Note de l'auteur : Voilà enfin ce chapitre pondu, je tenais d'abord à remercier Genesis-gackt et Hanaty pour les conseils qu'elles m'ont donné, et aussi à tous mes lecteurs et revieweurs ! Ce chapitre sera plus long que les autres, j'espère qu'il vous plaira. Bises !

Ce chapitre a été édité ! Quelques détails ajoutés et une correction d'ensemble. Le reste sera très probablement édité, et sera notifié comme ici en début de chapitre. Les chapitres édités auront contrairement aux anciens un titre.


Disclaimer : Ceci est une fanfiction sur le manga Naruto. Les personnages, l'univers et tout ce qui s'y rapporte, appartiennent à Masashi Kishimoto. Ceci n'est donc qu'une histoire, une sorte de "suite", qui sort de mon cerveau de fan torturé XD. Les personnages « Hayate » « Ryôko » et « Hukushu » sont par contre de mon invention (faut bien un méchant hein XD). Malgré mes divagations, j'essaie de respecter au mieux, l'univers de Kishimoto, pour qu'elle puisse être crédible vis à vis de l'histoire originale (ou comment arriver à faire avaler mes salades aux lecteurs). Bien évidement, je ne me fais pas d'argent sur ce travail, et le fait juste pour le plaisir. Bonne lecture !

Statut : Fanfiction en cours

Genre : Action/Romance

Resume : Gaara, le démon qui n'aime que lui, avait pris une grande décision. S'intégrer dans son village natal. Un chemin parsemé d'embûches, et de la découverte du sens de sa vie... Cette jeune fille... Entre passé et présent, attaque d'envergure au village de Suna, une maladie mystérieuse qui s'étend sur tout le pays... Un cri... Les Ténèbres... GaaMatsu

Ponctuation : les paroles sont entre « guillemets », les pensées seront en « italique ». Les sauts de temps seront en « gras-italique », et seront centrés. La période étant précisé dans la dite phrase. Les doubles pensées (bousculade de pensées, car notre cerveau sait merveilleusement mettre le boxon dans notre tête XD) seront en [italique crocheté].


Tourments des Sables

Chapitre 9 : Un dispositif presque parfait

Baki se tenait devant deux de ses coéquipiers, à qui il venait d'expliquer la formation de surveillance. Il avait décidé de dispatcher le groupe, équitablement réparti dans la zone de surveillance, et avait mis au point un moyen rapide pour signaler toutes présences hostiles. C'est à ce moment là que Matsuri les rejoignit, encore haletante de la course qu'elle venait de mener. Baki, ravi de la voir arriver pour compléter l'équipe, s'empressa de lui parler.

- « Matsuri, tu tombes bien. Nous venons de finir de mettre au point les mouvements de l'équipe. On va te faire le récapitulatif. Nous allons surveiller la zone chacun à un point précis, réparti équitablement. Si jamais quoi que ce soit de suspect arrive, sifflez pour appeler le pigeon voyageur qui survolera la zone. Celui-ci pourra prévenir rapidement les chefs d'équipe ou bien maître Kazekage. Il faut être au point. »

- « Ou… oui Baki-sensei. » balbutia Matsuri. Son visage s'éclaircissait un petit peu, l'escouade qui s'occupait des messages avait prévu une équipe de pigeon voyageur, pour facilité la communication entre toutes les équipes postées dans le village. Elle pourrait au moins s'afférer à la surveillance, bien qu'elle ne puisse pas combattre. Mais il fallait qu'elle prévienne son chef d'équipe de sa suspension pour qu'il puisse la remplacer au plus vite.

- « Au fait Matsuri, que t'a dit maître Kazekage ? » Matsuri sursauta, elle qui allait prendre la parole, sa question tombait plutôt à pic car elle ne savait pas vraiment comment amener la chose. Elle n'était pas très fière d'annoncer la nouvelle comme ça, si elle avait su, peut être aurait-elle mis cette fichue information pour ne pas subir cet écartement de la situation actuelle. Elle prit alors tristement la parole.

