Chapitre 26 :: Ce n'était qu'une impression
Bella POV
Je me sentais à la fois stupide et vulnérable. Je détestais commettre des erreurs et encore plus qu'on me voit me morfondre. Je n'aurais jamais dû sortir. Je n'aurais jamais dû me retrouver dans ce bar. Je n'aurais jamais dû... Et aujourd'hui, j'étais prise dans ce tourbillon de sentiments contradictoires et démoralisants. Le souvenir de cet homme, de cette soirée, hantait chaque seconde de la nuit, si bien mon quasi-sommeil était entièrement pertubé. Je fixais le plafond, cherchant, amèrement et désespérement, une quelconque libération à cette horrible torture. Jasper s'était endormi lorsque j'avais feint de dormir. J'étais heureuse qu'il soit là pour moi, qu'il me réconforte. Mais je voyais bien qu'il se sentait coupable, alors qu'il n'y avait aucune raison. Je me sentais si mal à chaque fois qu'il devait venir me sortir du pétrin, car, à chaque fois cet acerbe sentiment l'amplissait. Mes paupières se fermèrent. Trop épuisée, je ne rêvai pas, je ne fis que tomber dans un profond sommeil.
Je fus réveillée par le cadran d'Alice. J'ouvrai péniblement les yeux pour apercevor qu'il était tout juste sept heures. Étant samedi, et qu'Alice n'était pas là, je me questionnai sur la raison de ce réveil brutal. Les évènements de la veille me revinrent en mémoire comme un coup dans l'estomac. Mais, je me souvins aussi du championnat de football; Alcie devait avoir réglé son cadran pour être là quand Jasper devrait partir, avec Emmett et Edward. Je vis Jasper se lever pour éteindre le cadran. Je murmurai :
-Tu devrais me laisser. Tu devrais y aller.
Il me dévisageait étrangement avant de s'approcher de moi. Il prit mon menton et bloqua son regard dans le mien et répliqua :
-Il n'en est pas question. Je reste avec toi.
Il avait dit ça comme si c'était une évidence, une évidence que je ne partageai cependant pas. Pour la simple et triste raison que je n'étais plus vraiment Isabella Swan. On m'avait remplacé par un être bouvelservé qui était en état de choc. Un être qui devrait s'en sortir pour redevenir Isabella Swan. Il y a trois étapes fondamentales pour se relever d'une épreuve dure en émotions. Le choc. Le questionnement. Le retour à la réalité. Ces trois étapes sont dures, voir brutales, autant pour les victimes que ceux qui les entourent. Une foule de sentiments, forts et complexes, submerge les personnes touchées. Et inconscienment, à chaque fois que je me remettais d'une épreuve difficile, je passais à travers elles.
Je me levais, laissant Jasper incrédule. Le choc était une étape cruciale et triste. Les sentiments les plus présents étaient la frustration, le déni, la peur, la honte et la confusion. Cette période est celle où l'on dit bien des choses qu'on ne pense pas. Celle où l'on fait des choses qu'on ne voulait pas. On vexe plusieurs personnes pour se protéger, et les excuses ne sont pas toujours assez pour pardonner. C'est triste, mais c'est comme ça. On n'y peux rien, on ne contrôle plus notre bouche, nos pensées et nos actions. Notre esprit vogue à quelque part, pendant que notre tête fait le ménage de nos sombres souvenirs, pendant que notre tête répare les dégâts que l'incident a produit, physiquement et psychologiquement.
-Tu ne devrais pas être ici. Je veux que tu partes. Je n'ai pas besoin d'un spectateur pour regarder ma défaite, ma chute. Je veux que tu partes, prononçai-je durement.
Les traits de Jasper, mon meilleur ami, se transformèrent. Passant de l'incompréhension à la colère, puis à l'impuissance et à la culpabilité. Je ne pouvais plus me contenir. Je retournai me coucher dans le lit en sanglotant. Je me glissai en position foetale et continuai de sangloter.
-Je veux que tu partes!
Il s'approcha, pour me serrer dans ses bras.
-NE ME TOUCHE PAS! Hurlai-je. Va-t-en. Je veux que tu partes.
Indécis, coupable et abattu, il déposa un baiser surm on front alors que je continuai de murmurer :
-Va-t-en. Va-t-en. Va-t-en.
La porte se ferma alors que je continuai d répéter ses trois mots en sanglotant. Je me relevai en position assise et commençai à frapper dans le matelas.
