(Disclaimer: Les personnages appartiennent tous à Square Enix, mais Telian, Gillian, Yakino, Frongeon, Senki, Amine, Morah, Élion, Soluènn et Tabun et les professeurs et élèves de l'école sont mes créations)
Chapitre 16 :
Ami ou ennemi ?
Quelques étages plus bas, Senki fulminait. Quand Yakino les avait tous télétransportés ici, Kadaj l'avait chargé de fouiller les étages inférieurs du building, pour chercher les deux Maniths. Mais pourquoi lui devait chercher les reliques et Kadaj s'occuper de la fille ?
C'était énervant ! Kadaj avait toujours droit aux honneurs ! Et lui, alors ? Le jeune homme continuait de fulminer en fouillant des caisses dans un entrepôt près des cellules de prison, quand il entendit une voix.
« Chercherais-tu quelque chose, humain ? »
Senki se retourna. Il vit un homme devant lui. Tout de suite, il lui déplut. Ce type portait une tunique verte, comme Élion et Soluènn. Il avait des cheveux noirs rayés de gris, une teinture appliquée sur sa chevelure de façon artistique. Il avait des tatouages noirs zébrant son visage, formant des vagues complexes, rendant chaque expression de son visage indéchiffrable. Ses yeux gris acier fixaient les deux pupilles de félin dorées de Senki.
« T'es qui, toi ? » dit le jeune homme.
« Moi ? Je suis Tabun, celui qui va t'envoyer en enfer. Et toi, tu es le rouquin de la bande dirigée par cette petite bâtarde de Telian ? Élion m'avait chargé de venir ici pour récupérer les Maniths du feu et de la glace. Mais je m'ennuie d'une tâche aussi simple, j'avoue. J'adore démontrer la beauté de mon pouvoir de Tabhaisaver à mes ennemis. On ne m'a pas interdit de tuer qui que ce soit en venant ici, après tout. Allez, prépare-toi ! »
Senki le vit sortir deux éventails de sa ceinture. Il les déplia, révélant des motifs noirs sur blanc, semblables à ceux sur son visage. Le rouquin ne comprit pas. Que comptait-il faire avec ces deux objets ?
Soudain, Tabun agita les éventails devant lui. Senki sentit deux lames glacées lui entailler les bras.
« Surpris ? Chaque Tabhaisaver maîtrise un élément particulier. Moi, c'est le vent. Je le manie à la perfection, et j'en profite pour développer la beauté de mon pouvoir. Quelqu'un d'aussi laid que toi ne peut comprendre cela, j'imagine ? »
Senki lui rendit son sourire assassin.
« Tu es le vent ? Pas de bol, moi, je suis le feu ! »
Sur ces mots, il activa sa matéria de feu la plus puissante et jeta une boule de feu vers l'un des éventails. Mais le feu s'éteignit à son contact.
« Imbécile ! Je suis un Tabhaisaver, je ne suis pas lié à la Rivière de la Vie ! Les matérias n'ont pas d'effet sur moi ! »
Senki se souvint que c'était pareil pour Telian. Mais oui, quel idiot ! Mais alors… comment allait-il faire ? Il n'avait pas d'arme, en plus !
Avant qu'il n'ait pu réagir, les éventails s'agitèrent. Tabun semblait danser avec eux.
« Tu vas mourir, humain ! »
Senki sentit des milliers de lames transpercer tout son corps. Le jeune homme fut propulsé contre les barreaux de la cellule derrière lui. Sous la violence de l'impact, il perdit connaissance.
Tabun s'approcha et leva ses éventails pour lui donner le coup de grâce, quand une voix l'arrêta.
« Suffit, petit-frère. »
Soluènn jaillit de l'ombre.
« Grande-sœur ? Tu as les Maniths du feu et de la glace ? » dit Tabun.
« Non, ils sont en haut, je le sens. Viens. Ne gaspille pas ton énergie contre cet humain. Il n'en a plus pour longtemps, de toute façon. »
Ils laissèrent Senki agonisant, affalé contre le mur dans une position anormale, comme une poupée tordue.
