Le Clan Maudit II: L'Amour Aveugle

Auteur: BlackVision

Beta-lectrice: COC

Disclaimers: Aucun des personnages de Bleach ne m'appartient

Note: Désolée pour le retard...


Chapitre 9 : Crise et Révélation

Le lendemain, au manoir Kuchiki…

« Et les gardes de ton clan sont venus nous demander si nous t'avions vu… » Déclara Shunsui.

Le capitaine de la huitième division était venu rendre visite à Byakuya tôt dans la matinée pour discuter avec lui, mais surtout pour parler de sa destitution. Mais connaissant Byakuya, il savait qu'il devrait passer par un autre chemin et ne pas aborder tout de suite la question. C'est ainsi qu'il lui parla de ce qui s'était passé la nuit, quand Takeshi avait envoyé ses gardes demander à toutes les familles nobles si elles n'avaient pas vu Byakuya.

Si Byakuya fut surpris par la déclaration de Shunsui, il n'en garda pas moins son air impassible.

« Honnêtement, es-tu sorti hier soir ? » Demanda Shunsui d'un ton malicieux.

« Cela ne vous regarde pas, » déclara Byakuya, troublé.

« Oh… C'est donc cela… Tu es allé rejoindre quelqu'un durant la nuit… Dans un sens, ça me rassure car cela veut dire que tu es normal et- »

« Je suis resté dans mon lit cette nuit, » coupa Byakuya, agacé par les fausses insinuations de son aîné, mais surtout parce qu'il ne voulait pas entendre la suite....

Les paroles de Byakuya parurent si spontanées que Shunsui ne chercha pas à le contredire. Était-il possible que les gardes Kuchiki aient simplement fait une erreur ? Le shinigami préféra ne pas insister sur ce sujet afin ne pas irriter Byakuya.

De son côté, le noble ne comprenait pas cette histoire de soudaine disparition ni pourquoi son grand-oncle l'avait assailli de questions à propos d'une soi-disant sortie nocturne. Byakuya avait passé la nuit dans sa chambre, il en était certain. Absolument certain même. Il n'avait d'ailleurs jamais dormi aussi bien ! Il s'était réveillé détendu et de bonne humeur alors pourquoi tous s'acharnaient avec leurs questions incongrues ?

« Je vois, » fit simplement Shunsui d'un ton sérieux. « Et sinon, tout se passe bien avec Takeshi ? » demanda-t-il ensuite en baissant le ton pour ne pas se faire entendre.

« Je ne vois pas en quoi cela vous concerne, » répondit froidement le noble en reposant brusquement sa tasse de thé.

« Tu ne changeras jamais, Byakuya-kun ! » Déclara Shunsui en soupirant. Le jeune homme resta silencieux mais affichait une mine contrariée.

« Et si vous m'indiquiez les raisons de votre venue, au lieu de faire des civilités ? » Lança-t-il en tentant de cacher son agacement.

« Si tu insistes je vais aller droit au but… Je suis venu pour te parler de ta destitution… Non, pardon, à ce 'changement temporaire' comme disent les anciens de ton clan. Mais entre nous, cela est bien définitif non ? » Demanda le shinigami avant d'avaler une gorgée de thé.

Byakuya fronça légèrement les sourcils, surpris par la question de son aîné, mais ne se montra pas moins froid lorsqu'il répondit :

« Pourquoi vous intéressez-vous aux affaires de mon clan ? »

« Tout ce qui concerne un clan a un impact sur les autres familles nobles du Sereitei… Tu devrais pourtant le savoir…» Se moqua Shunsui gentiment.

« Certes, mais pourquoi ne vous adressez-vous pas directement au chef de Clan ? » Fit Byakuya en ignorant le léger cynisme dans la voix du shinigami.

« Mais c'est ce que je fais… » Avança Shunsui avec sincérité.

« Ne vous moquez pas, » S'exclama Byakuya avec bien plus d'animosité qu'il n'aurait voulu.

« TU es le chef de clan Byakuya, et cela ne changera pas. Je trouve ce changement injuste car tu as toujours su gérer tes tâches… Ouvre les yeux Byakuya, ta cécité est seulement une excuse pour t'écarter… Tes aînés n'ont jamais apprécié ta façon de diriger le clan car tu n'as jamais rien fait pareil que tes prédécesseurs ! Mais ils ne pouvaient rien faire contre la légitimité de la succession… Sauf aujourd'hui ! » Déclara Shunsui en saisissant le bras de Byakuya pour renforcer l'impact de ses paroles.

