Alors voilà la suite. J'espère qu'elle vous plaira!

Bonne lecture!

Chapitre 10: Merci...

Brennan, qui n'avait trouvé de cellulaire proche, avait dû se résoudre, à son grand malheur, à quitter la main de Booth pour appeler les secours. Elle était donc partit, à contre coeur et celui-ci dans les talons, à la recherche d'un quelconque téléphone. Lorsqu'elle était revenue, elle avait été d'autant plus apeurée et paniquée de voir la flaque de sang entourant Booth s'agrandir de plus en plus. De plus, le teint blême de Booth et son front perlant de sueur n'étaient guère rassurants.

Jamais elle ne l'avait vu dans un tel état. Même pas lorsqu'il avait pris son frigidaire en pleine figure lors de son explosion, ni même lorsqu'il avait pris cette balle à sa place. Et une fois encore, ce cauchemard se réitérait.

Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de garder espoir, aussi infime soit-il. Elle se devait de le faire, juste pour tous ces moments passés ensemble. Pour toutes ces promesses cachées, mais bien présentes. Tant de choses n'avaient pas été dites. Tant de choses n'avaient pas été vécues... Il devait tenir, elle devait tenir. Alors qu'elle repensait à tous ces souvenirs, elle crispa sa main sur la sienne, comme pour s'assurer que ce n'était pas fini, pas encore.

Ça faisait maintenant plusieurs minutes qu'elle avait appelé les secours et enfin ils daignèrent se montrer. Ceux-ci sortirent au pas de course de l'ambulance, civière à la main et se dirigèrent vers Booth. Les ambulanciers se pressaient à l'embarquer et à vérifier ses signes vitaux, conscients que chaque seconde était maintenant cruciale. Néanmoins, Brennan avait l'impression qu'ils prenaient tout leur temps, comme s'ils ne comprenaient pas le danger énorme que courait Booth.

- Mais bon sang, dépêchez-vous un peu! On dirait presque que vous prenez une marche de santé! Ce n'est pas le temps de paresser! Sa vie est en jeu!

- Calmez-vous madame, on fait le plus vite qu'on peut.

- Et bien ce n'est pas suffisant!

- Écoutez, on ne peut pas aller plus vite! Maintenant calmez-vous et laissez-nous faire notre travail, ou sinon, vous n'embarquerez pas dans l'ambulance avec nous! On n'a pas besoin d'un stress supplémentaire; on est bien conscient de l'enjeu. Déjà qu'il est dans un état critique...

Alors qu'il prononçait ces derniers mots, autre ambulancier cria:

- Ok, on est près à partir! Grouillez-vous!

Sans se faire attendre, Brennan et l'autre homme homme entrèrent dans l'ambulance, sirènes en marche. Après environ cinq minutes de route,un «bip» constant commença à résonner dans l'habitacle.

- Arrêt cardiaque! 10mg d'adrénaline intra-cardiaque! Charge à 200!

- Prêt!

- Dégagez! ... Aucun effet! Charge à 250!

- Prêt!

- Dégagez! ... Toujours rien! Charge à 300!

Brennan, qui était juste à côté, était complètement perdue vis-à-vis de la tournure que prenait les événements. Autant tout à l'heure tout était trop lent, maintenant, tout se déroulait à une vitesse folle et elle voyait tout ça comme si elle était dans un film. Ça semblait tellement irréel.

- Prêt!

- Dégagez! ...

- C'est bon, il est reparti. Un peu plus et on le perdait pour de bon.

- Ok Tom, pèse sur la pédale! Plus vite on sera à l'hôpital, mieux ce sera!

- Compris!

Trois minutes plus tard seulement, la civière traînant Booth franchissait les portes de l'urgence, entouré d'une panoplie de médecins et d'infirmières. Et enfin, comme elle s'y attendait, Brennan fut arrêtée à l'entrée de la zone des salles d'opération. Elle ne chercha pas à passer et alla simplement s'assoir dans la salle d'attente, déconnectée de la réalité. Les yeux dans le vide, elle ne pensait à rien, voyant seulement défiler ces quatre dernières années dans sa tête. Elle devait appeler quelqu'un ou elle ne tiendrait pas le coup.

