(Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix, mais Telian, Gillian, Yakino, Frongeon, Senki, Amine, Morah et les professeurs et élèves de l'école sont mes créations)

Chapitre 4 :

Les chants de la terre et du ciel

Telian utilisa le chapeau magique pour se télétransporter là où tout avait commencé : à Wutaï, dans les montagnes près des statues du Da-Chao. Le laboratoire était construit sous terre, comme tous les autres cachés à différents endroits de la planète. La Shinra n'avait jamais eu l'intention de dévoiler ses crimes.

Tandis qu'elle courrait à travers le défilé montagneux, la jeune fille se résuma mentalement les indications de Yakino.

« Avant de les emmener en enfer, Hadès fait revivre aux âmes la scène de leur mort, pour qu'elles prennent conscience de leurs fautes. Tu peux encore essayer de parler à ces filles… mais si tu ne pars pas avant la fin de la scène, tu iras en enfer, toi aussi ! »

Telian secoua la tête. Elle avait souvent pris de gros risques, mais jamais jusqu'à s'approcher de la porte de l'enfer !

En y réfléchissant, cela n'avait pas beaucoup d'importance. Après tout, elle ne faisait pas partie de cette planète. Son âme n'avait jamais fait partie de la Rivière de la Vie. Si jamais elle mourrait de vieillesse bien plus tard, où irait-elle ? En enfer, sans nul doute ! Alors que risquait-elle ?

Deux ans auparavant, à la mort d'Aéris et Gillian, elle avait cru qu'il ne lui restait plus rien. Mais, avec le temps, elle avait compris qu'il lui restait Yakino, Frongeon, Senki, Lucrécia, et tous les autres… Et c'était pour cela qu'aujourd'hui encore, elle courrait vers le danger : pour sauver des gens qu'elle aimait. Jenova lui avait volé sa meilleure amie, elle ne la laisserait pas voler deux sœurs à Kadaj et ses frères !

Il doit y avoir un moment de les sauver ! Je ne pense pas les ramener à la vie, après tout leurs corps ont dû se décomposer il y a deux ans… mais si je peux voir leurs âmes et leur parler comme les Cetras… Je peux peut-être les détourner du chemin de l'enfer ! Il faut que j'essaie… pensa la jeune fille.

Arrivée sur un plateau, elle s'arrêta pour reprendre son souffle. La lune brillait haut dans le ciel. Mais soudain, ce fut l'obscurité. Sans doute un nuage… Telian leva les yeux et ne put retenir un cri de peur.

Debout devant elle se tenait un homme vêtu de noir, avec une grande cape rouge. Il la regardait de ses yeux étincelants comme des braises.

« Vincent ! » murmura Telian.

L'ex-Turk fronça des sourcils.

« Où crois-tu aller, Tabhaisaver ? »

La jeune fille déglutit avec peine. Elle pouvait sentir l'aura écrasante qui émanait de cet homme. Il avait été humain autrefois, mais il avait subi de nombreuses expériences. Telian pouvait sentir le pouvoir écrasant de Chaos qui émanait de son corps.

« Les gens de la Shinra se doute de ton existence, ils pensent que tu as un lien avec le gang de Kadaj. »

La jeune fille détourna le regard.

« Je n'ai rien à voir avec toutes vos histoires ! Et je ne suis pas l'alliée de Jenova, et encore moins celle de la Shinra ! »

Vincent haussa des épaules.

« Cela ne te rend pas innocente pour autant. Je suis venue te poser une question : les incarnés de Sephiroth sont-ils encore en vie ? »

Telian entendit des cris. Au bout du chemin, elle pouvait voir une porte ouverte dans une des montagnes. La porte du laboratoire. Elle entendait les cris de Morah et Amine !

La jeune fille fit quelques pas dans cette direction, quand il y eut une explosion au sol, juste devant elle. Vincent avait dégainé son Peine de Mort et tiré une balle pour l'arrêter.

« Réponds à ma question, jeune fille ! »

« Et vous, Vincent ? Pourquoi avez-vous menti à Lucrécia, il y a deux ans ? Vous n'avez pas essayé de sauver son fils, vous lui avez fait croire qu'elle avait perdu sa raison de vivre ! »

Ces mots frappèrent Vincent de plein fouet. Comment savait-elle cela ? De nouveaux cris retentirent, que seule Telian pouvait entendre. La jeune fille courut vers la porte du labo et la franchit, sans hésiter.

Vincent la laissa s'en aller, trop choqué pour réagir. De toute façon, ce laboratoire n'avait qu'une issue, et il était là pour lui barrer la route. Elle serait obligée de le revoir en sortant. D'ailleurs, pourquoi était-elle entrée là-dedans ? Étrange…

Il s'approcha de la porte et fit quelques pas pour la franchir, quand il heurta une barrière magique de plein fouet. Il n'y comprit rien. Que se passait-il ?

