Le Clan Maudit II: L'Amour Aveugle
Auteur: BlackVision
Beta-lectrice: COC
Disclaimers: Aucun des personnages de Bleach ne m'appartient.
Merci pour vos reviews =)
Chapitre 2 : Efforts et Fin
Jûshiro apprit qu'il devrait encore rester un bon bout de temps à l'hôpital de la quatrième division. En fait, la capitaine voulait être sûre qu'il se reposerait et avait demandé à ce que le capitaine-commandant le lui ordonne. De cette façon, Ukitake ne pouvait pas désobéir, enfin théoriquement. Le Shinigami regarda l'heure, normalement son meilleur ami n'allait pas tarder à arriver pour lui raconter la réunion dite d'urgence à laquelle il n'avait pas pu assister.
Toc, toc… Shunsui franchit la porte avec une mine grave sur le visage. Il était rare de le voir ainsi donc il sut que quelque chose d'important avait été annoncé.
« Que se passe-t-il ? » Demanda Jûshiro inquiet.
« Renji va remplacer le capitaine Kuchiki pour une durée indéterminée, » annonça Shunsui.
« Pourquoi ? » Ukitake était anxieux.
« Yamamoto n'a pas voulu le dire. Mais j'ai demandé au capitaine Unohana. Bien qu'elle ait reçu l'ordre de ne rien dire, elle a avoué qu'il était ici en ce moment, » déclara-t-il en guettant la réaction de son ami.
Jûshiro resta songeur un instant. Son idée première fut de se lever et d'aller directement voir Byakuya. Mais pourtant, il ne le ferait pas. Si Byakuya voulait sa présence, il n'aurait qu'à le lui demander, Ukitake en avait assez de faire le premier pas.
Shunsui fut étonné par la réaction de son meilleur ami mais il en était satisfait. Il ne voulait pas qu'il se ruine la santé pour un homme indécis. Byakuya n'était pas prêt pour reprendre leur relation et Shunsui pensait que son ami ne devait pas attendre qu'il se décide, au contraire, il devait passer à autre chose. Mais Jûshiro n'y arrivait pas. Sa culpabilité et son amour envers Byakuya étaient trop importants pour oublier.
« Peut-être que le capitaine Unohana voudra bien m'informer, » dit-il simplement sous l'œil étonné de Shunsui. Jûshiro paraissait soudainement indifférent, comme s'il tentait de se convaincre lui-même du peu d'importance qu'aurait Byakuya à ses yeux. Le shinigami acquiesça puis annonça son départ.
Ploc, ploc, ploc…
La pluie s'écoulait sur le rebord de la fenêtre à un rythme régulier. Sans s'en rendre compte, l'esprit de Byakuya se focalisa sur ce bruit comme si lui seul existait. Il ne savait pas s'il faisait jour ou non. A vrai dire, pour lui c'était comme s'il faisait toujours nuit, il ne se rendait plus compte du temps qui passait. Il évalua que cela faisait à peu près une semaine qu'il ne voyait plus. Depuis, il avait découvert qu'il était encore plus facile de sentir les énergies spirituelles des Shinigamis. D'une certaine manière, ses autres sens avaient pris le dessus. Ainsi, il savait quand le Capitaine Unohana arrivait ou quand une nouvelle personne entrait dans l'hôpital de la quatrième division.
« Bonsoir Capitaine Unohana, » dit Byakuya en fixant le mur droit devant lui. La jeune femme se mit à sourire.
« J'avais pourtant caché mon reiatsu, » déclara-t-elle.
« Votre façon de marcher ne trompe pas, » répondit Byakuya d'un ton neutre.
« Vous avez rapidement progressé, » affirma t-elle en posant un plateau de nourriture à côté de Byakuya. Elle examina rapidement le noble, touchant ses côtes et son bras pour guetter un signe extérieur de douleur.
« Soit vous allez mieux, soit vous cachez votre douleur, » déclara-t-elle.
« J'ai moins mal, » dit-il de façon brève, le regard dans le vide.
Malgré le fait qu'il ne voyait pas, il conservait ses expressions du regard. Là, il était froid. La jeune femme le remarqua. « Soyez patient, vous pourrez bientôt rentrer chez vous, mais il y a certaines choses que vous devez apprendre avant de partir. »
« Comme manger seul ? » Ironisa-t-il alors qu'il entendait Unohana prendre un bol et plonger une cuillère dedans.