« Je ne vois pas ce que cela change… » Répliqua le jeune homme en se dégageant de l'étreinte.

« Ah non ? N'oublie pas que les anciens de ta famille t'ont éloigné des affaires de ton clan. Tu n'es donc pas au courant… » Insinua Shunsui.

« Au courant de quoi ? » Demanda Byakuya dont la curiosité venait d'être piquée.

« Les taxes sur la partie du Rukongai que gère ta famille ont été de nouveau instaurées… » Annonça le capitaine de la huitième division.

« Impossible ! J'avais signé l'accord concernant la suppression des taxes sur le Rukongai, tout comme les autres grandes familles nobles !» Rappela Byakuya avec une indifférence feinte.

Bien qu'il tentait de ne rien laisser paraître, il était fou de rage. Il s'était tellement battu pour que sa famille ne s'oppose pas à cette signature et voilà que tout était redevenu comme avant ? Byakuya se souvenait bien de la pauvreté des habitants du Rukongai avant la suppression des taxes et en avait été choqué ! Cela allait-il recommencer ?

« Je sais Byakuya, je l'ai signé aussi…Mais tu oublies que si un chef de Clan est jugé incapable d'assurer ses fonctions, même ses décisions antérieures peuvent être revues… » Expliqua Shunsui d'un ton peiné, voyant bien que cette information perturbait Byakuya.

« Je n'avais pas pensé à cela… » Avoua le noble en soupirant.

« J'imagine… Donc si je suis venu te voir, c'est parce que je sais que tu accordes une certaine importance aux personnes vivant au Rukongai… Leurs conditions de vie sont déplorables depuis qu'ils doivent payer leurs nouveaux impôts… Ils essaient tous de migrer vers d'autres districts mais la loi le leur interdit… » Expliqua le shinigami prudemment.

« Je ne peux rien faire… » Déclara Byakuya en dissimulant sa peine et sa fureur.

« Tu peux reprendre ton Clan, » affirma Shunsui.

« C'est impossible… » Fit Byakuya en secouant la tête.

« Si ça l'est ! Et si tu es prêt à te battre pour, je t'épaulerai…. »

Shunsui posa une main sur l'épaule de Byakuya. Le noble ne le repoussa pas, bien trop songeur suite aux paroles de son aîné. Pourtant, les mots de celui-ci avaient réveillé en lui une motivation qu'il croyait avoir perdue...


Pendant ce temps…

« Jûshiro ? Tu ne m'écoutes plus ! » Fit Unohana avec un léger rire.

Jûshiro tourna brusquement la tête vers Retsu et afficha un sourire embarrassé. Depuis la nuit passée, il ne pensait qu'à cette silhouette perchée sur le toit de sa division. Il était frustré de ne pas connaître l'identité de l'inconnu car il en était maintenant certain, il ne s'agissait pas d'un membre de sa division. Il avait regardé dans les dossiers de chaque shinigami de la treizième et aucun ne correspondait à ce qu'il avait vu. Cela renforçait encore plus l'intérêt que portait Jûshiro à cet homme…

« Je rêvassais… » Se justifia le shinigami.

« A quoi pensais-tu ? » Demanda la jeune femme en souriant.

« A pas grand-chose en fait, » répondit-il en glissant sa main dans celle de Retsu. Cette dernière posa son autre main sur celle de Jûshiro.

« Je suis contente, » déclara-t-elle ensuite. Voyant l'air interrogateur de Jûshiro, elle poursuivit : « Tes crises se sont largement espacées, et tu sembles beaucoup plus heureux que pendant une période… »

Jûshiro se mit à sourire.

« Mais c'est grâce à toi, Retsu ! » Dit-il en lui déposant un baiser sur la joue.

La jeune femme se mit à rougir et secoua la tête en guise de négation.