XxXxXxXxX

Morah ouvrit les yeux. Où était-elle ? Il faisait tout noir. Elle tendit les mains devant elle, mais il n'y avait que le vide. Elle sentit soudain une douleur à son épaule. Elle y porta la main et vit qu'il n'y avait plus rien. Incroyable, sa blessure était guérie ! Comme si elle était vivante, à nouveau…

Elle vit la lumière s'allumer, révélant une salle. Deux gardes apparurent, braquant leurs gunblades sur elle.

C'est comme ça que je suis morte ! comprit la jeune fille.

« MORAH ! »

Elle tourna la tête et ne comprit rien à ce qui se passa. Elle vit Telian surgir au détour du couloir et lui foncer dessus. Elle la plaqua au sol. Les balles des armes à feu se plantèrent dans le sol, puis la scène disparut. Tout redevint noir.

Morah repoussa l'adolescente.

« Espèce de… pourquoi es-tu ici ? Tu ne me laisseras donc jamais tranquille, même dans l'au-delà ? » dit-elle.

« Parce que tu appelles ça l'au-delà, toi ?! » s'écria Telian.

Morah n'eut pas le temps de répliquer, un vent lugubre se mit à souffler autour d'elles. Telian aperçut Amine, à quelques mètres d'elles. La pauvre se tenait toute recroquevillée, elle pleurait. Un nuage de gaz gris se formait autour d'elle.

Elle est en train de revivre sa mort dans la chambre à gaz, comprit Telian.

L'adolescente se leva et courut vers le nuage, mais au moment où sa main le toucha, un courant électrique puissant la repoussa. Telian vit le fantôme d'Amine commencer à changer. Du corps d'une jeune fille, il prit la forme d'une espèce de masse de glue noire, comme une boule de pétrole vaguement humanoïde, avec deux yeux rouges. Le nuage de gaz disparut.

Telian sentit l'horreur et la culpabilité la saisir. Elle n'avait rien pu faire pour Amine. Le mauvais esprit qui lui faisait face irait en enfer.

Le mauvais esprit la regarda de ses yeux mauvais. Morah observait la scène de loin, horrifiée. Elle serait devenue ça si elle avait reçu la balle à l'épaule !

Le mauvais esprit d'Amine fit demi-tour, se dirigeant vers une lumière rougeâtre dans le noir.

« NON ! N'y va pas ! C'est un piège, c'est la porte de l'enfer ! Si tu y vas, tu souffriras éternellement ! » dit Telian.

Elle se mit devant la créature pour lui barrer le chemin, mais celle-ci tendit sa main gluante. Dès qu'elle fut touchée, Telian hurla de douleur. C'était comme si un courant électrique avait traversé son corps et touché son cerveau, ravivant tous les souvenirs de douleur qu'elle avait connus au cours de son existence !

Tombant au sol, la jeune fille se mit à pleurer.

XxXxXxXxX

Amine n'avait rien compris. Lorsqu'elle s'était retrouvée dans le nuage de gaz, elle avait revu toute sa vie défiler sous ses yeux : son enfance passée dans le laboratoire avec ses frères et sa grande-sœur, les moqueries cruelles et les expériences de Hojo, la sensation de n'être qu'un vulgaire paquet de chair et d'os fait pour satisfaire les plans odieux d'un scientifique fou, puis l'espoir de la liberté, la tentative de fuite, et le piège de Kadaj… Son propre frère lui avait tendu un piège, et si elle se retrouvait dans cette situation aujourd'hui, c'était à cause de lui. Elle le maudissait de toute son âme !

Dès qu'elle eut formulé cette idée, elle sentit quelque chose se briser en elle. Elle se transforma alors en démon, et une seule idée se fit maîtresse de son nouveau corps : aller en enfer !

Et, tandis qu'elle se mettait en chemin, elle crut entendre en écho, loin devant elle :

« NON ! N'y… pas ! … piège… l'enfer ! Si… souffriras éternellement ! »

Mais Amine se moquait de ça. Après tout, elle avait atteint le point de non-retour. Elle repoussa l'obstacle flou qu'elle vit se dresser sur son chemin. Puis elle entendit un hurlement.

Elle s'arrêta. Sa curiosité fut la plus forte. Elle regarda la chose qu'elle avait repoussée. Sa vue se fit plus claire. Elle vit le corps d'une humaine sur le sol. Une fille… la gamine qui avait essayé de les raisonner, elle et Morah !