- « Et bien… Il m'a dit, que j'étais suspendue, à partir de demain… »

- « Comment ? ! »

Baki n'en croyait pas ses oreilles, Matsuri était suspendue ? Par quelle folie Gaara était prit pour l'écarter de la mission, vu sa gravité. Mais il avait agit en Kazekage, il ne pouvait pas le lui reprocher. Il maudissait alors profondément le conseil qui n'avait pas beaucoup de jugeote. Ils adoraient tellement mettre des bâtons dans les roues de Gaara, qu'ils en oubliaient la gravité de la situation. Et pourtant ils s'étaient servis de cette même excuse pour incriminer Matsuri. Kankuro était lui aussi de cet avis, les anciens faisaient comme bon leur semblaient, et avaient le don de compliquer fortement les choses.

- « Maudit soit le conseil. Ce n'est pas vrai, il a fallu que ça tombe maintenant… » dit-il exaspéré. « Mais puisque tu n'es pas suspendue pour aujourd'hui, tu feras ce jour de surveillance. A partir de demain, quelqu'un de remplacera donc dans l'équipe. Kankuro, je te laisserai le soin de choisir la personne qui sera la plus apte à la remplacer. En attendant nous allons commencer à patrouiller. Rejoins-moi dès que tu l'auras trouvé. »

Kankuro grogna de mécontentement, mais se plia aux ordres de son chef d'équipe. Lui aussi nourrissait une rancœur profonde contre le conseil, qui faisait passer plus souvent leurs intérêts avant ceux du village. Ils devaient tous jubiler de cette situation, pensaient-ils seulement aux éventuelles conséquences que cela impliquerait ? Nullement. Il espérait sincèrement que cette histoire se finirait bien, de peur que le conseil ne mette encore ça sur le dos de son jeune frère. Heureusement que Gaara n'était pas dupe, il saurait sûrement y faire face, et avec plus de calme que la dernière fois, Kankuro le souhaitait vivement. Il ressortit alors de la salle en saluant ses coéquipiers négligemment, et reparti pour l'Académie. Une fois arrivé sur les lieux, il parcourait les groupes qui étaient encore entassés dans la cours. Il vit alors Temari de loin, qui commençait à partir pour son poste et s'empressa de la rejoindre, en l'appelant.

- « Hé, Temari ! » Sa sœur se retourna, semblant surprise de le voir encore dans l'académie.

- « Kankuro, mais que fais-tu encore là ? »

- « On va dire qu'on a eu un petit problème en cours de route… » répondit-il en se grattant la tête avec gêne. « Matsuri s'est fait suspendre par le conseil, et il faudrait que je trouve quelqu'un pour la remplacer à partir de demain. » Temari regarda son frère avec stupeur et indignation. Mais pourquoi donc l'avaient-ils suspendu avec la situation actuelle.

- « Mais… pourquoi ? Ne me dis pas qu'ils ont recommencé ? »

- « En effet. Et plus ça va et plus ils choisissent les mauvais moments pour s'en prendre à Gaara. Tu es en affectation obligatoire ou bien ? »

- « Malheureusement oui, je suis chef d'équipe, il va falloir que tu trouve quelqu'un d'autre je suis navrée. »

- « Ce n'est pas vrai ! Qui vais-je bien pouvoir prendre ! Il me faut un combattant utilisant des techniques à distance. »

- « Demande peut être à Ryôko, elle est plutôt douée de ce coté là. »

- « A ta miniature de disciple ? Mais elle vient à peine de passer chuunin, sais-tu que Matsuri est sur le point de passer jônin ? On surveille quand même la bibliothèque secrète du village. » Temari assénât un coup de poing sur la tête de son frère, son humour vaseux l'exaspérait vraiment.

- « Ma « miniature » de disciple comme tu le dis n'est pas manchot, elle n'a peut être pas le niveau de Matsuri, mais elle est encore disponible alors va la chercher de suite ! » se retenait de crier Temari en pointant du bras la jeune chuunin au loin.

Ryôko était un très jeune ninja de treize ans. Temari contrairement à ses frères, n'avait pas trouvé d'élèves qui puissent susciter intérêt à être son disciple aussi rapidement qu'eux. Il était donc normal que son disciple n'avait pas le même niveau que Matsuri ou du marionnettiste sous l'enseignement de Kankuro. Mais elle avait beaucoup de potentiel, et sa technique proche de la sienne lui conférait un avantage non négligeable. Ryôko, tout comme Temari, manipulait le vent à l'aide d'éventails. Mais contrairement à son maître elle en possédait deux de bien plus petite taille, l'équivalent de la longueur de son bras. Ils étaient aussi bien moins lourds que celui de Temari, ce qui lui conférait un atout de vitesse conséquent. Elle se servait de la danse, comme base pour les katas de ses attaques, elle était de ce fait assez musclée.

