(Disclaimer : Les personnages appartiennent tous à Square Enix, mais Telian, Gillian, Yakino, Frongeon, Senki, Amine, Morah, Élion, Soluènn et les professeurs et élèves de l'école sont mes créations)

Chapitre 19 :

Si vous ne pouvez pas vous pardonner…

« Voilà, maintenant, vous savez tout », dit Telian.

Assise dans un fauteuil dans le salon, elle avait fini de raconter la vérité à tous les membres d'Avalanche. Kadaj était assis à côté d'elle. Les jeunes gens se tenaient la main.

Tous les autres étaient assis en face d'eux.

Telian avait tout raconté : ce qu'étaient les Tabhaisavers depuis le commencement, les buts de la Force de la Terre, le pacte d'Élion et de Rufus et la recherche des Maniths. Elle avait également parlé de l'école fondée pour protéger les anciens cobayes d'Hojo. Cait Sith avait apporté son témoignage sur ce point, et cela s'était avéré fort utile. Il avait parlé de tout ce qu'il avait vu là-bas, de l'attitude si humaine des élèves et des trois argentés.

À présent, Telian avait fini. Elle pouvait voir que les autres avaient du mal à la croire. Ils n'étaient pas incrédules pour autant, mais… c'était encore dur pour eux. Et ils étaient un peu sous le choc du contact avec Koldor.

Cid tirait tranquillement sur sa cigarette avec un front plissé, Tifa tripotait une mèche de cheveux avec les lèvres pincées, Youfie tapait distraitement du pied, Barret regardait Kadaj avec l'air ahuri, et Cloud… Cloud avait les sourcils froncés, l'air obstinément sceptique.

« À supposer que tu dis vrai… pourquoi tu n'es pas avec Élion, toi, si tu es une Tabhaisaver comme lui ? » dit le jeune homme.

« Je n'ai pas envie de détruire la planète, moi, cette question ! Je ne suis pas folle comme lui. »

« Tu disais que tu avais perdu le soutien d'Aéris, autrement dit la Cetra que tu devais protéger, intervint Tifa. Et ton âme jumelle, qui c'est, au fait ? »

Telian jeta un regard en coin à Vincent. Puis elle prononça son nom.

« Lucrécia. »

Tout le monde ouvrit des yeux ronds.

« Quoi ?! » dit Vincent, plus choqué que les autres.

« Mais elle est morte ! Enfin… elle a disparu de la grotte, après qu'on lui ait annoncé la mort de Sephiroth », dit Cloud.

« Je l'ai emmenée, après votre passage, dit Telian. Je lui ai remonté le moral et emmené en lieu sûr à l'école. C'est notre professeur de sciences, maintenant. Et les élèves de ma classe l'adorent ! Elle a même un fan-club. »

« C'est vrai, je me souviens, je 'ai vue pendant un cours de sciences, lors de ma deuxième journée d'espionnage », dit Cait Sith.

« C'est dingue », murmura Tifa.

« J'avoue être étonné par cette dernière nouvelle, dit Nanaki. Mais… je ne suis pas trop surpris pour le reste. Ce n'est pas dans la nature d'un Tabhaisaver de désirer faire le mal au nom de Jenova. Je me doutais que tu avais aidé Kadaj et ses frères à voir au-delà du voile d'illusions de Jenova. Les Clairvoyants tirent leur pouvoir de la vérité, après tout ! »

Telian le gratifia d'un sourire reconnaissant. Elle avait rarement rencontré Nanaki au cours de sa vie, mais à chaque fois, il avait su dire des choses vraies qui soulageaient la jeune fille.

« Et ces Maniths, vous en avez combien ? Je peux les voir ? Je peux les essayer ? C'est plus puissant qu'une matéria ? » dit Youfie.

« Ah non, pitié, ne reviens pas avec ça, toi ! » dit Cid.

« Mais enfin, y'a rien de mal à se renseigner ! » gémit la ninja.

« Vous avez récupéré ceux de Rufus ? » dit Cloud.

« Oui. Nous en avons plusieurs maintenant, mais nous ne savons pas combien il y en a exactement. J'ai sais autant que vous, à présent », dit Telian.

« Moi, je sais, dit Nanaki. Mon grand-père m'en a parlé. Vous avez déjà la matéria blanche, l'épée de feu, la baguette de glace, l'oiseau du vent et le sceptre de soin. Il reste donc le bassin aux trois profondeurs et le cœur de sable. »

« Mais où ils sont, ceux-là ? » dit Kadaj.

Nanaki secoua la tête.

« Je suis désolé, je l'ignore. Ces objets ont été égarés il y a deux mille ans, après tout. »

Telian réfléchit. Elle avait peut-être une petite idée quant au moyen de retrouver ceux-là.

