Coucou à tous !
Voici le chapitre 13 tout en dialogues où on en apprend un peu plus sur Artémia et avec une nouvelle à la fin du chapitre...
J'ai été un peu déçue du peu de reviews laissées à la fin du dernier chapitre... :'(
Pourtant, je comptabilise près de 200 lectures de ce chapitre 12... Un accès de flemme ?
Ce n'est pas très grave, mais ça me démotive un peu... Heureusement que j'en ai eu un peu plus sur un autre site, ce qui fait que j'ai eu le courage de le poster quand même ! :D
Bisous, bonne lecture !
Chapitre 13 : La garce et l'idiot
Hermione sursauta, tirée de sa torpeur léthargique par le cri de rage de Drago. Il faisait vraiment peur comme ça, avec ses yeux écarquillés, tel un fou furieux, et tout son corps était extrêmement tendu. Devant lui, sur la table, se trouvait l'exemplaire du jour de la Gazette du Sorcier. Sans réfléchir, elle saisit le journal, le retourna devant elle et se précipita vers le jeune homme qui donnait à présent des coups de poing dans le mur.
- Drago, arrête, je t'en supplie, arrête !
Elle lui tira sur le bras, mais il était bien trop fort pour elle.
- Il l'a tuée ! beugla-t-il. Ce… Ce… Harkiss ! Il l'a touchée et il l'a tuée !
- Qu… Qui ? demanda la jeune femme, horrifiée.
Sans un mot, il désigna la Gazette et s'écroula sur sa chaise, les yeux dans le vague et remplis de haine.
Encore tremblante, Hermione attrapa le quotidien et lut le titre. En étouffant une exclamation, elle détailla la photo qui accompagnait l'article. Elle représentait une jolie femme aux longs cheveux bruns bouclés. Ses yeux étaient foncés, bien qu'elle ne puisse en voir la couleur car la photo était en noir et blanc. Elle avait un petit nez droit et fin et des lèvres légèrement charnues. Ainsi c'était elle… Artémia. Elle parcourut l'article en diagonale. Une nouvelle victime à ajouter au tableau de chasse de Harkiss apparemment. En effet, c'était le même mode opératoire que ce sombre assassin qui avait failli l'avoir elle aussi la veille. A ce souvenir, elle frissonna de dégoût.
- Drago… Je suis désolée.
Il secouait la tête comme pour se persuader que tout cela n'était qu'un horrible cauchemar. Un silence de mort s'installa dans la cuisine.
Gênée, Hermione reporta son attention sur la photo. Une impression de déjà-vu taraudait son esprit sans qu'elle ne puisse saisir pourquoi. Les traits de cette femme disparue trop tôt lui faisaient penser à quelqu'un. Mais qui ?
- Drago ? Est-ce que tu veux en parler ?
Le concerné ne répondit pas tout de suite. Hermione se mordit la lèvre inférieure, consciente que ce n'était pas ses affaires, et qu'elle aurait mieux fait de se taire.
- Je l'ai rencontrée à un gala pour les gens de la haute-société, il y a trois ans…
La Haute-Société… Les Sangs-Pur bien entendu. Normalement, ce terme était banni, mais c'était sans compter ceux qui étaient nés avec une cuillère d'argent dans la bouche…
- … et c'est là que je l'ai vue dans cette robe verte, toute simple. Au début, je la méprisais un peu de venir habillée ainsi, comme n'importe quelle fille venue…
N'importe quelle fille venue ? Ah donc, il la considérait, elle, comme n'importe quelle fille venue ? En inspirant profondément, elle se tut. Ce n'était pas le moment.
- … mais elle était… envoûtante. Il n'y a pas d'autre mot. Elle n'était pas encore mariée à l'époque et j'avais bon espoir en l'invitant dîner.
Envoûtante ? C'est-à-dire ? Mais elle ne l'interrompit pas, consciente qu'il ne parlerait plus après ça.
- Au premier rendez-vous, elle était arrivée toujours dans la même tenue où je l'ai rencontrée, comme à tous les autres entrevues d'ailleurs. Mais aucun moyen de la séduire. Elle semblait intouchable. Et il y a eu plusieurs sorties comme ça, et il ne se passait rien, pourtant ce n'était pas faute d'avoir essayé ! Finalement, je m'impatientais, cette fille m'obsédait, elle me rendait fou…
Tiens, tiens… Un Malefoy qui n'a pas ce qu'il veut ? Effectivement, c'était assez rare !
- … et j'ai craqué. Je me suis rendu chez elle avec une bague de fiançailles et une rose rouge. Là j'ai frappé à la porte et… et…
La voix de Drago se brisa.
- C'est un homme qui a ouvert la porte. Au début, je me suis dit que c'était peut-être son frère, son cousin ou je ne sais qui d'autre, mais lorsqu'elle l'a appelé : « Mon amour ? Qui est-ce ? » j'ai compris. Elle s'est figée en me voyant. Je ne savais pas comment réagir. J'ai opté pour la froideur et lui ai simplement dit : « Tu en mènes combien en bateau comme ça ? Tu me déçois Artémia, je pensais que tu valais mieux que ça. » J'ai lancé la rose, que j'avais déchirée au préalable, en même temps que mon cœur se explosait, et je suis parti.