XxXxXxXxX

Telian pleurait toutes les larmes de son corps. Elle avait tellement mal ! Quand elle sentit deux mains se poser sur son dos et la frotter doucement, en un mouvement régulier.

Elle ouvrit les yeux et vit Morah, qui la regardait avec inquiétude. La jeune femme l'avait vue essayer de raisonner Amine, puis se faire blesser. Elle commençait à comprendre. Cette fille était prête à tout pour les aider !

Telian sentit deux autres mains se poser sur son bras. Elle leva les yeux et recula, surprise. Amine avait retrouvé sa forme normale, et la regardait avec un sourire triste !

La jeune fille prit leur main chacune et pleura de plus belle. Petit à petit, la douleur disparut, mais elle était encore sous le choc.

Soudain, un son atroce retentit. Les trois filles plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles. C'était horrible ! Jamais Telian n'avait entendu une telle chose, auparavant.

En fait, cela ressemblait à un chant, mais il n'était sûrement pas émis par une gorge humaine. Le bruit étrange était partout, d'une douceur perçante mais aussi épouvantablement irrésistible qu'un courant marin. Un moment, il parut s'élever au-delà des capacités de l'oreille humaine, si bien que seule une trace en était audible, qui emplissant son crâne d'échos sifflant comme des chauve-souris ; puis un instant, il redescendit tout aussi facilement, se faisant si grave et si profond qu'il aurait tout aussi bien pu s'agir du langage lent et rocailleux des abysses ténébreux.

Telian avait l'impression qu'une partie d'elle brûlait d'envie de laisser son corps s'abandonner à l'unisson, de danser et de hurler et de courir follement ; une autre partie désirait simplement se coucher par terre et frapper sa tête sur le sol jusqu'à ce que le bruit cessât.

Telian vit des dizaines de créatures noires dégoulinantes foncer vers la lumière au bout du tunnel, celle-là même qu'Amine avait failli suivre.

« Mais qu'est-ce que c'est que ce bruit ? » gémit Morah.

« C'est Hadès ! Il chante la fureur des âmes déchues ! » dit Telian.

Amine et Morah gémirent de plus belle.

« Ce chant… on ne va pas tenir ! » dit Morah.

« Vous devez venir avec moi ! » dit Telian en se levant, tendant une main tremblante vers elle.

Les deux filles secouèrent la tête.

« Mais enfin, nous sommes mortes ! » dit Morah.

« C'est vrai ! Comment pourrions-nous revenir dans le monde des vivants ? » dit Amine.

L'espace s'emplit de flammes. Des chaînes jaillirent des ténèbres et entourèrent le corps des deux filles. Elles furent tirées en arrière, vers la lumière qui virait au rouge sang.

« AMINE ! MORAH ! » hurla Telian.

Elle bondit et leur prit la main chacune. Mais ce fut une grave erreur, car ses mains libres, elle ne protégeait plus ses oreilles et elle entendait le chant de Hadès ! Elle ne tiendrait pas longtemps.

« Vous devez venir avec moi, les filles ! Vous ne pouvez pas rester comme ça ! Vous devez vous réconcilier avec vos frères ! »

Mais les deux filles ne purent que répondre par un gémissement. Les chaînes tiraient sur leur peau, et le chant torturait leurs tympans !

« Je suis sûre que vos frères vous aiment énormément ! » dit Telian.

Les deux filles levèrent la tête, l'air étonné.

« Vous voulez partir comme ça, sans même leur avoir dit au revoir ? »

Une nouvelle traction des chaînes fit gémir Telian. Elle allait lâcher, rien à faire !

« Ils ne sont… pas fâchés ? » dit Morah.

Telian rouvrit les yeux. Qu'avait-elle dit ?

« Tu crois… qu'ils ne nous en veulent pas ? » dit Amine.

Telian sourit.

« Tout ira bien. Ils sont vos frères, et ils le seront toujours. »

Morah et Amine fondirent en larmes.

« Vous ne voulez pas les revoir ? » dit Telian.

« Si… si, j'ai envie ! » dit Amine à travers ses larmes.

« Je veux… je veux leur demander pardon ! » sanglota Morah.

Les chaînes cédèrent, les deux filles bondirent en avant. La lumière disparut, le chant s'éteignit.

XxXxXxXxX

L'aube se levait sur Wutaï, lorsque Yakino télétransporta Kadaj et ses frères sur le plateau de la montagne, face à la porte du laboratoire. Senki et Frongeon étaient du voyage.

Les trois compagnons choisirent de ne pas suivre les argentés dans le laboratoire. Ces derniers traversèrent le hall d'entrée.