« Je n'ai rien fait du tout. »

« Tu es trop modeste Retsu ! Tu es un médecin remarquable ! »

Elle esquissa alors un sourire, légèrement déçue par la réponse de Jûshiro. Elle aurait préféré que ce soit sa présence qui soit bénéfique aux yeux de Jûshiro, et non ses compétences de médecin…


Le soir…

Jûshiro bougea lentement dans son futon. Il se sentait bien, trop bien… Il se réveillait lentement et sentit un léger sourire s'esquisser sur ses lèvres. Il ne comprenait pas la raison de son bien être, peut-être était-ce dû au fait que pour une fois, l'odeur du sang n'était pas présente dans sa couche, ou peut-être à cause de ces doigts qui s'attardaient sur son visage… Des doigts ? Surpris, Jûshiro ouvrit vivement les yeux et se redressa. Il faisait noir et il ne pouvait voir la silhouette qui se dressait devant lui, immobile. Il songea d'abord à Retsu mais c'était impossible, elle n'était pas aussi grande. De plus, elle ne serait pas venue dans sa chambre à une heure aussi avancée de la nuit. Malgré le caractère angoissant de la situation, Jûshiro n'était pas effrayé mais intrigué. Il tenta de distinguer les traits de l'individu -en plissant les yeux afin d'adapter sa vue à la pénombre- mais les quelques reflets de la lune filtrés par le rideau n'étaient pas suffisants.

« Que- »

« Chut… » Murmura l'homme en posant son doigt sur les lèvres entrouvertes de Jûshiro. Celui-ci resta immobile, reprenant le fil de sa pensée. Il songea alors que s'il s'agissait d'un ennemi, il serait préférable de coopérer vu sa position de faiblesse. Mais est-ce qu'un assaillant lui aurait caressé le visage ?

Jûshiro sentit alors des goutes d'eau tomber sur sa peau. Intrigué, il plaqua une main sur sa joue et constata que cela continuait de couler. Ce fut seulement lorsqu'il entendit un sanglot qu'il réalisa que le mystérieux individu pleurait.

Jûshiro saisit alors la main de l'inconnu, toujours sur ses lèvres, et se redressa dans son futon. Il alluma la lumière et fit un bond en arrière en reconnaissant l'homme…

« Byakuya ! » S'écria-t-il avec stupeur. « Que fais-tu ici ? »

Le noble ne réagit pas et ne semblait même pas avoir entendu la question. Il ne fit rien pour essuyer les larmes qui coulaient sur ses joues, c'était comme s'il ne les avait pas remarquées. Jûshiro s'approcha de Byakuya et lui secoua légèrement le bras.

« Byakuya ? »

Le noble ne répondit pas mais tourna son visage vers lui, montrant qu'il l'avait clairement entendu. Jûshiro regarda alors Byakuya avec curiosité. Il s'aperçut que le jeune homme portait des vêtements de nuit, ce qui était fort surprenant de la part d'un noble en déplacement ! Était-il venu ici précipitamment ? S'était-il passé quelque chose de grave chez lui ?

« Byakuya ! Réponds-moi ! » Ordonna Jûshiro de plus en plus inquiet.

Byakuya se leva doucement et se dirigea vers la fenêtre en silence. Jûshiro se leva à son tour et saisit le bras de l'autre avant qu'il ne soit à l'extérieur. Celui-ci se dégagea de l'étreinte de Jûshiro et s'éclipsa grâce au shunpo…


Le lendemain, à la sixième division…

« Capitaine Kuchiki ! Le capitaine Ukitake veut vous parler, » indiqua Renji à Byakuya.

« Que veut-il ? » Demanda froidement Byakuya.

« Il n'a rien voulu me dire. Il dit que c'est confidentiel, » expliqua le lieutenant en craignant une nouvelle saute d'humeur de la part de son capitaine.

« Dans ce cas, dis-lui que je suis occupé, » répliqua le capitaine.

« Heu… Taichô… C'est-à-dire que… euh… Il est à côté de moi… » Balbutia Renji, en craignant la réaction de son supérieur.

Byakuya afficha une moue contrariée et congédia Renji d'un geste de la main.

Quand Renji fut parti, Jûshiro referma la porte du bureau de Byakuya et se dirigea vers lui.

« Que voulez-vous, capitaine Ukitake ? » Lança Byakuya d'une voix glaciale, incapable de réagir autrement face à cet imprévu.

