Coucou !
Me voilà avec un nouveau chapitre, assez long...
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, ça me fait plaisir !!
Bonne lecture !
Chapitre 10 : Nouveaux périls
Hermione était partie pour Ste Mangouste peu après Drago, malgré ses protestations véhémentes. On l'avait transportée chez un Médicomage qui avait rapidement soigné sa blessure d'un coup de baguette et grâce à un onguent magique. Puis elle alla rendre visite à Drago qui devait rester en observation durant la nuit, pour laisser le temps à sa jambe de se réparer correctement. Arrivée devant la porte du service, elle toqua légèrement. Un grognement lui répondit, ce qu'elle traduisait comme une autorisation à rentrer. La lionne traversa la pièce d'un pas rapide et tira une chaise à côté du lit où Drago semblait bouder, ce qui la fit sourire.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as mal ?
- Non, justement ! Je n'ai pas que ça à faire, de rester allongé ici toute la journée !
- Mais il faut au moins attendre de voir comment ça va évoluer…
- Je n'ai plus rien, répondit-il en se renfrognant.
- Même si je fais ça ?
Elle appuya légèrement sur la jambe blessée.
- Aïe ! Mais tu es malade ?!
- Oh, désolée, je pensais que tu n'avais plus rien…
Elle ne put s'empêcher de sourire à nouveau.
- Bon ça va… Tu es venue juste pour me harceler ?
- Non, non…
Son ton redevint plus sérieux.
- Je voulais te remercier. Si tu n'étais pas arrivé à temps…
Elle frissonna à cette perspective pour le moins désagréable.
- Je n'allais tout de même pas te laisser entre ses pattes ! Je ne t'aime pas, mais il y a des limites à tout !
Hermione pâlit. Quelle idiote elle avait été de croire qu'il avait fait cela pour elle… C'était pourtant évident qu'il y avait d'autres motivations ! Mais la façon dont il lui avait nettoyé le visage… Quelle idiote ! Elle n'aurait pas dû croire qu'il l'appréciait, qu'il la considérait un peu comme une amie…
- Bon… Je vais… te laisser… Je voulais juste te dire…
Le visage déconfit de la jeune femme n'avait pas échappé à Drago. Quand elle s'était mise à balbutier, il avait compris. Il l'avait blessée. Etrangement, à cette idée, son cœur se serra. Sans réfléchir, il posa sa main sur celle d'Hermione et plongea ses yeux gris orage dans ceux chocolat et embués de larmes de sa patronne.
- Excuse-moi, dit-il à voix basse. Je n'aurais pas dû dire ça.
Elle renifla légèrement et essuya ses yeux. Puis se força à sourire.
- Au moins, tu as été sincère.
Elle quitta la petite chambre, comme un coup de vent.
Sa main était toujours posée là où se trouvait celle d'Hermione quelques instants plus tôt. Pourquoi était-elle sur le point de pleurer ? Après tout, il était de notoriété publique qu'ils se détestaient cordialement à Poudlard. Mais on n'était plus à Poudlard, et leurs relations avaient changés. Il avait été trop dur, certes, mais absolument pas sincère. Il s'en rendait compte à présent. Elle était devenue un peu comme une amie, et s'il la détestait vraiment, il n'aurait pas couru à sa recousse. Demain, il s'excuserait à nouveau, et tant pis pour sa fierté, c'était le prix à payer. De toute façon, il avait l'intime conviction qu'elle ne le crierait pas sous tous les toits.
Il prit le gobelet de potion violette sur sa table de nuit et la but avec une grimace. Ce n'était même pas de la potion de Sommeil sans Rêve ! Il s'endormit aussitôt, des yeux marrons et brillants de larmes en tête.
Son sommeil fut agité. Il rêva qu'il se trouvait en plein milieu d'une cérémonie de mariage, dans la peau de l'époux qui attendait sa promise. Elle arrivait, rayonnante dans sa robe fluide et blanche. Hermione. Dans son songe, il ne s'en étonnait même pas. Mais soudain, un homme s'était levé et avait pointé sa baguette sur la jeune femme qui ne s'en rendait même pas compte. Il marmonnait quelque chose, un flash vert, puis plus rien.
Drago se réveilla, en nage. Ce rêve paraissait si réel ! Et cet homme, cet assassin… Il le connaissait. Harkiss.
Hermione ressortit de la chambre de l'ex-Serpentard assez précipitamment, troublée. Elle ne pouvait décemment pas lui en vouloir. C'était elle qui s'était montrée faible… Elle avait été aimable avec lui, c'était pour cela qu'il agissait de même avec elle, rien de plus ! Et qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire, après tout ? Du moment qu'il ne se montrait pas désagréable… Une infirmière s'approcha, une jeune blonde à l'air professionnel.
- Votre fiancé va mieux ?
Hermione, surprise, mit deux secondes à répondre. Son « fiancé » ?