-Va-t-en. Va-t-en. Va-t-en. Je veux que tu t'en ailles!
Je ne parlai plus à Jasper, il était parti, je parlai à ce terrible souvenir. J'enroulai mes bras autour de mes jambes et me balançai d'avant à arrière, murmurant toujours les mêmes mots. Les larmes coulaient à grands flots sur mes joues. Le sommeil finit par m'emplir. Trop brisée pour résister, je le laissai me submerger.
Cet inconnu au visage flou déposa ses lèvres sur les miennes. Je marmonnai pour montrer que je ne voulais pas, mais j'étais incapable d'articuler un seul mot. Il approfondit le baiser en enfonçant sa langue dans ma bouche. Je ne résistai pas, inconsciente de la situation. Il lâcha ma bouche pour aller embrasser mon cou. Je bougeai la tête de gauche à droite pour montrer mon désaccord. Il fit passer ma camisole par dessus ma tête. Je grommelai de nouveau, mais rien à faire. L'inconnu embrassa mes lèvres violemment en empoigant mes seins par dessus mon soutien-gorge. Un autre grognement de désaccord s'en suivi. Il déplaça ses mains sur mes cuisses et les ouvra en recommençant à embrasser mon cou. Il remonta ma jupe, explorant encore plus l'intérieur de mes cuisses avec ses grandes mains. Je continuai de marmonner des « Non ». Une porte claqua et il se retourna violemment...
J'étais complétement en sueur et mon coeur battait à mille à l'heure. Ce n'était qu'un cuachemar. Un terrible cauchemar. Une réplique de la veille.
Jasper POV
L'autobus était très animé. Après tout, on s'en allait en championnat, mais je ne pouvais m'empêcher de me morfondre. Qu'est-ce que je faisais là alors que ma meilleure amie était en état de choc. J'avais laissé Bella alors qu'elle avait clairement besoin de ma présence. Certes, elle avait exigé que je m'en aille. Mais elle avait peur, elle était sous le choc. Je me tracassai dans mon coin. Plusieurs autres joueurs de l'équipe me lançaient des regards inquiets. Edward et Emmett partageaient un banc à côté de moi, mais je ne leur adressai pas la parole. Ils me regardaient, sans comprendre. Je culpabilisai encore plus, j'étais le seul à savoir pour Bella et j'étais dans ce foutu car! Je pris finalement mon courage à deux mains et téléphonai à Bella. Sa petite voix abattue répondit, en essayant de se montrer plus sûre qu'en réalité.
-Oui?
-Bell's?
Et d'une même voix, coupable et triste, nous disâmes :
-Je suis vraiment désolé.
Dans une autre situation, j'aurai ri. Bella et moi, on pensait toujours à la même chose, au même moment. On complétait les phrases de l'autre.
-Tu ne peux pas savoir comment je me sens coupable. Je voudrais tellement te tenir dans mes bras en ce moment.
-Non, Jazz. C'est moi qui se sent coupable! Je t'ai chassé. Je t'ai ordonné de partir. Tu voulais être là, mais j'en étais incapable. Je sais que je t'ai blessé, je l'ai vu dans tes yeux, je me sens si mal...
-Bella, ne te sens pas mal. Tu étais en état de choc, quiconque aurait pu dire ses mots. Je n'aurais pas dû partir.
-Non, je refuse que tu manques ton championnat pour moi, pour un simple accident. Je n'en voudrais encore plus.
Je passai ma main dans mes cheveux, je savais que si on commençait, cette conversation serait redodante. Je la laissa gagné.
-Je suis désolé.
-Tu es pardonné, Jazz. Je suis désolée moi aussi.
-Tu seras toujours pardonnée.
Il eut un moment de silence, le temps que je ravale mes larmes.
-Va t'installer au logement. Tu y sera tranquille. J'ai laissé une clé sur ta table de nuit.
-D'accord. Merci Jasper.
-Ce n'est rien... Je t'aime.
-Moi aussi, je t'aime.
Nous raccrochâmes. Je croisai le regard d'Edward et lui souris pour le rassurer. J'avais oublié ; je n'étais pas vraiment le seul à être au courant pour Bella. Il l'était aussi. Mais, pour le bien de Bella, il devait faire comme si il n'avait jamais rien vu. Il hocha la tête, incertain. Ce qui s'était passé la veille n'était jamais arrivé, Bella n,avait encore rien demandé, mais je la connaissais. Aucune mention de l'incident ne serait tolérée. Et j'étais sûr que lorsqu'on reviendrait lundi soir, elle aurait l'air aussi normale qu'à l'habitude. Elle aurait l'air.