« C'est plutôt à moi de te poser la question Byakuya. Pourquoi es-tu venu dans ma chambre cette nuit ? » Demanda Jûshiro oubliant toute courtoisie à cause de sa curiosité.

« Je ne vois pas du tout ce que vous voulez dire, » déclara Byakuya en fronçant les sourcils.

« Ne te moque pas de moi Byakuya ! Tu es venu me voir ! » Répliqua Jûshiro qui dut se maitriser pour ne pas perdre son calme. Pourquoi le noble niait-il les faits ?

« Peut-être que le nouveau traitement que vous donne le capitaine Unohana est hallucinogène… » Railla Byakuya agacé.

« Je ne prends plus de traitement, » déclara Jûshiro avec froideur, ne supportant pas que Byakuya puisse être cassant sur ce sujet.

« Vous m'en voyez ravi… C'est donc vrai ? Vous vivez bien 'd'amour et d'eau fraiche' comme disent les bruits de couloir… » Lança Byakuya avant de regretter immédiatement ses paroles. Car malgré le fait qu'il ne supporte pas cette nouvelle idylle entre Unohana et Jûshiro, il ne voulait rien en montrer...

« Ne détourne pas la conversation Byakuya, » trancha Jûshiro en fronçant les sourcils. Serait-il possible que Byakuya soit jaloux ? « Explique-moi plutôt pourquoi tu es venu cette nuit. »

« Non, c'est moi qui vais vous poser une question : comment aurais-je pu faire pour venir, moi qui suis incapable de me déplacer sans mes gardes ? » Demanda Byakuya d'une voix presque amère.

Jûshiro resta sans voix. Il ne s'attendait pas à cette réponse et à vrai dire, il n'avait pas songé au fait que Byakuya ne puisse pas se déplacer seul… Il se sentit un peu idiot mais cacha son trouble.

« Tu es peut-être venu avec l'un d'entre eux… » Suggéra Jûshiro sans vraiment y croire. Il se mit à douter de ce qu'il croyait avoir vu et regretta presque d'être venu.

« Et comment aurais-je pu expliquer que je veuille vous voir dans la nuit ? Si vous êtes venu vous moquer de moi, ou vous venger de je ne sais quoi, c'était vraiment stupide. Mais si vous ne me croyez pas, vous pouvez demander aux gardes. Je n'ai pas bougé de ma chambre, » affirma Byakuya avec raideur.

« Je n'ai pas rêvé, » souffla Jûshiro pour lui même.

« Pardon ? » Demanda Byakuya qui n'avait pas entendu.

« Non rien, je vais te laisser, » déclara Jûshiro avant de se diriger vers la porte.


Plus tard, chez Kyôraku…

« Qu'est-ce que tu en penses Shunsui ? » Demanda Jûshiro d'un ton anxieux.

« Et bien… Ce qui est sûr, c'est qu'il y a deux solutions. Soit tu as réellement rêvé, soit Byakuya ment, » constata Shunsui, incapable de vraiment répondre à son ami. Évidement, ce que Jûshiro lui racontait à propos de Byakuya qui serait venu lui rendre visite la nuit passée lui rappelait quelque chose de similaire… Les gardes de Byakuya n'avaient-ils pas cru deux jours auparavant que Byakuya avait disparu pendant la nuit également ? Cependant, Shunsui ne pouvait parler de cela à Jûshiro, il avait promis aux Kuchiki de ne pas ébruiter l'affaire…

« Je ne sais pas… Il avait vraiment l'air surpris… » Répondit Jûshiro.

« Il avait peut-être prévu cela… Il se doutait peut-être que tu viendrais lui demander des explications… » Avança Shunsui d'un ton peu convaincu.

« Mais quel aurait été son intérêt de nier ? »

« Sa fierté je suppose… Mais j'avoue que ça ne tient pas debout… Byakuya est aveugle et Takeshi doit sûrement contrôler ses sorties. Il ne l'aurait jamais laissé faire un tour dehors en pleine nuit, crois-moi ! » Affirma Shunsui.

« Je n'ai pas rêvé Shunsui ! Je suis sûr de l'avoir vu… » S'écria Jûshiro.

