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Chapitre un peu plus macabre, un peu comme dans les séries policières… ;)


Chapitre 15 : Faux-semblants


- Hermione ? Disparue ? Qu'est-ce que tu as encore fait Malefoy ?

- Les mea culpa seront pour plus tard ! Retrouvons-la, bon sang !

Drago avait attrapé Potter par les épaules et le secouait comme un prunier. Aussitôt, deux Aurors vinrent à la rescousse de leur chef et maîtrisèrent le jeune blond.

- Montons, intima Potter.

- Mais elle n'est pas là-haut !

Le directeur du Bureau des Aurors ne répondit pas et commença à grimper les marches le plus rapidement possible, suivi de près par Drago. Celui-ci était en proie à de douloureuses pensées.

C'était de sa faute. Entièrement de sa faute. S'il avait verrouillé la porte, ce ne serait pas arrivé. Mais pourquoi l'avait-elle ouverte au fait ? Elle avait parlé d'un balai…

Une fois de retour chez lui, les trois Aurors qui les avaient accompagnés fouillèrent l'appartement. Saisi d'une peur irraisonnée, il accourut vers la pièce où il avait laissé libre court à sa rage et murmura :

- Evanesco.

Il ne restait plus rien à présent. Cela ne pourrait pas faire avancer l'enquête de toute façon, et pas question que Potter le sache. Mais pour le balai… Il devrait peut-être lui dire. En sept ans avec lui à Poudlard, il a bien dû connaître ce comportement ou quoi que ce soit.

- Hum… Potter ? La dernière fois que j'ai vu Hermione, elle a eu… une sorte de révélation. Elle a dit « Mais oui, le balai ! » ou quelque chose de ce genre.

- Un balai ?

Cela sembla l'intriguer. Il n'était pas le seul… Elle ne pourrait pas être plus claire quand elle savait des choses importantes ? Mais peut-être comptait-elle lui expliquer juste après ? Soudain, un éclair de compréhension traversa les yeux verts de Celui-Qui-A-Vaincu.

- Est-ce que tu as une bibliothèque ici, Malefoy ?

Une bibliothèque ? Mais pourquoi ? Il eut à son tour un flash de lucidité. Voilà pourquoi elle était entrée dans la pièce d'Artémia ! C'était une erreur ! Cependant un doute subsistait.

- Mais pourquoi la bibliothèque ? Elle m'aurait peut-être expliqué avant !

- Ca se voit que tu ne connais pas Hermione ! Dés qu'elle a un doute, elle fonce à la bibliothèque et elle nous raconte après ce qu'elle a trouvé.

En fait, ce n'était pas surprenant de sa part… Miss-Je-Sais-Tout voulait vérifier qu'elle avait raison avant de tenter quoique ce soit ! Miss-Je-Sais-Tout… Ce n'était même plus une insulte dans sa bouche, plutôt de la nostalgie. Après tout, c'était un avantage d'être aussi intelligente…

Mais quel rapport avec le balai ? Balai… Doute… Bibliothèque… Et après ? De quel autre élément disposait-il ? Baie vitrée ouverte ! Le puzzle se remit en place dans son cerveau.

- Je sais comment Hermione a été enlevée. Vous ne trouverez rien chez moi. Essayez plutôt le balcon.

Cela l'agaçait prodigieusement de voir les Aurors fouiller ses tiroirs comme si Hermione allait surgir de l'un d'eux en criant « Surprise ! ».

- Développe.

- Minute. La porte-fenêtre donnant sur le balcon était ouverte quand je suis revenu dans le séjour, alors que nous l'avions refermée un instant plus tôt.

- Tu n'étais pas avec elle ?

- Non, dans une pièce à côté, Hermione était retournée dans le séjour. Un… hum… incident l'a fait oublié la bibliothèque.

- Quel genre d'incident a pu la bouleverser au point qu'elle en oublie ses livres ?