Mais, ce que nul n'avait remarqué, c'était que les barreaux de la cellule contre lequel le jeune homme s'était heurté, s'étaient fragilisés sous le choc de l'impact. Ils disparurent bientôt en miettes.
Une petite silhouette cachée sous une cape blanche jaillit de la cellule. Elle s'arrêta en voyant Senki, resta immobile quelques minutes, puis s'agenouilla. Une main fine et blanche sortit de la cape et prit celle du jeune homme.
Senki avait mal. Ce jeune homme, Tabun… Un Tabhaisaver comme Telian… Comme Telian ? Non ! Telian était son amie, jamais elle n'aurait fait ça ! Ces types n'avaient donc aucun respect de la vie ? Bon dieu, s'il revoyait ce Tabun… Élion, Soluènn, Tabun… mais combien y en avait-il, en tout ? Étaient-ils donc tous mauvais comme celui qui venait de le tuer ?
Senki eut un déclic. Tabun ne l'avait pas tué, il n'était pas en train de mourir. En fait, il avait l'impression que la vie revenait en lui.
Il sentit une main qui tenait la sienne. Il ouvrit les yeux, et ce qu'il vit le figea de stupeur.
Une jeune fille était penchée au-dessus de lui, tendant vers lui un bâton couronné d'une boule de cristal d'où une puissante lumière bleue jaillissait pour envelopper le corps de Senki, refermant toutes ses blessures.
Elle devait avoir seize ans, au moins. Elle était très belle: un visage fin, des yeux bleus, des cheveux bouclés tombant en cascade sur ses épaules, et un petit sourire timide qui lui donnait un air un peu enfantin. Elle portait une robe et une cape blanches. Lorsque Senki ouvrit les yeux et la regarda, la jeune fille lui dit avec douceur :
« Vous êtes guéri. »
Senki se redressa. Un détail le frappa: une ceinture verte comme celle de Tabun et Soluènn nouait la taille de la jeune fille. Et elle n'avait pas de matéria. Comment avait-elle pu le soigner, alors ?
« Vous êtes une adepte de la Force de la Terre, vous aussi ? » rugit le jeune homme.
La jeune fille baissa tristement les yeux.
« Je suis désolée, oui, mais… »
Elle ne put en dire davantage. Senki l'attrapa à la gorge.
« Pourquoi m'avez-vous soigné ? Vous êtes comme les autres, non ? Vous… »
« Du… du calme ! Je… »
Des bruits d'explosion au plafond ramenèrent Senki à la réalité. Bon dieu, c'est vrai, Soluènn et Tabun étaient montés, ils allaient croiser Kadaj, Telian et les autres !
« Vous venez avec moi, ne discutez pas ! Et donnez-moi ça ! »
Il se saisit du bâton de la jeune fille et l'entraîna vers l'ascenseur. Elle le suivit sans opposer de résistance. Elle avait peur, Senki le voyait dans son regard. Mais ce qui le troublait le plus, c'était son visage : elle avait le visage de quelqu'un qui ne pouvait pas trahir. Alors pourquoi l'avait-elle sauvé, si elle était son ennemie ?
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Telian et Kadaj se dirigèrent vers l'ascenseur. Ils virent alors que quelque chose n'allait pas. Soluènn et un garçon bizarre se tenaient là, face à Loz et Yazoo qui étaient tombés à genoux, les bras ensanglantés.
« Tiens ! Voilà notre chère bâtarde et son petit-ami ! » dit le garçon.
« Du calme, Tabun ! Nous devons juste récupérer les Maniths, ne l'oublie pas ! » dit Soluènn.
Le garçon fixa son attention sur la main de Telian. La jeune fille comprit avec horreur qu'il regardait son bracelet, celui où se trouvait la matéria d'Aéris !
« Tiens, en voilà un autre ! On dirait une matéria. Tu la vois, grande-sœur ? »
Soluènn la vit, en effet. Elle allait parler, quand le vent souffla de façon sinistre. La jeune femme serra les dents.