- Oui, oui, il boude encore un peu, c'est tout. Merci beaucoup.
Et elle s'éloigna pour transplaner. Harry voulait la voir tout de suite après sa visite à Ste Mangouste. En chemin, dans les couloirs d'un blanc immaculé, la jeune femme réfléchissait. Son « fiancé » ? Pourquoi cette infirmière lui avait-elle dit cela ? Soudain, son marché avec Drago lui revint en tête. Elle s'était fait passé pour sa petite-amie…
Puis, elle s'arrêta, frappée d'horreur. Harry… Elle avait oublié de le prévenir. Il devait être au courant à présent… Elle n'osait même pas penser à sa réaction. Sans réfléchir, elle se mit à courir jusque dans le hall où elle traversa la vitrine. Dans la rue, elle repéra un endroit vide de toute foule, et transplana au Ministère. A partir de l'atrium, elle rejoignit Harry qui était toujours à son poste, là où elle l'avait laissé une demi-heure plus tôt.
- Harry ! Je suis désolée… ce n'est pas ce que tu crois…
- Hermione ça va ? Pourquoi es-tu toute rouge ? Et de quoi ce n'est pas ce que je crois ?
Hermione était soulagée. Il ne savait pas. Pas encore. Elle reprit son souffle.
- Oui, ça va mieux. Et je suis rouge parce que j'ai couru. Pour la dernière question, inspecteur Harry, est-ce que je pourrais te voir en privé ?
Mr Laudator s'était approché d'eux sournoisement, par derrière.
- Ah Hermione ! Comment va la jambe de votre fiancé ?
- Harry, viens !
Il s'était figé en entendant le directeur du Département de Recherche des Anciens Mangemorts.
- Hermione…
- Harry, je t'expliquerai tout, mais viens !
Il la suivit, la dévisageant toujours, l'œil suspicieux. Les deux amis montèrent au bureau de Harry. Celui-ci s'installa, posa ses mains croisées sur le bureau et lança sans préambule.
- Tu me dois des explications, Hermione…
- Attend Harry, ce n'est pas ce que tu crois !
Il tiqua.
- Dois-je en déduire le sens de tes paroles en arrivant ?
- Ecoute, s'il te plaît. Mr Laudator m'a… eh bien… fait des avances, et Drago m'a proposé de me venger. J'ai accepté, dit-elle en relevant la tête avec défi. On fait croire qu'on est ensemble jusqu'à la fin de la semaine.
Les jointures de Harry avaient blanchi, lui-même était devenu blême.
- Rassure moi… Vous ne l'êtes pas vraiment ?
- Bien sûr que non, Harry !
- Je ne sais plus à quoi m'attendre avec toi en ce moment… Pourquoi n'es-tu pas venue me trouver.
Hermione baissa la tête, l'air faussement contrit. Elle ne pouvait pas lui dire la vérité, elle ne voulait pas lui parler de ce qui s'était passé au cimetière.
- Je n'y ai pas pensé. Autre chose, s'il te plaît, ne dis rien à personne !
- Et pourquoi ?
- Harry… Laisse-moi me débrouiller seule, je t'en prie.
Elle lui lança un regard implorant et ajouta :
- Cela ne durera que jusqu'à la fin de la semaine !
- Mais il se sert de toi là…
- Mais moi aussi je me sers de lui ! J'en ai plus qu'assez que des hommes me tournent autour ! Au moins, avec Drago, je peux faire semblant, et comme tu le sais, il est craint ! Personne n'osera s'opposer à lui, personne !
Elle s'était levée pendant sa tirade. Son ami était resté silencieux, les mains toujours jointes.
- C'est donc ça…
Il reprit, quelques secondes plus tard :
- Je ne dirai rien. Mais rassure-moi, vous n'avez rien fait ?
Hermione rosit.
- Euh… Je l'ai juste embrassé… Mr Laudator et lui allaient s'entretuer, je n'avais pas le choix !
Il avait pâli à nouveau mais n'ajouta rien sur ce sujet.
- Hermione, nous allons te faire suivre par deux Aurors qui seront ta garde rapprochée.
- Quoi ? Mais… Il n'en est pas question !
- Harkiss est dangereux et il t'en veut.
- Mais je ne suis pas faible !
- Je sais bien… Mais d'après ce que tu m'as raconté, il a failli te violer. Non ?
Elle resta silencieuse.
- Bien. Ils resteront discrets.
- Toi non plus, tu ne voulais pas te faire suivre, dit-elle à mi-voix dans un élan désespéré.
- Non en effet. Mais… J'ai peur pour toi.
- Bien sûr, toi tu avais juste Voldemort et ses Mangemorts à tes trousses, à côté d'Harkiss, c'est de la rigolade…
Il la scruta du regard et éclata de rire.
- Tu as raison. Mais je ne changerai pas d'avis.