Son teint allé et ses cheveux de sable ne passaient pas inaperçu, dans la tenue violette et parme qu'elle portait. Kankuro l'observait, pour jauger sa valeur au combat. Vu ses techniques, elle pourrait substituer Matsuri sans trop de difficulté, il suffirait qu'elle se concentre plus qu'à l'ordinaire. Du moins il l'espérait.

- « Bon ça va, je te fais confiance Temari. Je te l'empreinte alors. » dit-il en souriant, partant à la rencontre du jeune ninja sous les regards assassins de sa sœur aînée. Il arriva à la hauteur de sa future partenaire, qui avait une tête de moins que lui et la salua.

- « Alors Ryôko, tu n'as pas encore trouvé d'équipe ? »

- « Ah ! Kankuro-sensei. Non les chefs d'équipe préfèrent privilégier les gens plus grands que moi. Donc, non je ne suis pas encore affecté. » dit-elle en boudant. Elle avait plutôt un caractère de cochon, et elle connaissait assez sa force pour avoir une fierté mal placée. Elle n'en était pas moins un brin rigolote, et aimait souvent blaguer avec Kankuro.

- « Et bien ça tombe bien, je recherche une petite chuunin pour compléter mon équipe… » lui chuchota-t-il dans le creux de son oreille. Ryôko balança alors son plus beau sourire, complètement ravie et fière d'avoir une mission de si haut rang à effectuer.

- « Waouh ! Kankuro sensei, vous n'aurez pas fait meilleurs choix ! »

- « Allez, allons-y vite, tu as des instructions à recevoir. »

Ryôko était un sacré numéro, ce qui amusait Kankuro. Ils partirent tous deux en hâte, allant rejoindre Baki, non loin du centre du village. C'est ainsi que toutes les équipes s'étaient mises en place dans leur zone attitrée, commençant leur mission de surveillance. Les pigeons voyageurs prenaient part eux aussi dans cette mission. Ainsi les communications entre équipes seraient bien plus rapides, et les hauts dirigeant seraient immédiatement informés en cas d'alerte. La journée avançait tout doucement, accablait le village sous la chaleur torride du soleil au zénith, fouettait avec des bourrasques irrégulières les ninjas et les villageois qui stationnaient dans les ruelles. Tous attendaient avec anxiété, le moment fatidique du combat. Les équipes marchaient nerveusement dans le village, faisant leur ronde guettant le moindre indice suspect chez leur coéquipier, et parmi le peuple.

Gaara, dans son bureau, regardait tout aussi anxieux alternativement ses lettres et dossiers avec le ciel teinté de couleurs chaudes, qui commençaient à apparaître à l'horizon. L'attente allait être longue, dans la peur la plus totale. Personne ne savait ou ne pouvait prévoir quand la prétendue « maladie » allait faire son apparition. Et comment trouver le responsable de ses actes, il n'aurait sûrement pas l'audace de sortir en plein jour, vu le dispositif qu'ils avaient mis en place. C'est ainsi que passait plusieurs jour, dans l'angoisse la plus totale. Toujours rien à signaler parmi les villageois, qui commençaient à être aussi anxieux que les ninjas qui les protégeaient. Mais ils avaient confiance en leur Kazekage, et ils continuaient de vivre encore avec insouciance parmi la peur qui régnait en maître sur le village de Suna.

Gaara continuait de réfléchir jours après jour, avec la présence de Matsuri qui était devenue temporairement sa secrétaire à temps complet. Après avoir annoncé la sanction au conseil, dont dégageait une puanteur de satisfaction évidente, il leurs avait aussi annoncé ce qu'il allait faire d'elle par la suite. Et il avait balancé sans vergogne au conseil, qu'il ne voulait pas laisser toutes personnes susceptibles de l'aider car la situation l'exigeait, et qu'il profiterait donc de sa suspension pour la prendre auprès de lui. Il leur avait aussi bien souligné qu'elle travaillerait en temps que civil, en rendant service à son « conjoint », et qu'elle était là aussi pour « le plaisir des yeux » - ce qui avait choqué plus de la moitié du conseil, Gaara n'ayant pas entièrement compris la portée de ses mots. Une expression qu'utilisait très souvent Kankuro pour le taquiner. De ce fait les anciens ne pouvaient que râler dans leur coin, Gaara avait le droit de choisir qui il voulait pour travailler avec lui. Il savait que c'était dur pour elle de ne rien pouvoir faire au village, alors il lui avait proposé de rester près de lui pour l'aider avec la paperasse. Elle l'avait accepté avec un sourire aux lèvres, ravie de pouvoir quand même se rendre utile pendant ces temps de crise. Elle passait le plus clair de son temps entre la salle des registres et le bureau de Gaara, pour ranger et classer les dossiers. Elle faisait souvent des allers et retours près du pigeonnier, pour surveiller un message urgent éventuel venant des équipes ou bien des villages avoisinants. Elle remonta de la salle des registres avec des gros livres poussiéreux et les présenta à Gaara.

