Le Clan Maudit II: L'Amour Aveugle

Auteur: BlackVision

Beta-lectrice: COC

Disclaimers: Aucun des personnages de Bleach ne m'appartient

Note : merci à COC pour ses bons conseils


Chapitre 10 : Conscience et Rupture

Le lendemain matin

Jûshiro se massa longuement les tempes. Retsu lui avait confié l'incident de Byakuya et cela avait laissé le capitaine perplexe. Comme Unohana, il savait que cela ne pouvait être une tentative de suicide, mais était-il possible que Byakuya chercha volontairement à se faire du mal ? Après tout, Jûshiro savait bien que le noble était quelqu'un de fragile au fond... Mais il ne pouvait rien faire, c'était ce qu'il avait décidé et il s'y tiendrait. Mais en même temps, il ne pouvait être insensible au malheur du jeune homme.

« Capitaine, une vieille femme veut vous voir ! » Chuchota Kiyone après avoir passé la tête dans le bureau de son capitaine.

Jûshiro fronça les sourcils et fit signe à sa subordonnée de laisser entrer la femme. Quand la shinigami fut partie, la vieille femme s'inclina devant le capitaine avant de s'adresser à lui :

« Pardonnez-moi de vous déranger, je me présente : Okami de la maison Kuchiki. »

Jûshiro ne masqua pas sa surprise face à la vieille femme. Il se leva et s'inclina à son tour, pour marquer le respect dû à la femme âgée.

« Enchanté de faire votre connaissance, » répondit Jûshiro en se retenant de lui demander directement la raison de sa venue.

« Moi de même. Vous vous doutez sûrement que je viens vous parler de Byakuya-sama... Je suis ici parce qu'il ne cesse de vous réclamer à son chevet... »

« A son chevet ? Que lui arrive-t-il ? » Demanda le shinigami, perplexe.

« C'est une longue histoire... Je vous expliquerai en chemin si vous voulez bien me suivre... » Déclara la femme en se retournant vers la porte.

« Vous m'excuserez, mais j'ai des choses à faire, » répliqua Jûshiro sèchement en attrapant quelques dossiers pour illustrer ses propos. De quel droit cette femme lui imposait-elle de la suivre ? Le capitaine n'était pas méchant de nature, mais détestait qu'on le prenne pour un imbécile, ce dont il avait l'impression à l'instant même.

« Bien sûr, je comprends. Vous êtes un capitaine et avez des devoirs plus importants. Byakuya-sama patientera... en espérant qu'il le pourra. Passez une bonne journée, capitaine Ukitake. »

Jûshiro regarda la vieille femme s'éloigner de son bureau. C'était tout ? N'insisterait-t-elle pas ?

« Attendez une minute... » Fit l'homme. « C'est Byakuya qui vous envoie ici ? »

« Non capitaine Ukitake, je suis venue de mon propre chef. Le jeune maître ne fait que répéter votre nom inlassablement. Ce sont de vagues murmures que je suis la seule à comprendre, et j'en sais assez pour comprendre que c'est bien pour vous qu'il s'est blessé cette nuit-là... » Glissa Okami.

« Pour moi ? Je ne comprends pas... »

« Vous ne croyiez tout de même pas que j'avais tout dit au capitaine Unohana ? » Déclara Okami d'un ton indulgent. « Il y a des choses qui doivent rester qu'entre les personnes concernées... Je n'ai jamais trahi Byakuya-sama et je ne compte pas commencer aujourd'hui. »

« Et que savez-vous me concernant ? »

« Je pense que vous connaissez suffisamment Byakuya pour vous douter qu'il ne se confie jamais... Mais je ne suis ni stupide, ni aveugle et je sais que d'une façon ou d'une autre vous lui avez fait du mal. Je ne pourrais dire pourquoi ou comment cependant je crois fermement que les blessures ne sont pas cicatrisées, et j'ose même penser que ce n'est pas le cas de Byakuya-sama uniquement... »

Jûshiro fronça les sourcils. Que voulait-elle dire par là ? Elle ne semblait pas au courant des liens qui l'avaient uni à Byakuya mais elle n'avait pourtant pas tort... Les derniers mots de la vieille femme troublaient le shinigami. Pourquoi avançait-elle que lui-même n'était pas remis ? Avait-elle raison ?