« Trop tard, nous devons y aller. »
« Quoi ? Mais… et les Maniths ? »
« Imbécile ! Yakino est dans la place, et nous ne sommes pas de taille ! Allez, vite ! »
Elle prit son frère par le bras et disparut dans un éclat de lumière avec lui. Kadaj courut près de ses frères. Telian s'approcha et lui donna la matéria de soin encastrée dans un autre creux du bracelet.
Tandis que les deux argentés regardaient leurs plaies se refermer, Telian vit Senki arriver, avec une jeune fille blonde qui semblait terrifiée. Lorsqu'elle vit les blessures des deux hommes, elle jeta un regard vers son bâton.
Telian fronça des sourcils. Cette fille… une Tabhaisaver, elle aussi !
« Je peux les soigner ? S'il vous plaît ? » dit-elle à Senki.
Le rouquin lui répondit par un regard mauvais. La jeune fille blonde tomba à genoux, la tête basse. Telian lança un regard empli de reproches à Senki. Cette fille semblait si fragile et triste…
Une fois soignés, les deux frères se redressèrent et virent la jeune blonde à leur tour.
« Qui c'est, elle ? » demanda Loz.
« Je sais pas, elle m'a soigné après le massacre de l'autre type, ce Tabun », dit Senki.
« Et pourquoi tu l'as amenée ici, avec aussi peu de délicatesse ? » dit Telian.
« Ouais! Si elle t'a soigné, pourquoi lui imposer ça ? » dit Kadaj.
«Parce que tu y es allé mollo avec Telian quand elle a essayé de te sauver, dans le passé ? » dit Senki.
Kadaj baissa la tête, l'air triste. Ses frères aussi paraissaient honteux.
« Tout ça ne répond pas à nos questions, intervint Telian. Qui es-tu ? »
« Je m'appelle Nathalie Hélène Gabrielle Martins. »
« C'est un nom super difficile à retenir, ça ! » dirent Kadaj et Senki en chœur, le front ruisselant de sueur, comme si réfléchir leur faisait mal.
« Ah bon ? Tout le monde m'a toujours dit que c'était facile à retenir ! Ben, appelez-moi Nathalie, alors… »
« Ouais, ben, tu pourrais t'appeler Nathalie Martins Gabrielle Hélène ou Gabrielle Hélène Martins Nathalie, ce serait pareil ! Ces Tabhaisavers, franchement, je les comprends pas ! » dit le rouquin.
« Oui, bon ! Et je peux savoir pourquoi tu l'as amenée ici ? Si c'est une copine d'Élion, pourquoi ne pas l'avoir tuée ? » dit Kadaj.
« Ben quoi ? Elle traînait à côté de moi et je l'ai emmenée, c'est tout ! »
« Tu ramasses tout ce qui traîne, maintenant ? » dit Kadaj.
Nathalie parut affolée.
« Arrêtez ! Je vous en prie, ne vous disputez pas à cause de moi ! »
« QUI T'A DIT QU'ON SE DISPUTAIT ? » hurlèrent Kadaj et Senki en chœur.
Devant son air affolé, Telian prit la jeune fille par l'épaule.
« Ne t'en fais pas, ils sont tout le temps comme ça », lui dit-elle dans un murmure.
La jeune fille blonde acquiesça, mais ne parut pas davantage rassurée.
« Tu étais enfermée dans une cellule ? » demanda Telian, avec un sourire pour la rassurer.
« Heu… Oui. Élion m'avait livrée à la Shinra, pour faire pression sur mon père Nosféa. »
« Nosféa ? »
« Un Tabhaisaver qui maîtrise la magie noire. Je suis moi-même une Tabhaisaver maîtrisant les soins. Mon bâton est le Manith d'un Cetra qui était doué, autrefois, pour guérir les blessures. »
À mesure que Nathalie s'expliquait, la tension chez les garçons parut diminuer.
« Mais alors, pourquoi m'avoir soigné ? » dit Senki.
La jeune fille baissa les yeux.
