Le Clan Maudit II: L'Amour Aveugle
Auteur: BlackVision
Beta-lectrice: COC
Disclaimers: Aucun des personnages de Bleach ne m'appartient
Note: Tout d'abord, je voulais m'excuser pour ce retard! Mais mon ordinateur m'a lâchée, j'ai donc perdu tous mes documents et j'ai mis beaucoup de temps à retrouver les chapitres de cette fic... Mais c'est bon, j'ai réussi à les sauver ^^ Bonne lecture =)
Chapitre 8 : Nouveauté et Souvenir
Trois mois plus tard…
« Jû-chan ! » Appela Shunsui en se hâtant vers lui. Le capitaine de la treizième division se retourna vivement et sourit en voyant son ami. « Il est bien difficile de te voir en ce moment ! » Ajouta le brun en faisant une moue boudeuse.
« Pardon Shunsui, mais c'est qu'en ce moment… »
« Tu passes tout ton temps libre avec Retsu… Je sais, » coupa Shunsui en souriant. Cependant, Jûshiro ne sut pas si ce sourire était sincère ou non. Il se sentit soudain embarrassé. C'était vrai qu'il n'avait pas vu son ami depuis un bon bout de temps… Enfin, il l'avait vu aux réunions de capitaines mais cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas retrouvés en tête à tête comme avant.
De son côté, Shunsui comprenait que son ami eût besoin d'être seul avec la femme même s'il soupçonnait qu'il y ait plus que de l'amitié…
Jûshiro passait beaucoup de temps avec Retsu depuis qu'il s'était confié à elle. La femme-médecin avait su trouver les mots pour l'apaiser et elle seule semblait vraiment le comprendre. Évidement, Shunsui avait toujours été d'un grand soutient mais était-il capable de réellement se représenter ce qu'il ressentait ? Au fond, Jûshiro avait besoin de se sentir compris et rassuré par rapport à sa maladie et Unohana remplissait tout à fait ces critères. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien avec une personne… Si bien qu'un jour, naturellement, ils avaient échangé un baiser, faisant passer leur complicité à un stade supérieur… Mais Jûshiro gardait cela pour lui, il n'en n'avait même pas parlé à son meilleur ami. Pourquoi ? Il n'en savait rien, peut-être par pudeur, ou alors par culpabilité...
Mais autour d'eux, tous se doutaient plus ou moins des liens qui unissaient Jûshiro et Retsu et les rumeurs allaient bon train, parvenant même aux oreilles de Byakuya. Mais le noble était comme d'habitude : froid et indifférent. Shunsui ne put s'empêcher d'avoir de la pitié pour le shinigami car il n'avait pas eu beaucoup de chance ces derniers temps…
« Pauvre Byakuya-kun ! » Fit Shunsui en soupirant.
« Pourquoi dis-tu cela ? » Répondit Jûshiro en se braquant.
« Il a été destitué de son titre. J'ai été informé qu'il faudrait que je m'adresse à son grand oncle pour les affaires du clan, » expliqua le noble.
« Oh, » fit simplement Jûshiro, surpris par la nouvelle.
« Reste à savoir ce que nous allons faire pour l'aider, » songea Shunsui à voix haute.
« Nous ? Je regrette Shunsui mais je ne ferai rien. Cela ne me concerne pas, » déclara Jûshiro d'un ton convaincu.
« Mais Byakuya a besoin d'aide ! Je suis sûr qu'il n'a personne sur qui compter en ce moment et… »
« Il ne veut pas de mon aide et je ne veux pas l'aider. Je crois que j'ai enfin réussi à passer à autre chose et je ne souhaite pas me replonger dans le passé… C'est peut-être égoïste mais je ne changerai pas d'avis, » coupa Jûshiro.
« Non ce n'est pas égoïste Jû-chan ! Tu as le droit d'être heureux et tu dois penser un peu à toi, tu as raison, » approuva Shunsui. « Mais moi j'ai décidé de faire quelque chose pour lui car sa destitution est tout simplement injuste. »
« J'espère sincèrement que tu y arriveras Shunsui. Car même si je ne souhaite pas me mêler des affaires de Byakuya, je pense qu'il ne mérite pas ça… » L'encouragea Jûshiro en posant une main sur l'épaule de son ami.