Un second silence gênant s'imposa. Donc Drago n'était pas vraiment amoureux… Il était plus frustré de n'avoir pu obtenir ce qu'il voulait. Apparemment, cette Artémia s'était bien jouée de lui ! Il y a six ans, elle aurait absolument voulu la féliciter pour cette leçon bien méritée. Mais aujourd'hui, elle avait pitié de l'homme en face d'elle.
- Et ce n'est pas tout, reprit Drago. Le lendemain, elle m'a envoyé une carte avec simplement inscrit : « Je t'aime. ». Une heure plus tard, elle s'est mariée.
Hermione ne sut plus quoi dire, quoi penser. Avait-elle été sincère ou cherchait-elle simplement à enfoncer davantage Drago dans son incertitude ? A présent, elle était morte. Pourquoi ? Harkiss avait-il visé au hasard ou savait-il que Drago la convoitait et cherchait-il ainsi à l'affaiblir ? Tant de questions sans réponse tourbillonnaient dans sa tête endolorie par le manque de sommeil. Elle se frotta vigoureusement le front comme pour faire partir la douleur.
Drago était furieux contre lui-même. Ah, ils étaient bien beaux ainsi, la Miss-Je-Sais-Tout sans peur ni reproche et le Serpentard le plus insensible de Poudlard à se morfondre dans une cuisine à cause d'un idiot et d'une garce !
Weasley s'était peut-être montré courageux dans ses dernières secondes, mais il n'en restait pas moins un idiot. S'il ne l'avait pas frappé cette nuit-là, il n'aurait pas crié, et Travers n'aurait jamais su qu'ils étaient là. Mais Hermione serait-elle là en face de lui ? Sûrement pas. La jalousie maladive du dernier fils Weasley l'en aurait certainement empêchée, et il se serait retrouvé seul au monde. Enfin… Façon de parler. N'empêche, il aurait eu du mal à redorer le blason familial !
Et Artémia… Une garce. Même s'il la voulait. Elle s'était jouée de lui depuis le début et l'avait bien eu. Pourtant, que lui avait-il fait pour mériter cela ? Elle n'avait jamais été à Poudlard ! Mais, tout espoir n'était pas perdu. Il aurait attendu tranquillement qu'elle divorce ou que son mari meure, et là… Elle n'aurait pas pu lui filer entre les doigts une seconde fois, foi de Malefoy ! En attendant, il l'aurait oubliée comme il l'avait oublié avant qu'Hermione ne se mette dans l'idée de porter la même robe, celle qui l'avait marqué ! Aujourd'hui, c'était fini. Elle était morte.
D'ailleurs, il ne savait pas ce qui lui avait pris de tout raconter à Hermione mais cela lui avait fait du bien, c'était indéniable. Après tout, qu'est-ce que cela pouvait-il bien lui faire ? Elle était morte. Point. A cause de ce Harkiss. Ce qui lui avait fait le plus mal dans son orgueil, c'était le fait qu'il ait obtenu d'elle ce qu'il n'avait jamais pu avoir.
Il redressa la tête. Hermione était en train de se marteler le front, ce qui lui fit repenser aux cris qu'il avait entendu cette nuit.
- Hermione ?
- Hum ? fit la concernée, se massant à présent les tempes.
- Je t'ai entendue cette nuit… Tu as fait un cauchemar ?
- Oui.
Pas très bavarde ce matin… Après tout, qui le serait après une nuit blanche ?
- De quoi as-tu rêvé, si je puis me permettre ?
Elle sembla hésiter un instant.
- Oh, c'était juste un mauvais rêve, rien de…
- Tu as hurlé le nom de Weasley…
- Comme toutes les nuits. Faudra t'y faire, désolée.
- Et en plus, à un moment, tu as dit : « Non… Non… Ron… Drago… Non… Laissez-moi sortir ! », ajouta-t-il comme si elle ne l'avait pas interrompu avec une parfaite imitation de la voix de Hermione.
- Je parlerai devant un café, dit-elle avec autant de conviction que si elle avait demandé un avocat.
Drago esquissa un sourire amusé. Etrange comme dans les pires situations, on peut rire de n'importe quoi ! Il appela Tania et lui fit part de la requête d'Hermione. Celle-ci ne parut même pas s'indigner, tellement elle semblait lasse. Tant mieux. Il n'était pas d'humeur à débattre sur les droits des elfes de maison…
Lorsqu'ils furent tous les deux attablés devant une tasse fumante, elle raconta :
- Eh bien… Cela pourra te paraître idiot, et ça l'est, je sais. En fait, je rêvais que nous étions dans une cage…
- Qui ça nous ?
- Ben… Nous deux !
Je manquais de m'étouffer. Elle avait rêvé de moi ? Avec elle ? Dans une cage ? Elle était devenue toute rouge, donc je lui fis signe de continuer.