« Ne vous en faite pas. Je suis sûre qu'il est encore possible de rattraper les choses. »

« Je ne comprends pas de quoi vous parlez, Okami-san. »

« Je suis sûre que si. Bykuya-sama n'a pas toujours été ce masque d'indifférence que nous voyons... Je pouvais presque lire en lui quand il était plus jeune. Vous savez, c'est moi qui m'en occupe depuis sa naissance et je le connais bien mieux qu'aurait pu le faire sa propre mère si elle avait vécu plus longtemps... C'est pour cela que je ne pense pas me tromper en affirmant qu'il y a eu entre vous bien plus qu'un simple rapport capitaine/subordonné, » déclara la vieille femme en fixant le shinigami dans les yeux.

« Soit. Je ne veux pas me montrer désagréable mais je crains que cela ne vous concerne pas, » répondit Jûshiro qui, malgré tout, détourna le regard.

« Vous avez raison. Mais je n'aurais pas fait mon devoir si je n'étais pas venue. »


Plusieurs fois, Jûshiro se trouva sur le chemin de la demeure Kuchiki, avant de faire demi-tour, trouvant stupide le fait d'aller rendre visite à Byakuya. Ne s'était-il pas promis de ne plus se mêler de sa vie ? Oui, mais les paroles d'Okami lui revenaient sans cesse en tête, lui faisant changer d'avis à chaque fois.

Finalement, il se trouva devant la demeure des Kuchiki. Après tout, prendre des nouvelles ne signifiait rien de particulier. Et puis c'était plutôt normal de la part d'un capitaine de rendre visite à un autre, non ? Jûshiro tenta vainement de se trouver une bonne excuse pour expliquer à Okami sa décision de venir mais quand elle vint l'accueillir, elle ne posa aucune question, ce qui le soulagea.

« Suivez-moi, capitaine Ukitake, » dit simplement la vieille femme en guidant Jûshiro dans la demeure. Il n'était jamais venu chez Byakuya, enfin si, mais dans la chambre du noble et par la fenêtre. Cette pensée lui arracha une grimace ; il ne fallait pas se souvenir de cela...

Jûshiro s'avança sans un mot vers le futon de Byakuya et quand il arriva à proximité du jeune homme, les bandages que l'autre portait aux bras ne lui échappèrent pas.

« Ca...pitaine ? » demanda le noble en basculant la tête sur le côté.

« Oui, » répondit Jûshiro en s'agenouillant à ses côtés.

« Vous êtes venu me voir... » Souffla-t-il.

Byakuya esquissa un sourire étrange et avança une main bandée vers le visage de Jûshiro. Mais avant qu'elle ne puisse l'atteindre, elle retomba lourdement le long de son corps. Le noble se mit alors à grimacer de douleur.

Jûshiro fronça les sourcils, il ne savait que penser de l'attitude de Byakuya.

« Pourquoi me regardez-vous ainsi Capitaine ? Êtes-vous en colère contre moi ? » Demanda le noble avec difficulté, sa respiration rendue irrégulière à cause de la fièvre.

'Il me voit donc...' Songea Jûshiro.

« Non je ne suis pas en colère Byakuya, » répondit-il. « Je me pose simplement des questions à ton sujet. »

« Je ne comprends pas... »

« Pourquoi m'as-tu appelé, Byakuya ? » Demanda alors le shinigami avec détachement.

« Parce que j'ai besoin de vous ! » Répondit le noble.

