Hallo Leute ! Ic KLR !

Ayant terminé mon histoire la première je la publie en tant que chapitre 1 sous le nom "Mon centime". Bientôt viendra celle de ma deuxième Rote !

J'espère que vous apprécierez !;-)


Mon centime…

Au fond de ma poche reposent trois objets qui ne me quittent jamais.

Du moment où j'enfile ma robe de sorcier jusqu'au soir où je l'ôte, ils sont en contact permanent avec mon corps, avec ma hanche et me rappellent constamment qu'ils sont là.

Le premier est ma baguette, bois de houx et plume de Phénix, 27,5 centimètres, la baguette du Survivant comme on la surnomme...

Le deuxième est l'album que m'a offert Hagrid que j'ai miniaturisé et qui contient mes souvenirs les plus précieux, et ceux de tous ceux qui me sont chers.

Et le troisième est un centime.

Un banal centime moldu qui ne vaut strictement rien dans le monde qui est le mien, pourtant, il a autant d'importance que les deux autres.

Car, voyez-vous, ponctuellement dans ma vie, ce centime décide pour moi…

Pile ou face.

Ces trois mots ont une telle importance pour moi que je connais leur signification dans de nombreuses autres langues et j'en mesure la justesse, en apprécie la qualité d'une langue à l'autre.

Kopf oder Zahl en allemand… Heads or tails en anglais…

Ma vie a été rythmée à quatre reprises par le choix de la chance ou de la malchance.

Pourtant ce centime si précieux ne me sert que dans une seule situation, ou plutôt, pour une seule personne.

Celle en la présence de laquelle j'ai découvert ce centime au fond de la poche du jeans trop large de Dudley, cette pièce oubliée là.

Ma première journée chez les sorciers, le premier magasin sorcier dans lequel je suis entré, le premier sorcier de mon âge à qui j'ai parlé.

Malefoy.

Quand je suis sorti de la boutique de Mme Guipure, irrité par le sans-gêne et le culot de ce garçon dont je ne connaissais même pas le nom, j'ai fourré mes mains dans ma poche avec énervement, et mes doigts sont rentrés en contact avec la pièce.

Je n'y ai plus fait attention jusqu'à mon arrivée à Poudlard.

Ce jour-là, par je ne sais quel hasard, je portais encore ce fameux pantalon. Quand Malefoy s'est approché de moi et m'a tendu sa main, ma réponse fut claire et rapide, mon esprit ne l'était pourtant pas autant.

Le fragment de seconde qui précéda ma réponse, ma main se posa sur le tissu de ma poche et je sentis le centime oublié ressortir sous mes doigts

« Je n'ai besoin de personne pour savoir qui sont les gens douteux »

À ces mots, je sentis comme une brûlure, comme si la pièce s'était transformée en métal en fusion.

J'ai longuement réfléchi les jours suivants, voyant la situation se dégrader entre nous, chose que je n'avais pas souhaitée malgré mon refus, et étrangement, j'ai ressenti comme une…déception. À chaque fois que la scène me revenait à l'esprit, je sentais à nouveau la chaleur intense blesser mon doigt, la forme du minuscule centime se dessiner contre ma peau

J'en suis venu à la conclusion totalement superstitieuse et irrationnelle que le centime m'avait « puni ' d'avoir agi de la sorte, sans lui demander son avis. Bien au chaud dans mon lit, je me suis alors promis que dès qu'il s'agirait de Malefoy, cette pièce serait la garante de la justesse de ma décision.

La première fois où j'utilisais ce centime fut à la suite de la missive que j'avais reçu de Malefoy. C'est à la suite de celle-ci que je mettais en place les règles d'utilisation de mon centime.

Ne l'utiliser que quand je suis seul.

Seulement à la suite d'une lettre

Prononcer dans sa tête distinctement, sans retour possible « Face » et son l'alternative, puis « Pile » et la deuxième proposition.

Lancer la pièce et prendre le côté face contre terre.

Accomplir le choix de la pièce à partir du lendemain

Pourquoi face contre terre et pas la face directement à ma vue ? Tout simplement pour ne pas me laisser le choix. Comme face à un mur, je ne peux plus reculer, je dois aller jusqu'au bout des choses, tant pis pour les conséquences.

La première lettre, ou plutôt le premier bout de papier comme je devrais le nommer était aussi court que ceux qui suivirent.

« Potter,

Haie-moi.