Drago s'assit tant bien que mal sur le lit et regarda autour de lui pour laisser le temps aux battements de son cœur de se calmer. Soudain, son attention fut attirée par un morceau de parchemin posé en évidence sur sa table de nuit. Il n'était pas là tout à l'heure. Drago jeta un coup d'œil sur l'horloge en face du lit. Dix heures trente. Quelqu'un était-il passé pendant qu'il dormait ? Il attrapa la missive er son sang se glaça instantanément dans ses veines.
Ton père était Lucius Malefoy n'est-ce pas ?
La même écriture rouge et brouillon que sur le papier trouvé ce matin. Une menace également. Mais cette fois-ci ce papier lui était destinée et non pas à Harkiss. Qui avait bien pu écrire cela ? Pourtant, ce n'est pas ce qui l'inquiétait le plus. Non, c'était le « était ». A ce qu'il sache, Lucius Malefoy était toujours son père, non ? A moins que… Il ne voulut pas penser à cette éventualité. Il regarda les alentours, affolé. Comment sortir d'ici ? Il ne pouvait pas transplaner dans l'enceinte de l'hôpital, il ne voulait pas appeler une infirmière ; qui sait si Harkiss était toujours là, déguisé ?
Il y avait une autre possibilité, bien qu'il ne l'aie jamais expérimentée... Il chercha dans sa mémoire un souvenir heureux. Il n'y en avait pas beaucoup… Le moment où il avait été acquitté ? Il se concentra dessus et lança un sortilège informulé ; ce n'était pas le moment que quelqu'un l'entende… Mais il n'y eut qu'une brume argentée. Désespéré, il chercha à nouveau. Si celui-là ne marchait pas, il n'avait pas beaucoup d'espoir… Celui avait pardonné ? Il y avait peu de chance que cela fonctionne mais il se concentra à nouveau de toutes ses forces… Il fallait qu'il sorte d'ici… Un paon argenté s'échappa de sa baguette. Il lui transmit alors le message à apporter à Hermione et Potter… Puis, épuisé, il retomba allongé sur le lit.
Hermione fixa Harry quelques secondes, puis se leva brutalement.
- Très bien. Tu ne me fais pas confiance à ce que je vois.
- Hermione…
Elle sortit, et aussitôt, deux Aurors l'encadrèrent. Sans daigner leur accorder un regard, elle marcha à grands pas vers son bureau. A son grand soulagement, ils restèrent en faction devant la porte.
Elle sortit le dossier de Harkiss et le feuilleta dans l'espoir de trouver la trace de celui qui avait commandité sa mort. En vain. Elle se laissa retomber sur le siège. Qui pouvait bien lui en vouloir ? Elle avait envoyé quelques Mangemorts en prison, mais ils n'avaient plus de famille… Elle sortit l'ensemble de ses dossiers et chercha qui elle avait condamné. Mais alors qu'elle menait ses recherches, un Patronus fit irruption dans la pièce. C'était un paon majestueux. Il ouvrit son bec et déclara avec la voix de Drago : « J'ai un problème, venez me chercher tout de suite ! Cela a un rapport avec Harkiss. » Et il disparut.
Muette de stupeur, Hermione resta figée un moment dans son cabinet. Puis, elle se leva d'un bond et courut littéralement vers Harry qui venait d'atteindre le couloir, ses deux gardes derrière elle.
- Harry ! Drago a un problème. Il faut aller le chercher tout de suite !
- Comment ça ?
- Il vient de m'envoyer un Patronus ! Il est en danger !
- Malefoy ? Un Patronus ?
- Dépêche-toi s'il te plaît ! Cela concerne Harkiss.
Le jeune homme comprit alors. Il transplana avec Hermione vers Ste-Mangouste. Comme l'on ne pouvait pas entrer directement à l'intérieur du bâtiment, ils se retrouvèrent dans la rue, où personne ne semblait avoir remarqué les quatre jeunes gens qui venaient d'apparaître de nulle part. Harry se chargea de les faire entrer tandis qu'Hermione regardait autour d'elle dans un mouvement d'impatience. Quand ils purent enfin accéder dans la grande salle d'attente, elle se précipita vers les ascenseurs. Harry avait congédié les deux Aurors et la rejoignit. Quelques minutes plus tard, ils étaient parvenus devant la porte de la chambre de Drago.
- Drago ? Tu es là ?
- Oui, fit une voix où on pouvait percevoir le soulagement qui la perçait.
Ils entrèrent, Harry légèrement en retrait.
- Alors, il est où ton danger ? demanda d'un ton chargé d'ironie.
- Très drôle Potter. Hermione, regarde ça.
Elle saisit le parchemin et blêmit.
- Il faut l'emmener… Et mettre les Malefoy en sécurité !
- Quoi ? La famille au complet ?
- Regarde et juges-en par toi-même.
- C'est d'accord, fit-il une bonne minute plus tard.