« Et… une fois tous ces Maniths réunis, que se passera-t-il ? » demanda Tifa.

« Ça… je l'ignore, sincèrement. Je ne suis même pas sûr d'avoir cité tous les Maniths, pour être franc. Je vous l'ai dit, ce savoir s'est perdu avec le temps. Peut-être que Koldor pourrait en parler mais… »

« Ne prononce pas son nom ! » dirent Cloud, Vincent et Kadaj en chœur.

Les trois hommes se regardèrent avec surprise, puis chacun baissa la tête. Pourtant, Cloud regarda de nouveau le jeune homme.

Alors comme ça, il n'était plus son ennemi. Il fallait se faire à cette idée. Il est vrai qu'il n'avait plus ce méchant sourire halluciné, ses yeux n'affichaient plus cette lueur meurtrière qui lui rappelait Sephiroth. Il avait juste l'air d'un gamin fatigué après une terrible bataille. Et pourtant, il avait l'air sûr de lui en même temps, il se dégageait une force et une assurance que Cloud n'avait jamais remarquée. Avant, il avait tout du gamin insolent qui obéissait à sa mère. Aujourd'hui, il avait l'air… d'un homme. Cloud avait l'impression de se voir dans un miroir, tel qu'il s'était senti après la victoire contre Sephiroth, deux ans auparavant.

« Bon ! Je propose qu'on aille tous se reposer, tout le monde est crevé, après tout, dit Tifa en tapant dans ses mains. Telian, Kadaj, vous restez dormir ici, n'est-ce pas ? »

Les deux adolescents parurent surpris.

« Quoi ? » dit Barret.

« Ah non ! Pas ça ! » gémit Cid.

« Mais je veux qu'ils restent pour voir les Maniths, moi ! » dit Youfie.

« Heu… on ne voudrait pas s'imposer », intervint timidement Telian.

Cette remarque fit sourire Tifa.

« J'ai dit, tout le monde dort ici, alors vous obéissez ! C'est mon bar, après tout ! Et vous êtes si pâles, tous les deux. Alors au dodo, exécution ! »

« Elle a raison, vous restez ici », dit Cloud.

Désarçonnée, Telian se laissa tirer le bras par Tifa jusqu'à une chambre.

« La salle de bains est à côté. Si tu as faim, n'hésite pas à descendre me voir, je suis au bar jusqu'à dix-neuf heures », dit Tifa.

« D'accord, merci. »

La jeune femme la gratifia d'un sourire. Telian ressentit une bouffée de chaleur. Elle avait de nouveau la tenancière du bar qui l'avait soignée, il y avait deux ans, lors de son arrivée sur Gaïa.

Cloud entraîna Kadaj vers une autre chambre. Mais il ne lui dit rien, il se contenta de l'amener devant la porte, lui faire savoir qu'il dormirait là, puis il partit. Le jeune homme hésita. Dormir là-dedans ? Il allait faire demi-tour et partir demander à Telian de les télétransporter tous les deux en douce, mais il vit Vincent qui se tenait près des escaliers, avec l'air de le surveiller.

Mal à l'aise, le jeune homme entra dans la chambre et s'y enferma avec soulagement. Il s'assit sur le lit et admit qu'au fond, ça valait peut-être mieux. Le combat contre Koldor l'avait tellement épuisé… Oui, il valait mieux reprendre des forces avant de faire quoi que ce soit. Après tout même Telian n'en pouvait plus.

Le soir, Telian ouvrit les yeux dans son lit et vit que le soleil se couchait. Il ne faisait pas encore nuit noire. La jeune fille entendit son ventre gargouiller.

Hésitante, elle se leva et sortit. Personne dans le couloir. On entendait des ronflements à travers la porte sur sa droite. La chambre de Barret. Il ronflait. Elle entendit même Cid jurer de l'autre porte à côté. Il devait rêver.

Tout le monde dormait. Et Tifa ? La jeune fille descendit l'escalier jusqu'au bar. Elle vit la jeune femme occupée à faire la vaisselle. En voyant Telian, elle sourit.

« Déjà réveillée ? »

« Je… j'avais faim, alors je… »

« Je m'en doutais. Attends. »

Elle rangea un verre dans l'égouttoir, puis se tourna vers la cuisinière. Elle se retourna et lui tendit une assiette pleine de nouilles au fromage et un verre d'eau.

« Bon appétit ! »

Telian dévora toute son assiette. Une fois qu'elle eut fini, elle resta assise au comptoir. Tifa en profita pour engager la conversation.