- « Voilà les registres médicaux les plus récents que vous avez demandé maître Gaara. » Elle posa lourdement les livres sur le peu de place qu'il restait sur le bureau. Celui-ci était encombré de biens d'autres livres plus épais les uns que les autres, de dossiers venant des villages attaqués voisins, il ne restait guère de la place pour bien plus.

- « Merci Matsuri… »

Cette dernière était effarée par le travail de titan qu'effectuer son époux. Depuis le début de la mission de surveillance, il ne cessait de fouiller dans toutes sortes de registres, à la recherche d'indices supplémentaires concernant la situation actuelle. Mais Matsuri ne comprenait pas pourquoi il s'attaquait aux registres médicaux, surtout les plus vieux.

- « Mais que cherchez-vous au juste ? » Tout en continuant sa lecture, Gaara lui répondit.

- « Un changement d'état visible. Vu que le chakra a l'air d'être le déclencheur, je cherche des correspondances entre les dossiers médicaux des victimes et ceux du village. Peut être que je trouverais d'éventuelles personnes suspectes de tomber dans cette folie, et de ce fait, pouvoir activer la protection médicale avant que cela ne se manifeste. Ca pourrait toujours faire gagner un peu de temps précieux, et de ce fait, des vies. »

Matsuri restait sans voix, voir Gaara prendre à ce point au sérieux la protection du village l'impressionnait au plus haut point. C'est bien au-delà de son poste de Kazekage, elle sentait une volonté de fer qui le guidait par delà les apparences. Lui qui par le passé était le ninja le plus redouté de son village, lui qui avait tué de nombreux villageois et d'ennemis sans pitié. Qu'avait bien pu lui dire ce Naruto pour qu'il ait changé à ce point ! Pourtant le changement n'avait pas forcément était immédiat, même si on sentait les efforts surhumains qu'il avait fait pour combattre sa nature profonde, son démon. Mais aujourd'hui, il avait tant d'ardeur, ce poste devait lui tenir particulièrement à cœur, et il devait se sentir vraiment heureux de pouvoir être utile aux autres. Mais ce qui inquiétait Matsuri, c'est qu'il y usait aussi sa santé, surtout depuis cette affaire. Il resterait sûrement tard encore à travailler avec cette multitude de dossiers, même une fois qu'il sera arrivé dans ses appartements.

Ce qui ne manquait pas cette nuit là non plus. Gaara était assis dans le salon plein de dossiers sur la table, et continuait de les étudier tranquillement à la lueur d'une lampe de chevet. Il avait pris la peine malgré tout de s'être changé, et portait une très belle tenue de civil. Une longue tunique noire qui tombait à ses chevilles, et maintenait son cou d'un col montant comme il avait l'habitude d'en porter. De longues manches évasées à partir du coude glissaient avec légèreté sur ses bras, le tout recouvert d'un par-dessus large de couleur blanc, à manches très courtes, col entièrement ouvert, laissant paraître la tunique d'ébène. Il était aussi fendu sur les cotés à partir des hanches, un peu dans le style de sa tenue de combat. Tout était maintenu par une longue écharpe blanche nouée à la taille. Il était calme ainsi devant ses dossiers, ne laissant rien paraître de sa fatigue ou de ses sentiments. Le soleil s'était déjà réfugié sous l'horizon, et le ciel était teinté de belles couleurs vertes qui se mélangeaient encore au quelques rayons rougeâtres qui transparaissaient.

