Le Clan Maudit II: L'Amour Aveugle
Auteur: BlackVision
Beta-lectrice: COC
Disclaimers: Aucun des personnages de Bleach ne m'appartient.
Chapitre 3 : Accord et Illusion
Byakuya remuait beaucoup dans son futon malgré la douleur ressentie au niveau des côtes. Des gémissements s'échappaient de ses lèvres entrouvertes tandis que des larmes roulaient sur ses joues. Une voix l'appelait mais il n'en tenait pas compte et continuait de gesticuler. Il ne savait pas exactement ce qu'il ressentait mais il était bouleversé. Ce fut seulement quand il sentit deux mains l'empoigner fermement qu'il se libéra de cette torpeur.
« Byakuya ! Réveille-toi ! » Disait la voix en secouant le jeune homme.
Se réveiller ? Parce qu'il dormait ? Byakuya ouvrit les yeux mais bien sûr il faisait noir…
«Ukitake-san? » Demanda Byakuya troublé.
« Oui », répondit-il. « Le capitaine Unohana m'a dit que tu m'appelais dans ton sommeil. Vu que je suis à la quatrième, je suis venu te voir. »
« Humm ? » Fit Byakuya qui semblait à peine sorti de son sommeil.
« Tu as fait un cauchemar ? » Demanda le Shinigami.
Byakuya resta silencieux. Ses yeux humides semblaient pourtant vides de toute émotion.
« J'ai cru que tu étais… » Commença Byakuya sans pouvoir poursuivre.
« Mort ? » Demanda Jûshiro. « Oui, j'ai bien failli y passer… Merci d'avoir prévenu le Capitaine Unohana… »
Le jeune homme ne semblait pas comprendre. Mais les évènements lui revinrent peu à peu en tête, le reiatsu qui diminuait, son trajet jusqu'à la chambre d'Ukitake… Mais impossible de se souvenir de ce qui s'était passé après l'arrivée du Capitaine Unohana.
« Tu as fait un malaise… » Ajouta Ukitake.
Une légère toux, séquelle de la violente crise de Jûshiro, se fit entendre, faisant sursauter Byakuya de surprise.
« Le capitaine Unohana m'a raconté ce qui t'était arrivé, » dit-il. « Comment vas-tu ? »
« Ça va, » répondit Byakuya. Jûshiro ne le crut pas, quelqu'un ayant perdu la vue il y a une semaine ne pouvait pas dire qu'il allait bien.
« Bon alors dans ce cas, prépare-toi, on va faire un tour, » annonça Ukitake en apportant des vêtements propres à Byakuya. Ce dernier ne bougea pas, se surprenant à se demander s'il était prudent pour Ukitake de faire une promenade dans son état.
« Le capitaine Unohana est d'accord ? » Demanda-t-il septique.
« Bien sûr ! Tu as le droit de bouger… »
Byakuya réprima un rictus ironique. Comme s'il attendait l'approbation de quelqu'un pour se déplacer…
« Je ne parlais pas de moi… » Lança Byakuya.
Jûshiro ne répondit pas. Si Byakuya avait pu voir l'air gêné d'Ukitake, il aurait compris que le Shinigami se sentait comme un enfant pris en faute. Ignorant la réflexion de Byakuya, Ukitake dit joyeusement: « Je te laisse t'habiller ! »
Jûshiro quitta la pièce en songeant qu'après tout, c'était à lui de décider s'il se sentait assez en forme pour une promenade !
Quelques minutes plus tard, Byakuya sortit de la pièce, non sans difficultés. Mais Ukitake remarqua avec étonnement qu'un Kuchiki pouvait s'habiller correctement et mettre son Kenseikaan les yeux fermés. Il songea alors avec humour que même convalescent, Byakuya craignait de ternir la réputation de sa famille. Ah ces nobles !
Ukitake prit le bras valide de Byakuya mais ce dernier le repoussa tout en affichant une expression froide sur son visage. La fierté du noble n'acceptait pas le fait qu'il devait être guidé pour avancer. Jûshiro soupira mais comprenait au fond de lui ce que pouvait ressentir Byakuya. Lui non plus n'aimait pas être assisté mais savait qu'au bout d'un moment, il était impossible de se débrouiller seul.