« Manger tout court, je dirais. Refuser de vous alimenter ne vous aidera pas. Pour le moment, vous avez assez d'énergie spirituelle pour tenir, mais elle faiblit de jour en jour, » dit-elle de sa voix calme et posée.
Elle marquait un point. Car Byakuya refusait de manger, il trouvait ça trop humiliant de se faire nourrir comme un enfant. Non, il ne voulait pas perdre sa dignité, même s'il ne voyait plus. Unohana l'avait compris et c'est donc pour cela qu'elle plaça la cuillère pleine de riz dans la main gauche de l'homme, la droite étant bloquée par un bandage. Il se laissa faire mais tiqua quand elle lui plaça une serviette autour du cou comme on le faisait à un enfant.
« Je vais vous aider un peu pour commencer, mais cela sera rapidement un geste naturel, » assura-t-elle à un Byakuya silencieux, partagé entre la honte et la colère de se sentir handicapé.
Elle posa sa main sur celle de Byakuya puis dirigea la cuillère vers la bouche du noble, qui n'eut pas d'autre choix que d'ouvrir la bouche. Elle recommença plusieurs fois l'opération jusqu'à ce que instinctivement, Byakuya le fasse de lui-même, malgré le fait qu'il soit normalement droitier. Le visage du noble semblait soudainement plus détendu, ce qui satisfit Unohana.
« Il faudra attendre un peu pour les baguettes, » dit-elle en riant. Cependant, Byakuya resta impassible à la plaisanterie.
Maintenant, Byakuya savait distinguer le jour de la nuit, justement grâce à l'énergie spirituelle : elle ne se déplaçait que rarement la nuit, étant donné que les gens dormaient. Byakuya aimait bien se focaliser sur le reiatsu d'Ukitake qui était encore à la quatrième division. Bien sûr, il ne se l'avouait pas vraiment car il n'y réfléchissait pas tant que cela mais c'était quelque chose qui lui semblait presque naturel. Cependant cette nuit-là, l'énergie spirituelle de Jûshiro n'était pas comme d'habitude. Elle semblait très irrégulière, comme le souffle de quelqu'un qui aurait trop couru. Guettant d'autres reiatsu, il se rendit compte que personne ne remarquait cette anomalie. Pourtant Byakuya savait que c'était grave quand le reiatsu n'était pas contrôlé. Il prit alors sa décision : il allait tenter de prévenir le capitaine Unohana.
Il sortit du futon et gagna difficilement la porte coulissante. Là, il se trompa de sens ce qui eut pour effet de l'agacer. Après être parvenu à sortir de la chambre, ce fut plus facile pour lui : il se concentra sur le reiatsu d'Ukitake et se rendit compte que de cette façon, il était plus facile de se diriger. Frôlant les murs de ses doigts fins, il sentit qu'il se rapprochait du capitaine. Il toucha plusieurs portes et quand il sut que c'était la bonne, il la fit coulisser. De fortes toux se firent entendre, guidant Byakuya jusqu'au lit d'Ukitake.
Le jeune homme savait qu'à côté du lit se trouvait une sorte de bouton d'urgence qui préviendrait Unohana. Cependant, le jeune homme ne savait pas de quel côté du lit il se trouvait… Il tâtonna, touchant involontairement Ukitake au passage, avant d'atteindre finalement le haut du lit. Mauvais côté, il n'y avait rien… Toujours en se guidant à l'aide du lit, il se déplaça de l'autre côté.
« Bya… kuya ? » murmura Ukitake entre deux toux.
Trop concentré, Byakuya ne répondit pas. Après quelques secondes de frustration, il trouva enfin le fameux bouton d'alerte qu'il actionna avec vivacité. Évidement, il ne vit pas le bras de Jûshiro se tendre vers lui, ce qui eut pour effet de le faire sursauter violemment quand il sentit une main se poser sur son avant-bras et le serrer.
« Bya… »
Le capitaine Unohana entra alors dans la pièce accompagnée, semblait-il, de plusieurs Shinigamis. Son regard s'assombrit et Byakuya sentit l'étreinte d'Ukitake se desserrer, de la même façon que son énergie spirituelle semblait diminuer…
« C'est fini… » Murmura Unohana.
Byakuya l'avait compris avant qu'elle ne le dise…Pourtant…
« Jûshiro ? » Appela Byakuya, ne faisant plus attention au fait qu'il n'était pas seul dans la pièce. Le jeune homme chercha la main d'Ukitake mais ne la trouva pas…
