(Disclaimer : Les personnages appartiennent tous à Square Enix, mais Telian, Gillian, Yakino, Frongeon, Senki, Amine, Morah, Élion, Soluènn, Tabun, Koldor et les professeurs et élèves de l'école sont mes créations)
Chapitre 18 :
La vraie force
Telian ne savait pas quoi faire. Elle ne connaissait pas cet homme. Elle reporta son attention sur Loz et posa les mains sur ses épaules. À son contact, il parut se sentir mieux.
Il se redressa, et regarda en direction de Koldor. Telian sentit ses puissants bras frémir sous ses doigts.
« Bon dieu ! Qui est ce type ? »
Nathalie prit la parole.
« Je le connais. Je l'ai vu avec mon père, une fois, chez Élion. C'est Koldor, le cauchemar de… Oh, mon dieu, pitié ! »
Elle serra plus fort les mains de Senki et Yazoo dans les siennes. Bizarrement, elle ne semblait pas les avoir soulagés. Ils allaient toutefois mieux, ils respiraient et semblaient juste inquiets.
Elle est moins forte que moi, comprit Telian.
Mais c'était déjà une bonne chose, en soi, qu'ils ne souffrent plus de l'aura écrasante de cet homme.
Kadaj, lui, agonisait. Koldor approcha. L'adolescent sentit son cœur accélérer à mesure qu'il s'approchait, battre plus fort à chaque pas jusqu'à menacer d'exploser dans sa poitrine. Il se souvint de Rufus. Il l'avait toujours trouvé effroyablement étrange pour un humain, implacablement hostile, mais la peur qu'il inspirait n'était rien face à la terreur absolue qui émanait de Koldor.
Kadaj ne voulait plus regarder, il ne désirait que fermer les yeux, garder son visage enfoncé dans le sol protecteur, mais quelque chose l'empêchait de bouger.
« Je vois. Tu n'as pas l'air aussi fort que je le pensais. Remarque, tes frères sont au tapis, et sans le secours de ces deux petites Clairvoyantes, ils seraient sans doute déjà morts, écrasés par la pression de mon pouvoir. Mais toi, tu arrives à tenir debout et à me faire face sans broncher. Je dois avouer que c'est quelque chose, en soi. Mais je me demande… est-ce vraiment toi qui a fait la Réunion, autrefois ? Laisse-moi voir », dit-il en plissant son unique œil.
Soudain, quelque chose d'invisible s'empara de l'esprit de Kadaj comme les griffes d'un faucon peuvent saisir un lapin. Il sentit une force brutale pénétrer ses pensées et fourrager entre elles violemment, si bien qu'il ne put que tomber face contre terre en hurlant de douleur et d'horreur. Il n'entendit qu'à peine Koldor se remettre à parler.
« Oui, tu l'as faite. Mais Cloud a blessé Sephiroth et t'a vaincu, indirectement. Ah zut, j'ai choisi la mauvaise proie ! C'est Cloud que j'aurais dû défier. Élion m'a amené ici pour rien, quelle déception ! Bon, je vais devoir y aller. »
Kadaj roula sur le dos et regarda le ciel nuageux et sans soleil pendant que le monde basculait autour de lui.
Vaincu, indirectement… La mauvaise proie… les mots tournaient follement dans sa tête. Quelqu'un, quelque part, criait son nom. La mauvaise proie…
« Kadaj ! Réveille-toi ! »
Il reconnut vaguement la voix de Yakino. Il ouvrit les yeux, et vit le plafond blanc de l'infirmerie. Il entendit des gémissements autour de lui. Il se leva dans son lit et comprit en voyant que tous les élèves de l'école étaient là, dans des lits séparés comme lui, et se faisaient soigner. Telian, Nathalie et Yakino passaient d'un lit à l'autre et touchaient les élèves. Chaque contact semblait les apaiser, effaçant les traces de l'horrible aura de Koldor qui les avait blessés.
