Le Clan Maudit II: L'Amour Aveugle

Auteur: BlackVision

Beta-lectrice: COC

Disclaimers: Aucun des personnages de Bleach ne m'appartient.

Note : je ne peux pas répondre aux reviews anonymes, mais merci à vous !

Ce chapitre a été rédigé avant le HS sur les Zanpakuto dans l'animé de Bleach.


Chapitre 5 : Aux armes, festivité

'Cela faisait bien longtemps Byakuya…'

Peu de personnes appelaient Byakuya uniquement par son prénom. Seuls Ukitake, Yoruichi et la défunte Hisana se permettaient une telle familiarité avec le noble. Cependant, elle, elle pouvait.

'Oui,' souffla le jeune homme presque ému de voir si distinctement les cerisiers en fleur dans son esprit. C'est alors qu'il s'avança près de l'un d'eux et s'assit à son pied. Une forte rafale de vent tourmenta les pétales qui se détachèrent des arbres pour se regrouper en masse devant le noble. Peu à peu, ces pétales changèrent de forme et laissèrent apparaître une jeune femme à la peau extrêmement pâle. Elle ressemblait presque à un arbre : son kimono couleur bois en rappelait le tronc tandis que ses cheveux étaient de la même couleur rose que les pétales. Enfin, ses membres semblaient aussi frêles que les branches dansant au gré du vent.

'Bonjour, Senbonzakura…'

La jeune femme se mit à sourire, joyeuse de rencontrer à nouveau son possesseur dans son monde intérieur. Soudain, le décor tant apprécié disparut pour laisser place à des arbres morts sous un ciel gris. Le sourire de Senbonzakura s'effaça laissant place à un air grave.

'Voilà pourquoi je devais absolument te voir Byakuya. Je vis dans cet endroit terne depuis que tu as perdu la vue… Te souviens-tu de la dernière fois où nous avons vu cela Byakuya ?'

Le Shinigami acquiesça.

'A la mort d'Hisana,' répondit-il.

'Sais-tu pourquoi c'est si sombre ici ?' Demanda Senbonzakura.

Byakuya hocha la tête, impassible.

'N'oublie pas que nous sommes dans ton monde intérieur. C'est ce que tu ressens… Et ce que je subis,' déclara-t-elle.

Le noble lui lança un regard noir.

'Je n'ai rien demandé,' dit-il d'une voix froide.

'Tu as bien changé Byakuya… Te souviens-tu du jour où je t'ai révélé mon nom ?'

'Oui…'

Flash Back

« Kuchiki-kun, vous devez travailler dur ! Plus vous ferez d'efforts, plus votre Zanpakutô en fera pour vous ! »

Byakuya acquiesça silencieusement. Depuis qu'il était au monastère des Prêtres des Morts (1), on lui répétait toujours la même chose : travailler. A dix sept ans, Byakuya était celui qui avait le plus de potentiel selon son maître d'apprentissage, Fujita-sensei. C'est pour cela qu'il devait s'entraîner beaucoup plus que les autres. Byakuya n'en avait pas vraiment conscience et se demandait souvent pourquoi son maître exigeait de lui toujours plus d'efforts. Il avait au fond de lui l'intime conviction qu'il s'agissait d'une requête de son père qui souhaitait voir son fils devenir un homme.

Maître et élève se battaient au Zanpakutô sous forme scellée depuis plusieurs minutes. Byakuya ne connaissait aucune technique spéciale et se contentait d'esquiver et répéter les mouvements que Fujita-sensei lui enseignait. Vu de l'extérieur cela ressemblait presque à une danse, chaque mouvement paraissait anticipé et calculé. A force d'exercer les mêmes gestes, ceux-ci devenaient automatiques. C'est ainsi que Byakuya maniait son arme avec aisance malgré la fatigue qui engourdissait ses muscles. Son énergie spirituelle augmenta soudain considérablement sans qu'il ne puisse contrôler quoi que ce soit. Fujita-sensei le remarqua et augmenta lui aussi la sienne.

Alors qu'il parait un nouveau coup, Byakuya crut entendre des murmures, puis des rires. Comme il n'arrivait pas à savoir d'où cela venait, il tourna la tête de tous les côtés, mais en vain. Fujita-sensei profita de cette inattention pour abattre son arme sur l'épaule du jeune homme, réalisant ainsi une légère entaille. Le jeune noble gémit de douleur : le maître d'arme n'avait jamais été aussi dur pendant les entraînements même s'il veillait toujours à ne pas blesser sérieusement son élève.