Drago Malefoy »

En lisant ces petits mots, j'ai compris qu'il était devenu Mangemort, et que pour être à l'abri, jamais je ne devais donner l'impression que Voldemort pouvait m'atteindre à travers lui. Nous avions cessé de nous disputer sans répit, comme une sorte d'amnistie.

Je ne dis pas non plus qu'il y avait ne serait-ce qu'un début d'amitié entre nous, mais notre attitude avait paru suspecte aux yeux de tous, tellement habitués à nos séances quotidiennes de rage explosive. Si suspecte qu'on murmurait dans les couloirs qu'il devait bien y avoir une raison pour que nous arrêtions de nous hurler dessus dès que possible. Et imaginer de telles raisons emballait les foules qui s'inventaient les scénarios les plus improbables, de la romance la plus dégoulinante à la luxure la plus animale, alors que l'unique raison était notre fatigue mutuelle de cette perpétuelle attitude de gamins colériques…

Ce soir, j'ai sorti la pièce, ai formulé mes deux possibilités, puis ai lancé le centime.

Le lendemain, je l'ai collé contre un mur et lui ai jeté les pires horreurs sur ces parents, les monstres, les tueurs, les immondices.

Je n'ai plus la moindre idée de celles qui ont suivi, mais elles se sont toutes ressemblées les jours suivants. Plus je le méprisais, plus je l'humiliais et le laissais me traîner plus bas que terre, plus je sentais la satisfaction du Seigneur Noir devant un serviteur si vindicatif. Je savourais chaque horreur que je lui assenais car elles le mettaient à l'abri.

Pourquoi ce besoin de le protéger ? Je ne savais pas… C'était comme ça, une manière comme une autre de me racheter de toutes ces années perdues à se haïr.

Me racheter pourquoi ? Je ne pouvais le dire. Peut-être de la lueur blessée qui avait jailli de ses yeux après mon refus, cette lueur qui n'avait pas durée une seconde pour être remplacé par une rancune à toute épreuve.

Car même si ce sentiment n'avait été présent qu'un infime moment, rien ne pouvait changer le fait qu'il y était, et plus important encore, que je l'avais aperçu.

La deuxième lettre arriva par hibou, mais cette fois elle n'était pas seule. Je me précipitais sur le mot, gribouillé, transpirant la peur.

« Potter,

Aide-moi,

Drago Malefoy. »

Avec la lettre, il y avait les plans futurs de Voldemort et un point de rendez-vous pour recevoir tous les trois jours des nouvelles de l'autre camp.

J'ai sorti mon centime, et je l'ai lancé.

Le lendemain, j'étais dans le sinistre café cité dans le message, malgré les grands cris de Ron sur le caractère sournois des Malefoy, les reproches angoissés de Hermione. J'ai même dû les menacer de les stupéfixier s'ils tentaient d'aller prévenir les gens de l'Ordre, je leur ai fait juré de me laisser faire, leur ai demandé leur confiance.

Il me l'ont donnée cette confiance, au bout d'heures de discussion. Quand je suis parti, Ron était au bord de l'évanouissement, et je crois n'avoir jamais vu ses taches de rousseur ressortir de la sorte tellement il était pâle. Quant à Hermione, elle était plongée dans ses livres, sûrement pour s'empêcher de se jeter sur moi pour m'empêcher de commettre « l'erreur la plus monumentale, que je ne pouvais pas me permettre, de ma vie ».

Mais au café, Malefoy ne m'a attaqué, il ne m'a pas livré, il ne m'a pas trahi. Il s'est contenté de me retransmettre toutes les informations en sa possession qu'il ne m'avait pas déjà pas cité dans son message.

Ma plume à papote m'a permis de conserver une trace de cette discussion, car je n'en ai aucun souvenir.

Pourquoi ? Tout simplement parce que je n'ai pas pu me défendre de le détailler avec une soif de savoir qui n'avait probablement d'égale que la fragilité brutalisée, martyrisée pour être camouflée que je devinais chez Malefoy.

Il était terrifié, je pouvais le lire dans chacun de ses gestes, mais pourtant, il gardait une certaine classe aristocratique qui jurait totalement avec le reste de son attitude. C'était comme parler comme à un schizophrène, une partie de lui refusait d'abandonner, d'être soumis, d'êtes aussi faible, l'autre dévoilait sa vie, ses peurs de tous les instants, la terreur d'être découvert.

Je l'ai trouvé beau à ce moment. C'était incroyablement cliché, mais j'avais le sentiment d'être le prince charmant qui venait sauver sa damoiselle en détresse…Ridicule. Comme si on pouvait confondre Drago avec une fille…

Je suis parti avec l'impression de planer, comme si ce que j'avais vécu était impossible même dans les rêves.

