Le Clan Maudit II: L'Amour Aveugle

Auteur: Black Vision

Beta-lectrice: COC

Disclaimers: Aucun des personnages de Bleach ne m'appartient.


Chapitre 6 : Célébration et Dispute

Chez Kyoraku Shunsui…

« Jûshiro ? Ce n'est pas Byakuya-kun, là-bas ? » Demanda Shunsui en désignant les nouveaux arrivants.

Il s'agissait bien de Byakuya, accompagné d'une jolie femme au kimono couleur ciel. Était-ce de la jalousie que ressentait Ukitake ? Pourquoi était-il en colère de voir le noble en compagnie d'une femme ? Shunsui remarqua le trouble de son ami et se mit à sourire.

« Ne t'inquiète pas, la jeune femme, c'est une parente de Byakuya : Kuchiki Akane. »

Jûshiro se détendit un peu mais continua à observer Akane qui tenait le bras de Byakuya. Sûrement un moyen discret de le guider. Le regard de la jeune femme rencontra celui d'Ukitake. Ce dernier baissa les yeux mais continua d'observer discrètement. La jeune femme glissa quelques mots à l'oreille de Byakuya et Jûshiro parvint à lire sur les lèvres du jeune homme quand il répondit : « Ukitake Jûshiro ». Akane lui avait sûrement demandé qui il était.

« Va lui parler… » Conseilla Shunsui.

« Non ! » S'entêta Jûshiro.

« Bonsoir Kuchiki-sama ! » S'exclama Shunsui en faisant de grands signes vers les deux nobles.

Byakuya ne vit évidement pas les signes mais Akane lui intima de la suivre en exerçant une légère pression sur son bras. En voyant le 'couple' arriver, Jûshiro lança un regard noir à son ami en lançant un 'merci' ironique.

« Bonsoir, Kyoraku-sama, » Salua la jeune femme d'un ton enjoué. « Ukitake-san, » souffla-t-elle du bout des lèvres, comme si elle se demandait ce qu'un homme de rang inférieur venait faire ici. Byakuya, lui, salua froidement les deux hommes par leur titre de capitaine. A ce moment là, Jûshiro se demanda si Byakuya était en colère d'être là ou si c'était l'attitude de sa cousine qui le gênait. Il pensa tristement que cela devait être bien égal pour le noble…

Kyoraku serra légèrement la mâchoire et durcit son regard. Son attitude de noble prit le dessus sur sa gentillesse habituelle. Jûshiro avait rarement vu son ami avec cette expression hautaine mais il se doutait que c'était pour remettre la jeune fille à sa place. Après tout, elle n'était pas si proche que cela de la lignée de Byakuya, même si elle portait le nom de Kuchiki.

« Je ne crois pas avoir 'l'honneur' de vous connaître, » mentit Kyoraku en insistant sur le mot honneur. Son but était de lui faire comprendre qu'elle n'était pas si importante que cela dans la famille Kuchiki, même s'il connaissait son nom.

« Je suis Kuchiki Akane, la cousine de Byakuya, » déclara-t-elle d'un ton hautain, bien qu'elle tentait de se contrôler devant l'hériter Kyoraku.

« Une cousine lointaine, » précisa Byakuya qui n'appréciait pas le ton employé par la jeune femme. Il se demanda pourquoi les anciens l'avaient imposée ! Sans doute parce qu'elle était jolie et en âge de se marier… « Je ne sais même pas par quel ancêtre nous avons ce lien de parenté… »

Kyoraku retint un rire tandis que Jûshiro restait discret puisqu'il s'agissait d'une discussion 'entre nobles'. Byakuya se demanda un instant s'il n'était pas parti mais une légère toux confirma sa présence.

Inquiet, Kyoraku posa une main sur le dos de son ami.

« Ça va, Shunsui, » rassura Ukitake.

