Le Clan Maudit II: L'Amour Aveugle
Auteur: BlackVision
Beta-lectrice: COC
Disclaimers: Aucun des personnages de Bleach ne m'appartient
Note: Ayant repris les cours, je risque de mettre un peu plus de temps à ajouter de nouveaux chapitres...
Chapitre 7: Progrès et Rumeur
Les jours passèrent et Byakuya n'arrivait toujours pas à se défaire des paroles blessantes de Jûshiro. Pourtant, elles étaient criantes de vérité car Byakuya ne se souvenait pas avoir un jour demandé au shinigami ce qu'il ressentait par rapport à sa maladie. Jûshiro avait toujours gardé ses inquiétudes pour lui seul, lui offrant sa bonne humeur et son sourire uniquement. La culpabilité le rongeait mais il savait qu'il était trop tard car quelque chose venait de se briser entre eux. C'était fini et Byakuya devait l'accepter. Mais maintenant qu'il n'avait plus le choix, la cruelle vérité semblait s'imposer en lui ; il éprouvait de forts sentiments pour Jûshiro. De l'amour ? Le noble n'en était pas certain mais pourtant…
Il pourrait très bien aller voir Jûshiro et, pourquoi pas, essayer de construire quelque chose de sérieux ? Impossible, aussi bien à cause de son état que de sa fierté.
« J'espère que je ne suis pas trop en retard, Kuchiki-taicho, » fit la voix douce du capitaine Unohana, faisant sortir le noble de ses pensées.
Byakuya secoua la tête car à vrai dire, il n'avait pas tellement la notion du temps.
« Comment allez-vous? » Demanda-t-elle avec compassion.
« Je ne vois toujours rien, si c'est ce que vous voulez savoir, » lança froidement Byakuya en se demandant pourquoi il avait accepté d'être examiné une nouvelle fois.
« Ce n'est peut-être qu'une question de temps ! Vous savez, je n'ai trouvé aucune raison médicale à votre cécité… » Tenta la capitaine pour apaiser son patient. « En tout cas, vous avez fait de grands progrès ! »
C'était la vérité. Byakuya avait énormément progressé car il avait durement travaillé. S'il y avait une chose qu'il détestait par-dessus tout, c'était d'être dépendant des autres. Ainsi, il réussissait à manger seul, à s'habiller seul… Pour se diriger, il était constamment accompagné de ses gardes à qui il indiquait ses déplacements. Ainsi, ils venaient avec lui et Byakuya se dirigeait en repérant l'énergie spirituelle de ses guides, qui assuraient en même temps sa protection. Il avait dépassé depuis longtemps le stade où il devait tenir un bras pour se déplacer car le noble trouvait cela humiliant d'être aussi proche de quelqu'un.
« J'aimerais vous faire une nouvelle prise de sang, » déclara Unohana en allant chercher une seringue.
« Pourquoi ? » S'étonna Byakuya, réticent.
« Je veux seulement être sûre que vous ne manquiez de rien. Vous voulez bien remonter votre manche ? »
Byakuya s'exécuta à contrecœur car, il fallait bien l'avouer, il n'avait aucune envie de coopérer avec elle.
« Qu'est-ce que cela ? » Demanda-t-elle d'un ton réprobateur en regardant l'avant-bras bandé de Byakuya.
Le noble ne comprit pas immédiatement de quoi elle parlait, et la femme lui saisit fermement le bras. Elle en profita pour retirer le bandage afin d'observer les blessures. Celles-ci étaient nettes et précises, prouvant que c'était une pointe aiguisée qui les avait faites.
D'un geste rapide, elle ouvrit le shihakusho (1) de Byakuya et remarqua que des plaies similaires barraient son torse et abdomen.
« Ne me dîtes pas que vous avez utilisé votre Zanpakuto dans votre état ! » Réprimanda la jeune femme en reconnaissant bien les entailles. Et pour cause, elles étaient presque similaires à celles que Renji avait eues après son combat avec Byakuya…
Byakuya tiqua. De quel droit se permettait-elle de lui parler ainsi ?