- Cela ne te concerne pas, et puis de toute façon, ça n'a rien à voir avec l'enquête.

- J'en jugerai.

- Non Potter.

Ainsi cette pièce l'avait bouleversée ? Bouleversée qu'il y ait autant de photos d'Artémia ?

- Et donc, termina-t-il pour couper court à la conversation, quand je suis revenu, elle n'était plus là. Apparemment le kidnappeur était entré en balai, d'où l' « illumination » d'Hermione.

- Possible.

Mais bien sûr que c'était ça ! Pourquoi fallait-il qu'il reste sceptique ? Il s'attendait à quoi ? A ce que Drago lui avoue que c'était lui qui l'avait tuée et cachée dans son placard ou quoi ?!

Il se contint tout de même à grand-peine. Ce n'était pas ainsi qu'ils allaient la retrouver !

- Potter, grinça-t-il. Le temps presse.

L'interpellé allait rétorquer lorsque l'un des Aurors vint montrer sa trouvaille.

- Patron… Nous avons trouvé ça dans la table de nuit.

C'était un vieux parchemin, vieux de trois ans, où était inscrit en rouge sang « Je t'aime. ».

- C'est à moi !

- Non, Malefoy. Comparez les écritures et l'encre avec les autres menaces reçues, ajouta Potter à l'attention du jeune Auror.

Puis se retournant vers Drago, il lui demanda :

- Qui a écrit cela ?

L'ex-Serpentard était en état de choc. Artémia, l'auteur de ces mots ? Impossible ! En plus, elle n'était plus de ce monde. Mais avait-elle réellement écrit ce billet le jour de son mariage ? Ou était-ce peut-être son mari pour le narguer ?

- Il est… censé venir d'Artémia Gamp.


Hermione se réveilla avec difficulté. Sa tête la faisait souffrir, et tous ses membres l'élançaient douloureusement. Elle tenta de bouger ses bras mais ils semblaient attachés au-dessus de sa tête, croisés au niveau des poignets. Idem pour les jambes de l'autre côté de l'espèce de table où elle se trouvait.

Où suis-je ?

Elle ne se souvenait de rien depuis… depuis un flash rouge lorsqu'elle était chez Drago. Elle avait dû se faire stupéfixer. Elle tourna la tête du mieux qu'elle put, celle-ci étant prise en étau entre ses deux bras. Au prix d'un immense effort, elle éleva son cou de manière à embrasser la pièce du regard.

Elle était dans une chambre luxueusement décorée. Un grand tableau vide se trouvait à sa droite tandis que de l'autre côté, une fenêtre aurait pu donner sur l'extérieur si elle n'était occultée par deux lourds rideaux pourpre. Un rai de lumière crue parvenait tout de même à s'y frayer un passage, permettant à Hermione d'examiner le lieu où on l'avait enfermée. En face d'elle, une porte en bois richement ouvragé faisait office de gardienne.

Elle ne put en voir plus. Les muscles de sa nuque se détendirent d'un seul coup, et restèrent douloureux. Cependant, son cerveau fonctionnait à vive allure. Ainsi, elle se trouvait dans une des chambres d'un logement, appartenant certainement à des riches, sur ce qui semblait être un lit sans matelas. Elle tâtonna la surface avec ses doigts et reconnut la texture du bois. L'hypothèse d'une table était exclue, à moins qu'elle ne fût basse, car en relevant la tête, elle s'était aperçue qu'elle pouvait voir le sol à une faible distance, ce qui aurait été impossible sur quelque chose d'aussi haut qu'une table.

Ne pouvant pas savoir qui la gardait prisonnière, elle chercha comment il s'y était pris pour l'enlever. Elle avait eu un doute à ce propos il y a un instant… Mais quoi ? Son regard fut attiré par le rai de lumière sur le mur blanc. La jeune femme fronça les sourcils et détourna les yeux vers la fenêtre. Elle se souvint aussitôt. En balai… Elle avait eu ce déclic pendant la conversation avec Drago qui la narguait à ce sujet. Puis, elle avait accouru vers la bibliothèque pour trouver un sort de protection des fenêtres, mais dans la précipitation, elle s'était trompée de porte. Et la pièce dans laquelle elle avait débarqué… était digne des policiers traquant les criminels.