Matsuri s'approcha de lui un verre d'eau à la main, et lui tendit tendrement. Elle aussi était habillée en civil, avec sa longue tunique couleur de sable, des manches semblables à celle que portait Gaara, et une écharpe blanche qui couvrait légèrement ses épaules à moitié dénudées. Gaara redressa la tête pour voir sa compagne lui mettre le verre insolemment devant le dossier qu'il était en train de lire. Il était vrai qu'il commençait à avoir sérieusement la pépie, et accepta allègrement ce verre d'eau fraiche pour se désaltérer. Il avait chaud, plus chaud que d'habitude et devait se concentrer bien plus que d'ordinaire pour suivre les dossiers. Même s'il ne laissait rien paraître sur son visage, Matsuri avait remarqué que son teint était plus livide que d'habitude, et voir Gaara engloutir un verre d'eau était tout bonnement si rarissime qu'elle s'était dit qu'il avait sûrement quelque chose.

- « Merci Matsuri. » dit-il en reprenant l'étude de ses dossiers. C'est alors qu'il fut interrompu par la main de sa compagne qui se plaqua sur son front. Gaara ne comprit pas de suite pourquoi Matsuri avait fait ce geste, et lui lança un regard plein de questionnements. Elle sursauta en palpant son front, il était brûlant de fièvre. Maintenant qu'il n'avait plus le démon en lui, il était devenu plus faible sous certains aspects et l'accumulation de fatigue était l'une de ses choses. Il sentait bien plus vite qu'auparavant les conséquences de ses insomnies, le surmenage qu'il effectuait depuis plus d'un mois commençaient à apparaître malgré les efforts qu'il faisait pour le cacher.

- « Il faut que tu te repose, tu en fais trop. » dit Matsuri en posant sa main sur le bras de Gaara. Celui-ci la regardait avec intensité, lui faisant comprendre qu'il ne voulait pas arrêter le moins du monde ses recherches.

- « Il en est hors de question, je n'ai pas le temps à ça. » dit-il froidement.

- « Mais si tu continue comme ça tu ne seras pas en état de combattre, tu ne pourras plus être au maximum de ta forme. Soit raisonnable, et repose-toi un peu… s'il te plait… » supplia-t-elle en serrant son poing sur son bras.

Gaara la regarda de nouveau, et croisa son regard rempli d'inquiétude. Il n'arrivait décidément rien à lui cacher, elle percevait le moindre signe qui pouvait lui indiquer ce qu'elle voulait savoir. Bien sûr qu'il n'était pas au mieux de sa forme, mais il ne pouvait pas perdre de temps à se reposer. Pourtant, elle avait aussi raison, s'il devait combattre dans le futur il valait mieux qu'il soit en meilleure forme que maintenant. Il ne savait toujours rien du redoutable adversaire qui se cachait derrière cette fausse épidémie, il ne pouvait pas prendre ce risque là non plus. Il n'était pas raisonnable loin de là, Matsuri était devenu un peu une minuscule partie de sa conscience qui le guidait et le raisonnait. Elle était la seule d'ailleurs, en dehors du conseil à lui tenir tête. Car personne n'oserait trop insister sans recevoir les foudres du ninja le plus terrible du village de Suna. Il ne pouvait pas lui refuser quoi que ce soit, d'autant qu'une partie de lui-même réclamait un moment de répit. Il se plia alors à la volonté de Matsuri, c'était sûrement le plus raisonnable à faire vu son état.

- « D'accord, mais juste ce soir… » dit-il en posant les dossiers qu'il avait en main sur la table. Il se leva de son siège, attrapant la main de Matsuri pour qu'elle l'accompagne. Celle-ci, tellement surprise par la réaction de Gaara qu'elle s'était laisser traîner d'un coup, et se cogna lamentablement contre lui. Il l'invita alors à s'asseoir à coté de lui sur le canapé du salon, qui se trouvait juste devant la baie vitrée ouverte. Gaara s'affala sur un cousin, en soupirant involontairement d'aise. Il était vrai qu'un petit moment de détente faisait un grand bien. Matsuri s'assied à ses cotés, en le regardant fermer les yeux, et respirer la légère brise de la soirée qui s'engouffrait dans leur appartement. Elle se sentait un peu rassurée, de le voir prendre un moment de détente, même si elle avait un peu peur de lui avoir trop forcé la main pour le faire. C'est à ce moment là que Gaara pris la parole, de sa voix grave et douce.