« Mon père et moi-même ne sommes pas des combattants, je dois l'avouer. Enfin, si mon père sait se battre, mais… nous sommes de ceux qui ne voulons pas combattre. Nous voulons juste être libres, mener notre propre vie et rien de plus… »
Elle fondit en larmes. Telian la prit dans ses bras. À ce moment, Yakino apparut dans la pièce. Elle brandit l'épée de feu et la baguette de glace avec un sourire triomphant. Mais son sourire disparut lorsqu'elle vit la jeune fille larmes que Telian essayait de consoler.
« Nous rentrons tous, les explications viendront plus tard », déclara la Japonaise.
Ils se téléransportèrent jusque sur l'île, face au perron de l'école. Là, Nathalie dut se réexpliquer auprès de Yakino. Lorsqu'elle eut fini, la jeune femme lui prit la main avec un sourire.
« J'ai connu Nosféa, et ta mère Gabrielle. Tu lui ressembles, tu as les mêmes cheveux et son sourire. Par contre, je reconnais les yeux bleus de ton père. »
« Mon père aussi m'a parlé de vous. Il vous admirait, il s'est entraîné avec acharnement toute sa vie, pour devenir très vite un puissant Clairvoyant. »
« Tu veux rester dans cette école ? Tu veux t'inscrire ? » proposa Senki.
Tout le monde regarda le rouquin avec stupeur. Senki, proposer ça à une étrangère ? D'habitude, il était si bougon et vulgaire qu'il mettait un mois avant de proposer quelque chose de gentil à un ami !
« Je… Oui, si je ne suis pas de trop… je voudrais bien », dit la jeune fille.
Toute contente, Telian lui serra la main.
« Bienvenue à l'école des Clairvoyants ! »
La nouvelle ne tarda pas à atteindre tout le personnel de l'école et les élèves. Une nouvelle, qui était comme Yakino et Telian!
Le premier jour, Nathalie dut remplir des formulaires d'inscription et passer des tests. Elle n'avait pas un niveau de combat très élevé, elle était surtout forte en magie de soin, et elle ne pouvait pas utiliser de matéria. Elle aurait donc droit à un enseignement privé avec Yakino et Telian. Mais elle était une bonne élève, très forte en littérature, histoire et géographie.
Telian était heureuse. Non seulement une fille de sa planète faisait partie du groupe, mais ils avaient désormais plusieurs Maniths en leur possession: la matéria blanche, l'épée de feu, la baguette de glace, le bâton de soin de Nathalie et l'oiseau bleu – désormais enfermé dans un coffre scellé par Yakino, il était trop dangereux !
Trois jours après l'inscription, Senki prit le chemin de la grange à chocobos de l'école, pour se détendre un peu avant l'heure du dîner à la cafétéria. Il vit Nathalie devant un enclos, caressant les bébés d'une femelle chocobo dorée.
Elle avait troqué sa robe de prêtresse et sa cape contre une chemise de dentelle blanche, un pantalon noir s'arrêtant aux genoux et des souliers montant le long de ses chevilles avec un ruban. Ses cheveux étaient tressés en natte, avec un ruban vert, signe de fidélité obstinée envers la Force de la Terre.
« Hum… Nathalie ? »
La jeune fille se retourna et parut inquiète.
« Ah ! C'est toi, Senki ? »
« Je… je voulais m'excuser, pour l'autre jour. J'ai pas été gentil, je savais pas, je… »
Nathalie leva la main en un geste apaisant.
«Ce n'est rien, ne t'en fais pas.»
«Hum… Tu te plais à l'école, depuis le temps?»
« Oh oui ! Tout le monde est gentil avec moi, et je me sens bien ! Mais mon père me manque. »
Senki lui tendit la main.
« Tu viens ? C'est l'heure du dîner. »
La jeune fille hésita, puis prit sa main avec un sourire. Mais tous deux ignoraient que quelqu'un les avait espionnés, caché dans une botte de foin : Cait Sith.
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Je sais ce qu'on va me dire : je suis sadique, le suspens est de nouveau là. Qui sait ce qui va se passer, maintenant ? Eh ben, vous le saurez dans les prochains chapitres.
En attendant, laissez-moi des reviews s'il vous plaît.
