Me voici avec un nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira ;)

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Place au chapitre !


Chapitre 12 : La seule qu'il ait Aimée

- Tu plaisantes, j'espère ?

- Oui.

Il s'affala dans le canapé et lui lança un regard voilé de tristesse. C'était la première fois qu'Hermione le voyait comme ça.

Elle savait à présent pourquoi elle l'avait embrassé. C'était complètement idiot, mais c'était la vérité. Le seul et unique responsable se nommait Ron. Elle avait cru retrouver la chaleur de ses bras, découverte trop tard, et s'était donc laissé faire. Mais Drago Malefoy n'était pas Ron Weasley, loin de là.

- Va te changer.

La voix du jeune blond la tira de ses pensées.

- Quoi ?

- Enlève cette robe et va mettre autre chose.

- Et pourquoi ?

Elle était outrée. De quel droit osait-il…?

- S'il te plaît.

Son ton était devenu presque suppliant. Intriguée, Hermione s'installa à côté de lui. Un masque de profonde mélancolie venait de prendre possession de ses traits, mais elle resta ferme.

- Je le ferais si tu me donnes une bonne raison.

- C'est à cause de cette robe que je t'ai embrassée.

- Quoi ?!

Hermione n'en revenait pas. Comment la couleur d'un vêtement pouvait-elle influencer quelqu'un ? Il mentait, ce n'était pas possible autrement. Pourtant, il soupira :

- Oui… Enlève-la et c'est tout !

Elle ne bougea pas d'un pouce.

- C'est si compliqué ? Je t'expliquerai après.

- Promis ?

- Promis, acheva-t-il d'une voix énervée.

Hermione regagna la chambre de Drago, les pensées se bousculant dans sa tête. Une fois devant ses habits, elle opta pour une robe d'été droite et rouge cramoisie. Il ne pourrait pas se plaindre cette fois ! Elle mit un collier avec, une chaînette en or agrémentée d'un pendentif en forme de lion. Satisfaite, elle retourna s'asseoir.

- Alors ?

- Alors quoi ? fit-il, excédé.

Elle ne se démonta et lui annonça d'une voix impassible. Les rôles s'inversaient : le froid Drago Malefoy s'échaudait tandis que la flamboyante Hermione Granger créait un masque de glace.

- Je suis tout ouïe.

- Ce n'est pas important.

Le jeune Malefoy semblait avoir repris la légendaire contenance qui seyait à son rang.

- On est coincés ici jusqu'à demain au minimum. J'ai le temps.

- Tu es têtue, tu le sais ?

Hermione ne voulait pas lâcher l'affaire et ignora superbement la remarque. Elle se cala dans le fauteuil et ne quitta pas Drago des yeux, sans un mot. Ceci eut pour effet de le faire soupirer de plus belle.

- Très bien. La tenue que tu portais tout à l'heure est exactement la même que celle qu'Artémia mettait à chacun de nos rendez-vous.

- Qui est Artémia ? demanda la jeune brune, comme si elle était au tribunal.

- Une Sang-Pur que j'ai rencontré il y a trois ans.

- Raconte, s'il te plaît.

- Je n'en ai pas envie.

- Elle est morte, reprit-elle à mi-voix.

- Non. Mariée.

- Oh, désolée.

Ils restèrent ainsi silencieux. Donc, il avait aimé une femme ? Malefoy ? Etait-ce pour cela qu'il avait cet éclat dans les yeux au moment où elle était arrivée dans cette robe ? Sûrement. Elle fouilla la pièce du regard. S'il l'avait aimée, il devait avoir sa photo chez lui. L'endroit le plus logique serait la chambre. Elle regarderait ce soir.

- Je… Je vais préparer de quoi manger ?

- Pas la peine. TANIA !

La jeune femme sursauta, croyant voir quelqu'un arriver, certainement sa dernière conquête. Mais ce fut un petit elfe de maison aux yeux violets globuleux qui apparut. Sa taie d'oreiller, qui faisait office de vêtement, paraissait propre, ce qui changeait de celle de Winky dans les cuisines de Poudlard. En pensant à elle, Hermione eut un pincement au cœur. Elle prendrait de ses nouvelles auprès du professeur McGonagall qui devait bientôt partir à la retraite, mais qui occupait le poste de directeur de Poudlard pour l'instant.

- Le maître a appelé Tania ?

- Oui, prépare-nous un repas.