- « Pourquoi tiens-tu à ce point à ce que je me repose… Pourquoi t'inquiètes-tu à ce point pour moi ? »

Il n'avait jamais jusqu'à présent vraiment ressentit de l'inquiétude à l'égard de quelqu'un. De la colère très souvent, de la tristesse aussi, de la joie, mais jamais de la peur qui puisse le mener à être inquiet envers qui que ce soit. La seule véritable inquiétude qui le rongeait en ce moment était de ne pas trouver le responsable de tous les méfaits dans le pays. Alors il voulait comprendre pourquoi, et comment, pouvait-on ressentir une inquiétude si grande pour une seule personne.

- « Parce que je t'aime, et je ne veux pas te voir te détruire… J'ai beau savoir que tu es fort, et qu'il ne t'arrivera rien, mais c'est plus fort que moi… Tu sais, je ne veux pas perdre le peu qu'il me reste… » répondit Matsuri avec tristesse. Le cœur de Gaara avait manqué un battement à la dernière phrase prononcé par sa jeune compagne. Ne pas perdre le peu qu'il lui restait. Il n'avait pas eu le temps dans sa jeunesse d'avoir peur de perdre ce qui lui restait, car tout lui avait été arraché des mains avant qu'il ne s'en rende compte. Mais il comprenait la douleur qu'on ressentait quand ce peu disparaît à tout jamais de votre vie.

- « Ma famille n'a jamais eu beaucoup de membres, de ce fait, nous étions très soudés par le passé. J'étais très attachée à mes parents, un peu trop d'ailleurs, car je les suivais constamment. Il était souvent inquiet à mon sujet, même si je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Malheureusement je l'ai appris à mes dépends… » Matsuri s'arrêta, déglutissant difficilement. Ses yeux commençaient à la piquer, mais elle s'efforça au maximum que Gaara ne voit pas ses larmes. Elle se reprit et continua son discourt.

- « Un soir où ils étaient partis en mission, j'ai fugué de chez moi pour les rejoindre. Je croyais que j'aurais pu les aider, mais je n'ai pu qu'assister à leur mort impuissante, et fuir pour pouvoir survivre… D'autres membres de ma famille aussi sont morts en missions. Aujourd'hui il ne me reste plus que ma grand-mère. Depuis ce jour, j'ai très peur de perdre les gens qui sont auprès de moi… Je ne veux plus me retrouver toute seule, et ressentir la douleur de cette perte. »

Non, elle ne voulait plus sentir cette douleur qui laisse n'importe quel être dans une solitude profonde. Si Gaara n'était plus là. Si lui aussi disparaissait de sa vie. Non elle ne voulait pas. Son cœur se serra de plus en plus suite à ces pensées, et elle se rappela quelques brides de son passé. C'était, il y a quelques années de ça après la mort sauvage de ses parents, elle était devenue un être sans vie. Elle déambulait dans les rues, tel un zombie, complètement seule. Ses parents n'étaient plus là pour la consoler, sa grand-mère qui avait du reconnaître les corps pour confirmer leur mort, était tombé dans une dépression silencieuse, et ne faisait plus rien. Elle était seule. Au loin devant elle, il y avait un garçon d'à peu près son âge, qui se tenait debout, seul. Elle n'y prêtait pas plus attention, et toujours l'esprit vagabond lui était rentré lamentablement dedans. Le garçon se retourna alors vers elle, le regard noir plein de haine et de… solitude ? Soudain elle sursauta en ce rendant compte de qui se tenait devant elle. C'était Gaara du désert, le démon du village. Il était rentré il y a peu d'une mission importante. Elle commença alors à trembler de peur, il allait sûrement la tuer de l'avoir bousculer sans avoir fait attention. Gaara avait lancé son regard meurtrier dans le sien, avec une pointe d'anxiété. Solitude. C'est ce que son regard dégageait le plus, cela perturba Matsuri, au point qu'elle en oublia la peur qu'elle éprouvait en cet instant. « Un démon ne devrait pas se sentir seul, vu qu'un démon est le mal incarné. Pourquoi… » Mais sa pensée déborda alors sur ses lèvres, et se diffusa dans l'air.

- « …tu te sens seul toi aussi ? »

Cette simple phrase avait complètement surpris Gaara, lui qui s'attendait comme toujours aux fuites et aux injures. Cette jeune fille, qui avait peur de lui, lui avait tout de même adressé la parole, et posé une question, pas une des moindres. Elle avait percé le point sensible de son cœur. Il se demandait comment un être à la vie si insignifiante, pouvait dire ce genre de choses. La même chose que ce que lui avait dit Naruto. Il reprit alors son regard dur, et lui dit sur un ton froid, en repartant dans les rues.

