. Il sent bon la rentrée et l'automne. Il fait déjà nuit et quelques torches ont été allumées pour éclairer notre chemin.
Je repère Potter qui se tient près de l'autre demi-géant d'Hagrid. Il m'adresse un regard et cette fois-ci il ne retient pas sa haine. Je lui souris et me détourne.
Au loin, Poudlard brille de mille éclats.
Ça fait du bien d'être à nouveau là...
À suivre
Mot de l'auteure : Alors ? Vous voulez savoir comment Harry et Draco vont pouvoir coexister à Poudlard ? A vos reviews dans ce cas ;) !
Bisous à tous et merci encore d'avoir lu jusque là !
PS : La suite de PIRATES arrivera surement en fin de weekend ou lundi dans la matinée. Je m'accorde le droit d'aller voir Arthur et les Minimoys en avant première dimanche :D ! (bonne séance à ceux et celles qui y vont aussi ;)
