Hallo Leute ! Ici KLR !

Alors pour vous expliquer comment l'idée m'est venue, c'est suite à la lecture du centime de ma deuxième Rote "Un tout petit centime" (si vous ne l'avez aps lu, courrez-y !). j'ai fini l'histoire avec une irrésistible envie de hurler que la vie était injuste, que j'allais pleurer et que de toutes façons Harry était pas mort (non, en effet, je n'aime pas voir la vérité en face pour celles (ceux ?) qui se poseraient encore la question!;-) )

Je suis restée dans un état de tumulte intérieur en train de fixer mon ordinateur avec désespoir et indignation...et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'ai ouvert une nouvelle page et j'ai écrit ce qu'on pourrait appeler une "OS réaction".
C'est pourquoi vous remarquerez sûrement des similitudes entre "LEs meilleures façons " et"Un tout petit centime"

Cette OS est un cadeau pour ma délicieuse Rote GLR...

J'espère qu'elle vous plaira !"


Les meilleures façons

Connaissez-vous vous meilleure façon de rendre quelqu'un inférieur à vous ?

C'est de le rendre amoureux.

C'est ce que j'ai enseigné à mon fils. Ne jamais, surtout, ne jamais aimer. On en devient mou, on perd une concentration précieuse, on se ridiculise.

Je ne sais pas quel Moldu bas de plafond a peu inventé ce diction, « Le ridicule ne tue pas. », mais il devait être sérieusement ivre le soir où il l'a fait.

Le ridicule tue toujours, et plus certainement dans notre famille que n'importe quel autre sentiment. Parce qu'être ridicule, c'est perdre sa place au sein du clan Malefoy. Et la perte de ce statut entraîne la mort par abandon.

Ce qui fait notre force est notre lien puissant qui relie chaque membre à un autre.

La nature de ce lien ? Certainement pas l'amour. La peur, la soumission ou la domination suivant le rang, le sens du devoir.

Ces règles sont plus solides que ce sentiment éphémère qui perdit Lili Potter. Elle aimait son fils et s'est fait tuée pour le protéger. On murmure que c'est pourtant ce « noble » sentiment qui a sauvé son rejeton. Mais tous ces gens trop crédules qui murmurent se trompent. L'amour n'a pas protégé Harry Potter. C'est la magie qui l'a fait. Elle et elle seule.

Ceux qui croient encore en la force protectrice des sentiments utilisent les histoires qu'on leur a servies depuis des siècles à travers tous les supports possibles pour étayer ce qui n'est pas argumentable. Ils rabachent les contes de fées de quand ils sont enfants, les romans de leur adolescence, les apparences qui les forcent à devenir adultes.

Depuis l'aube de l'humanité, on leur apprend qu'aimer vous fait passer dans le camp des gentils et ne rien ressentir vous transforme en méchant. Ceux qui cherchent plus loin comprendront plus tard que tout est une question de pouvoir.

Ceux qui l'ont l'utilisent, ceux qui en ont peur périssent par lui en criant qu'eux au moins, ils ont aimé.

Pensent-ils que ces belles paroles agonisantes nous hanteront toute notre vie ? Peut-être bien. Mais au fond, ils n'en savent rien.

Parce qu'eux n'ont jamais tué.

Ils ont écouté les anciens, ils ont aimé jusqu'à dénaturer touts sentiments, et ils sont morts, inutiles et sans vraiment avoir compris ce qu'était l'amour.

Nous, nous connaissons la sensation de toute puissance qu'apporte la vue de sa baguette pointée sur le visage d'un ennemi, nous nos droguons aux sons qui roulent sur notre langue à l'annonce du sortilège mortel.

Et surtout, nous apprenons chaque nuit à vivre avec le visage blafarde de ceux à qui nous avons pris la vie.

L'amour est un fardeau. La vie ne doit être vécue que pour le clan.

Je tiens ces préceptes de mon père. Je les transmets à mon fils unique, qui a son tour l'apprendra à son fils. C'est ainsi que nous avons toujours fait, ainsi que nous sommes devenus les « Malefoy », craints par tous, humiliés par personne.

C'est dans cet intérêt que j'ai rejoint le Seigneur Noir. Pour être du côté non pas des gentils, mais des forts.

Aujourd'hui est un grand jour. Mon fils va recevoir sa première mission du Seigneur Noir en personne. Je suis tellement fier. C'est un sentiment digne d'être éprouvé, il a remplacé dans mes veines depuis longtemps le poison qu'aurait pu être l'amour.

Il est face au Mage Noir et il ne tremble pas. Il est stoïque, prêt à faire son devoir.

Mon maître se penche vers lui.

« On m'a dit que tu étais pressé de me servir. »

Drago hoche la tête. Il n'en faut pas plus. Nous ne faisons jamais de gestes inutiles, ne laissons jamais tomber une parole superflue. Nous savons toujours ce qu'il faut faire.

« Alors voici ta première mission. »

Mon fils est beau.

Il ne l'ignore pas. Mon maître non plus.

Et il est hypnotisant, et cela, mon le Seigneur Noir le sait aussi.

