P.D.V. Edward
Je restais accroché à la rampe des escaliers comme un faible d'esprit, la tête vide de toute pensées. J'avais la profonde intuition que je venais de faire une belle erreur. Je l'avais laissée partir sous un soleil de plomb, avec un clébard sans cervelle et loin de toutes visions d'Alice. Je me contrôlais pour ne pas briser la rampe sous la colère. Je m'assis dans les escaliers la tête entre les mains et soupira. Je ne devais pas m'inquiéter, lui aussi l'aimait, il n'arriverait rien à ma Bella. Cette pensée attisa davantage ma colère.
- Edward si tu casse quelque chose la vengeance d'Esmée sera terrible. Cria Alice de sa chambre.
En effet j'étais sur le point de désintégrer cette fichue rampe qui me narguait. Mais détruire des objets pour passer mes nerfs n'était définitivement plus de mon age. Je me relevais et tournais en rond, trainant des pieds sur la moquette blanche du hall. J'accélérai de plus en plus, me faisant l'effet d'un gamin en plein caprice, mais face à cette situation où j'étais totalement impuissant je ne pouvais qu'attendre.
- Edward si tu use la moquette d'Esmée plus que de raison elle se servira de ta peau pour réparer les dégâts. Me prévint Alice depuis le premier étage.
Esmée serait incapable de faire ça, enfin je suppose. Quoique après l'incident du canapé qui s'était envolé par la fenêtre grâce a la force herculéenne d'Emmet Esmée me semblait capable de n'importe quoi.
Comme ma présence dans le hall menaçait la durée de vie du mobilier je décidais d'aller jeter un œil du coté du garage. Je m'appuyais sur le battant de la porte afin de regarder Rosalie jouer la mécano allongée en dessous de sa décapotable préférée sous le regard protecteur d'Emmet.
Après plusieurs minutes de silence, mon frère me lança le regard qui signifiait qu'il allait faire une bêtise. Je lisais dans ses pensées pour connaître les règles de son nouveau jeu. Simple, il allait donner un coup de pied dans la burette d'huile posée à côté de Rosalie. Le but du jeu est de la rattraper, sans que l'huile tombe et bien sûr sans que Rosalie ne s'en rende compte. Je lui adressais un hochement de tête pour lui faire comprendre que les règles me convenait et que j'acceptais le jeu. Un petit divertissement ne serait pas de refus après tout.
Emmet pris un peu d'élan et d'un coup de pied envoya la burette dans les airs, je la rattrapais sans aucune difficulté et adressait un sourire victorieux à mon frère. Après toutes ces décennies passées ensemble Emmet me surestimait toujours. Je haussais les sourcils pour lui faire comprendre qu'a mon tour j'allais lui envoyer l'objet. Emmet se mit en position pour le rattraper mais je fus coupé dans mon élan par la délicieuse voix d'Alice.
- Rose, tu devrais empêcher les garçons de jouer avec tes affaires avant qu'ils ne cassent tout dans le garage.
Rosalie se glissa immédiatement hors du dessous de la décapotable, m'adressant un regard mauvais. Elle ouvrit gracieusement la main comme pour m'inviter à lui restituer son précieux objet. Dehors pensât-elle. Je déposais alors la burette dans sa main et retournais dans le salon, quelques instant plus tard Emmet me rejoint l'air penaud, lui aussi c'était fait renvoyer par Rosalie.
- Merci Alice maugréais-je.
- De rien. Me remercia t-elle.
Alice était agaçante aujourd'hui, elle as toujours aimé jouer avec ma patience mais aujourd'hui était un jour bien mal choisit pour jouer avec mes nerfs. L'avantage avec Alice c'est qu'elle sait toujours quand s'arrêter, je n'avais donc que très rarement des conflits avec elle.
Je m'installais dans le canapé a côté d'Emmet bien décider à ne pas penser à Bella pendant les cinquante-six minutes qu'il restait de match de baseball. Je vidais ma tête devant ce match qui me semblait sans intérêt comparé a mon envie de retrouver mon aimée. Encore quelques heures et le soleil disparaitra à l'horizon, et à se moment là quileutes ou pas quileutes j'irais chercher Bella et je la ramènerais à la maison. J'entendais Esmée parler au téléphone avec Renée, la rassurer, elle lui racontais même ce qu'avait manger Bella au petit déjeuner, qu'elle était partie en promenade avec Jacob car il faisait très beau à Forks, toutes ces choses qu'une mère doit savoir pour être rassurée, heureusement qu'Esmée était là je n'aurais pas su quoi raconter à Renée pour apaiser ses craintes.
Un autre bruit attira on attention, il sagissait de l'horrible bruit que produisait le tas de ferraille de Jacob. J'armais mon visage d'un sourire éblouissant et me dirigeait vers le hall. Quelques secondes plus tard la porte s'ouvrit à la volée, offrant à mes yeux une horrible vision. Jacob se tenait debout, portant entre ses bras le corps inerte de Bella enroulée dans une couverture de laine. Si j'avais été capable d'une crise cardiaque j'en aurait certainement fais une. Mais je me désintéressais de mon cœur pour me préoccuper du sien, a mon grand soulagement il battait. Je me précipitais vers Jacob et lui arrachais des bras, lui lança le regard le plus meurtrier possible. Un feulement monta en moi et si je n'avais pas le corps de Bella contre le mien je lui aurais sauté à la gorge.
- Je suis désolé, elle a... Commença Jacob.
Mais je ne l'écoutais déjà plus emportant mon aimée dans le salon afin de l'allonger sur le divan. J'appelais Esmée a grands cris en lui demandant qu'elle appelle Carlisle, mais je savais pertinemment qu'il ne prendrait pas le risque de sortir de l'hôpital tant que le soleil ne serait pas couché. Je plaçais ma main sur le front de Bella tentant de me souvenir de la température qu'elle avait habituellement.