Flashback
[Précision : se situe pendant le chapitre 8 du Clan Maudit I pour les initiés, juste avant que Jûshiro n'apprenne qu'une épouse a été trouvée au jeune chef de clan]
Byakuya ferma les yeux, grisé par la douceur des mains qui s'attardaient dans ses cheveux. Encore peu habitué à ses Kenseikan, c'était toujours un soulagement quand ils étaient retirés, et encore plus quand c'était Jûshiro qui s'en chargeait.
Le jeune vice-capitaine soupira avant de faire basculer sa tête sur l'épaule du capitaine, savourant l'instant de quiétude où il n'était pas encore l'héritier de son clan. A cet instant, il était Byakuya, juste Byakuya et le noble appréciait toujours que Jûshiro le considère comme tel.
Le capitaine de la treizième entoura Byakuya de ses bras en ressentant de la culpabilité, comme à chaque fois qu'il agissait ainsi. Après tout, son amant était jeune, très jeune… Dix-huit ans à peine et lui en avait le double…Mais ce qui l'attirait chez le noble n'était pas sa jeunesse, malgré son attirance physique, mais sa maturité et sa sagesse. Byakuya était un jeune homme intelligent et plein d'esprit avec lequel le capitaine pouvait partager des conversations enrichissantes. Il ne manquait à Byakuya que l'expérience pour être un homme accompli. Avec ce raisonnement, Jûshiro devrait se douter que les choix de Byakuya étaient réfléchis, donc ne pas ressentir de culpabilité… Oui mais voilà, Byakuya devrait sûrement se marier prochainement pour assurer la succession de son Clan, vu que son père était mort… Alors pourquoi Jûshiro le dévêtait-il au lieu de l'encourager à rentrer chez lui organiser son avenir ?
Mais malgré tout ses états d'âmes, il ne pouvait s'empêcher d'embrasser la peau tendre de son cou ni de glisser sa main dans le hakama-shita, d'autant plus que Byakuya répondait favorablement à son étreinte…Bientôt, Jûshiro perdit le fil de ses pensées, entraînant Byakuya avec lui…
« Byakuya… Je… »
« Chut… » Protesta le noble en posant un doigt sur les lèvres de Jûshiro. « Vous allez encore vous excuser… »
« Oui, » répondit Jûshiro en souriant tristement. Le regard de Byakuya devint dur et le noble se redressa brusquement. Sans un mot, il récupéra son hakama-shita puis son hakama.
« Byakuya, tu es en colère ? » Demanda Jûshiro en se relevant à son tour. Il regarda avec perplexité le noble s'habiller avec une vitesse déconcertante. « Byakuya ? » répéta-t-il en rejoignant le jeune homme qui était à présent agenouillé devant le miroir.
Le noble ignora la question et passa dans ses cheveux le peigne emprunté à Jûshiro dans le but d'enfiler ensuite ses Kenseikan. Jûshiro soupira bruyamment et saisit la main de Byakuya, le forçant à s'arrêter.
« Pourquoi es-tu en colère ? »
Byakuya dégagea sa main et posa le peigne sur la tablette tout en gardant ses doigts dessus.
« Je ne suis pas en colère, je suis simplement triste, » expliqua Byakuya en feignant pourtant l'indifférence.
« Je suis désolé, » murmura Jûshiro. Il savait que ce ne devait pas être facile pour le noble : il était si jeune et déjà confronté à des problèmes d'adultes comme la gestion d'un clan.
« C'est bien cela le problème. Vous êtes toujours désolé, toujours… Ça me fait mal de voir que vous n'assumez pas notre relation. Je déteste vos excuses, je déteste votre air embarrassé quand vous me déshabillez, je déteste votre culpabilité injustifiée ! Tout cela parce que vous êtes la seule personne à encore me considérer comme un enfant ! » Déclara Byakuya froidement. Sa main tremblante fit claquer le peigne sur la tablette, provoquant un son doux tout en rythme.
