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Chapitre 8 : Première journée

- Hermione !

La jeune femme eut à peine le temps de voir un éclair roux devant ses yeux avant de se retrouver dans les bras de Ginny qui l'étreignait.

- Ca faisait si longtemps… Je commençais à me demander si tu me faisais la tête.

Ginny Potter laissa son mari lui enlacer la taille tandis qu'elle scrutait le visage d'Hermione d'un air faussement inquisiteur. Enfin, elle fit un grand sourire quand sa meilleure amie lui répondit :

- Bien sûr que non ! Mais le travail… tu sais ce que c'est…

Hermione détailla Ginny. Elle était devenue une jolie femme à la chevelure de feu qui incendiait quiconque osait lui faire des avances. Mais cela arrivait assez peu car qui n'était pas au courant de son mariage avec le si célèbre Harry Potter ? Elle avait tout pour être heureuse. Un mari aimant, un travail qui la passionnait et une coquette maison à Godric's Hollow. Tout ? Il manquait simplement une chose à Ginny Potter : un enfant. Mais si Hermione en croyait le couple, cela ne devrait plus tellement tarder… Harry voulait un fils, un futur attrapeur à qui il pourrait offrir le plus beau balai qui serait sur le marché. En parlant de Quidditch, Ginny jouait maintenant au poste de Poursuiveuse chez les Harpies de Holyhead. Elle les invita à entrer par la véranda dans la nouvelle maison. Hermione était toujours admirative quand elle rendait visite chez les Potter. La pièce où elle venait d'entrer était petite et lumineuse, où une simple table en osier entourée de quatre chaises assorties étaient placés. Sur l'invitation de Mrs Potter, elle s'y installa en face du couple. La table était déjà mise.

- Alors Hermione, quoi de neuf ? demanda Ginny arrachant la jeune juge à ses pensées.

- Oh… Rien de vraiment de spécial, la routine quoi… Ah si, j'ai présidé au procès de Malefoy ce matin. Mais je suppose que Harry te l'a déjà dit.

- Oui, effectivement. Alors, le verdict ?

- Les charges ont été abandonnées, répondit son mari. Et Hermione n'a rien trouvé de mieux que d'embaucher Malefoy en tant qu'Auror.

- Harry…

- C'est vrai Hermione ?

- Oui, Ginny, mais…

- Il a changé au moins ?

Harry s'apprêta à répondre mais Hermione fut plus rapide et le devança :

- Oh oui, il a changé…

Ginny avait remarqué que Hermione avait quelque chose à lui dire en privé et elle interpella Harry, ce dont l'ex-Gryffondor lui fut reconnaissante.

- Harry, tu serais très gentil si tu pouvais finir le repas… J'ai passé la matinée à faire le ménage.

Il allait protester mais sa femme le fit taire du regard et il rejoignit la cuisine en traînant les pieds. La rousse se leva et ferma la porte vitrée d'un geste sec.

- Je crois que tu me dois des explications. En quoi Malefoy a-t-il changé ?

Et Hermione lui raconta tout, combien elle avait été folle au cimetière, comment Drago et elle avaient fait un marché, la mauvaise 'solution' de Malefoy et la décision finale. Elle ne l'interrompit pas une seule fois, et un silence régna dans la pièce ensoleillée quand Hermione eut fini.

- En fait, il n'a pas tellement changé… Mais il ne t'a rien fait de mal, il t'a même sauvé la vie. Fais attention à toi Hermione…

Il y eut un grand bruit de porte qui s'ouvre et Harry déposa sur la table une casserole remplie de pot-au-feu.

- Hmmm, ça m'a l'air délicieux !

- J'espère bien ! répondirent les deux Potter d'une même voix.

Et ils éclatèrent de rire. Hermione mit de côté le cas Malefoy, libérée d'un poids grâce à la discussion avec Ginny. Elle était bien, elle était avec ses amis devant un plat succulent. Elle aurait du mal à se soucier de quoi que ce soit ce midi-là.


Drago marcha à grands pas dans la rue de Traverse où il venait de transplaner. Il irait à la Licorne Dorée, un des meilleurs restaurants de l'avenue. Ca faisait du bien de sortir de temps en temps… Il offrit son visage à la légère brise qui passait par là et qui le décoiffa quelque peu au passage. Il s'approcha d'une prestigieuse enseigne dont les couleurs dominantes étaient l'or et l'argent. Comme Gryffondor et Serpentard pensa-t-il. Il entra et sans attendre qu'un serveur le place, il fit semblant de chercher quelqu'un et repéra une jolie femme brune. Il s'assit en face d'elle et la vit froncer les sourcils.

- Excusez-moi Mr… Il ne me semble pas vous connaître. Et… cette place est réservée pour mon fiancé.



- Toutes mes excuses Miss, je vous avais pris pour une autre. D'ailleurs, il semblerait qu'elle m'ait fait un faux bond. Encore toutes mes plus plates excuses.

Et tel un gentleman, il s'inclina légèrement devant elle et chercha du regard une autre demoiselle qui serait peut-être libre, elle. Non, il n'y avait que des hommes d'affaires, de riches familles et des couples qui se regardaient amoureusement. Mais quel idiot il était de venir ici, seul qui plus en est ! Il sortit avec l'air de l'amoureux déçu. Dans la rue, il décida de se contenter de manger au Chaudron Baveur. Personne ne lui poserait de question là-bas, au moins. Il ne savait pas à quoi il allait occuper son après-midi. Bah… il flânerait sur le Chemin de Traverse. Autant profiter de sa dernière journée de libre.