« Laisse-moi t'aider Byakuya, » dit Ukitake.
« Je n'ai pas besoin d'aide, » affirma froidement le noble.
« C'est faux, si tu n'avais pas besoin d'aide, le capitaine Unohana ne te garderait pas ici. Le jour où tu admettras que tu as besoin d'être aidé, là tu seras en mesure de rentrer chez toi. Mais si tu ne veux pas apprendre des autres, tu ne sauras rien faire par toi-même. C'est ce que tu veux ? » Demanda Jûshiro d'une voix ferme.
Byakuya ne répondit pas.
« Bien, dans ce cas, tu vas me laisser tenir le haut de ton bras droit et tenir cette canne avec ta main gauche, » dit-il en mettant la canne dans la main de Byakuya et en posant sa main au dessus du bandage, de façon à ne pas lui faire mal.
« Pourquoi fais-tu cela ? » Demanda Byakuya.
« Pour t'aider, » répondit Ukitake en fronçant les sourcils.
« Ça, je l'avais remarqué. Ce que je veux savoir c'est: pourquoi t'attardes-tu à la quatrième division ? » Précisa Byakuya.
« Oh. Le capitaine Yamamoto m'a mis en congé forcé pour tout un mois… Et puis cette crise n'a fait que confirmer la nécessité de ce temps de repos… » Dit le Shinigami aux cheveux blancs.
Byakuya afficha un sourire ironique qui blessa Jûshiro.
« Si je comprends bien, tu ne fais pas ça que pour moi, mais aussi pour toi afin que tu ne te sentes pas inutile. Je me trompe ? »
Instinctivement, même s'il ne voyait pas, Byakuya tourna la tête en direction du shinigami. Celui-ci fut surpris par l'exactitude des paroles du noble.
« Tu as raison. C'est sans doute égoïste, mais je déteste me sentir inutile, » avoua honteusement Ukitake.
« Moi je trouve ça normal, » dit Byakuya sincèrement. « Je ressens la même chose. »
« Dans ce cas, on a qu'à dire que si je t'aide à être autonome, toi en échange, tu m'aideras à être utile. Ce sera notre accord, tu apprendras pour m'aider, » proposa Jûshiro.
« Cela me va, » répondit Byakuya, conscient qu'il donnait ainsi un peu de sa confiance à Ukitake.
Sous cet accord étrange, les deux Shinigamis trouvèrent le moyen de garder leur fierté. Byakuya put se dire qu'il rendait service à Ukitake en le rendant utile, tandis que de l'autre côté, Ukitake permettrait à Byakuya de se débrouiller seul.
Leurs promenades furent quotidiennes. Prendre l'air faisait beaucoup de bien à Byakuya qui parvenait à se déplacer seul à présent. La plupart du temps, la marche était silencieuse car le noble paraissait toujours pensif. Ukitake aimait contempler l'air troublé du jeune noble et se demandait souvent ce qui pouvait bien lui occuper l'esprit.
Un jour qu'un léger vent soufflait, faisant voleter des pétales de fleurs de cerisier, Byakuya songea qu'il manquait le plus beau spectacle de l'année : le printemps. Son visage triste, malgré sa tentative de le cacher, n'échappa pas à Ukitake. Ce dernier posa alors une main sur l'épaule de Byakuya qui sursauta.
« Byakuya ? Ca va ? » Demanda Ukitake.
« Oui, » répondit-il sans aucune conviction.
Lui-même savait que ça n'allait pas, en fait, il était terrifié par ce qu'il vivait, terrifié par ce noir constant et par le fait de ne pas savoir ce qui s'était réellement passé. C'est dans ces moments-là qu'il se rendait compte que sa solitude lui pesait dans ces nuits noires et froides. Cependant, là, il n'était pas seul ! Jûshiro était là, alors pourquoi tenter de repousser cette main douce sur son épaule ? Byakuya ne savait pas pourquoi agissait ainsi puisqu'au fond de lui, il attendait chaque geste…pour le repousser ensuite. Il se sentait devenir de plus en plus faible, émotif, bientôt il ne pourrait plus se contrôler. Non, il ne devait pas craquer, pas devant lui.