Byakuya inclina la tête avant de la tourner vers Jûshiro. Là, il le regarda droit dans les yeux et put apercevoir l'air triste de son ainé.
« Quand me verras-tu enfin comme un homme ? » Demanda Byakuya après un instant de silence.
Jûshiro fut surpris par le brusque tutoiement qu'employait Byakuya. Cela ne le dérangeait pas, bien au contraire, mais connaissant le noble, très encré dans ses principes, cela n'était pas bon signe. Pourtant, il ne vit aucune colère ni froideur dans les yeux du noble qui le regardait avec intensité. Il exigeait une réponse, Jûshiro le savait bien, mais que dire ?
« Si je te considérais comme un enfant, sache qu'il ne se serait jamais rien passé entre nous. Mais tu es si jeune Byakuya, comparé à moi ! Tu as beau être mature, tu n'as pas l'expérience de la vie, moi si et c'est pour cela que je me pose des questions sur mes choix et… »
« Êtes-vous en train de me dire que vous regrettez ce qui se passe entre nous ? » Coupa Byakuya qui était repassé au vouvoiement et à la froideur habituelle.
« Laisse-moi finir, » le réprimanda doucement Jûshiro. « Je me pose des questions sur mes choix et j'essaie de savoir ce qui est meilleur pour toi. Je ne pense pas être ce qu'il te faut, pour ton avenir et malgré cela, je continue à m'imposer auprès de toi… »
« Ne croyez vous pas que c'est à moi de choisir ? Ne m'imposez pas vos choix comme le fait ma famille, je vous en prie, » demanda Byakuya avec tristesse.
« Tu sais pourtant que cette situation ne pourra pas durer longtemps. Tu vas sûrement devoir te marier, même si on ne t'a encore rien confirmé, et je refuse d'être l'amant d'un homme marié, » trancha Jûshiro avec conviction. Il avait beau aimer Byakuya, il se refusait toutefois à accepter une situation dans laquelle il le partagerait et où leur relation serait considérée comme illégitime et mauvaise. Si Byakuya se mariait, il devrait devenir un bon époux, pour ensuite être un bon père… Cette pensée attrista Jûshiro mais il resterait ferme sur ses positions malgré ses sentiments.
Byakuya acquiesça silencieusement. Jûshiro avait raison, car même s'il ne lui avait pas encore avoué, les anciens lui avaient déjà trouvé une épouse. Pourquoi tout était si compliqué ? Pourquoi n'était-il pas né dans une famille pauvre ? Au moins, il n'aurait pas eu le problème de son mariage arrangé ! N'avait-il pas le droit d'aimer qui il voulait ?
Byakuya espérait que Jûshiro lui demanderait de rester près de lui. Mais le capitaine de son côté se refusait de lui faire une demande aussi égoïste, même s'il le voulait pour lui seul.
Jûshiro posa sa main sur celle de Byakuya et récupéra son peigne. Il le passa alors dans les cheveux du noble qui se laissa faire docilement. Byakuya observa le reflet de Jûshiro dans le miroir et refoula ses larmes. Il sentait que la fin était proche et pourtant, il ne voulait pas y croire. Sans prévenir, il se jeta dans les bras de Jûshiro, qui le serra alors fort contre lui, et l'embrassa. Ils restèrent ainsi quelques minutes au bout desquelles Jûshiro le repoussa doucement, et à contrecœur.
« Je ne veux pas te mettre en retard, » déclara Jûshiro en caressant le visage de Byakuya.
Byakuya se recula et reprit place face au miroir mais avant qu'il ne puisse esquisser un mouvement, Jûshiro s' était emparé des Kenseikan et les avait glissés dans ses cheveux. Cela faisait toujours sourire Byakuya et c'est pour cela que Jûshiro s'arrangeait toujours pour lui mettre ses attributs nobles. Il voulait voir son sourire amusé une dernière fois car c'était si rare !
Byakuya ferma doucement les yeux avec un léger sourire et caressa le peigne de Jûshiro du bout des doigts, traçant inlassablement le motif de la fleur gravée sur l'objet.