Alors qu'elle de dirigeait vers la réception pour téléphoner quelques minutes plus tard, une infirmière sortit précipitamment de la zone des salles d'opération où on avait précédemment amener Booth. Elle se dirigea rapidement vers la salle d'attente et la balaya du regard en y jetant de rapides coups d'oeil, comme si elle cherchait quelqu'un. Elle revint sur ses pas et s'arrêta devant la réceptionniste, tout juste à côté de Brennan.

- Heu Johanne, est-ce que tu sais s'il y a quelqu'un ici de la famille de Seeley Booth? On a comme un léger problème...

Brennan, qui se trouvait juste à côté, réagit au quart de tour lorsqu'elle entendit les mots «Seeley Booth» et «problème» dans la même phrase.

- OUI! s'écria-t-elle un peu trop fort.

- Pardon, demanda l'infirmière.

- Vous cherchez bien quelqu'un de la famille de Booth? Et bien j'en suis une.

- Bien et quels sont vos liens avec lui?

- En fait, je... il... nous sommes très proches. Voilà tout!

- ... Bon, comme il semble vous être cher et que vous êtes la seule personne de son entourage ici... Venez avec moi.

l'infirmière amena Brennan un peu à l'écart, pour plus de discrétion.

- Heu, juste avant de vous exposer le problème, je pourrais savoir où se trouve le reste de sa famille, car ce serait bien qu'ils viennent.

- C'est impossible, sa famille se trouve à Washington D.C. et ça prendra au minimum plusieurs heures pour qu'ils viennent à Tampa Bay. Et comme la situation à l'air d'être plutôt grave...

- Dans ce cas, j'imagine que vous êtes l'unique personne à même de prendre cette décision...

- Quelle décision, s'inquiéta Brennan, de plus en plus anxieuse vis-à-vis de cette situation hors de son contrôle.

- En fait, depuis qu'il est arrivé... il a fait cinq autres crises cardiaques assez rapprochées. On a jamais vu ça! On a alors remarqué que son activité intra-crânienne augmentait très vite et que c'était à ce moment que son coeur arrêtait. C'est comme s'il pensait à quelque chose et que ça provoquait un arrêt cardiaque... C'est plutôt étrange. Ça doit vraiment être important pour qu'il en fasse une crise cardiaque... Mais bon, pour en revenir à la décision que vous devez prendre, avec ce qu'il se produit, si on continue comme ça, il court le risque d'avoir des séquelles graves permanentes, alors...

- Alors, vous me demandez de tout arrêter, c'est ça... De... de le tuer! C'est hors de question, vous m'entendez! cria Brennan.

- Mais madame, soyez résonnable...

- HORS DE QUESTION! hurla-t-elle, les larmes aux yeux et les poings serrés.

- Baissez le ton s'il vous plaît.

- Je... je l'aime... je ne peux pas... dit-elle en un murmure, la tête baissée.

Elle éclata alors en sanglots; les larmes ne cessaient de couler sans qu'elle ne puisse les retenir. C'en était trop. Tout ça arrivait par sa faute. Si seulement elle était restée à Washington, dans son laboratoire, rien de tout cela ne serait arrivé.

Mais voilà, il y avait quatre ans, un agent du FBI avait débarqué dans sa vie, chamboulant tout ce qu'elle avait si difficilement réussi à construire. Creusant petit à petit un chemin vers son coeur jusqu'alors intouchable. Et finalement, il avait atteint celui-ci. Par chacun de ses sourires, par chacune de ses petites attentions et par chacun de ses mots, il lui avait dérobé son coeur. Et maintenant, elle avait le sien entre ses mains, mais d'une manière tout à fait paradoxale et déplaisante. Pourtant, elle se devait de faire le meilleur choix pour lui et non pour elle.

- Je... je dois le voir. Il le faut avant de prendre cette décision.

- Écoutez, je suis vraiment désolé, mais je ne peux pas vous autoriser...

- C'est vous qui allez m'écouter! Si vous étiez à ma place, est-ce vous prendriez cette décision sans pouvoir le voir une seule fois, dites-moi? J'estime sincèrement avoir ce droit, non?