Jûshiro resta perplexe mais tâcha de ne rien montrer. Ce n'était vraiment pas le genre de Byakuya de dire des choses pareilles, la fièvre devait sûrement jouer un grand rôle là-dedans... Pourtant, le capitaine avait un sentiment de déjà vu, cet instant lui en rappelait un autre, des années auparavant. Cette voix, ce regard, cet étrange sourire à la fois doux et mélancolique... Jûshiro n'avait pas eu affaire à eux depuis des années ! La dernière fois qu'il avait pu les apercevoir, c'était pendant l'adolescence de Byakuya...

Mais ce visage agréable, fatigué par la forte fièvre sembla soudain se fermer, adoptant les traits froids habituels du noble. Ce dernier crispa la mâchoire avant de se mettre à haleter.

« Tu as soif ? » Demanda Jûshiro en saisissant le verre d'eau posé à côté du futon.

Byakuya sursauta et se redressa brusquement mais la tête lui tourna et il bascula sur le côté. Par réflexe, Jûshiro le saisit par les épaules et le rallongea correctement. Le noble se raidit et pour la première fois depuis longtemps, l'aîné vit un air effrayé sur le visage de Byakuya.

« Que faites-vous ici, Ukitake-san ? » Demanda Byakuya d'une voix froide.

« Pardon ? » S'offusqua Jûshiro. « Ta domestique m'a demandé de venir parce que tu me réclamais ! »

« Pourquoi aurais-je fais cela ? » S'étonna Byakuya.

« Tu te moques de moi ? Tu es vraiment étrange Byakuya ! Tu sembles vraiment différent de tout à l'heure... » S'emporta l'homme.

« Je sais, » avoua Byakuya en soupirant, sous le regard étonné de Jûshiro. « La gouvernante me dit la même chose. Et j'avoue que j'ai des pertes de mémoires. Cela doit-être amusant non ? Le noble Kuchiki qui devient fou. Qui l'aurait cru ? » Lança-t-il ensuite avec ironie.

« Ce n'est pas amusant Byakuya. Si tu crois que je suis là pour me moquer tu te trompes. Je suis là parce que tu l'as demandé... »

Jûshiro avança lentement sa main vers l'épaule de Byakuya mais se ravisa.

« Je n'ai rien demandé ! » Gronda le noble en fermant ses yeux avec force.

« Si tu n'avais pas demandé à me voir, pourquoi Okami-san serait-elle venue me chercher moi ? »

Byakuya se tut. Les paroles d'Ukitake étaient sensées et il le connaissait suffisamment pour savoir qu'il n'aurait pas inventé cette histoire... Il se mit à soupirer de lassitude, perdait-il vraiment la raison ?

Sans un mot, le noble tâtonna à côté de son futon, à la recherche de son verre d'eau. Jûshiro le regarda avec incompréhension, parce que contrairement à tout à l'heure, Byakuya semblait ne plus rien voir...

« Ici, » fit Jûshiro en plaçant le verre dans la main du jeune homme qui se mit soudainement à trembler.

Le capitaine de la treizième division se sentit impuissant. Une partie de lui voulait aider Byakuya de son mieux tandis que l'autre, plus forte, le maintenait à distance. Il se mit à soupirer bruyamment, préoccupé par l'attitude de Byakuya.

« Tâche de te reposer Byakuya, » conseilla Jûshiro en reprenant le verre d'eau que le jeune homme venait de boire. Auparavant à genoux, il se redressa mais avant que son pied ne puisse toucher le sol, Byakuya lui attrapa la main. Surpris, Jûshiro stoppa son mouvement et observa le visage de son cadet, crispé de douleur lorsque les doigts se refermèrent sur son poignet avec force. Le shinigami força le noble à le lâcher, avec douceur car il ne pouvait agir autrement face à son regard suppliant.

« Je vais rester un peu, » finit-il par dire, vaincu.

Byakuya esquissa le même sourire qu'auparavant et le capitaine de la treizième division compris qu'il était revenu dans cet 'état second' où il était si différent de d'habitude. Mais au lieu de s'en offusquer et d'en avoir peur, Jûshiro finit par être fasciné par cette attitude, et ce fut sans réfléchir qu'il avança sa main vers le visage de Byakuya pour finalement le frôler.