Si Byakuya avait vu l'expression d'indignation sur le visage de sa cousine, il aurait été furieux. Elle ne pouvait concevoir que l'on puisse être si familier avec un noble de rang supérieur et le montrait. Byakuya resta immobile, ne voulant pas montrer une quelconque inquiétude pour Jûshiro. Ce dernier fut profondément agacé par le dédain de la jeune fille et songea avec tristesse que cela gâchait toute sa beauté. Akane avait pourtant les caractéristiques physiques propres à la famille Kuchiki : des cheveux sombres qu'elle avait ramenés en chignon, des yeux très clairs et une attitude hautaine. Mais ce dernier trait semblait être amplifié par dix chez la jeune femme et Byakuya à côté, passait presque pour quelqu'un de sympathique.

« Vous avez un problème ? » Ne put s'empêcher de demander Jûshiro d'un ton agacé en voyant la mine renfrognée de la jeune femme.

« Est-ce une façon de parler à une… »

« Femme de rang supérieur au mien ? » Railla Jûshiro sur un ton que les deux autres capitaines ne lui connaissaient pas.

Akane regarda brièvement Byakuya, cherchant un soutien ou une désapprobation. Mais voyant qu'il restait neutre, elle poursuivit:

« Je ne l'aurais pas dit comme cela, mais oui, » dit-elle.

Kyoraku prit le bras de Jûshiro pour le calmer car il savait que s'il s'emportait trop, il risquait de faire une nouvelle crise. Ukitake comprit l'intention de son ami et se détendit un peu sachant que Shunsui prendrait le relais. Mais le noble n'eut pas le temps de répliquer car Byakuya s'était écarté d'une façon hasardeuse du groupe, entrainant la jeune femme avec lui. Curieux, Jûshiro et Shunsui tendirent l'oreille pour entendre ce qu'ils se disaient.

« Akane, est-ce une façon de t'adresser à un capitaine ? » Demanda Byakuya d'un ton neutre.

« Il fait parti de la petite noblesse, je n'ai pas à m'abaisser devant lui, » récita la jeune femme.

Byakuya se retint de soupirer. Elle avait été éduquée comme lui sauf qu'elle n'avait jamais réfléchi à ce qu'on lui avait appris.

« Le fait qu'il soit capitaine lui donne un statut équivalent à la noblesse, et donc égal au tien, » indiqua-t-il de façon hautaine.

« Peut-être, » admit-elle. « Mais si vous voulez mon avis, son statut de capitaine n'est pas celui qu'on peut remarquer en premier… »

« Ton avis ne m'intéresse pas et je voudrais que tu t'abstiennes de le donner la prochaine fois, » exigea Byakuya d'une voix glaciale. « Maintenant, j'exige que tu ailles présenter tes excuses au capitaine Kyoraku pour avoir insulté son ami. Ensuite, tu t'excuseras auprès du capitaine Ukitake pour ton offense. Tu en profiteras pour prendre congé et rentrer au manoir,» continua Byakuya sèchement.

« Mais c'est humiliant ! » s'offusqua-t-elle malgré le fait qu'elle soit effrayée par son noble cousin.

« Tu sauras ce que signifie vraiment 'humiliant' si tu ne m'obéis pas, » trancha fermement Byakuya.

A contrecœur, Akane retourna vers les deux capitaines en guidant Byakuya par la même occasion. Jûshiro et Shunsui avaient entendu l'ordre de Byakuya et étaient bien curieux de voir comment la jeune fille allait se débrouiller.

« Vas-y, » ordonna Byakuya. « Et n'oublie pas de t'incliner. »

« Ukitake-taichô, veuillez excuser mon comportement envers vous ; Kyoraku-taichô, je vous prie de pardonner mon offense… » Regretta-t-elle en inclinant son visage.

« Akane, je t'ai aussi demandé de t'incliner, » fit remarquer Byakuya.