« Emporte-le avec toi, » déclara Jûshiro quand il eut terminé de placer les Kenseikan.
« Pourquoi ? » Demanda alors Byakuya qui, surpris, retira ses doigts du peigne comme un enfant prit en faute.
« Je sais que tu l'aimes bien alors je veux qu'il soit à toi, » répondit Jûshiro en posant le peigne blanc dans la main du noble.
Byakuya regarda alors l'objet avec admiration. C'était sûrement le plus beau cadeau qu'on lui ait fait. Il avait beau posséder de riches objets, ce peigne, celui de Jûshiro et maintenant le sien aurait bien plus de valeur à ses yeux.
« Merci, » souffla Byakuya en ne détachant pas ses yeux de l'objet.
Jûshiro regarda tristement le noble se doutant bien que cet instant de bonheur et d'intimité serait sûrement le dernier. Car il avait pris sa décision pour le bien de Byakuya et réalisa à cet instant qu'ils n'auraient aucun avenir ensemble même s'ils le souhaitaient.
Le lendemain
« Capitaine, c'est pour vous, » déclara Byakuya qui, après s'être incliné humblement, lui tendit une boîte qu'il tenait entre ses deux mains.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Jûshiro en se retenant de se moquer des manières si formelles du jeune homme. Il récupéra alors la boîte et s'inclina à son tour, afin de respecter l'attitude de Byakuya. Normalement, il n'était pas d'usage d'ouvrir un cadeau en la présence de la personne qui l'offrait, mais face au regard insistant du noble, Jûshiro comprit qu'il fallait tout de même le faire. Il souleva alors le couvercle de bois de la boîte qu'il posa sur son bureau. A l'intérieur était posé un peigne noir incrusté de motifs dorés. Jûshiro resta muet un instant, jamais il n'avait eu un si riche objet entre les mains. Il dut se maitriser pour ne pas laisser échapper un 'oh' admiratif. Jûshiro cachait rarement ce qu'il ressentait mais pensait que dans certain cas c'était nécessaire. Comme pour garder une certaine contenance par exemple.
« Byakuya, il a beaucoup trop de valeur pour que je l'accepte ! » Déclara simplement Ukitake en tendant la boîte au noble. Celui-ci eut l'air offensé et refusa de récupérer son bien, croisant délibérément les bras pour affirmer son intention.
« Il s'agit juste d'un peigne, de mon peigne. Vous m'avez donné le votre alors je n'ai plus d'utilité à avoir celui-ci ! Vous en revanche, vous n'en avez plus… » S'exclama le jeune homme qui n'arrivait pas à concevoir que Jûshiro puisse refuser son peigne.
« Oui, mais Byakuya, as-tu une idée de ce qu'il coûte ? Il a tellement de valeur ! » Répliqua le shinigami en détaillant une nouvelle fois l'objet. Un bois précieux et ancien parsemé de gravures d'or…
« Je n'en ai aucune idée… » Avoua Byakuya avec indifférence. « Mais si vous n'en voulez vraiment pas, rien ne vous empêche de le vendre. »
La voix de Byakuya était à présent glaciale et son visage d'ordinaire inexpressif s'était figé dans une colère et un mépris qui rendaient ses traits vraiment désagréables à voir. Jûshiro n'aurait jamais pensé trouver le visage de Byakuya aussi repoussant qu'à cet instant, non pas parce qu'il était laid, mais au contraire parce qu'il était tellement beau quand il arborait arrogance et mépris que le capitaine en était fortement attristé et pire, il se haïssait lui pour l'aimer et l'admirer ainsi.