- ... Bon, très bien. Mais une seule fois.

- Merci beaucoup, dit Brennan, articulant un léger sourire à travers son visage barbouillé par les pleurs.

L'infirmière amena donc Brennan jusqu'à la chambre où Booth se trouvait. Celui-ci était dans le même état que lorsqu'elle l'avait laissé, à l'exception qu'il devait avoir au moins une dizaine de machines branchées sur lui. Ça lui déchirait le coeur de le voir comme ça, si fragile, alors qu'elle ne pouvait rien faire pour l'aider.

Elle entra donc et alla s'assoir à ses côtés. Elle avait l'impression de revivre la journée où Booth s'était fait opérer pour sa tumeur et toutes les émotions qu'elle y avait vécues: l'angoisse, la peur, la tristesse, la détresse, le regret et plusieurs autres. Par contre, cette fois, elle n'avait pas le soutien de ses amis et c'était bien pire.

Elle observa alors son visage et vit qu'il était crispé dans une expression de douleur. Elle fit alors glisser sa main doucement sur sa joue, dans une simple caresse et ferma ses yeux, comme pour s'imprégner de ce doux contact. Elle repensa aux nombreuses fois où Booth l'avait prise dans ses bras, l'avait caressée et réconfortée et le bien fou que ça lui avait fait. Elle aurait voulu être dans ses bras à cet instant alors qu'il lui murmurait des mots réconfortants au creux de l'oreille. Elle s'en voulait de ne pouvoir que déposer une main sur sa joue et rien de plus. Elle la retira alors et ouvrit les yeux. Le visage de Booth s'était apaisé et ça la surpris. Puis, elle sourit en pensant que peut-être, il sentait sa présence. Elle saisit alors sa main et commença à lui parler comme il l'aurait fait à sa place.

- Bonjour Booth. C'est moi, Temperance... votre Bones.

Elle avait prononcé ce dernier mot avec difficulté, réalisant que peut-être jamais elle ne l'entendrait à nouveau de sa bouche.

- J'ai... j'ai une décision à prendre te concernant et je...

Elle prit une grande respiration et secoua la tête de gauche à droite.

- C'est vraiment ridicule de vous parler alors que je ne sais même pas si vous m'entendez... Bon, je crois que je vais vous laisser; il faut vous reposer. Sachez seulement que je vais étudier toutes les possibilités avant de prendre ma décision.

À ce moment, elle crut voir un léger sourire étirer les lèvres de Booth, mais elle se ravisa. C'était probablement seulement son imagination.

- Bon j'y vais. Je vais revenir...

Alors qu'elle se levait et allait quitter la chambre, elle entendit soudainement les machines s'affoler. Elle se retourna et vit son activité intra-crânienne augmenter rapidement, comme l'infirmière le lui avait précédemment expliqué. Puis, comme elle le craignait, un «bip» constant commença à se faire entendre. Elle se rapprocha rapidement du lit de Booth.

- Non... pas encore... NON! Booth, allez! commença-t-elle à paniquer.

Les médecins arrivèrent donc et s'affairèrent immédiatement autour de Booth, mettant Brennan à l'écart. Brennan n'entendait plus rien sauf ce long bruit constant. Elle voyait les décharges soulever le corps de Booth et pourtant, ce bruit fade résonnait encore et toujours, à l'infini. Après maintes tentatives de la part des médecins, elle les vit s'arrêter, le «bip» continuant malgré tout son long et interminable son. Se sentant flancher et dans un ultime geste, elle poussa les médecins pour se rendre auprès de Booth et lui asséna un dur coup de poing où le torse, y mettant toute la détresse qu'elle vivait à cet instant. Et soudain, la poitrine de Booth se souleva en une grande inspiration. Il ouvrit difficilement les yeux et son regard croisa immédiatement celui toujours effrayé de Brennan. Puis, il sourit faiblement, les yeux toujours bien encrés dans ceux de sa partenaire.

- Merci Temperance...

À suivre...

C'est tout pour ce chapitre. J'espère qu'il vous a plu!

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