La jeune femme se demanda comment il s'était aperçu qu'elle n'avait pas obéi à son dernier ordre mais inclina le buste, toujours à contrecœur. Les deux capitaines inclinèrent la tête pour montrer qu'ils acceptaient ses excuses. Akane s'empressa de les remercier, soulagée, car sa punition allait ainsi être peut-être moins conséquente. Elle prit alors congé et laissa les trois capitaines seuls.

« Elle a un sacré caractère ! » S'exclama Kyoraku.

Mais ni Ukitake, ni Byakuya ne répondirent. Jûshiro se contenta d'un hochement de tête et, à la grande surprise de son ami, déclara qu'il allait prendre l'air. Shunsui haussa les épaules et intima à Byakuya de venir avec lui avant de faire signe à une femme de venir vers eux.

« Onee-san ! Tu veux bien rester avec Kuchiki-sama un instant ? » Demanda-t-il, pressé de retrouver son ami.

« Bien sûr ! » Répondit-elle. « Je vais vous donner un rafraichissement, Kuchiki-sama, » dit-elle à Byakuya d'un ton aimable avant de l'entrainer vers l'intérieur.


Byakuya s'ennuyait terriblement. Au moins deux heures étaient passées depuis le départ de sa cousine mais la soirée était loin d'être terminée. Les rires de Kyoraku égayaient la pièce, ce qui était peu courant dans les fêtes de nobles. Byakuya savait que Jûshiro était auprès de son ami et malgré la colère qu'il éprouvait encore contre lui, il ne put s'empêcher d'avoir un pincement au cœur. Le noble prit alors la décision de quitter la soirée, tant pis pour l'étiquette. Il informa la sœur de Kyoraku de son intention, qui lui demanda alors si quelque chose n'allait pas. Il répondit simplement qu'il était fatigué et qu'il craignait d'être un mauvais invité. C'est ainsi qu'elle le dirigea vers son frère pour que Byakuya puisse le saluer.

« Je vais le raccompagner, » indiqua la femme avant de s'incliner devant son frère.

« Shunsui, je vais m'en charger car je vais rentrer moi aussi, » dit Jûshiro.

Byakuya eut soudain l'impression d'être un fardeau pour les voyants. Il n'entendit pas Ukitake glisser quelques mots à l'oreille de son meilleur ami, lui indiquant qu'il souhaitait parler avec Byakuya.

« Oui, c'est vrai que tu es plutôt pâle ce soir, » répondit-il en voyant que les autres invités se posaient des questions sur le départ de son ami. « Repose-toi bien, » ajouta-t-il avec un regard appuyé.

Byakuya retint un soupir. Il savait que Jûshiro n'était pas fatigué, tout comme lui. Le noble préférait que ce soit la sœur de Kyoraku qui le raccompagne, mais il aurait été impoli d'exiger cela. Jûshiro et Byakuya saluèrent tous les invités avant de quitter la soirée. Quand ils furent assez loin, Jûshiro proposa à Byakuya de l'aider en lui prenant le bras mais Byakuya répliqua :

« Ce n'est pas la peine, je me repère à ton énergie spirituelle. »

Une façon plus poli pour dire 'je ne veux pas de ton aide'. Jûshiro fut agacé mais n'en montra rien car après tout, leurs rapports étaient devenus assez conflictuels depuis le soir où il avait rendu visite à Byakuya. Celui-ci n'avait sûrement pas digéré le fait de ne pas être au courant du déplacement de Rukia. Ukitake n'était plus si sûr de vouloir parler avec le noble, autant parler à un mur ! Mais il fallait bien se lancer…

« Tu m'en veux de ne pas t'avoir prévenu du départ de Rukia, n'est-ce pas ? » Commença Jûshiro sans s'arrêter de marcher.

Byakuya laissa échapper un rictus ironique.

« Donc me laisser dans l'ignorance était vraiment volontaire, » remarqua-t-il froidement.

« Oui et non, car l'autre soir j'étais venu te parler de cela, mais tu m'as congédié, » rappela Ukitake.