« Je ne vous ferai pas de cadeau Kuchiki-kun. Alors prenez cet entraînement au sérieux… »

Byakuya eut presque les larmes aux yeux tant la douleur était forte. Mais par fierté, il ne montra rien et para aisément un autre coup. Cependant, Fujita-sensei passa au Shikai, gagnant un niveau supérieur par rapport à Byakuya qui ne savait pas faire cela.

Une rafale de vent projeta Byakuya lourdement contre un mur. C'est à ce moment que l'adolescent comprit que c'était l'élément de son maître. Le noble, désormais à terre, n'avait rien pour se défendre mais esquiva les attaques grâce au shunpo.

'J'aimerais tellement avoir plus de force !' Pensa Byakuya avec rage.

Le rire mutin résonna de nouveau dans ses oreilles. Non, pas dans les oreilles, mais plutôt dans sa tête. Un peu effrayé à l'idée de perdre la raison, Byakuya fronça les sourcils en se demandant si cela avait un lien avec le Shikai de son maître d'arme.

'Veux-tu savoir qui je suis ?' Demanda une voix féminine dans sa tête.

Bien sûr qu'il voulait le savoir, même s'il n'avait aucune idée de ce dont il s'agissait ! C'est la pensée qu'il eut avant d'éviter une large branche d'arbre poussée par le vent.

'Je suis Senbonzakura,' dit alors la voix dans un rire joyeux.

Byakuya vit avec surprise la lame de son Zanpakutô s'illuminer d'une teinte rosée.

'Si tu veux que je t'obéisse, je ne suis pas la bonne arme. Je n'obéis à personne. Si tu veux que je te révèle ma force, il faut que tu aies la volonté de gagner, toujours gagner… Je suis fière et n'accepte ni l'abandon, ni la lâcheté. Veux-tu te battre avec moi Byakuya ?' Demanda Senbonzakura d'une voix douce.

« Je veux me battre, » déclara Byakuya à voix haute.

'Ma première technique est…'

« Disperse-toi, Senbonzakura ! » Dit Byakuya.

L'effet fut immédiat. Le sabre prit une couleur rose plus vive qu'auparavant puis se décomposa en une myriade de petits pétales rosés. Seule la garde resta dans la main du jeune homme. Soudain, comme s'il connaissait cette technique depuis toujours, Byakuya tendit sa main libre vers Fujita-sensei, dirigeant la masse rose contre lui. Le professeur n'eut aucun mal à se protéger grâce à son propre Shikai. Il ne savait pas ce qu'étaient capables de faire ces pétales, mais il jugea qu'il fallait être prudent. Voulant cependant connaître les propriétés du Zanpakutô de son élève, Fujita-sensei dirigea une branche vers lui grâce à son Shikai. Il regarda avec stupeur les pétales découper sans pitié le bois pourtant solide. Il ne s'agissait pas de pétales mais plutôt de lames très tranchantes capables de découper tous matériaux.

Byakuya se sentait plutôt bien. Il avait oublié toute sa fatigue et semblait bénéficier d'une énergie nouvelle. Il ne s'était jamais senti aussi heureux et puissant. Cependant, il ne maîtrisait pas très bien son attaque et eut beaucoup de mal à reformer la lame de son Zanpakutô sans se blesser les mains. Mais rien à ce moment là, même les blessures, ne pouvait entacher son bonheur. Senbonzakura et lui deviendraient les meilleurs combattants. Byakuya se fit ce sermon secrètement, même s'il savait que les Prêtres des Morts n'étaient pas sensés se battre. Mais il ne savait pas qu'un jour quelque chose changerait dans sa vie et lui donnerait l'occasion de dévoiler ses capacités pour ainsi montrer sa vraie valeur à son père et à tous ceux qui le jugeaient faible.

Fin du Flash Back

'Qu'est donc devenu ce Byakuya ?'

'Il a disparu en même temps que ma vue…' déclara Byakuya sombrement. 'Je ne pourrai probablement plus jamais te libérer…'

'C'est faux !' Clama Senbonzakura. 'Tu peux, mais tu ne veux pas. Tu sais très bien qu'il te suffit de me demander de me disperser… Pourquoi ne le fais-tu pas, là ? Maintenant ?'

'Parce que c'est impossible !' Répondit Byakuya d'un air indigné.

'Tu as peur hein ?' Lança-t-elle d'un ton léger. 'Mais de quoi ?'

'C'est évident non ?' Persifla-t-il. 'Je ne vois rien, comment me serait-il possible de ne pas être un danger si je te libère ?