Comme je m'y attendais elle était plus basse que d'habitude, poussé par l'instinct je l'emmenais dans la salle de bain, faire remonter sa température dans un bain chaud me semblait le choix le plus adapté, cependant une fois arrivés dans la salle de bain, l'eau chaude remplissant la baignoire je réalisait que malgré mon amour sans faille pour Bella, j'étais gêné à l'idée de la déshabiller. J'hésitais entre la plonger dans l'eau toute habillée ou appeler Esmée à l'aide. Je fus couper dans ma réflexion par quelques coup rapides sur la porte. C'était Alice, elle avait du voir que j'avais des difficultés, elle m'adressa son habituel sourire éblouissant, le calme dans son esprit eu du déteint sur moi, il apaisa mon angoisse, mais ma colère était intacte. Après avoir laissé Bella au bon soins de ma sœur je décidais d'aller mettre un terme à la vie de Jacob.
Je redescendais au rez-de-chaussé à vitesse vampirique et je retrouvais Jacob devant la villa armé de sa plus belle tête de chien battu. Son évidente culpabilité ne m'atteignit pas et sans même lui laisser comprendre ce qui lui arrivait je l'attrapais par la gorge et le plaquais violemment contre le mur.
- Ce serait le bon moment pour te faire la peau, clébard. Lui murmurais-je haineux.
Mais il ne réagit même pas et il me fixa un bref moment avant de laisser retomber son regard au sol. Pour comprendre sa réaction je sondais son esprit, en effet il était rongé par la culpabilité et le Jacob qui se prenait tant pour un adulte se retrouvait comme un gamin devant moi. Je relâchais ma pression sur son cou et laissais glisser mes mains sur ses épaules, après tout nous deux on avait le même problème. On était tout deux amoureux d'une merveilleuse jeune femme accidentée et amnésique qui s'épanouissait dans le domaine de la mise en danger. Ma haine envers Jacob était sans limite mais lui tordre le cou au sens littéral du terme n'aurait surement pas soulagé mes nerfs.
- D'accord explique moi. Lui demandais-je la tête basse.
Un minuscule rictus se dessina sur les lèvres de Jacob, puis il commença à m'expliquer les circonstances de l'accident d'une voix grave.
- On s'approchait de la réserve quileute quand Bella a vu la falaise. Tu sais... celle d'où elle s'est jetée la veille de vos.. retrouvailles.
Je frissonnais à l'énonciation de ce souvenir, la pire erreur de ma vie.
- Alors, j'ai pensé que ça pourrait l'aider si on allait là haut... A la base je voulais juste l'emmener faire le tour de la réserve, voir si elle pouvait pas se souvenir de deux, trois choses. Mais j'ai pas pu lui refuser de monter là haut. Poursuit t-il.
Sa stupidité et son inconscience me donnait des pulsions meurtrières contre lesquelles je luttait de toutes mes forces.
- Une fois au bord de la falaise, elle as commencé a me poser pleins de questions. Du genre, est ce que j'ai déjà sauté d'ici, que m'est t-il arrivé après. Puis ensuite elle as sauté, j'ai rien pu faire je te jure! Je n'imaginais pas une seule seconde qu'elle aurait pu sauter! Me dit-il paniqué.
A ces mots je ressaierais mon poing sur son épaule et l'envoyait voler dans les airs, ils s'écrasa lourdement au sol trois mètres plus loin.
- C'est ça le problème avec toi! Tu as les idées courtes et le Q.I. D'une huitre!
Son corps était secoué de spasmes, il allait se transformer. Je savais pertinemment que c'est moi qui avait déclencher la bataille. Mais je ne voulais pas attaquer le premier.
- Tu n'as rien pu faire? Tu est au moins vingt fois plus rapide qu'elle et tu n'as rien pu faire? J'ai des doutes sur ta nature de loup garou du coup, allez Jacob montre moi de quoi tu est capable. Le provoquait-je
Jacob était réellement rapide, en une seconde il était métamorphosé et s'élançait vers moi, je l'esquivais, une fois, deux fois. Ce pseudo combat prit fin rapidement car ma famille et la sienne se mirent de concert pour s'arrêter.
Jacob s'assit sur ses pattes arrières haletant, m'offrant l'opportunité de lire en lui toute la colère qu'il nourrissait à mon égard. Sam se tenait derrière lui sous sa forme humaine et m'adressa un signe de tête désapprobateur. J'allais m'avancer vers lui lorsqu'une main fine et froide se posa sur mon épaule. C'était Alice, elle me fixait intensément et je lisais dans son esprit que Bella allait bientôt se réveiller. J'adressais un dernier regard d'excuses à Sam et me précipitait dans ma chambre pour y rejoindre Bella.
Elle avait retrouvé des couleurs, ses cheveux bruns et humides étaient éparpillés sur l'oreiller, sons souffle était régulier et profond. J'entendais son sang couler dans ses veines, je pouvais sentir son parfum si envoutant. Toutes ces sensations qui ne m'avait jamais quitté en sa présence et qui pourtant me manquais dès que je le quittais et m'émerveillait des que je la retrouvait.
Je m'assis sur le bord du lit et frôla du bouts des doigts sa joue chaude. Ses cils tremblèrent légèrement signe de son réveil proche, son souffle changea et après quelques secondes d'attente elle ouvrit les yeux. Son visage s'illumina d'un sourire et à mon grand étonnement elle caressa ma joue de sa main gauche.
- Tu m'as manquée Edward. Murmura t-elle d'une voix faible et cassée.