- S'il te plaît Tania, ajouta l'ex-Gryffondor en lançant un regard lourd de reproche à Drago.

- Ooooh vous êtes Miss Granger ? Dobby a beaucoup parlé de Miss à Tania, Miss ! Tania est honorée de vous rencontrer, Miss !

Le petit être s'inclina profondément et disparut dans un léger « pop ».

- Tu connais Dobby ? demanda Drago, stupéfait à l'évidence.

- Il connaissait Harry et c'est comme ça que je l'ai rencontré.

Elle devait rester assez vague, ce n'était pas le moment de se lancer dans chacune de ses rencontres avec Dobby, qui provoqueraient sans doute des disputes au sujet de Harry.

- Et comment oses-tu t'adresser à Tania de cette sorte ?

- Ne change pas de sujet. Je me souviens de l'avoir vu quand vous êtes venus au Manoir.

- Et que ta chère tante m'a torturée ?

- Oui, et elle lui avait envoyé un poignard dans le dos, si ma mémoire est bonne… Comment va-t-il ?

- Mort. A cause de cette garce.

- M…Mort ? Lui qui avait enduré toutes les punitions de mon père ?

- Tu l'appréciais ?

- Pas vraiment, mais bon… Je le connaissais depuis que j'étais tout petit.


Drago était chamboulé. Dobby ? Il ne pouvait pas le croire. Il poussa un profond soupir. Cette fille revenait avec tous ses souvenirs. D'abord Artémia, puis Dobby. Artémia… Il n'avait pas voulu accepter que c'était sa robe, trouver des raisons qui pourraient expliquer son bouleversement, quitte à dire qu'Hermione était attirante… Mais cela n'avait pas marché, il avait craqué. Il avait dû admettre en son for intérieur que tout cela n'avait rien à voir avec la jeune fille à ses côtés, mais avec la femme qu'il essayait si désespérément d'oublier depuis trois ans. Elle n'avait pas fini de le hanter… Surtout qu'elle ressemblait un peu à Hermione… Ne plus y penser, ne plus y penser.

Un nouveau « pop » se fit entendre dans le salon. Son elfe était revenu, chargée d'un plat qui exhalait un délicieux fumet de rôti de porc aux petits pois.

Il se leva et se dirigea vers la grande table, déjà dressée grâce aux bons soins de Tania.

- Merci, entendit-il Hermione s'adresser à son elfe.

Agacé, il s'installa et attendit qu'Hermione prenne place face à lui.

- Tu la payes combien ?

Ne voyant pas de qui elle parlait, il lui demanda de préciser.

- Tania, bien entendu. Qui d'autre ?

Drago était ébahi. Lui, payer son elfe ? Elle avait dû avoir des séquelles de son agression ou…

- Hermione ? Tu vas bien ? Tania n'a pas mis quelque chose de douteux dans ton verre ?

- Arrête de te moquer de moi ! C'est tout à fait légitime qu'elle soit récompensée pour le fruit de son travail !

Il ne put s'empêcher d'éclater de rire, ce que la jeune femme prit pour un affront. Elle se leva brusquement, ce que la jeune femme prit pour un affront. Elle se leva brusquement et quitta la pièce. Qu'est-ce qui lui prenait ? C'est elle qui n'arrêtait pas de l'amener sur des sujets qui la fâchent ! Où pouvait-elle bien aller ? C'était chez lui ici. Et si elle voyait… Non, c'était impossible, il devait l'arrêter avant. Il se leva à sa suite.


Hermione bouillonnait de rage. Ce n'était qu'un esclavagiste de la pire espèce ! Pas un seul mot poli envers son elfe, pas un seul ! Et avec ça, il lui riait au nez ! Pourtant, elle se sentait un peu bête dans ce couloir vide. Il n'y avait pas une bibliothèque ici ? Mais à peine avait-elle posé la main sur la poignée dorée que Drago débarqua dans le petit corridor éclairé de chandelles.

Comme une gamine prise en faute, elle cacha ses mains derrière son dos, mais trop tard. Il l'avait vue. Cependant, il ne parut pas fâché, plutôt soulagé même.

- Je comprends pourquoi tu ne voulais pas rester à table.

Elle leva un sourcil interrogateur. Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ?