Je suis revenu. Bien sûr que je suis revenu.

Les informations de Malefoy nous étaient précieuses, et l'Ordre tout entier me félicitait pour mon fantastique coup d'œil, ma qualité fabuleuse de comprendre les intentions de chacun, de placer ma confiance en les bonnes personnes…

S'ils savaient qu'à cette époque je n'allais à ce café que pour le voir, pour me repaître toujours un peu plus de ses faiblesses qui transparaissaient sous son masque de Sang pur arrogant.

Je buvais le mépris qu'il mettait dans ses paroles lorsqu'il partait, dans sa façon de me dire à la fois qu'il me détestait pour tout, sa situation et d'être là, à le regarder mourir à petit feu.

Je respirais les effluves de ses sentiments et de son effroi comme on respire le parfum le plus entêtant, je m'empoisonnais lentement sans parvenir à me pincer le nez.

Je pressentais ses larmes qui refusaient de couler en ma présence, mais je les attendait comme un prédateur guette sa proie, peut être pour cesser d'être le mec avec qui il trahissait son camp et devenir…autre chose. N'importe quoi d'autre pourvu que je puisse arrêter de le regarder de façon si neutre. Ami, ennemi, cela m'était égale.

Et puis un jour, un Mangemort est entré dans le café, l'air soucieux, cherchant visiblement quelqu'un alors que nous nous apprêtions à sortir.

J'ai cru que Malefoy allait glisser sur le sol, évanoui devant tout ce que représentait menace d'être découvert. J'ai encore le souvenir de sa bouche s'ouvrant lentement, de son souffle qui se bloque, de ses muscles contractés, puis de ses lèvres mordues par ses dents si blanches.

Après je ne sais plus très bien si c'est à la pensée qu'il devait être ainsi pendant l'amour ou l'urgence de la situation qui ont guidé mes gestes.

Quoi qu'il en soit, je l'ai embrassé.

Officiellement pour cacher son corps derrière le mien le temps que le Mangemort sorte, voilé sous ma cape, contre le mur.

Officieusement, peut être parce que j'en crevais d'envie.

Mais quelles qu'ont pu être mes raisons, mon souffle saccadé, mes mains toujours plus aventureuses, ma bouche le long de son cou, mes gémissements, je ne les ai pas improvisé. Et j'ai aimé penser que ses mêmes gestes pour moi ne l'étaient pas non plus.

Quand le Mangemort a abandonné les lieux, ne nous jetant qu'un vague regard, après tout, personne n'aurait suspecté Malefoy de s'exposer ainsi en public, j'ai eu toutes les peines du monde à me détacher de lui.

Mais quand j'y suis arrivé, il a mis quelques instants pour reprendre ses esprits, peut être pour décider l'événement le plus préoccupant : avoir été reconnu ou mon baiser.

Vu la manière dont il s'est précipité vers la sortie, j'ai pensé que ce que je venais de faire devait être encore plus effrayant que Lord Voldemort lui-même. Même pour moi.

J'ai vomi en sortant. Parce que je me suis rendu compte que toutes mes pensées à son encontre, tous mes gestes, et maintenant ce baiser donné avec une passion qui ne devait pas pouvoir exister en temps de guerre étaient malsains.

J'ai vomi pour recracher ma colère d'être en guerre, d'être prisonnier du refus de cette main tendue, de nous être entêté dans des rôles qui ne nous permettaient plus de retour en arrière.

J'ai vomi pour le semblant de viol que je venais de commettre. Certes, je lui avais sans doute sauvé la vie, mais j'avais profané le sanctuaire de sa bouche, j'avais pénétré là où nul ennemi ne peut se glisser sans y avoir été invité, là où nul être humain ne peut y entrer sans autorisation.

J'avais fait plus que l'embrasser, j'avais eu accès à son âme.

Et je me dégoûtais d'être prêt à tout pour pouvoir la revoir

Le soir, j'ai reçu une nouvelle lettre, de la même main, l'écriture encore plus brouillon que la dernière fois, comme si son trouble s'était amplifié

« Potter,

Sauve-moi

Drago Malefoy. »

J'ai sorti mon centime et l'ai lancé.

Le lendemain soir, Malefoy reposait dans une chambre loin de la mienne, enfin en sécurité.