Le noble se leva fièrement et commença à marcher vers l'intérieur sans un mot.
« Byakuya ? »
L'interpellé s'arrêta un instant avant d'être rejoint par Ukitake.
« Le capitaine Unohana m'a fait part d'un de ses doutes… Elle se demande si tu n'aurais pas chuté volontairement… » Dit Jûshiro de façon hésitante.
Sans se retourner, Byakuya déclara :
« Tu crois vraiment que j'aurais tenté de me suicider ? Si j'avais voulu le faire, je n'aurais pas échoué. »
Il pressa alors le pas sans attendre de réponse…
Tard dans la nuit…
Ukitake n'arrivait pas à dormir. Il décida alors d'aller se promener afin de prendre l'air. Il retourna au même endroit que l'après-midi, sans doute par habitude. Il s'assit sous l'arbre sous lequel il était quelques heures plus tôt et s'assoupit rapidement.
Byakuya marchait lentement. Il ne faisait pas de bruit par crainte qu'un shinigami de veille ne le renvoie dans sa chambre. Certes, les simples Shinigamis n'avaient aucune autorité sur lui, mais il ne souhaitait pas se heurter à la capitaine.
Il atteignit facilement le parc qu'il aimait grâce à l'habitude de faire ce trajet à pied. Il savait où se trouvait chaque arbre, chaque obstacle… Cependant, quelque chose de peu habituel le troubla cette fois-ci. Il n'était pas seul puisqu'il entendait respiration près d'un arbre. L'énergie spirituelle était cachée, donc impossible de savoir qui c'était. N'ayant aucune crainte, Byakuya s'approcha et demanda :
« Qui êtes vous ? »
Aucune réponse, juste cette respiration régulière. Le noble en conclut que la personne dormait. Il s'agenouilla puis avec sa main, il exerça une pression sur ce qu'il reconnut être une épaule mais il n'y eut aucune réaction. La curiosité poussa Byakuya à faire remonter sa main le long du cou de la personne, puis jusqu'au visage. Quelque chose lui semblait étrangement familier. Il continua son exploration, faisant glisser ses doigts sur les yeux clos, le nez, jusqu'à la bouche. Byakuya remarqua qu'une mèche de cheveux barrait ce visage. Il s'en saisit et reconnut facilement la douceur et l'odeur des cheveux. Devinant de qui il s'agissait, il recula ses mains mais elles furent saisies. Le noble eut un hoquet de surprise.
« Que faisais-tu ? » Demanda alors Ukitake.
« Rien, j'essayais juste de te réveiller… » Mentit Byakuya, il n'allait tout de même pas lui avouer qu'au contraire il ne voulait pas le réveiller…
« Et moi je faisais semblant de dormir… » Répondit Ukitake malicieusement.
Byakuya se sentit mal à l'aise, comme pris en faute. Il tenta tant bien que mal de cacher son trouble mais celui-ci était visible. Jûshiro se mit à sourire silencieusement devant la gêne de son cadet. Pendant un instant, il eut l'impression de revoir un Byakuya adolescent. Ce dernier parvint cependant à reprendre le dessus en adoptant un visage neutre.
« Comment est le ciel ? » Demanda-t-il alors pour détourner l'attention que lui portait Ukitake. Car le jeune homme sentait bien que son regard était rivé sur lui…
Surpris par cette question, Jûshiro ne répondit pas immédiatement mais leva les yeux au ciel.
« Et bien, le ciel est très sombre. Mais la lune nous éclaire donc nous ne sommes pas dans l'obscurité totale. Ensuite, de nombreuses étoiles sont visibles malgré quelques nuages, » répondit-il.
Byakuya essayait de visualiser ce que lui disait le Shinigami mais il n'y parvenait pas.