« Tu sais Jûshiro… Tu ne l'as peut-être pas encore oublié… C'est sans doute pour cela que tu as rêvé de lui. Ce n'est pas grave tu sais ? »

« Ne raconte pas n'importe quoi ! Je ne pense absolument plus à lui ! » S'emporta Jûshiro.

« Ne t'énerve pas Jû-chan ! Je cherchais seulement à expliquer ce qui s'était passé… » Déclara Shunsui étonné par Jûshiro qui, d'habitude, ne perdait que rarement son calme.

« Excuse-moi… Je ne voulais pas m'en prendre à toi… C'est juste que ça me préoccupe… » Regretta Jûshiro avant de soupirer.

« Je sais… Mais si tu veux en avoir le cœur net, tu peux toujours rester éveillé cette nuit et voir ce qui se passera. Ainsi, tu sauras si tu as rêvé ou non… » Proposa Shunsui.

« Ça ne coûte rien d'essayer… » Répondit le shinigami.


La nuit...

Jûshiro suivit le conseil de son ami et resta éveillé. Il était à présent quatre heures du matin et ses paupières commençaient à devenir lourdes… Mais Byakuya ne venait pas. Jûshiro songea alors qu'il pouvait bien s'endormir…

Alors qu'il s'apprêtait à fermer les yeux, son instinct l'en empêcha. Il sentait une présence quelque part chez lui et il crut percevoir pendant un bref instant un reiatsu trop rapidement dissimulé pour qu'il puisse l'identifier. Le cœur battant, Jûshiro se leva discrètement de son futon et se dirigea vers la pièce commune. Il resta dans l'ombre et observa avec curiosité la silhouette se déplaçant avec aisance dans la pièce. Il avait immédiatement reconnu la silhouette de Byakuya malgré la pénombre.

Le bras du jeune homme frôla une pile de papier qui tomba au sol. Alors qu'il faisait un mouvement dans la direction du jeune homme, Jûshiro s'arrêta net et observa avec étonnement Byakuya qui ramassait un à un les documents sans efforts pour retrouver les feuilles et les plaçait correctement sur la table, à leur place. Un aveugle n'aurait jamais pu faire cela. Jûshiro fut horrifié face à l'évidence qui lui venait à l'esprit : Byakuya jouait un rôle ! Il n'était pas véritablement aveugle ! C'était physiquement impossible qu'il puisse faire tout ceci sans rien voir ! Jûshiro serra les poings et alluma la lumière, bien décidé à mettre tout cela au clair.

Quand la lumière vive envahit le salon, Byakuya sursauta et regarda Jûshiro intensément.

« Que fais-tu? » Demanda Jûshiro d'une voix contrariée.

« Pardon, je n'ai pas fait exprès, » fit le noble en regardant les dossiers d'un air peiné puisqu'en les faisant tomber, il les avait sûrement désordonnés…

Jûshiro ne comprit pas ce dont Byakuya parlait puisque ce n'était pas le sens de sa question.

« Que fais-tu ici ? C'était ça ma question, » expliqua Jûshiro en se radoucissant un peu devant l'embarras du noble.

Byakuya se mordit la lèvre inférieure, comme le ferait un enfant pris en faute. Pouvait-il vraiment lui dire pourquoi il était là ?

Le mot qui vint à l'esprit de Jûshiro fut 'mignon'. Puis il secoua la tête et déclara :

« Tu es étrange, Byakuya. »

« Pourquoi ? » Demanda le jeune homme avec surprise.

Jûshiro n'avait jamais vu cette expression sur le visage de Byakuya et il dut s'avouer qu'il était dérouté. Byakuya n'était pas du tout comme ce matin quand il lui avait demandé des explications. Sa façon de parler, et l'expression même de son visage étaient différentes. Le visage doux qu'il voyait ce soir lui rappelait à quel point Byakuya pouvait sembler agréable. Toutes les traces de son dédain habituel étaient effacées… Jûshiro eut du mal à détourner son regard du noble et à lui poser la question qui lui brulait les lèvres. Il en oublia d'ailleurs de répondre à la question de Byakuya…

« Comment as-tu fais pour venir, toi qui ne voit normalement pas ? » Demanda enfin le shinigami.