« Alors comme ça, tu as fondé une école avec tes amis ? »

« Oui. »

« Et ce n'est pas trop dur, tu as de bonnes notes ? »

« Oh… ce n'est pas plus dur que dans n'importe quelle autre école. J'ai une bonne moyenne. Mais je panique un peu, c'est bientôt la période des examens. »

« Comme pour Marlène et Denzel. Ils révisent de plus en plus, leur classe aussi aura une période d'examens. »

Telian émit un soupir.

« J'avoue… je suis pas trop emballée, à l'idée de passer en classe supérieure. »

« Quoi ? Pourquoi tu dis ça ? Tu ne veux pas réussir les tests ? »

« Non, c'est juste que… Je rêvais de les passer avec Gillian, nous voulions entrer dans le même lycée. »

Tifa se pinça les lèvres.

« Je comprends. Mais c'est une raison de plus pour gagner. »

« Comment ça ? »

« Vous aviez promis de réussir ensemble, non ? Alors, tiens cette promesse pour Gillian. »

Telian comprit ce qu'elle voulait dire.

« Merci, Tifa. »

La jeune femme lui sourit.

« Non, merci à toi, Telian. Merci d'être restée notre amie à tous, malgré ce qui s'est passé. Et maintenant, retourne dormir. Vite, avant que Cloud arrive. Il pourrait trouver ça suspect. Tu le connais, il ne change pas vite. »

Telian obéit et monta l'escalier menant à sa chambre. Elle avait fermé la porte et se retournait pour marcher vers son lit, quand elle sentit une présence. Elle vit deux lumières rouges de l'autre côté du lit. Elle poussa un soupir.

« Tu pouvais pas attendre que je rentre pour frapper, puis me demander la permission d'entrer ? C'est malpoli, Vincent ! »

« Désolé », dit l'homme de sa belle voix grave.

Il était assis sur une chaise de l'autre côté de la pièce. Telian s'assit sur le lit face à lui.

« Alors comme ça, Lucrécia est ton âme jumelle ? Je comprends pourquoi ta présence me troublait, à chaque fois. Enfin… je veux dire… »

« J'ai compris, ne te fatigue pas. Je m'en veux de ne pas te l'avoir dit plus tôt, néanmoins », dit la jeune fille.

« Bah… du moment qu'elle est heureuse, peu m'importe. »

Telian fit la moue.

« Ce genre d'argument te l'a fait perdre, par le passé, Vincent. »

Le jeune homme baissa la tête.

« Et alors ? Ça revient au même, je suis le seul coupable, je l'ai perdue ! »

Telian réfléchit un moment, avant de reprendre la parole.

« Lucrécia… voulait que je tienne tête à Élion pour toi, pour vous protéger vous aussi. »

Vincent fronça les sourcils.

« Tenir tête à Élion… pour me protéger ? »

« Oui. »

(flash-back, discussion télépathique à l'infirmerie, après la bataille sur la place d'Edge contre Rufus)

« Que t'est-il arrivé ? Tout le monde s'inquiète, tu dois te réveiller », dit Lucrécia.

« Je… je ne comprends pas ce qui s'est passé ! J'ai reçu une boule de feu magique et j'ai failli mourir. Je croyais être insensible aux matérias et à la Rivière de la Vie ! Pourquoi cette chose m'a touchée ? »

« Je ne sais pas. C'était une matéria ? »

« Non, on aurait dit une épée de feu. Il y en avait une autre en glace aussi, elle a blessé Senki. »

« Ça ne me dit rien. »

Telian tomba à genoux.

« Les autres ont failli mourir à cause de moi. »

« Arrête, tu culpabilises comme Kadaj ! Il se croit lui-même responsable de ce qui t'est arrivé. »

« Lucrécia… j'ai vu Vincent. »

La jeune femme eut un geste de recul.

« Et alors ? » demanda-t-elle, tendue.

« Non… rien », dit Telian.

« Bon. Réveille-toi quand tu peux, tout le monde t'attend. Mais… je tiens à ce que tu saches ceci : même si je ne veux plus voir Vincent, je veux qu'il vive. Alors promets-moi de ne te réveiller que si tu veux protéger tout le monde, Vincent y compris ! Je ne veux pas qu'il souffre encore une fois à cause de moi. Je veux que tu vives pour le protéger. »

(Fin du flash-back)

Vincent émit un petit cri de surprise. Il se rappelait ce qu'il avait dit à Telian tandis qu'elle dormait dans cette chambre, autrefois, il y avait quelques jours.

« J'ai commis trop de péchés. Je ne pourrai jamais me faire pardonner. »

Vincent ferma les yeux, pour retenir des larmes. Il ressentait de l'amertume. Après tout ce temps, il s'était cru vieux et inébranlable, incapable de ressentir quelque chose. Mais voilà que tout revenait.