Hermione s'éveilla brutalement. Elle venait de faire un cauchemar. Elle était avec Malefoy dans une cage dont les barreaux étaient faits d'or fin. Ron, quant à lui, semblait gigantesque et regardait de l'extérieur, un sourire sadique sur les lèvres…Et la prison dorée rétrécissait inexorablement… Elle ne se souvenait plus de la fin. Tiens, aujourd'hui, première journée de travail avec Malefoy. Elle balaya la chambre du regard. Elle était meublée simplement, avec un lit trop grand pour une seule personne mais trop étroit pour deux en pin, une armoire du même bois près de la porte en face du lit. Pour compléter le mobilier, une bibliothèque s'étendait sur tout le mur opposé à l'armoire, à la droite du lit. Elle était petite, mais confortable. Hermione tira les rideaux cramoisis et songea à ce qu'elle avait décidé de demander à Malefoy. Il devait rendre visite à un récidiviste sorti de prison assez récemment, et une femme ne pouvait s'acquitter de cette tâche sans risque.

Elle monopolisa la salle de bain pendant une bonne demi-heure et en ressortit en robe simple, bleue marine brodée de fils argentés. Elle avait également dompté sa crinière en un chignon strict qui ne tenait pas sans aide magique. Elle ne se maquillait pas. Elle allait travailler, pas draguer, bon sang ! Elle se dirigea vers la cuisine exiguë et commença à préparer son petit déjeuner. L'appartement où elle vivait était de petite taille mais cela lui suffisait. Elle avait la hantise de vivre dans un endroit plus grand, bien qu'elle en eût les moyens. Cela lui donnerait une impression de vide, de manque. Elle préférait avoir l'impression d'étouffer. Pour pallier à ce manque de place, elle avait meublé et décoré le plus soigneusement possible sont coin douillet. La cuisine était chaleureuse avec ses meubles en pin, comme dans la chambre. Il y avait juste un réfrigérateur, un plan de travail surmonté d'un rangement pour assiettes. Et sur le mur du fond, se trouvait le magnifique buffet sculpté, sa fierté. Elle s'assit sur la table du milieu, toujours en bois. Il n'y avait qu'une seule chaise, la sienne. Elle ne supportait de manger avec un siège désespérément vide en face d'elle. Cela lui minait le moral. Quand Harry et Ginny venaient, elle les recevait dans le salon pour boire un apéritif, puis ils partaient au restaurant.

Enfin, après avoir vérifié qu'elle n'avait rien oublié, elle transplana dans l'atrium du ministère de la Magie et gagna son bureau après avoir salué quelques collègues. Huit heures moins le quart. Elle était en avance et pourrait commencer avant que Drago n'arrive. Il fallait qu'elle lui explique des détails par rapport à Dirk Harkiss. Elle prit l'ascenseur et rejoignit son bureau. Sa secrétaire n'était pas encore là, mais c'était normal. Elle commençait à neuf heures. Elle déverrouilla la porte de son propre bureau et se rendit directement dans l'armoire où elle classait soigneusement ses dossiers. Elle sortit celui qui l'intéressait et le déposa sur le bureau de Drago et se plongea dans son travail. Dix minutes plus tard, quelqu'un entra. C'était Drago.

- Bonjour, fit-elle sans lever le nez de son dossier, voilà du boulot pour toi sur ta table. Tous les détails sont dedans. Si tu as des questions avant de partir, dis-moi. D'accord ?


- Oui, je crois.

Drago était surpris de ce flot de paroles mais ne dit rien. Granger était comme ça. Il s'installa, posant au passage les pieds sur son bureau, et lut le dossier du criminel à visiter. Il ne put s'empêcher de sourire. Il imaginait mal Hermione y aller à sa place. Il avait visiblement un passé de délinquant sexuel assez chargé. Mais pourquoi les laissent-ils en liberté des gens comme ça ? Il avisa sa collègue du regard et lui demanda :

- Tu l'as déjà jugé ?

- Pas moi, dit-elle les dents serrées. Sinon, il serait toujours à Azkaban. C'est une vraie ordure.

- Bon, c'est bon, je dois y aller, vérifier qu'il ne fasse rien de suspect, et fouiller dans ses pensées au passage. C'est ça ?

Elle sembla réfléchir un court instant.

- Je suis sûre qu'il a recommencé. Tu as entendu parler de cette sorcière disparue avant-hier. Elle n'avait que dix-huit ans. Tire-lui les vers du nez. Sans violence bien sûr, c'est interdit.

- Pas même un peu ?

Elle sourit, visiblement amusée. Drago était prêt à parier que si ça n'était pas illégal, elle lui dirait : « Plus qu'un peu ! »

- Non, Malefoy. Et ce n'est pas l'envie qui me manque, crois-le bien !

Il sortit de la pièce et transplana. Apparemment, cet homme vivait à Londres, dans le vieux centre délabré. Il marcha très vite et frappa à la porte d'une maison sordide. Elle sentait le renfermé. Il n'avait pas eu l'occasion d'y habiter longtemps, étant donné ses séjours à Azkaban. Personne. Il fronça les sourcils, sortit sa baguette et entra précautionneusement dans la vieille demeure. Une odeur désagréable vint lui titiller les narines, mais il continua sa progression.



- Hominum revelio !

Rien ne se produisit. Il n'y avait personne ici. Il fut saisi d'un doute. Ce violeur n'avait pas le droit de quitter la maison. Hermione avait-elle raison ? Où était-il alors ? Il fallait tout de suite l aprévenir au ministère. Il tomba sur un morceau de parchemin.

Hermione Granger t'en veut. Tue-la.