Byakuya fronça les sourcils, ne comprenant pas la question du capitaine. Il décida alors de l'ignorer et se rapprocha rapidement de Jûshiro. Sans prévenir, il colla ses lèvres à celles de son aîné. Hébété, Jûshiro n'opposa d'abord aucune résistance et instinctivement laissa Byakuya prolonger ce baiser. Mais quand il comprit ce qui se passait, il saisit l'autre homme par les épaules et le repoussa brusquement.

« Que fais-tu ?! » S'écria Jûshiro en haletant.

Byakuya se recula vivement, visiblement choqué d'avoir été ainsi repoussé, et regarda Jûshiro d'un air perdu et triste.

« Vous m'avez donc vraiment oublié, capitaine ? » Demanda le noble.

Jûshiro ne savait quoi répondre face à l'air si peiné de Byakuya. Il détourna alors le regard, trop abasourdi. En réalité, Byakuya avait posé la bonne question… Jusqu'à maintenant, Jûshiro était persuadé d'avoir oublié le noble mais dans ce cas, pourquoi son cœur battait-il si fort à présent ? Jûshiro ferma les paupières ne sachant pas comment agir. D'un côté, il voulait que Byakuya s'explique sur sa venue ici, mais de l'autre, il souhaitait vivement le départ du noble. Finalement, ce fut la seconde option qui l'emporta puisque Jûshiro déclara d'une voix plate :

« Va-t-en, Byakuya… »

Jûshiro vit le noble esquisser un mouvement avant de se raviser et de se diriger vers l'extérieur sans se retourner…


Le lendemain, Jûshiro retourna voir Byakuya pour avoir des explications mais encore une fois, le noble ne paraissait pas comprendre ce qui se passait.

« Pourquoi vous acharnez-vous ainsi, Ukitake-san ? » Demanda Byakuya d'une voix froide. « Qu'attendez-vous de moi ? »

Jûshiro soupira avant de passer une main dans ses cheveux. Byakuya, lui, cachait ses mains tremblantes sous la table.

« Excuse-moi Byakuya, je ne voulais pas t'ennuyer… » Murmura Jûshiro. « Mais tu comprends mon trouble… »

Byakuya acquiesça. Jûshiro se dirigea ensuite vers la porte mais avant qu'il ne l'eût franchie, Le noble déclara :

« Je vous assure que je ne mens pas… »

Jûshiro ne répondit pas et se contenta de partir, trop préoccupé. En analysant bien les choses, il n'avait pas l'impression d'avoir parlé à la même personne dans la nuit… Pourquoi hier l'avait-il appelé « capitaine », appellation qu'il n'employait plus depuis un certain temps, alors qu'aujourd'hui il était repassé à « Ukitake-san » ?

Quand Shunsui demanda à Jûshiro si Byakuya était venu la nuit dernière, Jûshiro répondit que non. Le capitaine était perdu : ou plutôt, n'étais-ce pas sa raison qu'il perdait ? Car plus il réfléchissait, plus il arrivait à la conclusion qu'il avait des hallucinations, pour la bonne raison que malgré tous les défauts que Jûshiro pouvait trouver à Byakuya, le mensonge n'en faisait pas parti. Byakuya était un modèle de vérité, et ce depuis son enfance. Il savait cacher ce qu'il ressentait mais pas mentir. D'ailleurs, quelles seraient les motivations du noble ? Pourquoi viendrait-il le voir en pleine nuit pour ensuite nier le lendemain ?

La nuit suivante, Byakuya ne revint pas. Jûshiro fut alors rassuré sur sa santé mentale et passa une nuit calme et sereine.


Durant la nuit…

« Que s'est-il passé alors ? » Demanda Unohana à la vieille nourrice de Byakuya en sortant de la chambre du noble.

« Je ne sais pas, » mentit la vieille femme en faisant coulisser la porte de la chambre de Byakuya. Unohana ne crut pas la domestique mais se douta bien qu'elle n'aurait pas plus d'informations venant d'elle, ni de Byakuya puisqu'il s'obstinait à dire qu'il ignorait ce qui s'était produit.