Le noble utilisa alors toutes ses forces pour se redresser sous le regard interrogateur de Jûshiro, avant de passer maladroitement ses bras autour des épaules du capitaine qui, étrangement, le laissa faire. Le noble posa alors ses lèvres sur celles de son aîné qui tenta de le repousser, sans succès. Byakuya recula légèrement, laissant sa bouche frôler celle de Jûshiro.

Le capitaine de la treizième division était comme hypnotisé. Il se trouvait incapable de rompre le contact et il fixa les yeux gris de son cadet, cherchant à déceler de possibles émotions. Mais il ne vit que désir, appréhension et peut-être même espoir ? Jûshiro prit alors conscience du combat qui faisait rage dans son esprit, comme si une partie de lui venait de se réveiller et lui suppliait de répondre à la demande silencieuse du noble. Mais sa conscience lui imposait le contraire... Pourtant, le capitaine savait bien que la raison ne faisait pas le poids face à son corps qui réclamait plus de proximité... C'est ainsi qu'à son tour, Jûshiro embrassa Byakuya avec tendresse, avant de poursuivre avec plus de sensualité.

Tous les deux perdus dans leur baiser, ils n'entendirent pas la porte coulisser légèrement... Derrière elle, Rukia observait la scène avec une étrange fascination. Ses yeux la trahissaient-elle ou était-ce bien son capitaine avec son frère ? Troublée, elle resta immobile un moment, avant de finalement sortir de sa léthargie, sans doute à cause de cette impression de voler un moment d'intimité. Elle referma doucement la porte, encore saisie par sa découverte. Était-ce réellement possible que son frère ait ce genre de 'relation' lui qui était à cheval sur tous les principes traditionnels moraux ? Malgré toutes les questions qu'elle se posait désormais, elle décida qu'elle garderait tout pour elle, au moins pour le moment, car elle savait très bien que la moindre 'fuite' pourrait nuire à son frère... Et puis, elle n'était pas vraiment sûre de ce qu'elle avait vu, peut-être était-ce un baiser 'amical', même si elle n'embrassait pas Renji ou Ichigo à tout bout de champ ! Cette pensée la fit rougir, ce qui la décida à penser à autre chose et à s'éloigner de la chambre le plus vite possible...

Les pensées de Jûshiro peinaient à être cohérentes. A cet instant, seules comptaient ces lèvres brûlantes sur les siennes et ce corps qui se pressait contre lui... Mais l'éclair de lucidité qu'eut ensuite Jûshiro ne fut pas dû à de quelconques remords liés à Retsu, mais à la fièvre qui terrassait Byakuya, rendant son étreinte beaucoup moins solide. Remarquant que le corps du noble semblait de plus en plus affaibli, Jûshiro le rallongea doucement avant de réajuster les couvertures.

Légèrement haletant, il réalisa soudain ce qu'il venait de faire et se sentit dégouté, non pas de Byakuya mais de lui-même. Non seulement il avait trahi Retsu, mais en plus il avait profité de l'état du noble. N'était-ce pas monstrueux ? Un haut-le-cœur souleva l'estomac de Jûshiro qui dû prendre une grande bouffée d'air pour se calmer. Il savait très bien que si le corps de Byakuya n'avait pas manifesté sa faiblesse, il aurait continué jusqu'au bout car son propre corps lui montrait bien le désir qu'il éprouvait pour le jeune homme... Et lui qui pensait avoir oublié ! Certes, la sensation n'était pas la même que des années auparavant, car le corps de Byakuya avait changé pour prendre définitivement sa forme d'adulte, mais son attirance était restée la même, ou alors peut-être même plus forte... Car il s'était plu à croire que lui aussi pourrait un jour se sentir en sécurité dans les bras puissants de l'homme qu'était devenu Byakuya.

Il secoua brusquement la tête de gauche à droite, refusant que de telles pensées s'installent dans sa tête. Il avait pris une résolution, celle d'oublier Byakuya, et il devait s'y tenir. Mais quand il regarda le noble s'endormir avec un sourire aux lèvres, il ne put s'empêcher de se sentir heureux car il savait qu'il lui était adressé...