Jûshiro comprit alors que ce n'était pas pour la valeur que Byakuya lui offrait son peigne, mais seulement parce qu'il s'agissait d'un objet lui appartenant. C'était comme s'il lui offrait une partie de lui. Jûshiro se sentit coupable car il ne pouvait pas accepter ce cadeau ni sa symbolique. Son choix de la veille était inchangé : il fallait qu'il éloigne Byakuya de lui…
« Je suis désolé Byakuya, » fit Jûshiro en s'approchant du noble. Il lui prit le bras de force et plaça la boîte dans la main molle. Il lutta ensuite contre l'envie de serrer Byakuya dans ses bras et préféra quitter son bureau…
Resté seul, Byakuya était hébété, comme s'il venait de recevoir une grosse gifle en pleine figure. Il ne savait pas s'il était triste ou en colère. C'était peut-être les deux. N'y tenant plus, il laissa ses larmes s'échapper et étouffa un sanglot. Il lança ensuite la boîte contenant le peigne de toutes ses forces contre la porte que venait de faire coulisser Jûshiro. Ce dernier, resté derrière, ferma douloureusement les yeux. Il voulait retourner dans son bureau, prendre Byakuya dans ses bras et lui dire à quel point il était désolé de lui avoir fait de la peine… Cependant, il ne devait pas, même si entendre les sanglots de l'autre côté de la fine paroi lui était insoutenable.
Les jours suivants, Byakuya fit comme si rien ne s'était passé. Il agissait avec Jûshiro comme d'habitude ce qui déconcerta le capitaine. Celui-ci s'était rendu compte que Byakuya n'avait pas récupéré son peigne et l'avait laissé sur le sol dans le bureau. Byakuya avait lancé la boîte avec une telle violence qu'elle s'était brisée, laissant un léger impact sur la porte. Le peigne en revanche était intact. Jûshiro jugea qu'il était bon de ne pas tenter de rendre le peigne à Byakuya, tout en lui cachant qu'il l'avait gardé, afin de ne pas lui donner de faux espoirs. Jûshiro l'emballa dans un tissu et le rangea précieusement dans ses affaires, là où personne à part lui ne pourrait le trouver.
Plus tard, Byakuya entra dans le bureau avec une pile de dossier si haute que Jûshiro n'apercevait que le sommet du crâne de son vice capitaine.
« Le Capitaine Kyôraku m'a demandé de vous remettre ceci… » Expliqua le noble en posant les lourds dossiers sur la table.
« Et tu ne t'es pas dit un seul instant qu'il me refilait son travail ? » Demanda Jûshiro en souriant. Le jeune homme haussa les épaules.
« Ce n'est pas la première fois qu'il le fait, » déclara Byakuya en saisissant une partie de la pile. « J'en prends la moitié, » ajouta-t-il avant de partir.
Quelques minutes plus tard, Jûshiro décida de suivre son vice-capitaine qui travaillait dans le bureau d'à côté.
« Pourquoi as-tu l'air si triste Byakuya ? » demanda Ukitake.
Le jeune homme releva la tête de ses dossiers affichant cette fois-ci une expression neutre.
« Ils m'ont trouvé une épouse, » répondit Byakuya d'un ton qui ne trahissait pas son amertume.
[La dernière partie, celle où Byakuya révèle qu'ils lui ont choisi une épouse est directement prise du dernier paragraphe du chapitre 8 du Clan Maudit I]
Fin du flashback
Byakuya se souvenait de ces évènements comme s'ils avaient eu lieu la veille. Il ne put s'empêcher de se sentir trahi par Jûshiro même si celui-ci avait agi pour son bien…
Le noble serra son peigne si fort dans sa main que les piquants entrèrent dans sa peau. Il se mit alors à soupirer puis relâcha l'objet pour ne pas le briser. Le peigne de Jûshiro n'était pas vraiment de bonne qualité mais résistant, en tout cas, Byakuya avait pu s'en servir toutes ces années, sauf qu'aujourd'hui, il n'avait plus de Kenseikan à mettre…
C'était peut-être malsain mais ce peigne était la preuve des sentiments que Byakuya et Jûshiro avaient éprouvé l'un pour l'autre. C'était un souvenir que le noble ne pouvait se résoudre à effacer même s'il le souhaitait ardemment. La rumeur concernant Jûshiro et le capitaine Unohana grandissait et Byakuya devait se faire une raison. Après tout, c'était de sa faute ! Jûshiro avait tenté de revenir vers lui mais le noble l'avait repoussé. Sans doute avait-il cru naïvement que le shinigami « l'attendrait » malgré sa mise en garde.