Drago aimait Artémia. Elle devait se rendre à l'évidence. Cette femme l'avait joliment manipulé, peut-être même ensorcelé si l'expression « envoûtante » utilisée par Drago était justifiée. Et pourtant… Quant au billet, c'était d'un sadisme… Drago… Combien de temps lui avait-il fallu pour qu'il se rende compte de sa disparition ? Qu'avait-il fait ? Harry était-il déjà au courant ? Et comment avait-il réagi ? Et Drago ? Drago, Drago, Drago… Tout revenait à lui.

Depuis quatre jours, il avait bouleversé la monotonie de son existence. Et depuis trois jours, elle avait moins pensé à Ron que d'habitude. Etait-elle en train de le trahir ? Qu'allait-il penser d'elle ? Non, il ne pouvait rien penser du tout, il était mort. Ses yeux la picotèrent. Non. Elle ne devait pas pleurer. Elle devait rester forte jusqu'au bout. Pour Ron et pour… Pour qui au juste ? Harry ? Un autre nom monopolisa ses pensées mais elle s'efforça de le chasser. Ce n'étaient pas quatre jours qui allaient tout balayer !

Un grincement de porte l'interrompit dans ses pensées. Quelqu'un approchait…

- Vous ? fit-elle avec une expression d'incrédulité.


- Artémia Gamp ? Celle que nous avons retrouvée très tôt ce matin ?

- Celle là même. Je n'en connais pas d'autre, et toi non plus. Je me trompe Potter ?

Le chef des Aurors grimaça. Qu'est-ce qu'Hermione pouvait bien lui trouver ?

- Et comment se fait-il qu'elle t'ait écrit cela ?

- Je me le demande aussi, quoique tu puisses en penser Potter ! Je t'ai dit la vérité.

Le brun eut un haussement de sourcil sceptique.

- Enfin Potter ! Pourquoi aurais-je voulu tuer Hermione ?

- Pour des tas de raisons.

- Ecoutes Potter. Hermione est en danger, et tout ce que tu trouves à faire, c'est de me chercher pour que je t'avoue quoi ? « Oui c'est moi qui l'ai tuée et je l'ai enfermé dans la penderie de ma chambre ! »

Drago était furieux. Il alla s'asseoir dans le fauteuil et prit sa tête entre ses mains.

- Patron ! Le test de comparaison des parchemins est positif. L'auteur de ce billet est le même que celui des menaces !

- Très bien, merci Patterson.

Il s'avança vers Drago.

- Excuse-moi Malefoy, j'étais inquiet. Penses-tu que ce soit l'écriture d'Artémia ?

- Je… Je ne suis pas sûr.

- Patterson ! Appelle un sorcier légiste. Il faut qu'il inspecte le corps de Mrs Gamp.

Le blond eut un cri d'incompréhension.

- Elle est morte ! Morte ! Pourquoi faut-il que vous la persécutiez encore maintenant ?

Potter le jaugea du regard.

- Je croyais que tu voulais retrouver Hermione.

- Bien sûr !

- Alors c'est notre seule piste.

Il se redressa et interpella les Aurors qui continuaient.

- Arrêtez de fouiller, merci. Nous ne trouverons rien d'autre. Attendons la réponse du légiste. Vous deux, attendez-moi avec des renforts près de la résidence des Gamp et encerclez-la. Patterson, prévenez-moi pour les résultats de la biopsie dés que possible.