Telian le regarda un moment, l'air triste, cherchant soigneusement quels mots utiliser. Dehors, une cloche sonna, quelque part, annonçant qu'il était sept heures.

Le bruit des voitures se fit moins dense, des portes et des fenêtres claquèrent, les gens fermaient boutique et rentraient chez eux.

« Vous êtes vraiment pareils, tous les deux, vous et Lucrécia. Vous remuez les mêmes souvenirs, les mêmes regrets, les mêmes sensations de perte depuis plus de trente ans. Vous vous faites du mal inutilement tous les deux, à trop vous faire de soucis comme ça. Au fond, vous n'avez jamais changé, l'un comme l'autre, après trente ans de souffrance et de solitude. Personne ne pense du mal de vous, Vincent. Pas plus que l'on ne pense de mal de Lucrécia. Kadaj non plus, il l'a même protégée contre un monstre d'Élion, dans la serre de combats. Il a même tendance à l'imaginer un peu comme sa propre mère. Je parie qu'il aimerait avoir un père aussi responsable que vous, plutôt qu'un fou comme Hojo ! Sephiroth aurait sûrement souhaité ça s'il avait su la vérité, lui aussi. Vous ne pouvez pas vous critiquer éternellement, Vincent. Vous n'êtes pas assez fort pour tout porter sur vos épaules. Contrairement à Cloud, vous n'avez jamais essayé de vous pardonner pour vos péchés… »

Vincent sentait les paroles de Telian l'accabler. Elle ne pouvait pas essayer de lui remonter le moral, au lieu de remuer le couteau dans la plaie ?

« On vous pardonne, nous. »

Vincent releva brusquement la tête. Pardon, qu'avait-elle dit ?

« Kadaj et moi vous avons pardonné depuis le jour où nous avons chacun rencontré Lucrécia et appris toute l'histoire du projet Jenova. Si vous n'arrivez pas à réparer vos fautes tout seul, alors nous vous aiderons, Vincent. C'est pour ça que Kadaj et moi nous battons contre nos propres démons. Pour devenir plus forts et ne plus jamais laisser Jenova, Hojo, la Shinra, Élion ou des monstres du même genre blesser des gens. C'est pour ça que nous nous battons, désormais. Et moi, je me battrai pour ce en quoi je crois, comme Gillian s'est battue pour moi. Elle m'a pardonné, mais j'ai mis du temps à le comprendre. Alors je me battrai aussi pour honorer sa mémoire, et pour ceux que j'aime. C'est ma façon de me pardonner. Et je me battrai pour que vous restiez en vie et puissiez un jour revoir Lucrécia. Je veux sentir mon âme jumelle heureuse. Quand tout sera fini, je ne veux pas partir en la laissant seule et perdue. Si vous ne croyez pas en votre force, croyez en moi et mes amis, Vincent. »

L'ex-Turk resta un moment immobile, l'air sonné. Jamais on ne lui avait parlé ainsi, en plus de trente ans. Soudain, quelque chose sembla se briser en lui. Non, pas totalement. La douleur du passé était toujours là, mais… elle n'était plus aussi solide qu'avant. Pour la première fois, Vincent avait envie d'oublier, de ressentir du bonheur. Comme autrefois, lorsqu'il n'était qu'un Turk, un humain comme tant d'autres, avec ses petits soucis, ses souvenirs, ses missions, ses collègues Turks, son ami Veld et Lucrécia, son amour secret.

Telian émit un soupir. Ses épaules s'affaissèrent, elle sentit son corps sur le point de lâcher. Beaucoup parler l'avait épuisée, elle n'était pas encore totalement remise des épreuves passées.

Deux bras puissants l'entourèrent. Elle sursauta. Vincent s'était assis sur le lit, et il la serrait dans ses bras !

« Je suis désolé, Telian », murmura le jeune homme.

L'adolescente eut un sourire gêné.

« Idiot. Je vous l'ai dit, vous n'avez pas à me demander pardon. »

« … Merci. »

Cette fois, Telian rit. Un rire doux, apaisé. Elle se blottit plus confortablement contre Vincent.

« Idiot. Vous n'avez pas à me remercier. »

Elle leva les yeux vers la fenêtre. Le coucher de soleil avait toujours été un beau spectacle à Edge. Mais ce soir-là, il lui paraissait splendide.

Elle s'endormit, bercée par la chaleur de Vincent. Lorsqu'elle s'endormit, il la déposa dans le lit puis sortit en silence de la chambre, un léger sourire aux lèvres.


Voili-voilou ! Qu'en pensez-vous ? Hum, que les fans de Vincent évitent de m'étrangler, ce serait sympa ! J'ai essayé de faire en sorte qu'on ne s'imagine pas que Telian et lui sont ensemble ! Ça va, le message passe, j'espère ?