La femme-médecin prévint alors qu'elle reviendrait dans la journée voir Byakuya avant de partir, l'esprit préoccupé par le jeune capitaine. Quand on l'avait appelée en pleine nuit, elle ne s'était pas imaginer une seconde qu'elle retrouverait Byakuya couvert de sang, étendu sur le sol de sa chambre dont la vitre de la fenêtre était brisée. La première chose à laquelle elle pensa fut une tentative de suicide car ses blessures étaient situées sur les mains et poignets indiquant clairement que Byakuya avait frappé plusieurs fois la vitre avec force. Mais la vieille domestique lui indiqua clairement qu'il ne s'agissait pas de cela. Finalement, Unohana ne put que lui donner raison car le noble était bien trop fier et orgueilleux pour se laisser voir dans une telle situation. Unohana pensa ensuite que si Byakuya avait voulu mettre fin à ses jours, il aurait choisi quelque chose de plus radical et de moins visible, tel un poison.

Mais alors qu'était-il arrivé à Byakuya ? Unohana arriva à la conclusion qu'il avait simplement eu un accès de colère, ce qui pouvait paraître cohérent avec la cécité du jeune homme. Retsu avait donc soigné le noble qui était resté silencieux pendant tout le temps du traitement. Les blessures étaient loin d'être superficielles, si bien qu'elle n'avait pas pu tout soigner avec le Kido. Elle avait donc fixé sa priorité sur les doigts du noble qui, par chance, n'avaient pas été tranchés mais méchamment lacérés. Puis vinrent ensuite les mains, gravement touchées elles aussi. La médecin avait pris la décision de ne pas soigner les coupures superficielles par le kido mais de les laisser cicatriser seules afin que les capacités de régénération de Byakuya ne soient pas ralenties par l'utilisation abusive du Kido.

Les entailles étaient impressionnantes même pour un médecin comme elle mais elle était confiante puisque le noble, après les soins, était capable de bouger tous les doigts malgré la douleur.

Quand Unohana fut partie, les domestiques vinrent nettoyer de fond en comble la chambre de Byakuya. Le noble lui, fut transféré dans une autre chambre. Takeshi exigea de lui parler immédiatement, mais la vieille nourrice s'y opposa fermement, jugeant que Byakuya n'était pas prêt à une confrontation avec le nouveau chef, comme elle se doutait que ce soit. Devant l'autorité de la vieille femme, qu'il respectait énormément malgré la différence de rang, Takeshi annonça qu'il repasserait le lendemain.

La nourrice entra dans la chambre où était installé Byakuya, allongé sur un futon. Les yeux grands ouverts, il semblait fixer le plafond qu'il ne voyait évidement pas.

« Cette chambre… Elle faisait partie des appartements d'Hisana… » Murmura-t-il d'une voix blanche.

La vieille femme écarquilla les yeux de surprise. Elle détailla un instant la pièce et constata qu'effectivement, le noble avait raison : il était bien dans l'ancienne chambre de son épouse, celle où elle était décédée... Elle ignorait pourquoi les domestiques l'avaient installé ici, peut-être pour être plus proche de la pièce où dormait habituellement le noble…

« Comment le savez-vous, Byakuya-sama ? » Demanda la femme d'une voix douce. Elle se mit en tête d'encourager Byakuya à parler puisqu'il s'agissait des premiers mots qu'il disait depuis l'incident.

« Je le sens c'est tout… » Répondit-il en clignant enfin des yeux, comme s'il sortait d'un demi-sommeil léthargique.

« Comment vous sentez-vous ? » Fit-elle ensuite en caressant le visage du noble. A sa grande surprise, il ne tiqua pas de mécontentement mais se contenta de fermer les yeux.

« J'ai mal… » Dit-il simplement en bougeant ses doigts. « Que s'est-il passé, Okami-san ? Je suis sûr que vous savez… Je me souviens juste que vous m'avez giflé… »

« Pardonnez-moi, Byakuya-sama, mais c'est la seule chose que j'ai trouvé pour vous arrêter… »

« Arrêter quoi ? C'est justement de cela que je ne me souviens pas… » Déclara Byakuya.

« Vous ne vous souvenez vraiment pas ? »

« Non… »

« Bien… Je vais vous expliquer… »

Flashback

« Byakuya-sama ? Avez-vous besoin de quelque chose ? » Demanda Okami en coulissant la porte. Elle fronça les sourcils quand elle vit Byakuya à la fenêtre, tentant vainement de l'ouvrir.