Kadaj était le dernier à retrouver sa force. Il vit ses frères dans des lits à côté de lui, qui le regardaient avec un sourire piteux, du style : « Nous aussi on a écopé, mais on est heureux de te revoir ! »
Kadaj leur rendit leur sourire. Quand il se souvint de ce que Koldor avait dit, avant de partir : « Mais Cloud a blessé Sephiroth et t'a vaincu, indirectement. Ah zut, j'ai choisi la mauvaise proie ! C'est Cloud que j'aurais dû défier. Élion m'a amené ici pour rien, quelle déception ! Bon, je vais devoir y aller. »
Ce qui signifiait… que Cloud était en danger ! Le premier réflexe de Kadaj fut de se lever pour partir l'aider, mais quelque chose l'arrêta.
Cloud n'était-il pas son ennemi ? Il avait failli le tuer, le jour de la Réunion ! Mais… c'était aussi un cobaye de Hojo, un clone raté de Sephiroth, et de ce fait, ils étaient un peu semblables, comme liés.
Le jeune homme se prit la tête dans les mains. Bon dieu, qu'il était dur de réfléchir après une telle épreuve ! Mais pourrait-il seulement faire quelque chose ? Il ne se sentait pas le courage d'affronter Koldor à nouveau. Cet homme avait si facilement lu en lui, il avait suffi d'un regard pour qu'il revive l'horreur d'être un pantin de Jenova !
Et Cloud va bientôt découvrir cette sensation, avant de mourir.
Cette pensée fut comme un jet d'électricité dans tout son corps. Sa décision était prise. Il regarda ses frères. Ils s'étaient rendormis. Kadaj se souvint que Koldor n'avait pas voulu les affronter, parce qu'il les jugeait moins forts. Oui, en un sens, c'était vrai. Après tout, Jenova avait choisi Kadaj pour devenir Sephiroth, et pas eux.
Le jeune homme se leva et prit le chemin des vestiaires.
Telian le suivit du regard et comprit. Elle regarda Yakino. Cette dernière fit « oui » de la tête. L'adolescente sortit à la suite du jeune homme.
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Partout dans Edge, c'était la panique. Pire que le jour où Kadaj avait invoqué Bahamut et ses frères lâché les chimères sur les gens. Pire que le jour où Sephiroth était revenu et ravivé la douleur des géostigmates dans le corps de chaque malade sur la planète.
Les gens ressentaient une aura incroyable, étouffante, horrible. Même Rufus, assis dans son bureau, avait du mal à garder un visage impassible. Il passait constamment la main dans ses cheveux, alors que ses mèches étaient bien calées contre son front en sueur. Quelques étages plus bas, dans le quartier des Turks, Reno avait une gueule de bois et vomissait l'alcool qu'il avait déjà ingurgité, Rude balbutiait, incapable de rester silencieux, Elena pleurait dans les bras de Tseng qui tremblait.
Aux portes du 7th Heaven, le chaos était le plus fort. Marlène et Denzel pleuraient dans leur chambre, avec Cait Sith qui essayait vainement de les réconforter.
Devant la porte, Avalanche était en train de se faire battre. Tifa était au chevet de Barret qui avait les bras en sang, Cid tenait à grand-peine sur sa lance, il devait s'en servir pour rester debout, Youfie n'arrivait pas à contrôler ses matérias et osait à peine bouger, elle semblait avoir perdu toute son énergie.
Vincent était à genoux, le Jenova dans son corps était complètement affolé. Il passait constamment d'une apparence à une autre, il était incapable de garder forme humaine, celle de Chaos revenait par flashs intermittents.
Et Cloud était allongé au sol, il souffrait effroyablement. Il agonisait, comme Kadaj.
« Ah ! Vous êtes tous si pitoyables ! Je regrette vraiment que Jenova soit morte, j'aurais tant aimé la revoir et lui communiquer encore une fois toute ma haine. »
« Tu… tu as connu Jenova ? » balbutia Cloud, incrédule.