Alors sa mission sera de séduire le Survivant. Tout simplement. Parce qu'il est beau. Parce qu'il connaît l'art de s'insérer dans le cœur des autres. Parce qu'il n'y a que lui capable de faire oublier sept années de haine et de batailles.

Mais cela, mon fils ne le sait pas.

Il l'accepte cette mission, que pourrait-il faire d'autre, il l'accepte, mais il ne sait comment la mener. Alors il vient me voir. Il lève ses parfaits yeux qui peuvent tout montrer et il me demande comment faire. A demi-mot, car un Malefoy ne n'a pas besoin de conseils.

Et je lui apprends.

Je lui apprends que le cœur est la partie la plus fragile de l'homme, que nombre d'entre eux ont le corps dur comme la roche, mais que si on effleure cet organe vital, certains ne peuvent plus se relever.

Je lui apprends que pour s'emparer d'un cœur, il faut se faire patient ; il faut ruser, ne jamais se dévoiler, jouer comme le plus talentueux des comédiens.

Mon fils a les doigts suffisamment fins pour se glisser partout, il sait se faire serpent, se glisser, se faufiler, saisir sa proie et ne plus la laisser partir et il joue la tragédie à la perfection.

Alors il retrouve le sourire et me remercie.

Il revient deux mots plus tard avec un grand sourire victorieux. Le Survivant a succombé. Le Sauveur n'a pas su résister aux sourires de mon fils, à ses gestes doux et à ses mots tendres. Et moins que tout, Harry Potter n'est pas arrivé à résister aux larmes de mon fils.

Le Maître l'a félicité, l'a célébré. Il tient enfin Potter.

Les Mangemorts sont en liesse. Tous sauf un. Moi.

Voldemort tient Harry Potter, mais c'est par mon fils qu'il va le briser. Et j'ai peur que mon fils se fasse broyer également. Alors j'en parle au Maître, à mots couverts. Il me rassure, je suis son second, son favori et il n'ignore rien de moi.

Même pas que s'il arrive quelque chose à ma descendance, le pacte que j'ai signé en naissant Malefoy pourra me détourner de lui. Il en connaît le risque et ma famille reste trop puissante pour qu'il nous trahisse.

J'ai l'assurance qu'il n'arrivera rien à mon fils.

Les mois s'écoulent, lentement. Drago revient au manoir, me raconte comment Potter lui mange dans la main, à quel point c'est jubilatoire.

Il jubile, pavoise et rayonne. Il sera le favori quand son tour viendra et je lui en enseignerai comme procéder.

Il est orgueilleux mon fils, mais il a enfin la preuve de ma fierté, il l'a gagné et la chérit.

Mais plus le temps passe, plus les détails deviennent rares, plus Drago devient silencieux.

Nous savons qu'il y a des accusations qui tournent autour de lui à Poudlard. Je lui en ai parlé et il m'a expliqué que tant que Potter serait sous son charme, il ne lui arriverait rien. Il l'a certifié, mais j'ai vu cette terreur qu'il est trop jeune pour maîtriser. Il me jure que tout va bien, mais je sens que l'angoisse lui tenaille le ventre.

Mais un Malefoy ne demande pas d'aide. Alors je ne lui en donne pas. Je le félicite simplement de ses progrès avec Potter et lui assure qu'il est l'honneur de la famille. Il retrouve le courage par ces mots, ils n'en désiraient pas d'autres. Par mes paroles, il se sent de nouveau invincible.

Cependant, ce soir-là dans mon lit, je remercie Potter de prendre soin de mon fils.

Un autre mois, au lieu de voir mon fils rentrer comme d'habitude, c'est Potter que je vois arriver. La maison est vide, aucun Mangemort, mais je lui ouvre la porte. Je la lui ouvre car il porte mon fils, évanoui, pâle. De cette blancheur qui me fait penser qu'il est déjà mort.

Nous le soignons coude à coude, Potter et moi, comme si je n'allais pas assister à sa mort dans quelques mois, dans quelques semaines. Il me raconte les rumeurs sur Drago, les sorts que mon fils reçoit quand Harry a le dos tourné, et cette dernière attaque en traître où il n'a pas pu se défendre.

Potter lui a sauvé la vie ce jour-là. Et je l'ai remercié de l'avoir fait.

Il est resté au manoir et je n'ai pas prévenu le Seigneur Noir.

Tant que Drago portera les traces sur sa peau, les marques dans sa chair, je ne laisserai pas toucher celui à qui je dois la vie de mon enfant.

Nous avons parlé, civilement. Il me raconte comment Drago a su trouvé le chemin à son cœur, ce qui lui a fait l'aimer. Il m'avoue à quel pont il l'aime, ce qui le touche chez lui, et peu à peu, je comprends pourquoi Drago ne parlait plus en revenant à la maison. Se moquer d'un amour si naïf et si sincère est beaucoup trop dégradant. Même pour ceux qui n'y croient pas, s'il est facile de mépriser les amours dits passionnés, celui-ci semble empreint de tant d'innocence, de tant de vérité, que même mes mots ne parviennent à le blâmer.

Je ne crois pas en l'amour.