'Tu oublies que je suis là… C'est peut-être toi qui me contrôle, mais je suis là à pouvoir communiquer avec toi… C'est maintenant à toi de prendre cette décision… Lâcheté ou courage, à toi de choisir,' déclara-t-elle.

Tout commença alors à s'assombrir et Byakuya comprit qu'il revenait à la triste réalité. Son Zanpakutô en main, il se leva de son futon d'un geste déterminé.

'Je ne suis pas un lâche,' pensa-t-il avant de sortir de sa chambre.


« Et quel sera le programme de la soirée ? » Demanda Jûshiro à son meilleur ami.

« Pareil que chaque année : banquet, saké à volonté… On est moins coincé que les Kuchiki quand on fête un anniversaire, » plaisanta Shunsui. Mais quand il vit l'air buté de son ami, il regretta ses paroles. « En tout cas, je compte bien m'amuser, on ne prend pas dix ans tous les jours ! Et bien heureusement d'ailleurs… »

Chaque décennie, la famille Kyoraku fêtait l'anniversaire de leur fils aîné dans leur résidence. Ce jour là étaient invités les familles nobles pour respecter le protocole, ainsi que les amis de Shunsui.

« La famille Kuchiki est invitée je suppose… » Glissa Ukitake qui n'avait pas tellement envie de rire.

« C'est inévitable, elle fait partie des quatre grandes familles du Sereitei… Mais après tout, peut-être que Byakuya ne viendra pas…»

« Je l'espère, » dit Jûshiro.

« Vraiment ? » S'étonna Shunsui en scrutant son ami d'un air suspicieux.

« Oui, » assura-t-il.

Kyoraku se mit à sourire discrètement car il ne croyait pas un mot de ce que disait son ami. Mais après tout, si Byakuya pouvait croire que Jûshiro ne voulait pas le revoir, ce n'était pas plus mal…


Une semaine plus tard...

Byakuya retint un long soupir tandis que ses serviteurs l'aidaient à s'habiller. En effet, il ne pouvait pas mettre seul son hakama (2) de cérémonie car il était compliqué d'en nouer la ceinture. Il avait donc été obligé d'accepter l'assistance de ses serviteurs, ne manquant pas de les réprimander quand ils serraient trop fort. Son hakama à fines rayures noires et blanches était beaucoup plus léger que celui qu'il portait en tant que Capitaine: cela était sûrement dû à la qualité du tissu. Byakuya trouvait inutile de porter des vêtements de grandes qualités lorsqu'il exerçait son travail car il les abimait fréquemment lors des entrainements. Pourtant, même ses hakama de tous les jours étaient bien plus cher que ceux des autres Shinigami, après tout, il n'était pas noble pour rien !

Touchant la soie de son vêtement du bout des doigts, Byakuya put aisément imaginer sa tenue. Le hakama recouvrait, au niveau de la taille, un hakama-shita (3) noir porté sous un haori (4) de la même couleur, brodé des armoiries de la famille Kuchiki.

Une fois habillé, Byakuya refusa l'aide de ses serviteurs pour enfiler ses Kenseikaan car cela faisait parti des choses qu'il ne voulait pas qu'on fasse à sa place. Cela ne gênait pas le noble que ses serviteurs le voient à moitié nu mais pourtant, pour rien au monde il ne les laisserait toucher ses cheveux ni son Kenseikaan. Byakuya sut que les deux hommes s'inclinaient devant lui, même s'il ne les voyait pas, et il fit le geste habituel pour qu'ils se relèvent et quittent la pièce. Quand il fut seul, il s'agenouilla en prenant garde à ne pas froisser son hakama et posa ses doigts sur la table basse. Il les fit alors glisser sur le bois laqué jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait : son peigne. Il démêla ensuite ses cheveux avant d'y glisser un à un les tubes qui formaient le Kenseikaan. C'est alors qu'il entendit la porte coulisser. Instinctivement, il tourna la tête vers le bruit même s'il ne voyait rien.

« Kuchiki-sama, Akane-hime est arrivée, » déclara un serviteur.

« Bien, j'arrive, » répondit Byakuya.

A suivre...


(1)Voir le Clan Maudit I. Les Prêtres des Morts guident les âmes de la Soul Society quand celles-ci viennent à disparaître. Les Prêtres possèdent un Zanpakutô, d'ailleurs, ils ont combattu aux côtés des Shinigami lors de grandes batailles.

(2) Hakama: pantalon large traditionnel du Japon

(3) Hakama-shita: kimono porté sous le Hakama.

(4) Haori: veste tombant sur le Hakama jusqu'aux genoux.


Note: Je sais que ce chapitre est un peu court, mais le prochain sera plus intéressant je pense, et plus long ^^