Il ne resta plus que Potter chez lui. Drago se posait des questions. Etait-ce possible qu'Artémia soit impliquée ? Non ! Il avait la ferme conviction que non. Et puis, pourquoi continuerait-elle à envoyer des messages ? Le coupable était peut-être son mari après tout. Mais il ne travaillait pas au ministère ! Que faisait-il de ses journées, au fait ? Il était le coupable idéal. Mais il n'osa pas s'avancer, surtout après ce qui était arrivé à Laudator…

- Patterson ! Vous êtes là ! Alors ?

- Le… Le sorcier-légiste demande à vous voir immédiatement. Il a trouvé une perfusion de Polynectar sur le corps.

- Ah enfin une avancée ! Dites-lui que nous arrivons.

Drago se leva sans attendre l'invitation de Potter. Après tout, il était Auror aussi à présent. Mais Celui-Qui-A-Vaincu ne fit aucun commentaire et ils quittèrent l'immeuble.

Arrivés à Ste-Mangouste, Drago fut surpris de la trajectoire du jeune homme. Au lieu de se diriger vers les ascenseurs, il passa derrière le comptoir de la sorcière-réceptionniste jusqu'à un couloir immaculé, éclairé par des bougies d'où ne se dégageait aucune fumée. Ils allaient vers la morgue de l'hôpital. Ils débouchèrent dans une salle de taille moyenne, où une table en acier chirurgical lévitait à un mètre du sol. Dessus – l'ex-Serpentard eut un haut-le-cœur – était placé le cadavre de son obsession, Artémia.

Même dans la mort, la dignité de ses traits restait flagrante et ses longs cheveux bruns étaient repliés sur un côté afin qu'ils ne gênent pas. Ses lèvres étaient légèrement entrouvertes. Pourtant, un hématome la défigurait.

- Mr Potter, vous êtes là !

Un homme apparut à leurs côtés. Il ne l'avait pas remarqué trop occupé par la contemplation macabre de la jeune femme étendue. Il s'en arracha, et dévisagea l'individu. Il ne différait pas beaucoup des autres guérisseurs, portant la même blouse frappée de l'emblème de Ste-Mangouste, la baguette et l'os entrecroisés. Pourtant, il ne correspondait pas à l'image que Drago se faisait de ceux qui côtoyaient les morts quotidiennement qui ressemblaient de plus en plus à des cadavres ambulants. Il devait être âgé d'une quarantaine d'années, avec un embonpoint naissant et un air jovial qui lui rappela le professeur Slughorn.

- Si mes calculs sont bons – il consulta sa montre – nous devrions savoir qui est notre vrai décédé dans très exactement… cinq minutes. Je lui ai donné un antidote permettant d'accélérer le retour à la vraie apparence de cette pauvre femme… ou homme.

Il désigna une seringue sur sa table de travail un peu plus loin.

- Ceci était fiché dans le bras de la victime et contenait du Polynectar. Si nous ne l'avions pas trouvé, il restait une dose suffisante pour quarante-huit heures. Maintenant, il ne nous reste plus qu'à prendre notre mal en patience.

- Alors… intervint Drago. Ce n'est pas… Ce n'est pas… Enfin, Artémia est toujours en vie ?

Le sorcier-légiste le fixa gravement.

- Je ne peux vous le garantir Mr…

- Malefoy.

- Je ne peux vous garantir que cette femme est vivante, la seule chose est qu'elle n'est pas ici, dans cette pièce.

Alors, ils attendirent, se jetant des regards furtifs. Seul le légiste parvenait à occuper ses mains en faisant un peu de rangement. Mais le tintement des instruments en métal le rendait malade. Les diverses fioles de potions semblaient briller étrangement dans cette pièce aseptisée, et semblaient le menacer.

Soudain, la transformation démarra. La frêle silhouette d'Artémia se fit plus massive, tandis que le nez droit et fin s'élargissait, à la manière d'un homme. Ses cheveux se rétractèrent dans son crâne et ses lèvres se firent plus fines et plus brunes.

Dirk Harkiss venait de réapparaître devant leurs yeux.