Quand Byakuya se réveilla une heure plus tard, il se sentit étrange. Il posa ses doigts sur ses lèvres et tenta de se souvenir de ce qui s'était passé après que Jûshiro lui ait conseillé de se reposer. Il savait que quelque chose s'était passé, car il ne se souvenait pas s'être endormi. Mais rien ne lui venait à l'esprit, il avait seulement une impression étrange sur sa peau, une chaleur indescriptible. Et ses lèvres... Pourquoi ses doigts bandés les pressaient-ils inlassablement ? Que cherchaient-ils à reproduire ? A cet instant, Byakuya aurait donné n'importe quoi pour apercevoir ne serait-ce qu'un instant, la lumière apaisante du jour, ou la clarté de la lune.

Byakuya inspira une grande bouffée d'air et une odeur particulière, familière, envahit ses narines.

Des mèches blanches, une cascade de mèches blanche... Cette odeur, Byakuya l'avait aspirée avec délectation des dizaines de fois.

Le noble fronça les sourcils et fouilla dans sa tête. Il avait l'impression qu'un souvenir se trouvait là, comme si le simple fait de sentir cette odeur lui rappelait quelque chose encore flou. Il inspira encore et encore, dans le simple but de raviver son esprit qui cherchait désespérément à lui fournir ce souvenir.

Des lèvres collées à sa bouche, une langue cherchant la sienne, la caressant avec passion et tendresse. Des bras l'enserrant avec force... Ce sentiment de sécurité et de bonheur...

Si les impressions de Byakuya étaient saccadées, son corps lui réagissait à ces 'flash', comme s'il n'avait rien oublié. Contrarié de ressentir du désir sans même comprendre ni savoir d'où il venait, Byakuya décida de ne plus fouiller ses souvenirs... En réalité, il avait peur de ce qu'il y trouverait. Il n'était pas sot, il se doutait bien que cette étrange réaction de son corps n'était pas là sans raison, car il n'était pas du genre à fantasmer seul... Inconsciemment, il émit l'hypothèse d'un quelconque rêve érotique mais non, c'était impossible, il ne rêvait plus depuis la perte de sa vue. Le seul pseudo-rêve qu'il avait fait s'était révélé n'être qu'un souvenir puisqu'il s'agissait du jour où Jûshiro avait fait une crise et qu'il avait réussi à prévenir le capitaine Unohana.

Byakuya se sentit soudainement pâlir. Ces sensations n'étaient donc que le reflet de ses souvenirs ?

« Quelque chose vous tracasse, Byakuya-sama ? »

Byakuya sursauta, surpris de ne pas être seul dans sa chambre. Cette surprise eut au moins pour effet de lui faire oublier ses semblants de souvenir.

« Vous êtes ici depuis longtemps ? » Demanda Byakuya, légèrement gêné.

« Depuis que le capitaine Ukitake est parti... » Répondit la vieille femme en souriant.

Byakuya blêmit de nouveau, priant tous les kamis pour qu'il n'ait pas fait ou dit quelque chose d'embarrassant pendant son 'sommeil'.

Face à l'air soudain penaud du noble, la vieille femme retint un rire. Elle ne comprenait pas ce qui se passait dans la tête de Byakuya mais elle n'était pas sotte. Il n'y avait qu'une seule chose qui pouvait embarrasser un Kuchiki de la sorte : tout ce qui pouvait avoir un rapport avec les relations charnelles... Elle se demanda alors ce qui s'était passé avec le capitaine Ukitake.

Elle se souvenait comme si c'était hier du teint pourpre puis pâle qu'avait pris le visage de Byakuya quand elle lui avait expliqué comment il devait s'y prendre pendant sa nuit de noce avec Hisana... Elle ne l'avait jamais vu aussi embarrassé, sauf à l'instant.