Bella POV
J'avais caché mon peur, mais au moment de raccrocher, j'avais explosé. Les pleurs coulaient abondamment. Je ne me sentai plus. Je courus vers la salle de bain, comme si c'était la seule chose dont j'avais besoin pour vivre. Je me débarrassai de tout ce que je portai en quelques secondes, Je me glissai sous l'eau brûlante de la douche. J'avais besoin de ce confort, de cette chaleur. Des souvenirs éclataient dans ma mémoire. Je pleurai, je voulai que ces souvenirs partent loin, très loin. Je m'assis au fond de la douche et passai la main dans mes cheveux mouillés. Je cachai mon visage dans mes mains et continuai de sortir toutes ses larmes de mon corps. Je finis pas sortir de la douche. Je me séchai avant de me vêtir dans un jogging et un coton-ouaté. Mes yeux étaient rouges et ma peau, livide. Je passai la capuche sur ma tête, mis dans un sac tout mon nécessaire et m'aventurai à l'extérieur. Je marchai rapidement, évitant de porter attention aux étudiants trop curieux qui me lançaient des regards intrigués. Je pénétrai dans les logements des gars. L'obsurité me fit peur, mais j'allumai les lumières. Je pris tout de suite le direction de la chambre de mon meilleur ami. Son parfum imprégnait la pièce et créait un tourbillon réconfortant. J'allai me coucher sur son lit et m'endormis, incapable de faire autrement.
Lorsque je me réveillai, la faim tailladait mon ventre. Je partis vers la cuisine et mangeai un pamplemousse. J'étais d'ailleur assez étonnée de trouver des fruits dans leur frigo. Une fois le fruit englouti, je pris un bière, ça s'était pas du tout étonnant. J'avais perdu toute notion du temps à force de dormir alors je regardai l'heure. Tout juste quinze heures. En à peine quelques minutes, j'avais fini ma bouteille. J'en pris une autre avant d'aller m'installer sur le divan du salon. Et devinez quoi? Je piquai un autre somme. Un vrai minou. Sauf que mon réveil fut un peu plus brutal. La tête pesait lourd, j'avais bu trop vite. Sans penser à ce que je faisais, j'allai en prendre une autre. Je tournai en rond dans le logement, en buvant bière après bière. J'étais confuse. Était-ce réel ou fiction? Cette soirée, cet inconnu, ces sentiments...Était-ce le fruit de mon imagination? J'étais en train de virer complétement cinglée. J'allai dans la chambre de Jasper et pris mon sac. Je n'eus pas le temps de réagir que je me retrouvai avec la camisole que je portais lors de l'incident dans les mains. Ce n'était pas qu'un simple cauchemar. Je craquai. J'échappai la bouteille, vide, sur le plancher et me remis à pleurer. Furieuse et honteuse, je repartis dans le salon. J'allumai le foyer. Je retournai dans la chambre et pris tout ce que j'avais porté pendant l'incident. Je retournai dans le salon et jetai tout dans le foyer. Un sentiment de vide, un vide parfait, m'emplit. Certes, il n'était pas aussi simple de se débarrasser des souvenirs qui hantaient ma mémoire, mais c'était déjà un pas vers l'avant. Un grand pas. J'avais l'intention de faire comme si ça n'était jamais arrivé. J'allais nier tout en bloc, et ça serait facile, car seul Jasper était au courant. S'il m'arriverait de pleurer, accidentellement, ma rupture avec Emmett en serait la cause. J'allai ramasser les débris de ma bouteille dans la chambre de Jasper, remplie de ce sentiment de fierté d'avoir changé quelque chose.
Le week-end passait. Je dormais, je mangeais ou je tournais en rond dans l'appartement. Que pouvais-je faire d'autre. Les souvenirs s'effaçaient, peu à peu. Ils devenaient plus flous, moins limpides. Les émotions se dissipaient pour laisser un vide. Je ne pleurais plus, mais je ne sentais plus rien. Elle aurait l'air aussi normale qu'à l'habitude. Elle aurait l'air. Je n'étais que l'impression de Bella Swan, car j'étais vide d'émotions. Jen e donnais que l'impression d'être heureuse. Je n'étais qu'une impression. Ce n'était qu'une impression.
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