« Oui, c'est vrai. Mais tu aurais tout de même pu me prévenir, d'une façon ou d'une autre, » reprocha Byakuya.

« Tu étais inquiet pour elle, » constata Ukitake avec un léger sourire.

« Tout le monde était au courant de son départ, sauf moi ! Même la domestique savait que Rukia était sur Terre. A cause de cela, ma crédibilité de Chef de Clan en a pris un coup. Déjà que ce n'est pas facile en étant aveugle alors imagine si en plus je ne suis au courant de rien alors que TU devais me prévenir comme tu le faisais avant. Mais apparemment, je ne peux plus compter sur toi non plus ! » S'exclama Byakuya en laissant échapper sa colère malgré lui.

« C'est trop facile de mettre ça sur mon dos Byakuya. Si tu communiquais avec ta sœur, peut-être qu'elle aurait songé à t'en parler. Si tu n'as aucun lien avec elle, ce n'est pas de ma faute. A quoi bon l'avoir recueillie si c'est pour l'ignorer ensuite ? » Cracha Jûshiro avec mauvaise humeur.

Byakuya ne l'avait jamais connu aussi cassant et il dût admettre que cela lui faisait un choc.

« Ce n'est pas ton problème, » lâcha Byakuya avec véhémence.

« Tu as raison. Je suis trop stupide d'essayer d'aider un noble égoïste, trop étroit d'esprit et nombriliste pour se rendre compte de certaines choses, » répliqua le shinigami.

« Mais je ne t'ai rien demandé ! Tu sais, tout le monde pense de toi que tu es un homme extrêmement gentil, mais en fait, je crois que tu agis surtout pour soulager ta conscience et que tu attends une reconnaissance derrière, » explosa Byakuya.

« Qu'est-ce que tu en sais ? Tu me connais peut-être ? Non, tu ne t'es jamais intéressé à ce que je pouvais être réellement. J'ai toujours été à tes côtés quand ça n'allait pas, mais toi, peux-tu en dire autant ? T'es-tu déjà demandé ce que je peux ressentir quand je sens la mort au bord des lèvres ? » Aboya Jûshiro en suffocant. « Tu l'ignores hein ? » Siffla-t-il ensuite.

Le visage de Byakuya resta neutre mais pourtant, la réplique de Jûshiro lui avait enlevé les mots de la bouche. Il avait raison, Byakuya ne savait absolument pas ce que Jûshiro ressentait, il n'avait jamais pris la peine de lui poser la question, ou d'en discuter avec lui. Le silence de Byakuya calma Jûshiro car il savait qu'il marquait un point. Ils continuèrent tous deux d'avancer dans un silence lourd et pesant que Jûshiro ne tarda pas à briser.

« De toute façon, cela n'a plus d'importance, Kuchiki-kun. »

Sans qu'il puisse se l'expliquer, Byakuya eut la gorge nouée par cette dernière déclaration et ne put s'empêcher d'émettre un léger soupir. Pour la première fois de sa vie, Jûshiro avait fait preuve de vraie méchanceté envers lui, et l'avait atteint et blessé. Pourtant, ce fut les crocs de la culpabilité qui s'enfoncèrent douloureusement dans son cœur car si Jûshiro avait explosé à cet instant, c'est parce qu'il avait tout gardé pour lui durant de longues années. Mais malgré cela, Byakuya en voulait à Jûshiro de lui avoir parlé ainsi, sûrement parce qu'il n'avait absolument pas l'habitude que quelqu'un se le permette !

Le trajet jusqu'à la demeure des Kuchiki se finit dans un silence pesant. Quand il aperçut les gardes personnels de Byakuya se dirigeant vers eux, Jûshiro s'éloigna sans un mot, laissant un Byakuya à la fois déconcerté et furieux. Cette nuit-là, le noble ne trouva pas le sommeil, trop préoccupé par les paroles de Jûshiro...