« Byakuya-sama, puis-je vous poser une question ? » Demanda Okami. Byakuya, la mâchoire serrée acquiesça. « Vous n'avez jamais voulu vous remarier, ou fréquenter quelqu'un ? »

« Non. Hisana est irremplaçable, » déclara Byakuya avec fermeté.

« Vous savez, votre père a fréquenté une femme après la mort de votre mère, mais sans pour autant la remplacer... Vous êtes un homme Byakuya-sama, vous avez certains besoins et c'est normal... » Expliqua la vieille femme en souriant.

« Je ne crois pas qu'une femme pourrait me satisfaire, » laissa échapper Byakuya. Conscient des paroles ambigües qu'il venait de prononcer, le noble écarquilla les yeux, choqué d'avoir pu dire, ou même penser une telle chose.

La vieille femme posa sa main sur l'épaule de Byakuya. « Peu importe qu'il s'agisse d'une femme ou non, du moment que vous êtes heureux... »


Le lendemain

« Retsu, j'ai quelque chose d'important à te dire, » déclara Jûshiro quand la jeune femme vint à sa rencontre.

« Moi aussi, Jûshiro... » Répondit-elle avec un regard triste.

« Veux-tu commencer ? » Demanda alors le shinigami.

Tous deux étaient conscients qu'un tournant décisif dans leur relation se préparait, quelque chose d'inévitable...

« Non, » souffla la jeune femme en esquissant un gentil sourire. « Vas-y, je suis sûre que ce que tu as à dire est beaucoup plus important. »

« D'accord... Je t'aime beaucoup Retsu, tu es une véritable amie pour moi... » Commença-t-il avant de faire une pause. « Mais je crois qu'entre nous ça ne peut pas fonctionner...» Avança-t-il ensuite.

« Je sais Jûshiro... Je ne peux pas remplacer Byakuya.... » Dit la femme-médecin avec douceur.

« Comment... »

Jûshiro écarquilla les yeux, ne sachant pas s'il devait nier ou approuver, puisque même dans son esprit ce n'était pas clair. Mais comment Retsu pouvait-elle savoir que le noble hantait ses esprits ?

« Le nom que tu prononces dans ton sommeil n'a jamais été le mien... » Répondit-elle d'une voix dénuée d'émotion.

Jûshiro était embarrassé, il connaissait bien Retsu et savait qu'au fond d'elle, elle souffrait beaucoup, même si c'était dans sa nature de ne rien montrer. La shinigami était une femme forte, elle avait toujours surmonté les épreuves de sa vie avec un sourire, montrant une image d'elle positive. Mais elle n'en était pas moins une femme très sensible.

« Je suis désolé. »

Ce fut tout ce que trouva à dire Jûshiro. Il se sentait mal, comme si une partie de sa vie lui avait échappé. Il se rendait compte de choses qu'il avait jusque là cachées au plus profond de son être, pour se protéger d'une souffrance insoutenable. Il s'était si bien persuadé qu'il ne ressentait plus rien pour le noble, qu'il avait réussi à étouffer ses sentiments. Mais la vérité lui revenait en pleine figure.

« Tu es si triste Jûshiro... J'étais persuadée que je pourrais te rendre heureux mais ce n'était qu'en surface... Je ne veux pas t'éloigner de ce qui fait ton bonheur, c'est pour cela que je voulais te parler et te dire la même chose : nous deux, ça ne peut pas fonctionner... » Raisonna la jeune femme avec lucidité.

« Je ne voulais pas que ça se passe ainsi Retsu. Mais je t'assure que j'ai des sentiments très forts pour toi... »

« Mais ce n'est pas de l'amour... Pas le même que tu éprouves pour Byakuya... »

Jûshiro ferma les yeux avec force. Il vivait un cauchemar. A cet instant, il aurait mille fois préféré ne rien ressentir pour Byakuya et garder cette stabilité avec Retsu. Mais il ne pouvait plus se voiler la face, maintenant tout était clair pour lui : il aimait Byakuya, en fait, il n'avait jamais cessé d'éprouver des sentiments pour lui...