Tout était en ruines. Les fenêtres étaient brisées, le comptoir en miettes, les restes d'un téléphone calciné gisait au sol. Et devant eux se trouvait l'ascenseur, détruit lui aussi. Cet ascenseur qui donnait accès aux salles où les trois jeunes hommes avaient vécu un enfer… L'endroit où étaient mortes leurs deux sœurs.

Kadaj tomba à genoux devant l'ouverture. De tous, il se sentait le plus coupable de ce qui était arrivé.

« Petit-frère ? »

Cette voix… Le jeune homme se retourna. Ses frères en firent autant. Tous trois furent bouche bée. Leurs sœurs leur faisaient face. Elles avaient changé. Leurs blessures avaient disparu, elles portaient de grandes robes blanches, aux manches longues. Avec leurs longs cheveux d'argent et leurs yeux verts étincelants, elles ressemblaient à de magnifiques esprits de la lumière.

« Amine… Morah ! » dit Kadaj, ébahi.

Amine se pencha pour essuyer une larme qui coulait au coin de l'œil gauche de son petit-frère. Morah sourit derrière elle. Les deux jeunes filles serrèrent chacune leurs frères dans leurs bras. D'abord étonnés, ils finirent par leur rendre leur étreinte.

Lorsque chacune eut embrassé les trois jeunes hommes, elles reculèrent.

« Pardonnez-nous », dit Amine.

Ils ne purent répondre qu'en prononçant leur nom. Souriantes, les deux filles reculèrent.

« Maintenant, nous devons y aller », dit Morah.

Leurs corps disparurent doucement. Kadaj eut un sourire triste. Bien sûr, elles étaient mortes… Mais, sans savoir pourquoi, il se sentait mieux.

Dehors, Telian les attendait avec ses amis.

« Tout est bien qui finit bien », dit la jeune fille.

« Bon dieu ! dit Senki. T'as pris de sacrés risques, n'empêche ! T'as failli aller en enfer avec ces deux poltergeizt ! »

Telian tiqua sur ce mot. Ces filles étaient-elles vraiment des esprits frappeurs ? Des fantômes malveillants ?

Kadaj, Loz et Yazoo sortirent du laboratoire. Un étrange sourire régnait sur leurs lèvres, leurs visages étaient sereins.

« Petite-sœur Telian ! » dit une voix.

Telian se retourna, et vit Morah et Amine qui flottaient dans l'air, devant elle.

« On voulait te remercier avant de partir », dit Amine.

« Oui, merci pour tout ! » dit Morah.

« Amine ? Morah ? »

Les deux filles sursautèrent. Une voix de femme avait retenti dans l'air. Ce n'était pas celle de Telian, ni même Jenova. Elles se retournèrent et eurent un choc. Lorsqu'elle vit celle qui avait parlé, Telian fut prise de court, elle aussi.

Une jeune femme brune, vêtue d'une robe rose, leur souriait.

« Je savais que Telian viendrait vous chercher, alors je suis venue exprès vous chercher. Venez, je vais vous guider. »

« Aéris… » murmura Telian, émue.

Amine et Morah tendirent la main, prenant celles qu'Aéris leur tendait. Ensemble, elles montèrent vers le ciel, tandis qu'un chant résonnait. Il était tour à tour délicat et joyeux et puissant : le chant de la Rivière de la Vie.

Morah… Amine… Au fond, vous n'étiez pas des esprits mauvais. Vous n'étiez que deux filles qui aimaient très fort leurs trois frères ! pensa Telian.

XxXxXxXxX

Caché derrière un rocher, Vincent regarda toute la scène. L'arrivée de cette mystérieuse femme wutaïenne, ce garçon roux, ce gobelin et… le gang de Kadaj ! Puis la sortie de Telian du laboratoire. Mais il ne vit pas les fantômes, et il ne comprit pas lorsqu'il vit Telian regarder le ciel en souriant, l'air émue et attendrie.

Il n'était sûr que d'une chose : lorsque tous partiraient, il irait au 7th Heaven prévenir Cloud et les autres.

Bientôt, le combat reprendrait.

Toutefois, il fut surpris lorsqu'il les vit tous plonger à l'intérieur d'un chapeau et disparaître ! Il s'approcha et tripota le galurin, mais il ne trouva rien. Il le mit sur sa tête, et il ne se passa rien.

Un peu perplexe, il prit le chemin d'Edge et commença à composer le numéro de chacun de ses amis sur son PHS.

« Allô, Cloud ? C'est Vincent… »

XxXxXxXxX

Aaaaah ! J'adore quand ça finit bien.

Pour le chant d'Hadès, j'ai mis du temps. Je voulais vraiment trouver quelque chose qui soit spécial, convaincant et que le lecteur ressentirait en lisant. Ça va, j'espère ? Pas trop lourdingue ?

Que dire de plus ? Hum, voilà la suite !