Le noble rangea ensuite le peigne et se prépara pour le repas bien qu'il n'ait pas faim. Mais il devait le respect au nouveau chef de clan, et de ce fait, assister aux repas même quand il ne le souhaitait pas…
Évidement, il avait du mal à s'habituer à ne plus être le chef dans cette maison, à ne plus donner ses directives à l'intendant du manoir, et à n'avoir qu'un seul domestique personnel… Byakuya avait dû changer ses quartiers et les céder à son oncle qui se les était rapidement appropriés… Ce fut sûrement une des choses qui ennuya le plus Byakuya car dans ses nouveaux appartements, il n'avait plus aucun repère et devait tout réapprendre à cause de sa cécité, bien que son domestique ait fait tout son possible pour que la disposition des meubles ressembla à celle de son ancienne chambre.
Le grand oncle de Byakuya se nommait Kuchiki Takeshi. Il était en fait le neveu de Kuchiki Ginrei, le grand-père de Byakuya. Il n'était pas du tout prédestiné à être chef de Clan, mais il s'y habituait très vite, même trop au goût de Byakuya. Mais ce dernier n'avait pas beaucoup le choix car les anciens avaient décidé qu'il n'était plus apte à assurer ses fonctions. Tout cela s'était passé très vite et à peine deux jours s'étaient écoulés entre la prise de la décision et le changement de chef de Clan. Certes Byakuya avait donné son accord, comme le veut l'usage, mais à vrai dire, il n'avait pas vraiment le choix car s'il avait refusé, les anciens auraient tout fait pour prouver son incapacité.
Parmi les nouveautés qu'avait apportées ce nouveau chef, une seule contraria Byakuya bien plus que son changement de chambre. Takeshi avait toujours été contre le mariage de Byakuya et d'Hisana, ainsi, il avait aussi été hostile à l'adoption de Rukia… De ce fait, il profita de son nouveau statut pour décréter que la jeune shinigami n'avait plus le droit à ses privilèges de noble. Certes elle restait une Kuchiki, mais elle mangerait désormais avec les domestiques.
Et Byakuya ne pouvait rien faire, il n'en n'avait plus le pouvoir… Il ne pourrait plus tenir tête à son clan comme il l'avait fait pour imposer Hisana et il devait maintenant s'en remettre aux choix de son grand oncle…
Le repas se passa silencieusement. En bon Kuchiki, Takeshi n'était pas bavard et si Byakuya n'avait pas entendu les bruits de baguettes des autres convives, il se serait cru seul. D'ailleurs, il faillit oublier que ce n'était plus à lui d'annoncer la fin du repas en se levant le premier… Alors quand il se redressa et se rendit compte de son erreur, il feignit de replacer correctement son Hakama, chose totalement ridicule puisqu'il ne pouvait voir s'il était froissé. Il eut alors l'impression se retrouver adolescent, quand il n'était qu'un jeune homme faisant plein d'erreur avec les codes de conduite non pas par mauvaise volonté, mais par manque d'habitude. Ce fut donc avec soulagement qu'il retourna dans sa chambre pour se coucher, songeant sérieusement à s'installer à sa division…
Durant la nuit…
Jûshiro se leva difficilement, les membres encore ankylosés par le sommeil. Il venait une fois de plus de faire un cauchemar mais comme souvent depuis une semaine, il lui était impossible de s'en souvenir. Pourtant, quand il se réveillait, il était terrifié et ne supportait plus de rester au lit.
Le shinigami décida alors de prendre l'air après avoir enfilé une veste car les nuits d'automne étaient froides. Jûshiro s'installa ensuite sur le toit de ses appartements à la treizième division pour observer les étoiles dans le ciel dégagé. Le vent ne le dérangeait absolument pas car ses vêtements le protégeaient du froid, et puis il avait l'habitude de venir ici quand il n'arrivait pas à dormir, été comme hiver.