- Nous étions donc dans une cage dont les barreaux étaient faits d'or fin. Et… à l'extérieur, il y avait Ron. Ron qui semblait gigantesque de telle sorte qu'il avait la taille d'un humain par rapport à nous, petits comme des moineaux. Il nous regardait, et le pire c'est que… c'est qu'il riait comme un sadique. Pendant ce temps-là, je sentais la cage rétrécir… rétrécir… A ce moment-là, je me suis réveillée.
- La cage rétrécissait ? Nous aussi ou…
Il ne put finir sa phrase. Il avait un horrible pressentiment.
- Non, non… Pas nous. Juste la cage.
Drago se leva et fit les cent pas dans la pièce.
- C'est très intéressant… En fait, ça nous représente maintenant. D'abord, la photo de Weasley au-dessus de ton lit l'a certainement fait paraître gigantesque.
- Non, j'avais déjà fait ce rêve avant.
- Eh bien c'était prémonitoire. Et nous voici enfermés ici, comme dans une prison dorée. Mon appartement respire le luxe, après tout !
- Quelle modestie…
- Non, mais franchement, c'est vrai ! Et maintenant, ça commence à nous peser, d'où le rétrécissement de la cage.
Hermione paraissait sceptique, ce qui l'agaça au plus haut point.
- Vas-y donc, Miss-Je-Sais-Tout, tu as quelque chose à proposer ?
Miss-Je-Sais-Tout ? Il reprenait les vieilles habitudes… Elle fit mine de se concentrer intensément et proposa d'une voix volontairement hésitante, la même qu'avait utilisée Harry huit ans auparavant pendant le cours de Ombrage :
- Eh bien… Je ne sais pas… C'était peut-être tout bêtement… un rêve ?
Cela eut l'effet escompté et Drago leva les yeux au ciel. Je renchéris :
- Tu te prends pour Trelawney peut-être ? Dans ce cas, je préfère mille fois être une Miss-Je-Sais-Tout !
Ils s'affrontèrent du regard et aucun des deux ne voulut le baisser. Hermione commençait à sentir des picotements dans ses yeux mais tint bon. Cela dura une bonne minute avant que la jeune femme brise le silence sans lâcher pour autant les prunelles de son interlocuteur.
- Je sais que j'ai des beaux yeux, Drago. Mais peut-être n'est-ce pas le moment ? Je suis désolée de m'être emportée.
Il ne répondit pas et la fixa toujours aussi durement. Qu'est-ce qu'il était susceptible ! Rien ne semblait plus le perturber. A elle de le secouer. Mais comment ? Une idée naquit dans son cerveau maintenant réveillé par sa confrontation au blond. C'était machiavélique, indigne d'une Gryffondor comme elle, mais l'insulte l'avait vraiment mise hors d'elle. Elle se hissa au-dessus de la table avec les coudes et approcha de plus en plus son visage…
- Je savais que tu ne pouvais pas me résister, Hermione.
Furieuse que son plan ait échoué, mais également furieuse de s'être comportée comme une gamine, elle lui rétorqua :
- Dans tes rêves !
Ce qui eut pour seul effet d'amuser encore plus le jeune homme.
- Bien sûr… C'est le cas de dire ! D'ailleurs… Pourquoi est-ce que tu ne me crois pas ?
- Je ne crois pas aux prédictions de l'avenir !
- Elles peuvent se révéler vraies…
Hermione se mordit à nouveau la lèvre. La prophétie entre Harry et Voldemort s'était bel et bien réalisée… Mais non ! C'était juste un indicateur, qui a influencé le futur, rien de plus !
- Non ! Elles ne font que de nous influencer !
- Tu es bien terre-à-terre, Hermione…
- Je crois seulement en ce que je vois.
- C'est bien ce que je disais. Tu n'as pas rêvé de Harkiss ?
- Non.
- Très bien, tu es butée, ma parole !
- Réaliste et lucide, tout simplement.
Elle arbora un sourire triomphant. Le regard de Drago dévia sur la Gazette et il se refit glacial.
- Je vais tuer Laudator… Je suis sûr qu'il a enquêté sur mon passé !
- Voyons Drago, comment en aurait-il eu le temps ? De hier matin à hier soir... c'est limite !
- C'est ça, défends-le !
- Comment oses-tu ? Comment oses-tu ?
Hermione se leva.
- Hermione… Regarde la vérité en face… Toutes les preuves sont contre lui !
- Et dire que c'est moi la butée…
Il allait protester lorsqu'une chouette se posa sur la table. Hermione reconnut Vénus, celle de Harry et s'empressa de détacher le courrier de sa patte.
- C'est Harry !
Mais elle blêmit en lisant le contenu.
- Encore… ?
Sans un mot, elle le donna à Drago et le message tournoyait dans sa tête comme une litanie sans fin.
Mr Laudator est mort. J'arrive tout de suite, ne sortez pas de l'appartement.
- Tu disais, Drago ? eut-elle la force de demander.