Il ne m'a pas été difficile de convaincre l'Ordre, j'étais le héros qui ne pouvait pas se tromper. Même la haine héréditaire entre Malefoy et Weasley était enterrée pour peu que je le demande. J'ai même surpris Ron tirer discrètement Malefoy dans un coin pour le remercier de ces précieuses informations qui avaient sans doute sauvées la vie de sa jeune sœur.

J'aurais aimé lire le cœur de Malefoy quand il a reçu ce merci, quand il a obtenu son droit d'entrée pour notre monde.

Car si Ron l'acceptait, alors tous le feraient. Ron le savait. Malefoy le savait. Je le savais.

Et j'ai souri. Puis me suis éclipsé pour ne pas voir l'expression de mon ancien ennemi.

Je n'ai pas essayé d'être seul avec lui. J'en aurais été incapable. J'avais peur de moi même, de ce qui pourrait se produire. Nous n'avons jamais fait allusion à cette scène du café, c'était plus facile ainsi.

J'avais mon rôle à jouer, il avait le sien, nous en étions conscients et l'acceptions. Peut-être était-ce surtout un prétexte pour nous éviter de réfléchir. Peut-être que ce je me répétais chaque soir où je mourrais d'envie de traverser ces quelques couloirs pour le contempler, le toucher, l'embrasser jusqu'à perdre ma place de héros n'était qu'une façade que je me créais pour m'empêcher de flancher.

Je voyais qu'il combattait lui aussi. Jamais il ne me laissait l'approcher. Malgré la relative proximité qui régnait entre nous, il restait prudent, comme si à chaque fois qu'il me regardait, le souvenir pressant de ma bouche contre la sienne revenait lui brûler la langue.

Je ne savais pas ce qu'il pouvait bien penser. Moi qui avait passé des heures à le contempler dans ce café, moi qui avais voulu percer une entrée à son âme, mais n'avais pu que l'apercevoir, je n'arrivais pas à comprendre le fouillis des sentiments, émotions et ressentis qui tourbillonnaient en lui.

J'y voyais de la haine par bribes, de l'envie parfois, quand il se contrôlait depuis trop longtemps ; mais le plus souvent, c'était cette incertitude qui dominait.

Mais je me souviens qu'un jour, il a cessé de me regarder avec cette lueur qui témoignait qu'un pas vers lui et sa baguette serait pointée sur ma poitrine.

À partir de ce jour, il a arrêté de vouloir sans cesse garder la maîtrise de soi tant prisée par sa famille depuis des générations. Et étrangement, il devenait plus difficile à cerner.

Sauf avec moi.

Je me noyais dans ces yeux qu'il posait sur moi dans chaque réunion, quand je prenais la parole et que, sachant que personne ne l'observait, il me sondait, de façon si intense, si profonde…Une fois, j'en ai même perdu l'équilibre.

Ses yeux qui me jugeaient, me cherchaient, devenaient ma hantise et mon obsession. J'aurais été prêt à raconter n'importe quoi pour avoir son regard gris posé sur moi, qui, au fil des jours, avec timidité descendait sur mon corps, me détaillait avec précaution, comme pour me permettre de mettre fin à son exploration à tous moments.

Mais je le désirais ce voyage silencieux au gré des craquements de son barrage d'émotions.

Même si cette douceur, cette légèreté étaient aussi insupportables que nécessaires, je n'arrivais plus à m'en passer.

J'en devenais malade de savoir qu'il ne m'avait pas vraiment regardé certains jours. Je me postais en face de lui au repas, et moi je le dévorais du regard, sans aucune pudeur, sans cette douceur qu'il mettait pour me découvrir.

Je le voulais, à moi, je voulais être détaillé, meurtri d'avoir été trop dévoilé, je voulais qu'il me fasse subir ce que jour après jour je lui faisais endurer.

Je désirais ne pas être le seul à ne plus comprendre ce qui m'arrivais, celui qui ne parvenait plus à se convaincre que la guerre dispersait les repères et brouillait l'esprit des gens. Je n'arrivais plus à me persuader que ces temps troublés étaient responsables de mon besoin d'un autre auprès de moi, contre moi, qui m'aime, me désire avec la même intensité que j'en mettais à le vouloir lui.

Et un soir, j'ai reçu un message glissé sous la porte, de la main qui hantait mes nuits comme tout le reste du corps à qui elle appartenait.

« Potter,

Embrasse-moi encore

Drago Malefoy »

J'ai cru ne jamais arrivé à remettre la main sur mon centime tellement je tremblais. Je l'ai laissé glissé de mes doigts frémissants un tel nombre de fois que j'ignore comment il a fait pour ne pas glisser entre deux lattes.