Mais j'aime l'amour de Potter pour mon fils.

Un amour digne de lui. Sans pleurs hystériques, ni soupirs affligés. Un amour sans mots qui cherchent sans cesse à le décrire. Un amour qui se contente d'exister sans rien demander aux autres en retour. Même pas leur approbation.

C'est un amour qui se borne à être là, dans le passage. Impossible à déplacer. Sans artifice, sans attirer l'attention et qui étonnamment semble vrai.

Peut-être la forme de l'amour ancien qui existait avant qu'on ne l'invente sur tous les tons, trop faible comme trop explosif.

. L'amour que Potter éprouve pour mon fils est sans faille. En l'observant, je ne vois pas les blessures qui prouvent qu'il se défie de Drago, je ne vois pas les craquelures qui montrent son manque de confiance. Son amour est entier. Imbrisable.

Alors je l'écoute parler de mon fils et je vois dans toute son attitude la concrétisation de toutes les expressions abstraites idiotes des Moldus.

Le cœur sur la main. Les étoiles dans les yeux. Aussi innocent que le jour de sa naissance.

Je ne dis rien et je l'écoute.

Je me tais et je contemple la beauté du sentiment que reçoit mon fils.

Peu à peu, Drago se remet.

Potter passe ses journées à ses côtés, il tente de le faire rire, de le faire sourire. Mais Drago s'en empêche car il sait que je suis dans la pièce d'à côté et que je les entends. Il pense ne pas se conduire en Malefoy en cédant à Potter, en partageant sa joie et son excitation. Et c'est cette attitude qui me montre qu'il ne l'est plus tout à fait.

Parce qu'il se force à camoufler ce qui n'aurait pas dû à être caché. Tout simplement parce qu'il n'a plus le sentiment de jouer la comédie. Il ne se comporte plus en amoureux transi de peur que je découvre qu'il connaît peut-être ce sentiment un peu plus qu'il ne l'est toléré dans notre famille. Il ne pense même pas que c'est le comportement normal qu'il devrait adopter vu sa mission. il a peur que je vois par-delà. Et c'est cette peur qui le trahit.

Je devrais intervenir. Je le sais.

Pourtant, ma seule réaction est de lui murmurer une fois que Potter est parti chercher une babiole pour lui redonner le sourire que s'il souriait un peu, riait beaucoup, et le touchait à sa guise, je ne lui en voudrais pas.

J'oublierai.

Il me fait un sourire tremblant et je pose ma main sur sa joue.

Je ne dois plus être très Malefoy moi non plus.

Plus tard, j'ai vu Potter penché sur mon fils, les larmes aux yeux et Drago qui avait l'air gêné. J'ai entraperçu Potter bredouiller une parole incongrue, empêtré dans sa joie, et je n'ai même pas pensé à le trouver misérable.

Je crois qu'il est trop tard pour moi aussi.

Potter et Drago sont repartis.

Je me sens seul.

Aujourd'hui, Potter va mourir. Il va s'emprisonner dans la toile de Drago et s'y étouffer.

Mais il ne le sait pas encore. Je les vois arriver, Potter semble si heureux, il goûte à la simple présence de mon fils et n'en demande pas plus. Il est juste bien là, contre lui.

Puis vient l'attaque et son regard blessé qui frappe Drago en pleine poitrine…en plein cœur ?

Et alors que mon Maître va prononcer le sortilège mortel, j'entends mon fils hurler et se précipiter devant Potter. La suite, je ne la connais pas.

Car j'ai pris le sort qui devait tuer mon fils.

La suite, je ne la connais pas, mais je la devine aisément.

Potter et mon fils ont vaincu.

Pourquoi ?

Laissez- moi vous poser une petite question d'abord.

Connaissez vous la meilleure façon de rendre quelqu'un plus puissant que n'importe qui ?

C'est de le faire se rendre compte qu'il est amoureux. Et que la personne qu'il aime va mourir.


Hey vous...Ici GLR

Ca doit bien faire un mois que ma deuxième Rote a écrit cette OS, et je m'y fait toujours pas...

Parce que Lucius est trop souvent un grand méchant et qu'au fond, j'aime qu'il ait un coeur et que le bonheur de son fils passe avant son propre honneur ? Possible.

Parce que je m'en suis toujours voulu d'avoir fini mon OS de la sorte ? Possible.

Parce que l'histoire d'amour d'Harry et Drago est si discrète et désincarnée? Possible.

Parce que, I can't help, à chaque fois, sa fin me serre le coeur ? Possible.

Parce que la facon dont Lucius percoit l'amour est à la fois horriblement vraie, mais en même temps complètement "à côté de la plaque" parce qu'il ne l'a jamais connu ? Possible.

Parce qu' Harry et Drago survivent et s'aiment pour l'éternité ? (je sais, c'est cucul, mais possible)

Mais ce qui est sur, c'est que toutes ses raisons à la fois font de ma KLR une auteur fantastique et bouleversante, et de son OS un cadeau extra!!

Merci mein Schatz!!

"Es ist zum Wahnsinnigwerden. Offiziell sind wir es ja schon"