« Bien sûr ! Mais cesse de poser des questions. Tu ne sauras plus rien, bientôt. Alors laisse tomber ! »
Koldor dégaina une épée. Elle était en fer, et couverte d'une substance bleuâtre. Cloud reconnut le sang de Jenova, il en avait un peu perdu dans l'église d'Aéris, quand les géostigmates s'étaient activées, alors qu'il essayait de ranimer Tifa, agressée par Loz. Cloud en était sûr : cet homme avait fait exprès de garder le sang sur son épée sec pendant plus de deux mille ans. Un souvenir de Jenova, il regrettait tant sa vieille ennemie qu'il n'avait pas nettoyé son épée pendant plus de deux mille ans, pour garder ce souvenir d'elle intact !
Il n'aime Jenova que pour la tuer. C'est un fou ! Un fou ! Un fou ! gémit l'esprit de Cloud, à l'agonie.
Il vit l'épée se lever dans l'air, puis descendre vers lui. Cloud accueillit l'idée de mourir comme un soulagement.
Mais soudain, quelque chose heurta sa lame. Deux petites lames doubles, parallèles. Souba ! Koldor haussa un sourcil.
« Toi ? »
Cloud leva les yeux. Kadaj ! Kadaj était debout devant lui, et repoussait l'épée de Koldor avec son sabre.
« Peuh ! Petit crétin ! Ne te mêle pas de ça, je te l'ai dit, je ne veux pas d'un adversaire comme toi ! »
Kadaj sentit de nouveau l'aura écrasante. Il tomba à genoux à son tour. Il allait peut-être s'étaler sur le sol, quand il sentit une main sur son épaule. La pression disparut.
L'air parut plus léger. Tout le monde leva la tête pour voir Telian, qui le soutenait aux épaules.
« Tiens bon, je suis là ! » dit la jeune fille.
Koldor parut surpris.
« Eh, toi ! Pourquoi l'aides-tu ? Voyons, tu es une Clairvoyante comme moi, une ennemie de Jenova ! Pourquoi aides-tu cet avorton, ce partisan à son pouvoir ? »
« La ferme ! Je ne suis plus avec Jenova ! Elle m'a trahie, je la hais ! » hurla Kadaj.
Koldor émit un rire méprisant.
« N'espère pas me berner, gamin. J'ai vu trop de choses dans ma longue vie pour croire à une petite ruse aussi illusoire. Mais bon, je vais simplifier : je vais vous tuer tous les deux, toi et ce hérisson blond. Ainsi, je ferai deux pierres d'un coup. Ensuite, ce sera le tour de tes frères, dans cette école où vous avez trouvé refuge. »
Il releva son épée et recula. Kadaj se redressa.
« Telian… je vais avoir besoin de tout ton soutien », dit le jeune homme.
« Je sais. »
Elle sortit la matéria blanche de la poche de sa veste et se concentra. L'aura blanche enveloppa Kadaj. Il sentit alors beaucoup mieux. Sa tête lui faisait encore mal, mais il se sentait capable de tenir debout et de se battre.
« Meurs ! » dit Koldor.
Kadaj para son attaque. Mais l'aura blanche de la matéria disparut. Telian étouffa un juron. Koldor était trop fort ! Quand son épée touchait le sabre de Kadaj, les combattants étaient reliés par les lames de leurs armes. Et l'aura de Koldor effaçait celle de Telian. Il était trop fort pour la jeune fille ! La petite muraille de sable érigée par Telian ne pouvait rien face à la vague destructrice de Koldor.
« Hin ! Hin ! Accepte la défaite ! »
Contre toute attente, Kadaj fonça en avant.
« NON ! » hurla-t-il.
Son Souba heurta si violemment l'épée de Koldor qu'il faillit basculer en arrière.
« JE N'ABANDONNERAI PAS ! PAS CETTE FOIS ! » hurla le jeune homme.