J'ai formulé mes choix, puis ai lancé la pièce.

Ce soir-là, j'ai fait ma première et dernière entorse à la règle numéro cinq, je n'ai pas attendu le lendemain pour accomplir ce qui avais été décidé.

Je me suis levé comme un automate, et j'ai ouvert ma porte.

Avec l'impression grisante de flotter, je me suis dirigé vers la chambre de Malefoy. Je n'ai même pas frappé, je suis entré.

Accoudé à la fenêtre, il a sursauté quand la porte a claqué contre le mur. Puis il a frissonné quand il a découvert mon regard dans la pénombre, qui pour autant que je puisse le deviner devait être vert de désir.

Mais quoi qu'il ait vu dans mon regard, moi j'ai vu la peur dans les siens, la peur que soulignait sa fragilité enfin retrouvée.

J'aurais pu devenir fou sans elle, j'aurais pu me précipiter et le coller contre le mur, sur le rebord de la fenêtre et recommencer ce que j'avais commencé dans le café, encore et encore, toujours plus loin…

Mais je n'ai pas pu, je n'ai pas voulu quand j'ai compris qu'il était terrorisé, peut être plus par ce que je demandais que parce que le Seigneur Noir avait pu exiger.

Parce que cette fois, c'était corps et âme qu'il allait se livrer.

Alors je n'ai plus bougé, frappé par la foudre, empêtré dans mes désirs qui ne correspondaient pas à mes sentiments. J'ai attendu. Et plus je restais immobile, plus je le voyais se détendre, comme s'il s'était attendu à subir l'assaut d'un ouragan dont il n'était pas sûr de sortir vivant.

Et alors que je fermais les yeux dans une dernière tentative désespérée pour ne pas obéir à ce que criait mon corps, il fit un premier pas vers moi. Puis un deuxième un peu moins hésitant.

Quand enfin il est arrivé près de moi, j'ai cessé de respirer. Ce sont ses lèvres qui sont spontanément venues frôler les miennes, c'est son corps qui, avec une lenteur aussi sensuelle que frustrante vint se coller contre le mien.

Mais ce sont mes bras qui se sont refermés sur son corps, c'est la pression avide de ma propre bouche qui nous a enflammé.

Peut-être que la guerre a bien fait voler en éclats toutes nos représentations de ce que devait être notre monde, les devoirs d'un héros et les compromis d'un traître.

Peut-être qu'en définitive, c'est bien elle qui nous ronge et nous fait commettre des actes auxquels jamais nous n'aurions pensé. Il n'y eu ni dominant, ni dominé cette nuit, comme me l'avait sous-entendu un de mes amis homosexuels, il n'y eu que nous deux qui faisions uniquement ce à quoi nous étions prêt.

Et le lendemain, nous osèrent un peu plus. Et le surlendemain toujours plus.

Et chaque soir, je l'aimais un peu plus, lui laissait un plus grand accès à ma conscience, mes doutes, mes peurs, tout ce que le possible vainqueur de Voldemort ne pouvait pas se permettre de dévoiler. Je lisais dans ces yeux que partager mes peines et mes peurs lui étaient plus précieux que n'importe laquelle de mes joies car elles montraient que je lui appartenais.

La situation dura toute la guerre, quatre longues années, qui s'achèvent aujourd'hui.

Parce qu'en ce jour, je suis définitivement le héros de la nation, en ce jour, je dois redevenir cet être parfait qui est censé être moi. J'ai jusqu'à demain matin.

Dès demain après midi, les jolies jeunes filles viendront papillonner autour de moi et je devrais faire comme si je n'avais jamais aimé plus fort que tout, comme si je n'avais pas aimé un espion, un homme.

Demain, je devrais peut-être même en épouser une, lui faire deux ou trois enfants et être un père exceptionnel qui jamais n'aura eu le modèle d'un père à suivre.

Demain je devrais peut-être même épouser Ginny, pour parfaire le tableau, le Survivant et la sœur de son meilleur ami, unis après l'adversité. Je suis sûr qu'elle accepterait, elle aussi est prisonnière de cet ordre des choses qui semblent avoir touché tous et toutes comme si un retour à la normale, à la paix ne pouvait se faire que sur la construction d'une imposture aux allures de fin de conte de fées.