Un bruit fit sursauter Jûshiro. Il scruta les alentours et son regard tomba sur une silhouette juchée sur le toit d'un des bâtiments de la division. Jûshiro était trop loin pour identifier la personne se trouvant là-bas mais songea qu'il s'agissait sûrement d'un membre de sa division. Il observa tout de même avec intérêt l'homme –car la silhouette était bien masculine- se déplacer avec aisance sur le toit instable du cinquième bâtiment, celui qui abritait les chambres des shinigamis. Le vent soufflait de plus en plus fort, à un tel point qu'il eût peur pour l'homme qui se tenait bien droit au bord. Jûshiro, qui était assis, plaça une main sur sa tête pour ne pas que ses cheveux gênent sa vision mais l'inconnu ne semblait nullement gêné par la situation même si ses cheveux sombres, auparavant attachés, dansaient maintenant librement dans le vent.
Jûshiro fut intrigué car bien que sa division compta beaucoup de shinigamis qu'il ne connaissait que vaguement, il était absolument sûr que l'homme sur le toit n'en faisait pas parti. Le capitaine décida alors de se rapprocher prudemment en évitant les rafales de vent. Il resta le plus silencieux possible et se posa sur un autre toit, à une trentaine de mètres de l'inconnu qui était maintenant de dos. Mais soudain, une tuile céda sous le pied de Jûshiro qui se rattrapa de justesse avant de glisser. Ce bruit n'échappa pas à l'inconnu qui se contenta de tourner la tête vers sa droite laissant Jûshiro apercevoir son profil.
Il faisait noir, seuls la lune et quelques éclairages permettaient de voir dans la nuit. Ce fut pour cela que Jûshiro ne put distinguer les traits du visage de l'inconnu mais pourtant, il avait l'impression qu'il lui était familier. Puisqu'il avait été démasqué, Jûshiro jugea qu'il pouvait maintenant se rapprocher mais dès qu'il esquissa un mouvement, la silhouette sauta dans le vide et atterrit gracieusement sur le sol avant de disparaître dans les ruelles…
Tout s'était passé si vite que Jûshiro se demanda un instant s'il n'avait pas rêvé, si l'inconnu n'était pas le fruit de son imagination ou d'un manque de sommeil. Mais quand il vit un ruban blanc, coincé dans une tuile à ses pieds, il sut que finalement, c'était bien la vérité…
Pendant ce temps, chez les Kuchiki...
« Vous avez fouillé toute la demeure ? » Claqua la voix de Kuchiki Takeshi avec colère.
« Oui, Monsieur, » affirma l'un des gardes avec conviction.
« Vous ne devriez pas vous mettre dans un tel état, Takeshi-sama ! » Déclara une vieille dame en tenue de nuit.
« On me réveille en pleine nuit pour m'annoncer que Byakuya a disparu et je devrais garder mon calme ? » Répliqua le chef de clan avec froideur.
« Vous êtes sûr qu'il n'est vraiment pas là ? » Demanda la vieille dame, qui n'était autre qu'Okami (1) en marchant vers les nouveaux appartements de Byakuya. « Vous avez bien vérifié sa chambre ? Cela m'étonnerait qu'il s'aventure dehors dans son état… » Rappela la vieille femme.
Takeshi la suivit en silence car à vrai dire, il n'avait pas vérifié lui-même l'absence de son neveu et avait laissé les gardes et les domestiques s'en charger. Quand la vieille femme fit coulisser la porte de la chambre de Byakuya, elle esquissa un sourire et se décala pour laisser Takeshi regarder. Le chef de Clan regarda avec stupeur Byakuya dormir paisiblement emmitouflé dans sa couverture. Il fit ensuite volte-face, sans un mot et Okami se douta bien que les gardes allaient se faire durement réprimander.
La vieille gouvernante entra silencieusement dans la chambre de Byakuya et se dirigea vers la fenêtre qu'elle referma avec difficulté à cause du vent qui soufflait dehors. Elle s'approcha doucement de Byakuya et s'agenouilla près de son futon. Elle passa sa main douce sur le visage du noble qui dormait profondément et murmura :
« Mais où étiez vous donc, Byakuya-sama ? »
(1) La gouvernante de Byakuya dans son enfance (voir le Clan Maudit I)