Il se mit à pousser, pousser de toutes ses forces. Tout le monde regardait la scène, ébahi. Kadaj était en train de repousser Koldor, il arrivait à le contrer !
« Enfoiré… Impossible ! Tu as encore de la force ? » dit Koldor.
« Évidemment ! Pour qui me prends-tu ? »
« Mais… cela ne se peut ! Tu es un esprit de Sephiroth, un incarné de Jenova ! »
« NON ! Je suis un humain ! J'ai des cellules de Jenova et de la Mako, comme tous les Soldats, je l'admets ! Mais si Hojo ne m'avait pas fait ça… je serais encore un humain entier ! Et je le suis toujours, au fond de moi ! C'est pour ça que ton aura ne me fait plus rien ! Je veux vivre ! Je ne te laisserai pas m'arracher tout ce qui m'est précieux ! »
Koldor frémit.
« Mais qu'est-ce t'est si précieux, pour te donner autant de force ? »
Kadaj ferma les yeux. Plusieurs images vinrent à son esprit : Loz, Yazoo, Amine, Morah, Telian, Yakino, Frongeon, Senki, Gillian.
« Tout… l'univers tout entier est précieux à mes yeux, désormais, grâce à Gillian, Lucrécia, Telian et mes amis ! Je leur en suis reconnaissant ! Alors… TU NE GAGNERAS PAS CONTRE MOI ! »
Il hurla ses derniers mots si fort que l'air parut brûler, sous la force de sa voix. Le sang de Jenova sur l'épée de Koldor disparut en fumée. Le Tabhaisaver fut violemment propulsé en arrière. Il heurta le mur et tomba au sol.
Il leva des yeux effarés vers Kadaj. Puis il se redressa. La déception s'afficha sur son visage.
« Et merde… plus d'ennemi à affronter, en effet ! Personne ici n'est comme Jenova. Alors tant pis… je m'en vais. »
« Hein ? Ah non, eh, minute ! » dit Kadaj.
Mais Koldor disparut. Il venait de se télétransporter. Le jeune homme fit la grimace. Flûte, il aurait bien voulu en finir, ce type l'irritait tant !
« Kadaj ? »
Cette douce voix… Kadaj se retourna. Telian le regardait avec admiration.
« Tu as réussi », dit-elle.
Le jeune homme haussa les épaules. Si on appelait ça une victoire… Il accueillit avec surprise la jeune fille dans ses bras.
« Tu as été magnifique… grand-frère ! » dit Telian.
Le jeune homme mit un moment avant de réagir, ému. Puis il la serra fort contre lui. Il ne savait pas pourquoi, mais il était heureux. Plus heureux que le jour où il avait été accepté à l'école des Tabhaisavers avec ses frères, plus heureux que le jour où ses sœurs l'avaient pardonné avant de rejoindre la Rivière de la Vie, plus heureux que la nuit où il s'était réconcilié avec Lucrécia dans la serre de combat. Il se sentait enfin lui-même. Entier.
La sensation de malaise disparut lentement dans la ville. Les nuages se dispersèrent, laissant le soleil poser ses rayons réconfortants sur les maisons et les habitants d'Edge.
Sur l'île de la Force de la Terre, dans la grotte la plus sombre, Nosféa sourit, ému jusqu'aux larmes. Il regardait la scène de Telian et Kadaj tendrement enlacés. Le jeune homme avait réussi, il avait prouvé sa force à Koldor ! Et Avalanche avait eu une révélation frappante de sa bonne foi.
Désormais, les choses ne pourraient changer qu'en bien.
À côté de lui, Élion ne disait rien. Mais sa haine était très forte, presque palpable.
Pfouuuuuuh ! Ce passage a été éprouvant à écrire, j'avoue ! Je me demande si je n'ai pas un peu exagéré la réaction de Kadaj. Mais en même temps, après ce qu'il vient de subir, pas étonnant qu'il craque. Il y a un moment où la pression est telle qu'on a envie de laisser tout éclater. Vous croyez pas ?