Pourtant, il y a bien une personne qui ne croit plus aux histoires pour enfants, et cette personne sait aussi ce que signifie la fin de la guerre. Elle a mal, je le vois, je le sens, d'autant plus que je n'ai plus droit à son lit depuis que la victoire nous a fauché, aussi rapide que radicale.

Et ne pas pouvoir toucher son corps me fait comprendre à quel point il est blessé et qu'il a peur. Parce qu'il sait que je peux lire en lui depuis ce café, il sait que dissimuler ne servirait à rien.

Alors il se fait honte d'être si faible, encore une fois, et de n'avoir rien pour me retenir.

Son regard ne me détaille plus car il a terrifié à l'idée de ce que je pourrais y lire, de ce que les autres pourraient deviner. Supporter leur dégoût, leur rejet, ou même leur pitié en plus de mon abandon, cela il ne le peut pas.

Et cette absence, j'en meurs à petit feu.

Si c'est cela la paix, alors laissez- moi ma guerre, car perdre la tête, accomplir ce que nul ne peut comprendre, par crainte de mourir dans les heures qui viennent, je veux le retrouver.

La paix signifie-t-elle qu'on doive tout lui sacrifier quand on a déjà tant offert ? Dois- je y laisser jusqu'à mon bonheur pour servir les autres ?

Les questions se bousculent dans ma tête, quand une lettre apparaît devant mes yeux. L'écriture tremble, c'est peut-être celle-ci qui reflète le plus d'angoisse de toutes celles qu'il m'a envoyé. Je la déplie lentement, délicatement, comme un trésor.

« Potter,

Aime- moi

Drago Malefoy »

Alors, comme les autres fois, les quatre autres fois, je sors le centime de ma bouche, ce centime qui ne m'a pas quitté depuis plus de huit ans, et une dernière fois, je me présente les choix.

« Face. »

Je prépare le centime dans ma main.

« Je l'oublie, le chasse pour pouvoir effacer son visage et son goût, et demain, au petit déjeuner, je demande Ginny en mariage. »

Je me remémore la quatrième règle, le côté de la pièce face sol est celui que je suivrai.

« Pile.

« La réponse à Drago sera oui... »

Selon ma règle, quand je m'avancerai, si je vois pile, ce sera Ginny, si je vois face, ce sera Drago…

Je lance la pièce et la contemple tournoyer.

Quand je me penche, je reste figé devant mon centime.

Devant moi est dessiné pile.

Je me recouche alors sur mon lit, l'esprit vidé de mon esprit, tentant de me représenter ce que sera ma nouvelle vie demain. J'y perdrai, sûrement beaucoup, mais ainsi en a été décidé, et je ne suis jamais revenu sur une décision, sur mes décisions.

Et au fil que se déroulent mes pensées, un grand sourire s'étend sur mes lèvres.

En pensant à la scène de demain matin, je me remémore les raisons qui me rattachent à ce centime, pourquoi je l'ai gardé si longtemps dans le creux de ma robe, pourquoi il est un souvenir comme le moyen de faire approuver mes décisions par une volonté supérieure.

Pourquoi Dudley l'avait malencontreusement oublié dans son jeans trop petit.

La pièce ne valait rien.

Parce qu'elle présentait deux côtés pile.


Hey vous!! Ici GLR!

Comme je n'ai pas encore fini la mienne (patience,mes enfants..),je n'ai pas le droit de lire celle de ma deuxième Rote (ô torture!!)

ndla(KLR): Elle hurle sur le canapé à côté de moi, vous devriez voir cela, c'est très drôle, surtout le cri quand elle s'en rendu compte qu'EN PLUS il n'y avait plus de chocolat !;-)

Ici re moi (GLR), non, c'est tout sauf drôle.. Quand je pense que je suis sensée laisser un commentaire sur une fiction que je n'ai même pas encore lue.. Et que tous ceux (celles?) qui sont actuellement en train de me lire ont DEJA lue!!! Arghhhh! Je vous déteste (presque)...

Ici, (KLR), au risque de me répéter, je trouve la situation et ton commentaire extrémement amusant! hihi!

Après avoir tous bien ri, je vous laisse quand même mon commentaire..Je suis sûre que cette fiction ne dépare pas la longue liste des fictions que KLR a déjà écrites (mais pas encore publiées) et qui sont toutes...TROP bien! Donc je vous souhaite bonne lecture, bonne inspiration, vive la république, et vive la France!! (sans oublier Es lebe Deutschland über alles!!)

"Es ist zum Wahnsinnigwerden. Offiziell sind wir es ja schon."