Comme pour répondre à sa question silencieuse, il saisit la poignée qu'elle avait délaissée en hâte et ouvrit grand la porte. Ce qu'elle vit lui coupa le souffle. Devant elle s'étendaient des étagères garnies de livres. La pièce n'était pourtant pas immense, mais les murs étaient tapissés de bouquins et au centre, on trouvait une table avec quatre chaises entourée d'une seconde rangée d'étagères. Elles étaient disposées de façon esthétique et Hermione eut l'impression de pénétrer dans un sanctuaire.

- Je… Je ne savais pas que tu aimais lire.

- La plupart étaient au précédent propriétaire de l'appartement. La seconde rangée que tu vois au milieu sont les miens.

Elle contempla l'endroit une bonne minute encore.

- Un repas nous attend, je te rappelle.

- Je suis désolée d'être partie si brusquement… C'est de ma faute, je n'aurais pas dû parler de ça, vu ton éducation. Mais je ne lâcherai pas l'affaire, sois-en certain, ajouta-t-elle.

Il se contenta de lever les yeux au ciel et ils retournèrent manger.

Ils passèrent l'après-midi dans la bibliothèque, pendant lequel ils débattirent pour savoir si Mr Laudator était ou non coupable. Drago en restait persuadé, tandis qu'Hermione réservait son jugement. Ensuite, la jeune femme tenta de convaincre le dernier des Malefoy de payer Tania, documents à l'appui ; mais ses efforts n'aboutirent pas à grand-chose, Drago ayant appelé ledit elfe qui assura à Miss Granger que « Tania était très heureuse comme ça ». A dix heures du soir, ils décidèrent d'aller se coucher.

Lorsqu'elle pénétra dans la chambre, elle tenta d'apercevoir une photo de la jeune femme dont ils avaient parlé le matin même, en vain. La pièce semblait étrangement impersonnelle, impeccable. Pas de tableau sur le mur, ni d'effet personnel sur la table de chevet. Etrange. Elle retira son peignoir et se glissa dans son lit, habillée pour la nuit d'un vieux T-Shirt de Ron qu'elle affectionnait particulièrement, et d'un short en soie. Drago entra à son tour, vêtu seulement d'un pantalon de jogging propre et fraîchement repassé. Il jeta quelques sorts sur la porte, qu'elle devina être de protection, et attendit qu'il éteigne la bougie qu'il avait apportée avant de sombrer dans le sommeil.

Hermione eut une nuit agitée durant laquelle elle rêva à nouveau de Ron, le même qu'elle avait fait la veille, où celui-ci les observait dans une cage aux barreaux dorés. Il lui paraissait encore plus réel, et lorsqu'elle se réveilla en nage à trois heures du matin, Drago avait allumé la bougie et l'observait, d'un étrange regard calculateur. Elle se rendit compte qu'elle avait hurlé et marmonna un vague « Désolée, mauvais rêve » avant de se rendormir.


Drago se réveilla enfin à huit heures. Il s'étira longuement sous ses draps et un regard sur le côté lui apprit qu'Hermione était déjà sortie de la chambre. D'un coup de jambe, il se dégagea de ses couvertures et se frotta une dernière fois les yeux avant de se décider à se lever. Il boutonna une chemise à la va-vite et alla dans la cuisine où se trouvait déjà sa colocataire du jour. Les coudes posés sur la table blanche, les yeux clos, les mains sur son front, on aurait dit qu'elle essayait de rattraper le peu de sommeil de cette nuit. Il l'avait entendu crier à plusieurs reprises le nom de son ancien amour, Weasley, et même une fois, elle avait hurlé : « Non… Non… Ron… Drago… Non… Laissez-moi sortir ! ». Il se demandait bien de quoi elle avait pu rêver.

- Bonjour, dit-elle sans changer de posture.

- Salut. Mauvaise nuit ?

Il eut pour seule réponse un grognement affirmatif.

- De quoi…

Il fut interrompu par un hibou moyen-duc qui s'engouffra par la fenêtre. Le journal. Il déposa les sept noises qu'il devait dans la bourse accrochée à la patte du volatile et déplia le quotidien. Il faillit s'étrangler en lisant la Une.

ENCORE UN VIOL DOUBLE D'UN MEURTRE : UNE SANG-PUR DE LA HAUTE SOCIETE VICTIME

Il eut à peine le temps de lire la première phrase, qu'il explosa de fureur.

Hier soir, à dix-neuf heures, alors qu'Artémia Gamp se rendait à une soirée…