« J'aimerais voir tout cela, » admit Byakuya. « J'ai l'impression d'oublier peu à peu les choses que je voyais avant. »
Jûshiro ne sut pas quoi répondre. Il ne voulait pas prétendre pouvoir le comprendre puisqu'il n'était pas dans son cas. Il posa simplement sa main sur l'épaule de Byakuya, dans un geste qui voulait dire 'je suis là'. Ukitake s'attendait à ce que le noble le repousse mais pourtant, il accepta ce contact avec un léger frisson.
« Tu as froid ? » Demanda le shinigami.
« Un peu, » répondit Byakuya.
« Tu veux que je te raccompagne ? » Suggéra-t-il.
« Non, j'aimerais rester ici… »
'Avec toi,' pensa-t-il un peu honteux.
Jûshiro se fit violence pour ne pas le prendre dans ses bras. Mais ce qui l'en empêchait, c'était le conseil que lui avait donné son meilleur ami : cesser de faire le premier pas. Une histoire de fierté ? Non, il fallait juste que Byakuya puisse mesurer ce qu'il désirait ou non afin de ne pas le brusquer.
Byakuya posa avec hésitation sa main tremblante sur celle de Jûshiro. Ce dernier pensa que c'était pour la repousser mais non, la main froide du noble ne bougeait plus. Ukitake esquissa un doux sourire, à la fois heureux et hésitant. Il se décida alors à exercer une pression sur l'épaule de Byakuya, comme s'il voulait l'attirer vers lui, dans le but de faire comprendre au noble ce qu'il voulait, sans pour autant le forcer.
Byakuya comprit alors que Jûshiro lui offrait ses bras. Tiraillé entre sa fierté et l'envie de se rapprocher du shinigami, Byakuya se tortura longtemps l'esprit avant de céder à la tentation. Il se blottit finalement contre Ukitake sans oser lever la tête, craignant sentir son regard sur lui. Le noble se trouva alors ridicule, toute sa fierté semblait s'envoler en éclats après tant d'entraînement.
Jûshiro ferma les yeux de satisfaction, appréciant chaque seconde comme si c'était la dernière. Car il savait que Byakuya pouvait se relever à chaque instant, par orgueil. Instinctivement, il caressa le visage du jeune homme comme on le ferait à un enfant venant de faire un cauchemar, alors que Byakuya se pelotonnait contre lui tout en s'endormant…
Il n'y eu rien de sensuel dans leurs échanges cependant, Jûshiro avait gagné bien plus qu'une dose de concupiscence: il avait gagné la confiance de Byakuya. Car il savait très bien qu'il était la seule personne à avoir une telle proximité avec lui à présent.
« Byakuya, réveille-toi ! » Souffla Jûshiro en secouant légèrement le corps endormi contre lui.
Byakuya gémit de mécontentement, ce qui amusa le shinigami. Il recommença alors à le secouer sans aucun succès.
« J'ai entendu dire que Kurosaki était revenu à la Soul Society dans l'espoir de conquérir Rukia… » Dit-il en se doutant bien que Byakuya n'entendrait rien. Et pourtant…
« Pardon ? » Demanda Byakuya en se redressant brusquement heurtant au passage le sol avec sa main blessée.
Ukitake se mit à rire.
« C'était une plaisanterie, » assura-t-il même si ce n'était qu'une demi-vérité. Car si Ichigo était bien de retour officiellement en tant qu'aide à la Soul Society, beaucoup pensaient que c'était aussi pour les beaux yeux de Rukia… Mais Jûshiro jugeait que Byakuya n'était pas prêt à entendre cela…
« Ce n'est pas drôle, » cracha Byakuya de mauvaise humeur.
Mais au fait, où était-il ? Pourquoi était-il assis dans l'herbe ? Après ce léger instant de panique, il se souvint qu'il était venu là cette nuit et qu'il s'était sûrement endormi contre Jûshiro.
« Sérieusement, le soleil va bientôt se lever, tu devrais retourner à ta chambre avant qu'on ne remarque que tu as fait le mur, » dit Ukitake.
« Je ne suis pas un enfant, » répondit Byakuya d'une voix froide.
« Tu es de bien méchante humeur ! »
« J'ai été réveillé d'une méchante façon, » répliqua Byakuya.
Jûshiro se mit à sourire. Byakuya ne changerait jamais !