« Je fais ce que bon me semble, » répliqua froidement le noble en repoussant les mains d'Unohana qui s'attardaient sur ses blessures.
« Vous êtes vraiment imprudent, Kuchiki-taicho. Et si vous ne cessez pas vos entrainements dangereux, je serai forcée de demander au capitaine Yamamoto le retrait de votre Zanpakutô… Pour votre sécurité, » déclara Unohana d'un ton étrange, à la fois doux mais ferme, le même qu'elle réservait aux membres de la onzième division pour se faire respecter.
« Serait-ce une menace ? » Demanda Byakuya sur la défensive.
« Oui, » répondit franchement la shinigami.
Byakuya ne put répliquer. Son respect envers Unohana était bien trop important pour qu'il fasse preuve d'une trop grande froideur. Il n'oubliait pas que c'était elle qui avait fait tout son possible pour sauver Hisana et malgré son échec, il lui en serait éternellement reconnaissant. Cependant, il ne pouvait pas lui promettre de ne pas se servir son arme car il souhaitait pouvoir l'utiliser malgré sa cécité.
Ainsi, il garda le silence et laissa le capitaine Unohana effectuer le reste des examens. De son côté, la shinigami savait qu'il ne renoncerait pas à son Zanpakutô mais qu'au moins, il serait peut-être un peu plus prudent…
Le lendemain…
' Tu sembles bien énervé, Byakuya !' Fit Senbonzakura en riant dans la tête du noble.
' Tais-toi, ' Ordonna le shinigami.
Un léger rire se fit encore unefois entendre dans l'esprit du noble alors qu'il libérait son Zanpakutô sur le terrain d'entraînement privé de la famille Kuchiki. Il s'efforça de ressentir chaque lame afin que celles-ci ne lui entaillent pas une nouvelle fois la peau et les dirigea devant lui, puis derrière. Son but était d'apprivoiser une nouvelle fois son attaque et de l'adapter à sa cécité.
« Rugis, Zabimaru ! » Clama une voix à l'autre bout du terrain d'entraînement. Par surprise, mais surtout par réflexe, Byakuya envoya toutes ses lames vers Renji mais manqua sa cible. Renji envoya alors sa longue arme vers Byakuya qui l'esquiva d'un pas de shunpo.
« Comment avez-vous su ? » Demanda Renji légèrement surpris.
« Je connais ta façon de combattre par cœur, » répondit Byakuya.
« Ah oui ? »
Renji esquissa un sourire et déroula sa lame plus rapidement que la fois d'avant, frôlant au passage l'épaule de Byakuya et déchirant le tissu qui la recouvrait.
« Et cette attaque, vous l'aviez prévue ? » Questionna Renji en riant.
« Non, » répliqua Byakuya froidement. Pourquoi son vice-capitaine était-il ici ? Pour se moquer de lui ? Le noble ne trouvait pas cela amusant et répliqua en lançant la nuée de lames sur Renji mais une nouvelle fois, il ne parvint pas à le toucher. Renji bondit alors en avant tout en lançant de nouveau son arme sur Byakuya, ne retenant pas sa force. Le noble concentra son attention sur le bruit que produisait la lame de son vice-capitaine quand celui-ci la déploya et grâce à cela, il parvint à se décaler à temps.
« Zabimaru fait beaucoup de bruit, » déclara Renji qui avait compris comment son capitaine avait esquivé. « Je ne sais pas si vous avez fait attention, mais chaque attaque de chaque shinigami a une faiblesse. La faiblesse de votre shikai, mais aussi de votre bankai, c'est que vous devez toujours être concentré sur votre cible… »
« Es-tu en train de me dire que mes efforts sont vains et que je ne peux pas combattre normalement parce que je ne peux pas te voir ? » Avança Byakuya en serrant les dents de rage.