« Que voulez-vous ? » Demanda-t-elle sans entrer dans la pièce.

« Je veux sortir d'ici, » exigea le noble en s'acharnant sur la fenêtre.

« Je regrette, mais Takeshi-sama a donné des ordres… Les fenêtres doivent être verrouillées pour la nuit… Il ne veut pas que vous sortiez comme la nuit dernière… » Expliqua la vieille femme. « Vous devriez aller vous recoucher… »

Byakuya posa ses poings sur la vitre et sans prévenir, frappa violemment dessus. Une partie du verre céda mais Byakuya semblait avoir pour but de la briser entièrement. Il recommença une nouvelle fois, puis une nouvelle…

Quand Okami vit le premier coup de Byakuya, elle courut vers le noble mais ne parvint pas à l'arrêter. Elle tenta de le saisir par le bras mais Byakuya était bien plus fort qu'elle et malgré ses supplications, il continuait de frapper la vitre. Elle hurla alors de toutes ses forces pour alerter les domestiques.

« Je veux le voir ! » Cria Byakuya. « Je veux le voir ! »

« Mais qui donc !? » Demanda Okami en réussissant à se placer entre Byakuya et la fenêtre.

« Mon capitaine ! » S'exclama le noble en tentant de repousser la vieille femme.

Okami ne savait que faire. Pour elle, Byakuya était clairement en crise de démence et une seule solution lui venait à l'esprit. C'est ainsi qu'elle abattit violemment sa main sur la joue du noble, le faisant reculer de quelques centimètres. Le noble se figea alors et sembla un instant totalement perdu. Sentant ses forces le quitter, il finit par s'effondrer à terre. Okami parvint à amortir sa chute au moment précis où arrivaient les domestiques, suivis de près par Takeshi…

Fin du Flashback

« Votre capitaine, c'était bien le capitaine Ukitake ? » Demanda doucement la vieille femme pour ne pas brusquer le noble.

Byakuya resta silencieux, tâchant de digérer les informations qu'il venait de recevoir. Il ne se souvenait absolument pas de tout cela. Il était encore une fois persuadé de ne s'être réveillé qu'à l'instant même où Okami l'avait giflé.

Apparemment, il voulait sortir... ? Voir son capitaine... ? Oui effectivement, il ne pouvait s'agir que de Jûshiro… Alors peut-être que ce dernier avait raison : Byakuya était venu le voir les nuits dernières… Après tout, si Byakuya n'arrivait pas à se souvenir qu'il s'était blessé, il aurait très bien pu se rendre à la treizième division sans s'en rappeler par la suite…

Que lui arrivait-il ? Devenait-il fou ? Oui, c'était la seule explication logique dans l'esprit du noble. Il se mit à trembler d'angoisse car il n'y avait pour lui rien de pire que de ne pas contrôler son propre corps…

« Oui, c'était lui… » Laissa finalement échapper Byakuya. Il n'y avait personne d'autre qu'il aurait pu désigner comme étant « son capitaine… »

« Pourquoi vouliez-vous le voir ? » Demanda ensuite la femme, tout en étant consciente que Byakuya ne se souvenait plus de rien… Peut-être n'était-ce pas de la folie ! Peut-être que c'était le choc de ses blessures qui lui avait fait perdre la mémoire !

« Je ne sais pas… » Répondit Byakuya d'une voix tremblante qui émut Okami.

« A-t-il une importance particulière pour vous ? » Continua-t-elle, sentant que Byakuya était en mesure de se confier à cet instant.

Byakuya resta silencieux. Les mots refusaient de sortir de sa bouche alors qu'il voulait répondre 'non'. Il n'arrivait pas à prononcer ce mot si simple, mais pourtant si faux… Okami passa sa main dans les cheveux du noble pour le rassurer. Il semblait si apeuré ! La vieille dame ne l'avait jamais vu si vulnérable, même lorsqu'il était enfant !

Des larmes coulèrent le long des joues de Byakuya, qui se refusait pourtant tout sanglot. La vieille femme le regarda avec bienveillance et continua à lui montrer son affection sans rien dire. Elle avait compris alors que sa réponse était 'oui' et qu'il se passait quelque chose avec Ukitake, mais elle ignorait quoi. Cependant, elle était bien déterminée à le savoir…