- « Fait attention, la prochaine fois je ne serais pas aussi clément. »

Matsuri fit alors partir tous ses souvenirs qui ont refait surface. Elle regarda de nouveau Gaara à coté d'elle sur le canapé, et mis soudainement les mains devant sa propre bouche. C'était sa première rencontre avec lui, avec ce fameux démon pour qui l'espace d'une seconde, elle avait ressentit de la compassion pour lui. Elle eut beaucoup de mal à l'admettre, mais c'est peut être grâce à la mort de ses parents qu'elle avait pu découvrir cette solitude chez lui. Et qu'elle était aujourd'hui avec lui. Elle ne pouvait plus retenir ses larmes, et éclata en sanglots étouffés. Gaara la prit contre lui, et posa délicatement sa main sur le front de Matsuri. Elle n'avait bien sûr pas de fièvre, mais Gaara comprenait sa douleur et cette solitude qu'elle avait ressentie alors qu'elle n'avait presque plus personne auprès d'elle. Il ne le sait que trop bien. Il comprenait aussi pourquoi elle s'inquiétait tant pour lui. On s'accroche à ce qu'il nous reste, ce à quoi on avait voué notre vie. Par ce simple geste, il lui fit comprendre que lui aussi pouvait ressentir cette inquiétude à son sujet. Il n'était plus seul aujourd'hui, et lui aussi espérait ne jamais plus ressentir cette douleur, cette solitude.

- « Je comprends. Arrête de pleurer… je n'aime pas ça… » dit-il d'un ton abrupt. Matsuri souriait discrètement et le serra dans ses bras. Elle avait vraiment peur de le perdre, tout comme venait de s'approfondir cette même peur chez Gaara. Il tenait à elle plus que tout au monde, mais il n'avait jamais ressentit cette angoisse qui ronge les entrailles, du moins pas plus que ses habitudes n'étant pas qu'un naturel inquiet. Cette nuit là il oublia quelques heures tous les problèmes de son village, pour ne penser qu'à elle. Leur discussion ne cessait de tourner dans son esprit, Gaara commençait alors à toucher la véritable peur du bout de ses doigts.

Matsuri se réveilla doucement sur le canapé, le soleil venant de lui ouvrir les yeux. Elle se leva brusquement et remarqua l'absence de Gaara. Il lui avait laissé un petit mot sur la table, qu'elle s'empressa de lire. « Merci pour cette nuit de repos, j'ai repris les recherches, rejoins-moi au bureau dès que tu peux. Gaara ». Matsuri souriait tendrement, Gaara était une vraie tête de mule, mais elle ne pouvait pas le lui reprocher. Il avait du partir sans manger comme d'habitude. Elle partit se laver, et mit sa tenue de ninja habituelle, mais toujours sans son bandeau frontal, qui était accroché autour de son cou de coutume. Elle était toujours suspendue, et ne devait donc ne pas apparaître avec son insigne. Sa tenue se résumait à une tunique fermant en cache cœur qui lui tombait à mi-cuisse. Elle portait ses mitaines noires renforcées métalliques, Ses bottes montaient légèrement jusqu'au-dessus du genou, et une ceinture longue d'un rouge couleur sang sublimait le noir de ses habits. Elle sortit alors des appartements en emportant un peu d'argent avec elle. Elle allait lui préparer un petit déjeuner comme tous les matins, mais il manquait quelques ingrédients une fois de plus. Son « travail » en tant que secrétaire ne lui laissait pas le temps d'acheter des vivres dans la journée. Une fois dans les rues qu'elle parcourait joyeusement, dans l'attente de rejoindre son aimé, elle croisa une des patrouilles de surveillance postée près du marché où elle se rendait. Apparemment il n'y avait toujours pas de trace de l'épidémie, et elle en fut rassurée. Elle s'engouffra alors dans une ruelle complètement déserte. Un petit raccourci de sa connaissance pour arriver plus vite au marché. Une rue assez étroite qui était très peu peuplé d'ordinaire, mais il semblerait que cette fois si, cela ne soit pas le cas. Une présence était là juste derrière elle, une présence… magnétique.