« Non pas du tout ! J'ai parlé de concentration ! Pas de vue ! Vous n'avez pas besoin de me voir pour savoir où je suis ! »
Renji avait raison, car si Byakuya était incapable de le voir, il l'entendait bien et pouvait maintenant le localiser parfaitement ! En fait, il suffisait de le faire parler ou alors d'écouter le bruit de ses pas, le frottement de ses vêtements pour imaginer les gestes qu'il faisait ! Voulant tester ce qu'il avait compris, Byakuya envoya une nouvelle attaque vers Renji et entendit le bruit significatif des lames qui rencontraient l'arme de son vice-capitaine.
« Tu n'as pas tort… » Avoua Byakuya plutôt satisfait.
« On continue ? » Demanda Renji au sommet de sa forme.
« Continuer quoi ? » Questionna le noble avec un haussement de sourcils.
« Ben votre entraînement ! »
Renji venait maintenant s'entraîner avec son capitaine dès qu'il avait du temps libre et même si Byakuya ne disait rien, il appréciait ces moments où ses progrès étaient visibles car désormais, il ne se blessait plus. Bien entendu, il était incapable de combattre « en temps réel » pour le moment, mais il était satisfait. Cette note positive l'avait poussé à rejoindre la division une semaine plus tard mais il avait vite déchanté à son arrivée car tout était devenu chaos… Et pour la première fois, il fut soulagé de ne pas pouvoir voir le désastre et le désordre qui régnait dans les couloirs… Il soupçonna alors Renji d'avoir été trop laxiste pendant son absence.
Ce fut donc avec mauvaise humeur qu'il commença le travail. Renji se chargeait de lire les rapports à voix haute et Byakuya les approuvait ou non. Cependant, le capitaine manquait vraiment de patience et c'était Renji qui en payait le prix… Soit il ne lisait pas assez vite, soit il lisait trop vite, soit il se trompait dans la lecture d'un kanji… Rien ne satisfaisait le capitaine.
« Tu sais ce que j'ai entendu dire ? » Fit alors une voix dans le couloir, interrompant Renji et Byakuya dans leur travail.
Byakuya fronça les sourcils et Renji tendit l'oreille.
« Non, quoi ? » Répondit une deuxième voix.
« A ce qu'il paraît, le Capitaine Unohana a passé la nuit chez le Capitaine Ukitake… »
« Sérieux ? »
« Oui ! Une shinigami de la treizième m'a dit qu'elle a vu Unohana partir tôt le matin et… »
« Vous n'avez rien de mieux à faire que de discuter ? » lança froidement Byakuya aux jeunes filles depuis son bureau. Les deux shinigamis s'excusèrent auprès de leur capitaine avant de repartir rapidement. Cependant, le noble regrettait presque d'avoir interrompu la conversation: sa curiosité avait été piquée et prenait le dessus.
Qu'était-ce donc que ce sentiment qu'éprouvait Byakuya ? Il avait l'impression d'être à la fois en colère et triste. Mais étrangement, toute sa rage se dirigeait vers… Unohana. Était-ce cela qu'on appelait 'jalousie' ?
« Capitaine… Vous croyez vraiment qu-- »
« Je me fiche que le capitaine Ukitake fréquente le capitaine Unohana, d'accord ? » coupa Byakuya en renversant la pile de dossier par mégarde.
« …qu'il est nécessaire de finir tous les dossiers aujourd'hui ? » Termina Renji en observant son capitaine d'un air suspicieux.
Byakuya masqua sa gêne par un air agacé. Il chercha les dossiers de la main mais constata que la pile avait largement diminué… Voyant son capitaine tâtonner dans tous les coins du bureau, Renji déclara prudemment:
« Ils sont tombés… »
« Bien, alors ramasse-les. Tu pourras partir ensuite, » ordonna Byakuya sèchement.
« Sérieusement ? Vous me laissez mon après-midi ? » S'étonna Renji.
« Oui, alors pars avant que je ne change d'avis, » fit Byakuya avec agacement.
« Puis-je rendre visite à Rukia ? » Tenta Renji.
« Ne rêve pas trop… » Conclut Byakuya en rassemblant tous les dossiers que Renji lui donnait. Celui-ci esquissa un sourire, que Byakuya ne pouvait évidement pas voir, et songea que la désapprobation de son capitaine ne l'empêcherait pas de voir son amie…
Maintenant seul dans son bureau, le capitaine resta un instant songeur et se demanda s'il était vraiment possible qu'il se passe quelque chose entre le capitaine Unohana et le capitaine Ukitake. Byakuya songea avec écœurement qu'ils formaient un joli couple. Unohana était d'une douceur incomparable et saurait combler le manque affectif de Jûshiro, chose que Byakuya ne pouvait faire… Décidant de ne plus penser à cela, Byakuya se leva et prit son Zanpakutô posé à sa droite. Il rejoignit ensuite ses gardes personnels afin d'être guidé jusqu'à chez lui, plus précisément jusqu'au dojo de la famille Kuchiki où il pourrait libérer son Zanpakutô et de ce fait, évacuer sa colère.
Pendant ce temps à la treizième division…
« Vous-vous sentez mieux, Jûshiro-san ? » Demanda Unohana en posant sa main sur le front brulant de Jûshiro.
« Oui, » murmura-t-il dans un souffle, la gorge encore endolorie par la crise de la veille.
« Je suis inquiète, vos crises sont de plus en plus fréquentes et violentes… C'est la deuxième en seulement une semaine ! Heureusement que vous m'avez fait appeler à temps ! » Déclara-t-elle avec douceur.
« Je sais, » répondit-il d'une voix rauque avant de tousser.
« Je veux que vous preniez un repos total et que vous ne fassiez aucun effort inutile. Il va de soi qu'il est nécessaire de regagner votre lit… » Recommanda la femme médecin d'une voix ferme.
Jûshiro s'exécuta sans un mot, ce qui surprit la jeune femme, habituée à l'entendre protester qu'il ne voulait pas être inutile, etc.
« Jûshiro-san ? Vous êtes sûr que ça va mieux ? Que vous ne dites pas cela pour éviter ma division ? »
« Je suis juste fatigué, Retsu-san, » répondit-il avec une lassitude que la shinigami ne lui connaissait pas. « Je crois que je devrais laisser ma place de capitaine… » Souffla-t-il après un moment de silence.
« Je comprends que ce ne soit pas facile pour vous, mais vous êtes l'homme le plus courageux que je connaisse et je suis sûre qu'une fois de plus, vous parviendrez à vous relever, » déclara-t-elle sincèrement en posant sa main sur celle de Jûshiro.
« Mais pour combien de temps ? » S'écria-t-il en se redressant brusquement. « Pour combien de temps Retsu… » Répéta-t-il en étouffant un sanglot.
La femme-médecin fut touchée par la détresse de son ami et le prit dans ses bras.
« Tant que vous vous battrez, vous y arriverez, » assura-t-elle en lui caressant les cheveux, comme une mère ferait pour apaiser son enfant.
« Et si je n'avais plus envie de me battre ? » Demanda-t-il d'une voix grave en tentant de retenir ses larmes.
Unohana ne répondit pas et serra Jûshiro plus fort contre elle, luttant elle aussi contre les larmes. Finalement, Jûshiro se laissa aller et pleura silencieusement sur l'épaule de son amie.
Retsu n'avait jamais vu Jûshiro verser une larme et pourtant elle le connaissait depuis très longtemps ! Elle songea alors qu'il devait vraiment être au plus mal s'il lui montrait ainsi sa tristesse...
(1) Shihakusho: le vêtement noir porté sous le haori de capitaine
